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  • Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.

    Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du "voyage philosophique" illustrée par la littérature depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fart oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • Libérée, la sexualité des femmes d'aujourd'hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d'entre elles se disent insatisfaites. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu'elles n'ont rien d'anormal et que ce n'est pas à la pharmacie qu'il faut aller chercher la solution. Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
    Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l'orgasme féminin. Une aventure aux confins de la jouissance, à lire d'urgence.

  • Notre siècle a totalement transformé le statut de l'homme ; celui-ci est désormais un membre d'un ensemble qui le dépasse, et dont il ne peut s'échapper. il vit dans un monde où la technique prend de plus en plus d'importance, et où le politique s'impose sans possibilité d'écart ou de fuite. Ce monde est également celui des pires violences, de la barbarie généralisée. Hannah Arendt commence ici sa réflexion sur l'originalité radicale de notre époque. Elle pose les bases d'une réflexion qui permettra, peut-être, de se donner les moyens d'éviter les dérapages vers la violence aveugle, en comprenant en profondeur la dimension de "l'homme moderne". Un nouvel humanisme ?

  • Le mythe de la virilité

    Olivia Gazalé

    Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n'a pas seulement postulé l'infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l'autre homme (l'étranger, le « sous-homme », le « pédéraste »...). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l'oppression de l'homme par l'homme.
    Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ».

    Si la virilité est aujourd'hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s'en alarmer, mais s'en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n'est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l'avenir du féminisme.

  • Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français.
    À la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres.

  • Champollion l'affirmait : on peut apprécier le degré de civilisation d'un peuple selon la place qu'il accorde aux femmes ! De ce point de vue, l'Égypte antique fut remarquable : égales des hommes dès les origines, elles ont tenu un rôle majeur, et pas uniquement comme épouse et mère.
    Au fil des dynasties et des plus hautes fonctions aux plus modestes, elles ont façonné la société égyptienne. D'illustres figures, telles les pharaons Hatchepsout, Néfertiti et Cléopâtre, côtoient d'autres Égyptiennes, moins célèbres mais tout aussi libres et flamboyantes.
    Toutes ces personnalités ont un point commun : elles sont les héritières de la déesse Isis, qui détenait le secret de la résurrection et donnait aux femmes cette place essentielle.

  • « Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. (...) Alors on va faire un truc, si tu veux bien: je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord? Moi, j'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer: sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton «non» est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire: «Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là. »

  • Rana, dix ans, fonce sur son vélo flambant neuf, un vent de liberté lui caresse le visage.
    Quinze jours plus tard, c'est terminé. Son vélo est donné à l'un de ses oncles. Encore quelques mois et elle devra porter l'abaya noire sur son corps, le tarha sur sa tête et ses épaules, le niqab sur son visage. Ensuite, ses parents lui trouveront un mari et elle sera condamnée à ne plus rien faire que la cuisine, le ménage et ses cinq prières par jour. C'est la loi.
    Il ne reste à Rana que ses yeux pour pleurer et contempler son monde : l'Arabie saoudite des années 2000. Mais Rana n'a jamais oublié le vent de liberté de ses dix ans et est prête à tout pour le retrouver et en jouir, et, cette fois, en adulte.

  • Et si le fameux « roman national », qu'appellent de leurs voeux nos réactionnaires les plus échevelés, passait par l'autobiographie ? C'est le pari d'Elise Thiébault. Blanche et hétéronormée, voilà une Française « de souche » comme l'extrême-droite en rêverait. Sauf que, féministe et peu adepte du « Grand Remplacement », celle-ci préfère de loin questionner ses racines. Lancée à l'assaut de son arbre généalogique, la voilà qui inventorise son héritage, pourfend les mythes collectifs, les vieux schémas patriarcaux, chante ses aînées gauloises, amazones ou courtisanes, et de branche en branche, bâtit avec fougue le contre-roman de l'identité nationale.

  • Connaissez-vous Christine de Pizan, Berty Albrecht ou Rosa Parks ? Saviez-vous que c'est une femme qui, avant Galilée, a affirmé l'existence du système solaire, une autre qui, avant Kandinsky, a inventé l'art abstrait, une troisième qui a théorisé les pulsions de mort avant Freud... ?
    En balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, le collectif Georgette Sand donne à voir et à (re)connaître soixante-quinze femmes - aventurières, militantes, artistes, scientifiques... - qui ont marqué l'histoire sans qu'on le sache ou que l'on s'en souvienne.
    Grâce à ces portraits, l'invisibilité n'est plus une fatalité et peut même être désamorcée très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.
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  • « Mère, retourne dans tes appartements, reprends tes travaux [...] discourir est l'affaire des hommes. » Ainsi dans l'Odyssée d'Homère, Télémaque s'adresse-t-il à Pénélope. Révolte adolescente ou misogynie systémique ?
    Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puise dans l'histoire de Méduse, d'Elizabeth Ire ou d'Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l'égalité des sexes et explique pourquoi, depuis deux mille ans, l'on a des femmes qui s'expriment et revendiquent le pouvoir une image détestable.

