Editions De L'atelier

  • Si les Allemandes ont obtenu le droit de vote en 1918, près de trente ans avant les Françaises, c'est pour une part le résultat de la lutte obstinée d'une femme volontaire : Clara Zetkin. Son rôle dans les progrès du mouvement d'émancipation des femmes, à l'aube du siècle, est capital. Elue secrétaire internationale par les déléguées socialistes de quinze pays, elle propose en 1910 la tenue, chaque année, en mars, de la Journée internationale des femmes. Rédactrice en chef du journal féminin le plus diffusé, l'Egalité (125 000 abonnées en 1914) elle y expose sur la femme, sur le couple, sur l'éducation des enfants, sur l'école des idées contestées parce que novatrices. Farouchement opposée à la guerre (Aragon l'évoque dans les Cloches de Bâle), elle organise à Berne en 1915, la première conférence internationale des femmes pour la paix. Son approbation enthousiaste de la Révolution d'Octobre lui vaut d'être la représentante de la IIIe Internationale au congrès de Tours. Très tôt elle dénonce le sectarisme du Komintern et du parti communiste allemand et plaide passionnément, jusqu'à la veille de sa mort en 1932, pour l'unité d'action des deux partis ouvriers, dans un Reichstag dominé par les nazis. Hostile à la politique de Staline et à ses procédés, elle lui tient tête, parfois seule, au Comité exécutif du Komintern. Figure de proue de la IIe et de la IIIe Internationale, amie de Rosa Luxemburg, de Lénine et de Boukharine, Clara Zetkin a connu de près tous les grands noms du mouvement ouvrier international. Une existence toute de passion, qu'il s'agisse de la femme ou de la militante, une vie traversée par bien des drames.

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