Des Femmes

  • Brillante philosophe et mathématicienne grecque de la fin du IVe et du début du Ve siècle de notre ère, Hypatie d'Alexandrie est en effet restée célèbre surtout pour sa mort tragique. Hypatie fascine depuis longtemps historiens, philosophes, poètes et romanciers. Mais ceux-ci se sont emparés du personnage, et l'ont souvent instrumentalisé pour défendre des causes aussi diverses que l'anticléricalisme, l'anti-catholicisme ou le féminisme...
    « Quiconque demande qui était Hypatie se verra probablement répondre : « C'était une belle philosophe païenne qui s'est fait mettre en pièces par des moines (ou, plus généralement, par des chrétiens) à Alexandrie en 415. » [...] Embellie dans les arts, déformée par les affects et les partis pris idéologiques, la légende d'Hypatie est extrêmement populaire depuis des siècles ; mais jusqu'à ce jour toutes les tentatives pour présenter la vie de cette femme, de manière impartiale, ont échoué. » M. D.

  • Hypatie d'Alexandrie

    Maria Dzielska

    Brillante philosophe et mathématicienne grecque de la fin du IVe et du début du Ve siècle de notre ère, Hypatie d'Alexandrie est en effet restée célèbre surtout pour sa mort tragique. Hypatie fascine depuis longtemps historiens, philosophes, poètes et romanciers. Mais ceux-ci se sont emparés du personnage, et l'ont souvent instrumentalisé pour défendre des causes aussi diverses que l'anticléricalisme, l'anti-catholicisme ou le féminisme...
    « Quiconque demande qui était Hypatie se verra probablement répondre : « C'était une belle philosophe païenne qui s'est fait mettre en pièces par des moines (ou, plus généralement, par des chrétiens) à Alexandrie en 415. » [...] Embellie dans les arts, déformée par les affects et les partis pris idéologiques, la légende d'Hypatie est extrêmement populaire depuis des siècles ; mais jusqu'à ce jour toutes les tentatives pour présenter la vie de cette femme, de manière impartiale, ont échoué. » M. D.

  • Qui est donc Milagro Sala, prisonnière politique la plus célèbre d'Argentine ?

    Pour le savoir, Alicia Dujovne Ortiz est allée enquêter sur place, dans la province de Jujuy, au printemps 2017. Elle a rencontré Milagro Sala dans sa prison ainsi que son mari, ses camarades de luttes, des membres de son association Tupac Amaru, ses voisins, ses ennemis aussi. Au fil des témoignages se révèle une femme hors du commun, une révolutionnaire d'une générosité exceptionnelle qui a su mettre la cause indienne sur le devant de la scène, et qui est aujourd'hui en danger de mort. Ce livre se joint à la mobilisation internationale lancée pour exiger sa libération.

  • « Elles voulaient, comme Antigone, non pas briser les lois mais découvrir la loi. » « Tentatives d'ordre expérimental destinées à découvrir les lois non écrites ; c"est-à-dire les lois intimes qui devraient gouverner certains instincts, certaines passions, certains désirs mentaux et physiques. Que de telles lois existent, qu'elles sont observées par les gens civilisés, on l"admet en général. Mais on commence à accepter l'idée qu'elles ne sont pas imposées par Dieu. » écrit Virginia Woolf dans « Trois Guinées ».

    À l'heure où devient possible l'inscription politique de la « Société des Marginales » espérée par Virginia Woolf, interroger son parcours de « fille d'homme cultivé », de femme entre deux feux qui écrit en pensant, et qui, désespérée, prend acte de la nécessité de se noyer, semble un remerciement tout aussi nécessaire.
    Virginia a pensé, mieux que nombre de théoriciennes « féministes ».
    Ses analyses théoriques restent inégalées.
    L'écriture était pour elle, à l'époque, la seule voie de résistance, la seule voie d'avenir, de sujette à sujet.
    Car la difficulté d'une « loi d'avenir », proclamée par Claire Demar, est celle d'une position délivrée des assignations identitaires.
    Telle fut la quête de Virginia, en des temps non encore révolus.

    Pour tricoter ces noeuds, Françoise Duroux a réuni quelques spécialistes des noeuds et de l'écriture : Jacques Aubert, Dominique-Lucie Brard, Irène Foyentin, Sola Rabinovitch, Lucia Raphaël, Nadia Setti et Anne-Marie Smith Di Biasio.

  • « Fille du peuple, brodeuse et chômeuse, mariée librement mais sans amour avec le dénommé Voilquin, bientôt séparée de lui, et non sans éclat, mère clandestine, saint-simonienne critique, journaliste virulente de La Tribune des femmes, sage-femme dévouée à l'homéopathie, qui suit des cours en habit d'homme dans un hôpital militaire du Caire, « Sultane » d'occasion dans un harem pour approcher la condition des femmes musulmanes, rescapée de la peste d'Égypte, voyageuse du Nouveau Monde par piété sororiste, elle fut trop en avance pour ne pas être une « bergère de l'apocalypse » mythifiée et mystifiée. Le sujet des présents mémoires - jusqu'ici inédits - sont les sept années passées par Suzanne dans la Russie de Nicolas 1er (1839-1846). Sur le ton de la confidence - ce sont des lettres adressées à sa soeur en Louisiane, non destinées à l'origine à la publication -, elle dit ses tourments d'exilée, ses appréhensions de femme, les difficultés d'exercer sa profession... » M.A. et D.A.

