Eres

  • Le discours capitaliste repose sur la conviction que la science rend compréhensible tout ce que nous aurions à connaître, que la technoscience peut fabriquer tout ce dont nous avons besoin, et que le marché nous donnera accès à tout ce qui nous manque. Dans ce contexte de promesse de complétude, quelle est la capacité de la psychanalyse à rester présente dans le lien social et à rejoindre, en se réinventant, ce que Lacan appelait la subjectivité de notre époque ?

  • L'apparition et la revendication de nouvelles « façons de faire » avec l'ambiguïté du sexe, ne peuvent manquer d'interroger la psychanalyse. Cet ouvrage pluridisciplinaire constitue une introduction aux débats actuels sur les questions du sexe et du genre et à la façon dont elles sont articulées de manière théorique.

    La remise en cause de l'évidence naturelle jusque-là accordée à la différence des sexes occupe la scène des débats publics et se retrouve théorisée par l'émergence du concept de « genre » dans sa distinction d'avec le sexe. Cet ouvrage propose une introduction à toute la complexité de ces questions en axant son propos sur les controverses entre les théories psychanalytiques et les études sur le genre et en ouvrant le dialogue à la littérature, à la philosophie et au cinéma. Cette perspective pluridisciplinaire reflète ainsi l'hétérogénéité des différents abords et usages du genre.

  • Cette analyse pluridisciplinaire explore des pistes pour une meilleure prise en compte des femmes chefs de famille qui se trouvent de plus en plus en situation précaire.
    Alors que la loi sur l'égalité femme-homme se discute, cet ouvrage analyse la précarisation croissante des femmes chefs de famille qui cumulent les difficultés économiques, un isolement relationnel et une fragilisation psychologique. Ce phénomène préoccupant nécessite de concevoir un soutien qui ne soit pas uniquement économique mais qui intègre les dimensions sociale et psychologique.

  • Comment vivre ensemble dans le respect de chacun et dans celui d'un projet de société partagé ? Comment, dans le champ de l'accueil et de l'éducation des tout-petits, redonner du sens à une laïcité renouvelée, au regard de l'évolution de notre société qui s'inscrit inéluctablement dans l'interculturalité ? La collectivité de jeunes enfants est comme un microcosme de la vie sociale. À ce titre, c'est un lieu privilégié d'expérimentation du rapport à l'autre, d'éveil à la socialisation pour les jeunes enfants en lien avec leurs parents, d'autres parents et une équipe de professionnels. Dans un contexte de forte mixité culturelle, l'éveil et l'accompagnement éducatif des enfants à la rencontre de l'autre et des autres représentent un enjeu de société qui doit être pensé et mis en oeuvre. Cette compétence professionnelle fondamentale qui fait partie intégrante de la formation initiale et continue des éducateurs de jeunes enfants.
    Myriam Mony est responsable de la formation des Éducateurs de jeunes enfants à l'École santé social sud-est (ESSSE) à Lyon.

  • Comment une association connue depuis vingt ans pour lutter au quotidien contre toutes les discriminations a-t-elle pu être attaquée par la HALDE, saisie par une employée licenciée ? Un combat pour défendre la laïcité dans le cadre d'un projet original articulant accueil de la petite enfance, formation professionnelle et centre social.

    La défense de la laïcité dans une structure petite enfance de droit privé est une position singulière dans un secteur où la tolérance nourrie de naïveté à l'égard des femmes voilées (assistantes maternelles, public accueilli) est la règle générale. L'aveuglement des professionnels et des formateurs sur le risque d'entrisme intégriste les fait défendre sans réserve l'accueil de la diversité. Cet ouvrage enfonce un coin dans ce consensus et permet de rétablir en partie un juste équilibre. Le combat de la crèche Baby-Loup a eu des répercutions nationales, il a fait jurisprudence pour toutes les structures de la petite enfance et du secteur médico-social.

