Actes Sud

  • Humeur noire

    Anne-Marie Garat

    De passage à Bordeaux, la ville où elle est née et où grandir a voulu dire s'émanciper, la ville dont l'opulence bourgeoise et l'arrogante amnésie lui restent comme un caillou dans la chaussure, Anne-Marie Garat se rend avec un sien cousin bordelais au musée d'Aquitaine où, ensemble, ils découvrent l'exposition consacrée à la traite négrière. Et tombent en arrêt devant certain cartel, au langage pour le moins javellisé. «Humeur noire »revient sur la colère qui jaillit face à la malpropreté des mots. En décortiquant avec humour et lucidité sa propre obsession d'écrivaine, Anne-Marie Garat signe un livre étonnamment personnel (et étonnamment réjouissant), sur les traces d'une histoire collective et d'une mémoire intime (trop) longtemps laissée(s) tranquille(s). Intranquille, vivant, pétillant, virtuose, un emportement qui cristallise combien tout est lié, combien «tout» est important.

  • C'est une fresque immense que l'historien Walter Scheidel a brossée : sur des milliers d'années et au sein des sociétés les plus diverses, il met au jour les processus qui ont fait reculer les inégalités économiques. Nous y découvrons, de manière tout à fait contre-intuitive, que la réduction de ces inégalités est en réalité moins probable en période de paix, d'abondance, de stabilité politique et de croissance qu'en période de souffrance et de chaos. De cette plongée historique, Scheidel déduit que le retour de l'égalité peut avoir lieu à travers quatre grands types de cataclysme : la guerre, la révolution, l'effondrement des structures de l'État et l'épidémie de masse - qu'il dénomme les quatre cavaliers de l'Apocalypse. Mais Scheidel s'éloigne de toute vision déterministe : ces quatre cavaliers ont un rôle possible, sinon probable dans le processus de remise à zéro des inégalités. En démontrant, avec une efficacité saisissante, cette mécanique d'anéantissement et de renaissance dont le capitalisme mondial est le dernier avatar, Scheidel pose les bases d'une réflexion indispensable sur le progrès social et les temps futurs. Sur l'urgence de répondre politiquement à une globalisation inégalitaire dont les fragilités accumulées pourraient entraîner un collapsus à l'échelle mondiale.

  • Tchernobyl par la preuve ; vivre avec le désastre et après Nouv.

    Après dix ans de fouilles intenses dans les archives - en ex-URSS, en Europe et aux Etats-Unis -, d'entretiens et d'enquêtes de terrain - en Russie, en Ukraine et en Biélorussie, et ce jusque dans la Zone d'exclusion -, l'historienne américaine Kate Brown nous révèle l'ampleur non seulement de la catastrophe, mais aussi des actions entreprises pour dissimuler la vérité et convaincre la communauté internationale et l'opinion publique de l'innocuité des retombées radioactives. Ses découvertes mettent en lumière les conséquences irréversibles de la radioactivité anthropique sur le vivant, et nous confrontent, jusqu'à la sidération, à ce que nous ont légué des décennies d'accidents et d'essais nucléaires en tout genre. Premier grand travail scientifique sur Tchernobyl. Un ouvrage sans équivalent.

  • La réplique de Naomi Klein à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump à la Maison Blanche. Dans ce nouveau livre, la journaliste de renommée mondiale analyse les faits et gestes du président des États-Unis et propose une série d'outils précis et tranchants pour comprendre cette nouvelle stratégie du choc, mais surtout pour y résister.

    Traduction de Colette St-Hilaire et Véronique Dassas.

  • La maison brûle ! La crise climatique est là qui menace  l'équilibre du monde. Des mouvements sociaux ont déclaré l'état d'urgence social et écologique. Mais pourquoi sommes-nous incapables d'agir en conséquence ? Comment éteindre l'incendie ? Depuis plus de vingt ans, Naomi Klein se fait l'écho incisif de la guerre économique qui prend pour cibles les individus et la planète. Elle propose ici la mise en oeuvre du plan de sauvetage : un «New Deal »vert.  

  • Notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre. Nous ne pouvons infléchir les lois de la nature, mais nos comportements peuvent et doivent radicalement changer sous peine d'entraîner un cataclysme. Tant par l'urgence du sujet traité que par l'ampleur de la recherche effectuée, Naomi Klein signe sans doute son livre le plus important à ce jour.

  • Cet ouvrage présente une analyse innovante des nouveaux modes de production et d'organisation économique ayant émergé ces cinquante dernières années et montre qu'ils forment une seule et même économie, apparue de façon cohérente et non concertée dans le monde. Réinscrivant les activités humaines dans les grands cycles de la planète, couplant leur productivité à la régénération des écosystèmes et des liens sociaux, ils forment ensemble une économie que l'on peut qualifier de symbiotique.

