Grasset Et Fasquelle

  • « aujourd'hui, le présent est humilié. naguère, il fut arrogant. assez pour convoquer l'histoire et la révolution, comme si elles venaient de naître. j'ai pris part à cette arrogance. je m'appuie encore sur elle pour m'interroger à son propos. le gauchisme, mai 68, le maoïsme, qu'en puis-je dire aujourd'hui qui soit à la hauteur de ce que je sais ? les noms donnent la clé de l'énigme. des noms imaginaires - ouvrier, mao, france -, le maoïste que j'ai été passe aux noms réels. parmi les noms réels, le plus réel d'entre tous s'est fait entendre : le nom juif. après avoir confronté l'europe à ses propres penchants, après avoir dessiné la figure du juif de savoir, j'ai rencontré le juif de révolution. grandeurs et vanités, le triptyque est achevé. qu'on le replie ou le déplie, on y reconnaîtra le lieu des discordes à venir. » j.-c.m.

  • Etat ou société civile ? république ou empire ? le progrès par le social ou par le droit ? les droits de l'homme ou la loi des etats ? « nature est un doux guide » ou « devenir maître et possesseur de la nature » ? les querelles françaises les plus actuelles sont aussi les plus anciennes, et elles n'ont pas fini d'animer notre opinion publique. en répondant aux interrogations sans concession du journaliste alexis lacroix, la philosophe blandine kriegel, faisant retour sur son propre parcours, tâche d'éclairer la généalogie de ces querelles et de clarifier ses principales réponses. au début des temps modernes, émerge dans la construction de l'etat souverain, l'idée de république. pourtant, malgré ses triomphes déjà anciens, la république connaît plusieurs dérives impériales et semble incertaine de sa durée et de ses concepts. n'existe-t-il pas « un reste impérial » au coeur de la souveraineté ? comment interpréter les conflits de l'histoire du droit qui rappochent ou écartent la république moderne du droit ancien ? comment expliquer que le droit soit devenu le parent pauvre du social, alors que la recherche de la justice est une grande cause nationale, sinon par un approfondissement des conflits philosophiques qui séparent les deux grandes voies de la modernité dans leur rapport à la révolution ? les idées peuvent avoir un droit de suite en politique. blandine kriegel les associe librement à l'histoire récente, en montrant comment sa génération s'est efforcée, dans l'immédiate après-guerre, jusqu'en 1968, de procéder à ses risques et périls, à une nouvelle invention de la liberté.

  • Tout ce qui touche à l'europe vous a toujours paru assommant ? et si c'était parce qu'on ne vous en a jamais parlé de manière vivante, concrète, précise, drôle, charnelle, incarnée ? pour aller chercher la vérité de l'europe, marielle de sarnez a choisi les grands sujets qui fâchent ou qui unissent, qui divisent ou qui intriguent les européens. dans son petit dictionnaire, elle donne les clés pour les comprendre, elle les explique simplement : et nous sommes tous concernés. marielle de sarnez est députée européenne depuis 1999. elle a publié en 2008 un essai, féminin singulier (plon).

  • « Il est indispensable de passer d'un idéal de prospérité partagée, dont nous n'avons cessé de nous éloigner, à un idéal de bien vivre ensemble. »

  • Caroline fourest s'est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. avec un talent unique, elle créée des concepts, les clarifie, et fournit ainsi une « boîte à outils » intellectuelle pour ceux qui se sentent malmenés ou perdus dans les violentes ruelles de la pensée. ainsi, dans la tentation obscurantiste, caroline fourest ouvrait une voie d'analyse historique sur la gauche française : elle distinguait deux gauches, l'une fondée sur la résistance au nazisme ; l'autre fondée sur la lutte contre le colonialisme. cette clé d'apparence simple n'a cessé de montrer sa force, et d'être reprise par tous. depuis bientôt quatre ans, caroline fourest travaille sur une question majeure : l'agonie de l'universalisme - notre dernière utopie. cette belle ambition, gravée dans le marbre de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, est battue en brèche. pourtant, il n'existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux. cet enjeu dépasse largement l'aspect rhétorique. il est au coeur de débats qui agitent quotidiennement le monde. les nations-unies, le canada, les etats-unis, l'afrique du sud, l'australie, l'inde, la belgique, les pays-bas, la france... dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. peut-on tout tolérer - l'excision ou l'infanticide - au nom des coutumes ? faire passer le respect du voile avant l'égalité hommes-femmes ? accepter des menus séparés dans les cantines ? des créneaux non-mixtes dans les piscines ? faut-il retirer les sapins de noël des places publiques ? reconnaître des arbitrages basés sur la charia ? dans ce livre puissant, caroline fourest explique le « modèle français », admiré et controversé, le malentendu avec le monde « anglo-saxon ». elle revient sur la révolution française, la constitution américaine, raconte le débat canadien sur les « accommodements raisonnables ». elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie... et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l'envie de faire société.

  • Les ministres de l'Education se succèdent, l'idée demeure : il serait urgent d'introduire à l'école un enseignement de morale. Non parce qu'il faudrait former, comme on en défendit longtemps l'idée, de bons patriotes prêts à tout pour sacrifier à la nation, mais parce qu'il faudrait contenir, discipliner, vaincre un ennemi intérieur, une classe dangereuse qui ne partagerait pas les « valeurs de la République ».
    Qui sont ces réfractaires ? Pourquoi vouloir leur enseigner la morale ? Et d'abord quelle morale ? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit « laïque » ?
    Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice : substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflits de valeurs.
    Ouvrage de philosophie, ouvrage d'intervention. Capital pour aborder, sans préjugés ni précipitation, cette grande question de la morale à l'école.

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