Perrin

  • Peut-on laisser tout dire, tout écrire au prétexte que la "grande" histoire serait parfois trop complexe, ou pas assez "folklorique" ? En quelques chapitres courts, incisifs, Colette Beaune bat en brèche tous les lieux communs qui circulent encore aujourd'hui sur la plus célèbre de nos grandes figures françaises.

  • La reine Victoria

    Jacques De Langlade

    • Perrin
    • 27 Août 2009

    Le règne de Victoria, l'un des plus longs de l'histoire (1837-1901), marqua l'apogée de l'Empire britannique et de la domination du Royaume-Uni, première puissance mondiale.

    A 18 ans, lorsqu'elle devient reine, Victoria s'impose rapidement, malgré sa jeunesse et son manque d'expérience. Elle se montre tout de suite indépendante de sa mère et de l'amant de celle-ci. Elle règne seule, aimant les hommages, les fêtes et les bals. Contre l'avis de sa mère, elle épouse par amour un prince allemand (dont elle aura neuf enfants) qui impose cette rigueur dite " victorienne ", laquelle, derrière la façade, est soumise à bien des entorses. Victoria elle-même n'est pas à l'abri des allusions à des amitiés amoureuses qui défraient la chronique, tandis que la haute société qu'elle méprise s'encanaille sous ses yeux. Energique et autoritaire, respectant le régime parlementaire tout en ne manquant pas de manifester ses opinions et ses préférences, adorée de son peuple - du moins après la mort de son époux en 1861 -, dissimulant sous un masque austère des caprices, des élans, des passions, la reine Victoria a fortement contribué à l'aura de la monarchie.

  • Dans notre mémoire collective, Catherine de Médicis a très mauvaise réputation. La ruse et le machiavélisme auraient inspiré sa politique. Le poison et l'assassinat auraient été ses moyens de gouvernement. Femme et étrangère, elle était toute désignée à la vindicte. La veuve vêtue de noir, dominant et manipulant ses fils, responsable de la Saint-Barthélemy, aurait été la plus maléfique des reines de France. Le livre de Jean-François Solnon balaie la légende et brosse le portrait d'une femme courageuse. Sa grande passion fut le pouvoir : elle l'exerça trente années durant, au milieu des guerres civiles, toujours soucieuse de préserver l'unité du royaume et de rétablir l'harmonie entre les Français malgré les rivalités religieuses. " Le seul homme de la famille ", a-t-on dit d'elle. On ajoutera : " Une femme qui fut un roi. "

  • La première biographie de Margaret Thatcher en français. Un portrait magistral et tout en nuance de la « Dame de fer » au destin hors du commun.
    Janvier 1979. L'Angleterre travailliste est paralysée par des grèves massives. L'électricité est souvent coupée et le chaos s'installe. Le 3 mai, Margaret Thatcher est élue avec un vigoureux programme conservateur et libéral. Onze ans plus tard, en novembre 1990, elle est renversée par son propre parti.
    Son gouvernement, qui aura été le plus long du XXe siècle, bouleverse le Royaume-Uni : syndicats marginalisés, contrôle des changes aboli, économie privatisée, vieilles industries dévastées, croissance des services.
    À l'étranger, que ce soit aux Malouines par la guerre, en Europe par le refus d'intégrer l'Union, ou dans le monde, l'Union Jack a retrouvé ses couleurs. Partout la « Dame de fer » impose sa volonté. À partir d'une documentation nourrie, Jean-Louis Thiériot réalise une biographie exemplaire, passant avec subtilité du portrait au contexte politique, économique et social de l'Angleterre de la dernière guerre à nos jours.

  • 10 novembre 1945 : Paris est plongé dans l'obscurité. Cinémas, théâtres et restaurants sont fermés. Paris est vide : seuls trois longs cortèges funéraires de quinze cercueils filent vers les Invalides. Sur l'un d'entre eux, une plaque : « Berty Albrecht, résistante du mouvement Combat, 15 février 1893-31 mai 1943, Compagnon de la Libération, Médaille militaire, Croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance avec rosette ». Le lendemain, elle sera inhumée au Mont-Valérien. Dominique Missika est partie sur les traces de cette héroïne au destin tragique. Son enquête révèle une femme étonnante et complexe : issue de la bonne société protestante de Marseille, cette mère de famille deviendra surintendante d'usine et militante féministe avant de vivre une grande passion avec Henri Frenay, un saint-cyrien catholique de douze ans son cadet, qu'elle entraîne dans sa lutte contre le nazisme. Figure emblématique de la Résistance, elle meurt entre les mains des Allemands. En consultant documents de justice, archives privées et témoignages inédits, l'auteur retrace avec talent les raisons de son engagement, les circonstances de son arrestation par les Allemands et redonne toute sa place à cette femme exceptionnelle.