    Agrégée d'histoire, Luce Dupraz est personne qualifiée à la Commission départementale d'accueil des jeunes enfants du département du Rhône, expert sur les formes nouvelles d'accueil de la petite enfance et de l'éveil culturel du jeune enfant, ancienne présidente de l'Agence « Quand les livres relient ».
    Préface de Elisabeth Badinter Postface de Caroline Eliacheff   Agrégée d'histoire et titulaire d'un DEA de sociologie, Luce Dupraz est expert petite enfance, expert sur les formes nouvelles d'accueil de la petite enfance et de l'éveil culturel du jeune enfant, personne qualifiée à la Commission départementale d'accueil des jeunes enfants du département du Rhône depuis 2007. Elle fut présidente de l'Agence Quand les livres relient de 2004 à 2010 (pratiques culturelles autour de la littérature de jeunesse), membre du comité Enfance de la Fondation de France de 1996 à 2002, assesseur auprès du tribunal pour enfants de Lyon de 1996 à 2006. Elle participe depuis 2003 aux jurys régional et national de la Fondation de France relatifs au programme « Ouverture au monde de la culture et de l'art pour les enfants de moins de 12 ans ». Luce Dupraz a plus particulièrement travaillé sur la garde à domicile, les lieux d'accueil nouveaux pour les enfants de moins de six ans (lieux d'accueil enfants-parents, dispositifs passerelles avec l'école maternelle, ludothèques, etc.), les actions culturelles précoces, l'accompagnement à la parentalité, la prévention de l'exclusion, l'intégration des enfants d'origine immigrée.

  • Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif.
    Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
    />

  • Violence, agressivité, haine, hainamoration...
    De Freud à Lacan en passant par quelques autres, où en sommes-nous de ces concepts ?
    La haine est-elle seulement ce qui peut rendre compte de ce que nous rencontrons en termes de violences ? N'y a-t-il pas un « audelà » où la haine de l'autre n'est même plus présente et permet sa froide élimination sans qu'une quelconque forme d'identification ait lieu ? Les dernières exactions « terroristes » auxquelles nous assistons semblent indiquer une piste en ce sens. C'est donc toute la question de « qu'est-ce qu'un autre pour le sujet ? » qui se trouve posée et du comment se constitue dès la plus tendre enfance un espace psychique qui puisse supposer l'existence d'un autre différent de soi-même.
    Examiner les différentes sources qui alimentent la haine et la violence permet de déconstruire le mythe selon lequel la haine serait une chose naturelle donnée a priori.
    Évidemment, le réel est aux portes de toutes ces problématiques et nous force à réfléchir à la façon dont la question de la loi symbolique peut nous amener à interroger le réel de la mort.

  • Les douze textes qui composent cet ouvrage ont été réunis par le souci d'une réflexion cohérente et rigoureuse autour de concepts fondamentaux de la psychanalyse: l'inconscient, le corps, le transfert, les fantasmes, les dettes, la culpabilité, le semblant Dans une approche critique, l'auteur analyse les constructions de l'analyse, en pointant des différences dans la technique psychanalytique, qui découlent des théorisations de Freud et de Lacan. Cet ouvrage paru en espagnol a été également traduit en anglais.

  • Il existe partout dans le monde une multitude d'initiatives locales spécifiquement féminines combinant activités économiques (production, consommation, finance, etc.) et politiques (défense des droits) et pourtant celles-ci sont quasiment ignorées de l'opinion publique et du domaine académique. La mobilisation des femmes pour faire de l'économique autrement est-elle une résistance et un palliatif à la mondialisation libérale ? Ou assiste-t-on à la construction d'une alternative ? Telle est la question centrale de cet ouvrage.

  • L'auteur effectue une lecture originale de l'ouvre lacanienne à travers de la notion de « réseau » en mettant au jour des liens inédits avec l'ouvre freudienne.
    Cet ouvrage revient sur les points communs des ouvres de Lacan et de Freud et sur leurs différences, au moyen d'une approche inédite fondée sur le concept de « réseau ». Il y apporte ainsi des éléments de réponse à une question qui agite la communauté des chercheurs en psychologie, psychanalyse et des psychanalystes, sur la nature du « passage » de Freud à Lacan, c'est-à-dire sur le statut de la relecture effectuée par Lacan.
    Frédéric Forest est docteur en science politique, chercheur associé au Centre de recherche psychanalyse médecine et société de l'université Paris 7 Diderot. Il est par ailleurs administrateur civil, sous-directeur au ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
     