  • On a trop tendance à voir dans le don une petite affaire privée - le don de soi -, une disposition psychologique qui n'engage que la personne qui donne. Rien n'est plus faux. Derrière cette notion, c'est toute la vitalité de l'existence collective qui est en jeu. L'originalité de ce livre est de déployer toute la portée du système-don, à la fois levier d'action et clé de lecture permettant à l'homme d'exprimer et de comprendre les ressorts cachés des pratiques qui le caractérisent de tout temps : les soins, les sports, les arts, la quête spirituelle et religieuse, mais aussi l'engagement politique et jusqu'aux comportements plus récents du salarié et du manager.  

  • A la rencontre de Simone Weil, philosophe, ouvrière, militante et résistante. De la guerre d'Espagne à l'usine, de l'exil à l'engagement au service de la "France libre", un itinéraire ardent et insoumis.
    "Son nom est connu dans un cercle d'initiés qui la considèrent comme une icône de la pensée contemporaine et qui se ressourcent régulièrement dans ses écrits.
    Je fais partie de ces personnes qui, par les hasards d'une amitié, à l'adolescence, ont eu la chance de tomber sur La Pesanteur et la Grâce, et, comme bon nombre d'étudiants, je le suppose, j'ai appris par coeur certains fragments qui résonnaient en moi comme des aphorismes de sagesse et de compréhension du monde. Pendant des années ce livre de chevet fut pour moi comme la boussole du marin au milieu de l'océan déchaîné.
    Trente ans après, mes recherches sur Hannah Arendt me firent lire ou relire certains textes comme La Condition ouvrière et L'Enracinement. Je fus, de nouveau, frappée par sa profondeur d'analyse, son courage physique et intellectuel, la pertinence de ses propositions, son mystère aussi, ce mystère d'une vie brisée à trente-quatre ans dans le feu de la recherche de la vérité.
    Aujourd'hui, nous avons besoin de la pensée de Simone Weil, de sa clairvoyance, de son courage, de ses propositions pour réformer la société, de ses fulgurances, de ses questionnements, de son désir de réenchanter le monde."

  • Cent ans d'expérience de la psychanalyse nous invitent à ne pas rester pris dans l'étroite «dictature de la raison» freudienne. Si spiritualité et psychanalyse semblent d'abord incompatibles, Marie Balmary démontre, en creusant quelques questions fondamentales, que la pratique clinique liée à un nouvel accès aux textes spirituels conduit à penser la vie spirituelle comme le luxe salvateur de l'humanité face à ses souffrances. Car si la psychanalyse est un luxe, Dieu aussi.

  • Elles sont aujourd'hui 15 % dans l'armée française, 19 % dans la Police nationale. Le phénomène est international : on les a vues nombreuses dans les troupes américaines en Irak, elles constituent une grande partie des troupes de l'armée d'Israël, et ce depuis la création du pays, il existe aussi des policières en Afghanistan ou au Soudan ainsi que des soldates au Yémen, en Colombie ou en Inde. Partout l'évolution des sociétés a suivi la même direction. Les femmes prennent de plus en plus part à d'autres formes de violence, illégale cette fois. Les guérillas comptent un fort pourcentage de femmes dans leurs rangs (jusqu'à 40 % en Colombie ou au Sri Lanka) et le terrorisme, de la Russie à l'Irak, attire de plus en plus de femmes qui n'hésitent pas à s'investir, parfois jusqu'à la mort. Plus près de chez nous, les femmes participent à des révoltes et des luttes en tout genre, tandis que les rings de boxe ou les salles de sports de combat leur ont ouvert leurs portes.
    Que se passe-t-il donc pour que les femmes fassent ainsi preuve d'une agressivité, d'une colère et d'un engagement physique auquel nous ne sommes pas accoutumés ?
    "Guerrières" : un mot qui fait peur. Si la politique ou le militantisme ont depuis longtemps adopté sans problème un langage guerrier qui irrigue notre quotidien - ne parle-t-on pas couramment d'un adversaire qu'il faut battre, de combats à gagner, de lutte à mener et de victoires à obtenir ? -, il est encore rare d'y associer l'image de la femme. En remontant le cours de l'histoire, Moïra Sauvage démontre que les champs de bataille n'étaient pas inconnus des plus intrépides, que les reines guerrières furent nombreuses et non moins héroïques que leurs homologues masculins. Mais ces guerrières n'ont pu échapper à la norme que grâce au fait qu'on avait besoin d'elles - durant des périodes très particulières. Elles ont ensuite, sauf quelques exceptions emblématiques, été oubliées par les auteurs de la "grande histoire", celle des rois et des grands de ce monde. Quant aux autres, les émeutières des quartiers pauvres, les révolutionnaires dont la ferveur était considérée comme utile, les militantes pour le droit de vote, elles ont souvent été reléguées par la mémoire populaire dans un oubli volontaire. En s'opposant à l'ordre établi, en luttant pour changer la société, elles ne correspondaient pas à l'image que l'on voulait retenir du sexe dit "faible".
    Pour mieux comprendre le phénomène, l'auteur est ensuite allée à la rencontre des femmes guerrières d'aujourd'hui, de celles qui prennent les armes, que ce soit de façon légale ou illégale, mais aussi de celles qui luttent par d'autres moyens et font de leur vie un combat, ces militantes qui veulent changer le monde.
    Leurs histoires et leurs témoignages dressent le portrait d'un sexe féminin que l'on a trop souvent tendance à considérer comme victime alors qu'il a fait preuve, aujourd'hui comme hier, d'une force indéniable.
    D'autres questions naîtront de ces rencontres : en ce début de millénaire, les changements de mentalité qu'apportent ces nouvelles guerrières permettront-ils de redéfinir les normes sexuelles de nos sociétés ?

