Figures du jour ; mannequins (édition bilingue français/yiddish)

Traduit du YIDDISH par BATIA BAUM

À propos

Premier livre & traduction française (trad. du yiddish) / édition bilingue Réunir deux recueils de poésie de Debora Vogel (1900-1942), ici dans la traduction de Batia Baum, constitue à double titre un événement éditorial majeur : de par l'importante place que Vogel occupe sur la scène de l'avant-garde tant polonaise qu'internationale des années 1930, et celle de la traductrice, Batia Baum, qui a consacré jusqu'à présent sa vie à la langue yiddish. En effet, c'est dans cette langue que D. Vogel, d'origine polonaise, prit la décision d'écrire sa poésie ; ce, en rupture avec son milieu et ses premières tentatives poétiques, alors en polonais et en allemand. Vogel fait ainsi ressurgir la question lancinante énoncée dans sa correspondance du début des années 1930 avec Bruno Schulz dont elle fut très proche : «Pour qui écrit-on en yiddish ?» Il s'agit ici d'une première parution intégrale en langue française d'une poétesse exceptionnelle encore inconnue, et à ce titre d'une découverte des plus surprenantes ne serait-ce que du point de vue de l'invention d'un style hors du commun naissant jusque de l'ennui, résolument adossé à l'art pictural (mais aussi à la musique), allant jusqu'à porter notre étonnement vers la poésie objectiviste. C'est au début des années 1930, soucieuse de donner corps à ses réflexions esthétiques et faisant le choix radical d'écrire en yiddish que Vogel publie ces deux livres de poésie : «Figures du jour», 1930, puis «Mannequins», 1934. Il faut noter que ces deux recueils sont intimement liés, que leur double parution en un volume est ainsi parfaitement justifiée, recoupant chacun des thèmes communs : thématiques quotidiennes, tableaux urbains mettant en avant tantôt des matières (le lait, la tôle...), le monde animal ou végétal, tantôt des éléments plus abstraits ou géométriques, ces images récurrentes soulignant à leur tour la monotonie et la langueur des paysages urbains... Aspirant à un nouveau style naissant de l'ennui, elle l'adosse résolument à l'art pictural, plus précisément au cubisme dont elle se réclame formellement, faisant siens les principes de «monotonie» et de «statisme», ainsi que la recherche de constantes et de figures géométriques schématiques comme base de l'ornementation. Toutefois, les liens avec la peinture ne doivent pas nous faire oublier la part faite à la musique : importance du rythme, techniques fondées sur l'usage de la répétition, l'énumération en boucle des mêmes éléments (choses, mots, situations), rappelant des aspects du sérialisme ou de la musique répétitive. Se défendant de se livrer là à des expérimentations artificielles, Vogel souligne la nécessité absolue («au prix d'épreuves à caractère vital») de cette poésie qu'elle qualifie de «poésie de la vie statique».


Rayons : Littérature > Poésie > Contemporaine


  • Auteur(s)

    Debora Vogel

  • Traducteur

    BATIA BAUM

  • Éditeur

    La Barque

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Date de parution

    07/07/2023

  • EAN

    9782917504666

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    320 Pages

  • Longueur

    22.2 cm

  • Largeur

    15.5 cm

  • Épaisseur

    2.6 cm

  • Poids

    452 g

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Debora Vogel

Étudiante en philosophie à Vienne, Vogel suit des études de lettres à Cracovie puis parfait sa formation de philosophe à l'université de Lwów. Titulaire d'une thèse sur l'influence de l'esthétique hégélienne sur le philosophe et historien de l'art Józef Kremer, elle traverse l'Atlantique pour découvrir New York et sillonne l'Europe, séjournant à Stockholm, Berlin et Paris, villes qui contribuent à faire d'elle une intellectuelle polyglotte et qu'elle évoquera de façon récurrente dans sa poésie, au premier chef Paris. C'est au cours de ces années de formation qu'elle apprend le yiddish méprisé par les siens. De retour à Lwów, elle enseigne la psychologie dans un institut hébraïste de formation des maîtres. Encouragée par Rachel Auerbach (1903-1976) dont elle a fait la connaissance dans des séminaires de philosophie, elle publie ses premiers poèmes en yiddish. Vogel fut aussi une influente critique d'art (elle publia notamment un article sur Chagall dans la revue littéraire « Tsushtayer » [« Contribution »], dont elle inspire la politique éditoriale, ainsi que les premiers dessins de Bruno Schulz), et en tant que théoricienne de l'avant-garde, elle aura notamment conceptualisé l'art du montage et du photomontage jusque dans le domaine littéraire.

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