  • La sensibilité du soignant : valeur ajoutée du soin en réanimation ? La philosophie comme outil pour aborder la dimension éthique de la réalité des soins.
    L'auteur fait discuter la réalité du soin avec les pensées philosophiques, parfois avec audace ou ambition, mais surtout sans prétention. L'objectif est de rendre visible ce qui se vit dans l'ombre, de montrer et comprendre la rugosité mais aussi et surtout la richesse du soin. En réanimation, parce que la technique occupe une large place, cette part du soin qui n'offre aucune visibilité, doit être valorisée. En tant que cadre infirmier, l'auteur s'y engage aux côtés de son équipe, et s'attarde sur les petites choses au plus près des réalités du soin.
    Marie-Claude Vallejo est cadre de santé en réanimation polyvalente au CHU Rangueil, Hôpitaux de Toulouse. Elle a longtemps exercé en tant qu'infirmière, puis infirmière anesthésiste à l'hôpital des enfants. Dès ses premiers pas dans le métier, la réflexion éthique s'est imposée comme le cour du questionnement autour des situations de soins, et l'a conduite à suivre l'enseignement d'Emmanuel Hirsch.

  • Dans cette réédition entièrement revue et actualisée, les auteures réaffirment que le travail d'accueil du jeune enfant est radicalement différent du rôle parental d'éducation de ses propres enfants, qu'il est d'une grande exigence professionnelle et qu'il doit comporter le temps suffisant pour une réflexion permanente des accueillants sur leur pratique. Permettre au petit enfant de grandir en toute sécurité et aux parents d'être en confiance est une priorité. Dans cet objectif, elles développent des outils nécessaires pour traduire ces principes dans la réalité : pratiques quotidiennes à promouvoir (les fondamen-taux) et dispositifs à mettre en place pour les garantir (cadre de référence, formation, dynamique de projet éducatif). À quand le meilleur pour la petite enfance ?

  • La condensation et le déplacement sont les deux mécanismes fondamentaux du travail du rêve, découverts par Freud. Ils sont aussi à l'oeuvre dans la poésie. Lacan les a réévalués à partir de la métaphore et de la métonymie sans pour autant les y réduire, tant ils relèvent de la prise directe du signifiant dans le réel de la langue.

  • Dans cette deuxième lecture de L'étourdit de Jacques Lacan, l'auteur s'engage dans l'interprétation du même texte. Il le fait parler au-delà de lui-même.

    L'étourdit traite essentiellement du discours psychanalytique. Il remet radicalement en question le « prétendu analyste ». Le discours psychanalytique n'est pas le discours tenu par l'analyste. L'effacement de l'analyste introduit une révision complète des grands axes de la psychanalyse, une nouvelle lecture des formules phalliques de la sexuation, une nouvelle portée de la castration et de la coupure en général, une critique du groupe analytique, une nouvelle conception de l'interprétation et du transfert.

    Christian Fierens exerce la psychanalyse à Tervuren près de Bruxelles ; il est membre du Questionnement psychanalytique et de l'Association lacanienne internationnale ; il est docteur en psychologie et psychiatre de formation. Il enseigne la psychanalyse à Lire en psychanalyse et au CIERL de l'université libre de Bruxelles.
    Christian Fierens exerce la psychanalyse à Tervuren près de Bruxelles. Il est membre du Questionnement psychanalytique, de l'Association freudienne de Belgique et de l'Asssociation lacanienne internationale et de l'Association lacanienne internationnale ; il est docteur en psychologie et psychiatre de formation. Il enseigne la psychanalyse à Lire en psychanalyse et au CIERL de l'université libre de Bruxelles.

  • L'ouvrage veut répondre à deux questions intriquées : Quelle a été l'incidence de la théorie kleinienne dans l'enseignement de J. Lacan ? Qu'est-ce que la psychanalyse dite d'enfant ?