  • Au croisement de l'anthropologie, de l'histoire de l'art ancien et contemporain, de la mode et des moeurs, l'exposition propose diverses mises en scène et mises en oeuvre sur le thème universel des cheveux.
    Abordant l'idée que chacun donne de sa personnalité par la coiffure, elle se présente tout d'abord sous l'angle de la frivolité, des compétitions entre blonds/blondes, rousses et bruns, lisses et crépus. Comparant les coquetteries des Papous des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée ou des belles citadines africaines ou des «Merveilleuses» du Directoire, l'exposition avance vers l'idée du matériau humain à modeler, à sculpter, support à la fois de savoir-faire, de la relativité de la beauté, mais aussi objet de perte (par l'âge ou la violence), symbole du temps qui passe et de la mort. Par leur usage nostalgique, les cheveux sont des supports de mémoire. Restes humains, reliques, ils conservent un peu de l'aura et de l'énergie de leur propriétaire. Une large partie de l'exposition est consacrée à ces mana (pouvoir sacré des ancêtres) qui ont donné naissance, dans le monde, à de multiples objets dits «magiques» ou pour le moins dotés de pouvoirs que l'on s'approprie.
    La question du reste et du trophée est ainsi posée et plus largement du statut de certains «objets» campés aux frontières de l'horripilant et de l'insoutenable, interrogeant nos catégories à partir d'une expérience universelle.

  • De tous les pays du monde arabe, la Tunisie était sans doute celui dont on attendait le moins qu'il entre en révolution.
    Cet événement inouï a surpris le monde entier. Ce basculement révolutionnaire, cette libération inespérée n'étaient dans aucun programme politique, dans aucune perspective un tant soit peu articulée. Il n'y aurait donc pas de sens à prétendre l'événement prévisible et à l'enfermer, rétrospectivement, dans une linéarité historique. Jocelyne Dakhlia se positionne comme citoyenne franco-tunisienne au moins autant qu'en tant qu'historienne pour nous livrer une réflexion sur la révolution que vient de vivre la Tunisie, analysant tout à la fois le contexte dans lequel le pays se trouvait au moment du déclenchement de la révolution et ses premiers développements politiques.
    /> Elle nous propose ainsi une grille de lecture innovante, percutante et sensible, qui permet de mieux comprendre la révolution tunisienne et d'aller bien au-delà de toutes les idées reçues et des multiples analyses de circonstance.

  • Né à el-biar en 1930, jacques derrida a vécu en algérie jusqu'à l'âge de dix-neuf ans.
    Il est issu d'une famille originaire de la péninsule ibérique qui habitait l'algérie depuis près de cinq cents ans. l'empreinte de ce pays, dans la vie comme dans l'oeuvre de derrida, méritait d'être mieux connue et explorée. tel est notamment le propos de ce livre, qui prolonge le colloque international "sur les traces de jacques derrida" qui s'est tenu à la bibliothèque nationale d'algérie en novembre 2006.
    D'algérie, du brésil, des etats-unis, d'egypte ou de france, compagnons de toujours, alliés, traducteurs, tous nous font partager les grandes questions ouvertes par l'oeuvre de jacques derrida et éclairent la singularité de son regard sur le monde.

  • Des jeunes filles venues des Philippines pour être bonnes à tout faire au Koweït ; des ouvrières du textile de l'ex-RDA qui perdent leur emploi au profit de leurs homologues du Bangladesh ou de Chine populaire ; des Polonaises qui, en échange de salaires dérisoires, s'occupent de grabataires dans les hospices allemands, des jeunes femmes des Caraïbes qui saisissent les écritures des comptes en banque américains.
    Autant d'exemples du manège endiablé de la mondialisation de l'économie, où les représentantes du deuxième sexe se retrouvent en première ligne.
    L'expansion planétaire du marché mondial et le triomphe du libre-échange, ses décalages, ses anachronismes et ses ruptures, ont sur elles des effets très différents, voire contradictoires. S'ils déclenchent dans les pays de l'Est et du Sud des érosions gigantesques et des renversements radicaux - qui ne sont pas sans rappeler les horreurs du capitalisme naissant -, ils donnent l'impression, dans les nations industrielles de l'hémisphère nord, d'inciter à la modernisation.

