Buchet Chastel

  • En arrivant au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine avait promis d'instaurer en Russie la " dictature de la loi ", de mettre fin à la corruption, d'offrir à chaque citoyen un niveau de vie décent, de ramener l'ordre en Tchétchénie... Le bouleversant journal qu'a tenu, pendant près de deux ans, Anna Politkovskaïa, montre que la Russie est loin du compte. Un pouvoir impitoyable, néo-soviétique, s'est installé. La bureaucratie pille les citoyens ; les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent ; les tribunaux rendent une justice au service des puissants... Dans ces conditions, les discours les plus radicaux reçoivent de plus en plus d'écho, et si une révolution éclate en Russie, elle ne sera ni orange, ni de velours, mais rouge comme le sang, prédit la journaliste.

  • Anna Politkovskaïa a été assassinée à Moscou le 7 octobre 2006. Ceux qui ont voulu sa mort voulaient la faire taire. Sa voix dérangeait.
    En 2007, pour le premier anniversaire de sa mort, paraissait à Moscou, sous le titre Za Chto, " Pour quoi ? " - c'est-à-dire : " Pour quelle raison l'a-t-on tuée ? " -, un recueil posthume de ses articles, qui donne la mesure de l'importance de son engagement. Les textes des deux dernières années de sa vie restaient à ce jour presque totalement inconnus du lecteur occidental. Leur publication montre que la voix d'Anna Politikovskaïa ne s'est pas tue.
    Je parle encore réunit une trentaine de textes dont le grand public français n'a pas eu connaissance, qui redisent avec force son opposition à la guerre en Tchétchénie, à la dérive autoritaire du régime du Kremlin, au glissement de la société vers l'indifférence, la violence, la cruauté et la xénophobie. S'y ajoutent les témoignages de son mari, d'une de ses amies d'enfances et de la plus proche de ses collègues de Novaïa Gazeta.

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