    La théorie kleinienne est peu connue des psychanalystes lacaniens. Or, grâce à une recension exhaustive des références aux textes de M. Klein et des commentaires qu'en fit Lacan, de 1938 à 1975, l'auteur montre l'appui certain qu'il y a pris pour construire, avec elle ou contre elle, les notions les plus importantes de sa doctrine jusqu'au milieu des années 1960 (signifiant, phallus, objet a, deuil, fin de la cure). Par ce rapprochement entre ces deux personnalités, elle met également en question la spécialisation de la psychanalyse en " psychanalyse d'enfant " qui, coupée de ses fondements freudiens et fortement marquée par la psychologie du développement et par la pédopsychiatrie, risque de transformer le travail avec les jeunes patients en adaptation aux normes de la science (béhaviorisme, cognitivisme, neuropsychanalyse) et d'une politique sécuritaire de la santé.

  • A travers l'oeuvre-vie de robert schumann, frida kahlo, blaise pascal, jean-jacques rousseau, fedor dostoïevski, joë bousquet, helen keller, démosthène et de bien d'autres figures souvent mythifiées, charles gardou donne à voir la place de la vulnérabilité dans toute vie et les ressorts nécessaires pour la surmonter.
    Comme tant d'anonymes, ces femmes et ces hommes font subir un renversement, un retournement au handicap. ils composent, peignent, écrivent, créent, certes pour s'exprimer, mais avant tout pour s'emparer de leur vie et lui rendre sa hauteur. leurs itinéraires singuliers témoignent d'une réalité paradoxale : le handicap impose de multiples limitations et impuissances, d'indicibles détresses, des sentiments d'infériorité.
    Il contraint à renoncer à des aspirations, il réduit parfois en poussière des désirs et des projets, il restreint certaines capacités, mais en aucun cas, il n'obère l'ensemble des possibilités d'un être. certaines peuvent même s'accroître. a l'heure oú l'on exalte la facticité, oú s'affiche la loi de la force avec indécence, l'auteur rappelle combien l'oubli des valeurs de la fragilité génère mépris et exclusion.
    A l'instar de fragments sur le handicap et la vulnérabilité (érès, 2005), il montre que l'homme est d'autant plus fort qu'il se connaît et s'assume vulnérable. il ouvre ainsi à une intelligence de la fragilité.

  • Rafah Nached a été arrêtée le 10 septembre 2011 et a été libérée le 16 novembre 2011. Elle est la première femme psychanalyste en Syrie, et probablement aussi au Moyen-Orient, puisqu'elle exerce depuis vingt-sept ans.

    Nous avons choisi un certain nombre de textes qu'elle a écrits, soit directement en français, soit en arabe (qui ont alors été traduits), pour permettre au lecteur, qui ne la connaît que par la répression qu'elle a subie, de la rencontrer en tant que psychanalyste, à travers ses écrits. Nous avons ajouté des témoignages de quelques-uns de ses amis.

  • En octobre 2006, sera fêté le cinquantième anniversaire de la révolte des Hongrois contre les Russes : ce sera l'occasion de parler de ce petit pays européen méconnu, particulièrement créatif, qui compte un grand nombre de prix Nobel. Cet ouvrage contribue à sa façon à cette célébration. Ce récit poétique, itinéraire et vagabond, à la fois récit et autobiographie explore les déchirures de la guerre et du communisme, l'enfance déracinée, l'exil, le chemin difficile de la traversée et de la « reconstruction intérieure » grâce à la rencontre avec Lacan qui permit aussi à l'auteur de faire retour vers le passé en Hongrie.
    D'origine hongroise, Eva Füzessery est diplômée de la Sorbonne en psychologie. Psychanalyste formée à l'école de Jacques Lacan, sa pratique avec les enfants et les adultes s'inspire également de la clinique psychanalytique de Françoise Dolto.

  • Le baby-blues est un article très en vogue au rayon des petites contrariétés de la grossesse et des premiers jours.
    Toutes vous l'attendez, vous vous inquiétez si au deuxième, troisième ou quatrième jour après la naissance de votre bébé, il n'est pas au rendez-vous : vous pouvez le faire, plus, vous devez le faire ! On vous a tellement parlé de cet état si particulier qui vient assombrir de ses gros nuages d'incompréhension et de doutes vos premiers jours avec bébé. Vous faites un blues classique, banal, circulez, il n'y a rien à voir ! Ni à dire.
    En fait, le baby-blues n'existe pas. Il n'existe que des mots savants ou qui se veulent tels et qui sont là pour vous faire taire. Ne les écoutez pas, vivez vos bouleversements psychiques et corporels à votre aise. La grossesse n'est pas une maladie, vous n'êtes pas une " patiente ", dites-leur. Et vivez votre vie avec votre bébé - et son père - sans modération ! Allegro.