    Il n'en demeure pas moins que, partout dans le monde, on voit surgir simultanément de nouvelles formes de travail, d'autres styles de vie, d'autres échelles de valeurs - des stratégies de résistance aussi qui bouleversent la vie des femmes, et que Christa Wichterich décrit et décrypte tout au long de cette enquête exhaustive et passionnante.

  • Visages de l'aube

    Nancy Huston

    Visages de l'aube : une romancière et une photographe abordent simultanément le thème de la venue au monde.
    Nancy Huston met en scène une nuit de garde dans une maternité et raconte, en contrepoint, le suicide d'une adolescente. Valérie Winckler interroge avec une sensibilité magnifique le premier regard des nouveau-nés.

  • L'obsession sécuritaire risque de mettre sérieusement en question les droits fondamentaux pour lesquels nos ancêtres se sont battus.
    Intrusions dans nos vies privées, contrôle de nos opinions, de nos correspondances, de nos déplacements... les auteurs tirent la sonnette d'alarme et posent les questions cruciales : Pourquoi laissons-nous faire ? Et comment devons-nous nous défendre ?

  • La Russie nouvelle

    Lorraine Millot

    De samara à grozny, des gisements de gazprom au monastère des frères karamazov, des ateliers d'artistes aux casernes de l'armée, lorraine millot journaliste à libération est partie à la rencontre de la russie nouvelle.
    Celle des agriculteurs qui font refleurir les champs autour de toula, des écoliers redevenus curieux et exigeants, des nouveaux entrepreneurs, des blogueurs et poètes, qui se moquent bien du "lillipoutine", ou celle même des immigrés qui, de toute l'ex-union soviétique, cherchent ici leur eldorado. sans faire la propagande du régime, ni taire ses manquements aux règles les plus élémentaires de la démocratie, ce livre met pour une fois l'accent sur celle russie qui crée, construit, s'enrichit, critique, débat, s'amuse ou vit, tout simplement.
    Cette russie est la plus méconnue parce que la moins spectaculaire. ses aspirations sont souvent banales : bien gagner sa vie, acheter une voiture, un appartement, éduquer ses enfants, se reposer à la datcha ou découvrir le monde. grâce à poutine, ou malgré lui, le pays s'embourgeoise, une nouvelle classe moyenne apparaît, qui voyage, s'informe, se cultive, n'acceptera pas toujours d'être abusée, dépossédée de son droit de vote, privée de justice.
    Entre cette russie nouvelle et le pays que dépeint la presse au quotidien, le gouffre est de plus en plus béant "vous déformez la réalité vous n'aimez pas la russie !" accusent les russes, reprenant l'antienne de tioutchev, selon qui on ne peut de toute façon pas "comprendre" ce pays, mais seulement "croire" en lui. place donc, pour une fois, à la russie telle que ses habitants la racontent.

  • Parce que mille maux nous menacent, parce que sont avérées tant notre finitude que la faiblesse de nos moyens, on pourrait (on devrait ?) être tenté d'abandonner la partie - la vie, ce jeu pipé dans lequel nos chances sont ridicules.
    Pourtant, la plupart d'entre nous supportent ce que Cioran appelait "l'inconvénient d'être né" et relèvent le défi. Cette incroyable partie, l'humanité la joue. Et, parmi les moyens qu'il a su inventer pour panser les blessures que le réel prodigue avec une intarissable libéralité, l'humain en a créé qui sont des stratégies particulières - des jeux. S'ils s'exceptent de toute sphère productive, les jeux ici décrits n'en sont pas moins sérieux, dès lors qu'on les réfère à leur enjeu, colossal : comme à la roulette, à la corrida ou à la course automobile, c'est lui-même que le joueur lance, au risque de se perdre ou de se sauver.
    Ces jeux nous engagent, quoique nous ignorions à l'avance - et parce que nous l'ignorons - l'issue de la partie. On trouvera ici de grands et réputés "joueurs", qui ont nom Descartes, Spinoza, Nietzsche, Anne Frank ou Casanova, mais aussi des joueurs plus secrets - et non moins exemplaires - en qui le lecteur pourra se reconnaître. Car l'une des vertus de ce roboratif "manuel d'imagination libre" est bien d'inviter chacun à se découvrir philosophe et à exploiter les ressources du ludique afin d'apaiser les souffrances de la vie, merveilleuse et infinie blessure.

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