  • Parvenue au faîte de sa carrière, Sarah Bernhardt (1844-1923) décide de rédiger ses mémoires. On y découvre une femme moderne et d'une exceptionnelle indépendance d'esprit. Comédienne dont les interprétations du répertoire classique sont restées célèbres, elle crée sa propre compagnie en 1880 après avoir démissionné du Français avec éclat. Artiste aux multiples talents - écriture, peinture, sculpture - Sarah Bernhardt raconte comment elle dut affronter les contradictions d'une société qui, tout en désapprouvant la liberté avec laquelle elle menait sa vie, était fascinée par ses excentricités et par son génie.

    « Le scandale était donc que cette femme soit libre et qu'elle soit aussi géniale, que la beauté même ne fût chez elle qu'un choix... et le scandale était aussi qu'elle fut capable d'avoir ce pouvoir de symbolisation que les hommes refusent si volontiers aux femmes. » C. H.

  • Le livre tente de comprendre l'épouvante des camps, non pas en plongeant dans l'horreur, mais en regardant l'histoire de la déportation à travers le prisme particulier de la résilience, cette victoire remportée par des êtres fragiles sur la violence la plus inimaginable. Les femmes n'ont pas été traitées moins sauvagement que les hommes, mais elles ont « mieux survécu », développant des capacités de résistance/résilience spécifiques, parce qu'elles ont su tisser un « filet » d'entraide, par la parole et l'écoute, la tendresse, l'attention aux autres, la solidarité, l'amitié, qui allaient de pair avec l'héroïsme physique et moral réellement exceptionnel de certaines. L'auteure s'appuie sur l'expérience et les écrits de six femmes, très différentes par leurs origines sociales et culturelles, leurs engagements ou personnalités : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Charlotte Delbo, Margarete Buber-Neumann, Odette Abadi et Fania Fénelon, auxquelles s'ajoute Léa Berger.

  • L'étrange et fulgurant parcours de Simone Weil, née en 1909 dans une famille juive et qui aura la révélation de la foi chrétienne en 1937, brillante normalienne et philosophe qui travaillera en usine, s'engagera aux côtés des Républicains espagnols puis dans les services londoniens du général de Gaulle, avant de se laisser mourir de tuberculose en 1943, à 34 ans, méritait une nouvelle approche. Robert Coles aborde la vie et l'oeuvre de Simone Weil en analyste, avec l'aide, parfois, des interprétations de son amie Anna Freud. Il s'arrête sur les éléments essentiels : le renoncement de cette femme en quête d'absolu à la nourriture et à la « chair misérable », son rejet de la tradition hébraïque et sa préférence pour la tradition hellénique, son attirance pour « les couches méprisées de la hiérarchie sociale »... Il met également en évidence la modernité de sa pensée éthique et politique.

  • Sur une arrestation arbitraire de la police franquiste, Eva Forest a été emprisonnée à la prison de Yeserías (prison pour femmes de Madrid) de septembre 1974 à juin 1977. De sa prison elle témoigne de la torture.

    « Ces témoignages, on le verra, correspondent à une époque déterminée et à un lieu précis : la prison pour femmes de Yeserías, où ne sont incarcérées que les prisonnières de Madrid et de ses environs. Ce document est donc « limité » à un moment de l'histoire de notre peuple, marqué du sceau de la violence la plus féroce. À partir de là on pourra juger de l'étendue de la répression sur la plupart des régions d'Espagne vers cette même période [...]. Les témoignages que nous rapportons ici ont été publiés presque à l'état de brouillon car la tâche qui me semblait la plus urgente, durant ces heures d'angoisse, était de dénoncer ce qui était en train de se produire. » (Extrait de la préface d'Eva Forest à l'édition espagnole) « Au cours de la deuxième moitié de l'année 1975, j'ai recueilli la plupart des témoignages qui forment aujourd'hui la première partie de ce livre. J'ai non seulement écouté mes camarades raconter leurs tortures mais j'ai aussi pu constater l'importance des séquelles physiques et psychologiques que leur ont laissé les sévices subis. » E.F.

  • Sous la direction d'André Burguière et Bernard Vincent André Burguière et Bernard Vincent, deux historiens français de renom, ont souhaité, avec ce livre, rendre hommage à vingt historiennes de différents pays qui se sont illustrées par l'importance et l'originalité de leur oeuvre, et réparer ainsi l'oubli total des femmes d'un ouvrage récent prétendant présenter les historiens les plus importants depuis le XIXe siècle. Ils ont fait appel à vingt historiens, chacun présentant une historienne dont l'enseignement ou la lecture a formé sa propre pensée historique, une collègue ou une amie. La sélection réalisée dans ce livre, ne prétend être ni objective ni exhaustive. Elle éclaire la manière dont les femmes présentées ont enrichi la pensée historique par l'originalité de leur méthode d'analyse, de leur manière d'écrire l'histoire et aussi à ce qu'elles ont modifié dans notre vision de l'humanité par leur aptitude à se mettre à l'écoute des sciences humaines et à susciter leur intérêt en retour.

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