  • Née à Paris en 1893, petite fille du général Morris, le conquérant de l'Algérie, et d'une Juive de Constantine par son père, d'une grande famille levantine, par sa mère, Violette Morris s'est d'abord illustrée sur le Front comme estafette puis comme une sportive de haut niveau : boxe, lancer du poids, javelot, natation, football féminin, vélo, moto et course automobile. Mais ses " excentricités " ne plaisent pas à tout le monde. Non seulement elle aime les femmes, mais s'habille en homme et se fait couper les seins. En 1930, elle perd son procès contre la Fédération Féminine Sportive de France qui lui a retiré sa licence sous prétexte qu'elle donne un mauvais exemple aux jeunes filles.
    Puis les événements violents s'accélèrent. En 1937, elle tue un homme sur sa péniche avec une arme à feu. Acquittée pour légitime défense, elle n'en devient pas moins une femme dangereuse... image qu'elle authentifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et Allemands sous l'Occupation. Elle dirige un garage réquisitionné par la Luftwaffe, devient le chauffeur du secrétaire général du gouvernement puis fait du marché noir en Normandie et sera accusée d'être agent de la Gestapo... avant d'être exécutée par la Résistance en 1944. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie invite à rouvrir le dossier noir de celle qui était surnommée "la hyène de la Gestapo".

  • Marie-Thérèse-Charlotte de France (1778-1851), la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, demeure un personnage mal connu. Souvent citée sous le surnom de Madame Royale, voire de « Mousseline », le petit nom donné par sa mère Marie Antoinette, elle était plutôt, pour ses contemporains, « l´Orpheline du Temple », le lieu d´emprisonnement de la famille royale après la chute de la monarchie en 1792. Marie-Thérèse est la seule de la famille à en sortir vivante, en 1795. Elle sort de cette épreuve meurtrie à jamais, mais auréolée d´une légitimité dynastique et politique hors norme pour une princesse française, exclue du trône par la loi salique. Elle devient, parce qu´elle a partagé les souffrances de ses parents considérés comme des martyrs par les royalistes, une héroïne romanesque et un objet de culte pour l´ensemble des partisans de la royauté. De la même façon, son oncle Louis XVIII, qu´elle rejoint en exil et qui remonte sur le trône de France en 1814, fait d´elle le coeur de l´idéologie royale de la Restauration. Fille de France, Dauphine de France par son mariage avec son cousin germain le duc d´Angoulême, elle défend tout au long de sa vie, avec intransigeance, ses conceptions d´une monarchie traditionnelle ancrée dans la religion. Aux yeux des royalistes, elle en est arrivée à incarner, jusqu´à sa mort en Autriche en 1851, la royauté française à son crépuscule. Napoléon saluera en elle "le seul homme de la famille".

  • Vénus & Hottentote

    Sandrel/Bredin

    • Perrin
    • 18 Mars 2010

    A l'aube des années 80, on pouvait encore "admirer" au Musée de l'homme à Paris en France le moulage et le squelette de la "Vénus hottentote" dont l'étonnant physique fit déplacer les foules au début du XIXe siècle. Retour sur une histoire dramatique.
    Qu'avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme khoi d'Afrique du Sud, pour qu'au début du XIXe siècle, on l'exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au Muséum, devant les badauds d'Angleterre et de France ?
    Il ne s'agissait pas seulement de l'attraction de ses fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses, prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs, mais de particularités intimes qu'elle se refusa à dévoiler jusqu'à sa mort. Alors seulement l'éminent Georges Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après prélèvements, et sans états d'âmes, comme en témoigne son rapport d'autopsie qui, pendant longtemps, ne choqua personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain : "Elle était stéatopyge jusqu'à la faute...".
    C'est le destin terrible de cette femme, surnommée la "Vénus Hottentote" et dont les "restes", presque deux cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays natal, l'Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans un récit bouleversant.

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