  • Les intervenants du champ médico-social voient de nombreux migrants et enfants de migrants parmi les populations dont ils s'occupent. De ce constat souvent abusivement amplifié, la question culturelle surgit, et avec elle, la tentation d'y répondre comme à un phénomène sociologiquement limité et concernant les seules « minorités visibles ». Pourtant, cette question n'est-elle pas toujours engagée dans les relations entre l'institution, incarnée par les professionnels, et les usagers, bénéficiaires, clients. qui restent, quel qu'en soit l'état civil, « d'étranges étrangers », c'est-à-dire des personnes humaines ?

    Les auteurs de cet ouvrage, dans un paradoxe apparent, contribuent à élargir l'horizon de la question de la culture, tout en la portant au plus intime de chacun. Forts d'expériences multiples et diverses, en particulier sur d'autres continents, ils ouvrent des pistes concrètes et donnent des repères pour outiller les acteurs et renforcer leurs postures, afin de désamorcer les crises ou de les prévenir. Faisant dialoguer positivement identité et altérité dans les pratiques quotidiennes aussi bien éducatives que sanitaires ou judiciaires, ils tentent de poser les jalons d'une nouvelle pratique du social qui serait respectueuse du pluriel. Au final, l'exigence éthique paraît seule en mesure de fonder une approche des phénomènes culturels débarrassée du naturalisme ethnologique, comme de conférer une efficacité véritable à des initiatives qui, sans elle, ne sauraient relever que d'une technicisation du social.

  • Qu'en est-il de la toxicomanie au féminin et de sa logique passionnelle dans son rapport au traumatisme ? Au moment même où la psychiatrie se fabrique une sous-spécialité médicale avec la notion d'addiction qui uniformise, normalise en arasant les différences, ce travail réintroduit la différence entre hommes et femmes, que la passion de la drogue tend à abolir.
    La réflexion de l'auteur s'étaye sur une pratique de dix-huit ans comme psychologue clinicien auprès d'une population de toxicomanes dans un Centre spécialisé de soins en toxicomanie (CCST). L'anamnèse de nombreuses femmes toxicomanes révèle la fréquence de traumatismes sexuels subis dans l'enfance ou l'adolescence. Le recours à la drogue ici a pour fonction de se soustraire au souvenir de l'événement traumatique.
    L'évocation de ces histoires traumatiques dans le cadre du travail psychothérapeutique s'effectue le plus souvent sur un mode passionnel. L'auteur montre à partir d'exemples cliniques que sous le couvert du transfert peut se dévoiler une passion : amoureuse, haineuse, véritable toxicomanie d'objet qui vient se substituer à la passion du toxique. Ces passions de transfert sont de véritables constructions qui ont une fonction de suppléance.
    Elles dévoilent un positionnement spécifique des femmes toxicomanes quant à la question de l'être dans son rapport à l'objet : un défaut de reconnaissance radicale et un défaut de travail de deuil.

  • L'Unité d'accueil mères-enfants du centre hospitalier de Saint-Denis a été créée en mai 1992 de façon expérimentale et agréée en juillet 1994 comme hôpital de jour mères-enfants, pour accueillir les pathologies de la relation précoce. Elle accueille, à la journée ou à la demi-journée, des mères atteintes de dépression du post-partum, de psychoses puerpérales, de psychoses chroniques ou très carencées ou isolées, avec leurs jeunes enfants (0 à 3 ans). L'hypothèse de travail qui est développée ici consiste à penser que prendre soin de la mère et soutenir la relation mère-enfant notamment par le biais de pratiques culturelles mais aussi par une attention à ce que " narre " le bébé participe de la prévention d'une éventuelle pathologie de l'enfant.
    />

empty