  • Dans cet essai passionnant, fruit d'innombrables entretiens et d'une longue et minutieuse enquête, la journaliste féministe Betty Friedan met des mots sur l'indicible malaise féminin : loin de la plénitude de la femme au foyer célébrée par l'American Way of Life, la femme noie ses frustrations, intellectuelles, culturelles, sexuelles, dans l'alcool et les psychotropes, réduite au rôle de procréatrice silencieuse par un système patriarcal sournoisement oppressant, coupable d'être malheureuse dans une société qui prétend tout faire pour la combler.
    Plus de cinquante ans plus tard, la voix de Betty Friedan résonne toujours. Une lecture essentielle pour mesurer le chemin parcouru et comprendre les enjeux de notre époque. Le combat n'est pas terminé !

  • L'ethnographie vient-elle, aujourd'hui, remplacer le conte philosophique d'hier ? Celui-ci se bornait à proposer des idées, et celle-là désormais impose des faits. Mais l'objet de l'une et de l'autre entreprise n'a guère changé : l'homme ne veut rien d'autre que forcer son propre mystère, se connaître enfin à travers la multiplicité de ses visages.

    Saisissant, à cet égard, est le livre de Margaret Mead, oeuvre méthodique et souveraine d'un des plus grands anthropologues américains du XXe siècle. Quatre sociétés océaniennes sont présentées, mais dont chacune fonde l'ensemble de ses structures sur une valeur unique et qui exclut tout autre : celle-là, globalement, est toute douceur, celle-ci violence, cette autre proscrit les passions et, chez la dernière, hommes et femmes ont échangé leurs traits caractériels.

    Tendres Arapesh, féroces Mundugumor, calmes Samoans et Chambuli ambigus : quatre ordres, quatre paix, certes, et presque parfaits. Que l'une des cultures, toutefois, consente à éprouver un sentiment propre aux autres, et rien ne demeure plus de l'ordre et de la paix. Avec la connaissance apparaissent le déchirement, le tumulte. Mais aussi des forces jusqu'alors contenues et avec elles le mouvement, qui est celui de l'histoire. Il dépendra aussi de ces forces que les contradictions se résolvent et que soit récusé tout immobilisme, toute culture ne surmontant pas la richesse, le conflit des valeurs qui la pénètrent.

  • Au nord des grands déserts australiens, des anciens confient à l'anthropologue Barbara Glowczewski leur attachement spirituel à la terre, les souffrances de leurs peuples et leurs stratégies de survie.
    Avec eux, nous sommes portés par la colère et le message des esprits qui relient leurs rêves et leurs rites à tous les éléments de l'univers. Nous découvrons les dessins si caractéristiques, inscrits sur les corps, la roche et les oeuvres d'art, qui traduisent la matrice vivante des alliances que les humains établissent entre eux et le cosmos. Mais la terre est désormais menacée de mort par une humanité ignorante des grandes lois de l'équilibre.
    L'auteur, depuis près de quarante ans, dédie sa vie aux Aborigènes d'Australie. Elle dialogue avec des Warlpiri, Yawuru, Ngarinyin, et Yolngu, dont les pratiques, les savoirs, et la pensée répondent aux grands chantiers d'étude de l'esprit humain et de son rapport à la matière.

    Édition revue et corrigée par l'auteur.
    Inclus deux cahiers photos.

  • Mazarine Pingeot, de l'ombre à la lumière, du silence à l'écriture, et d'un président socialiste à l'autre...

  • Qu'y a-t-il de commun entre Yvonne de Gaulle, la prude, et Carla Bruni-Sarkozy, la délurée ; Anne-Aymone Giscard d'Estaing, la discrète, fille de princesse, et Valérie Trierweiler, la twitteuse, fille d'une caissière ; Bernadette Chirac, la catholique, et Danielle Mitterrand, la laïque ; Claude Pompidou, fidèle pendant trente ans à la mémoire de son mari, et Cécilia Sarkozy, qui a quitté le sien cinq mois seulement après son élection ? Entre Julie Gayet qui a refusé le statut et le rôle de Première dame et Brigitte Macron qui, non contente de le réinvestir, l'a réinventé ?
    Toutes ont connu un destin exceptionnel auquel elles n'étaient ni prédestinées ni préparées. Comment ont-elles vécu cette existence hors du commun ? Quelle a été leur influence ?
    Au terme de plusieurs années d'enquête, Robert Schneider nous fait pénétrer l'intimité de ces dix femmes, loin des clichés sur papier glacé. Des portraits savoureux.

  • Hannah Arendt propose une réflexion générale sur le politique, à travers ses concepts fondamentaux. Elle étudie le rôle du mensonge et des techniques d'intoxication, et la manière de les combattre. Elle développe sa réflexion sur la notion de violence, sur les relations entre une structure étatique et les formes de contestation qui peuvent s'y opposer : la désobéissance civile, dont elle montre le développement aux États-Unis, et son importance à côté des voies classiques de recours et de contestation ; la violence des révoltes, dans les pays gouvernés par un régime totalitaire où se développe la bureaucratie.
    Quatre textes majeurs, proposant des analyses qui s'appuient aussi bien sur la tradition philosophique que sur l'actualité de notre temps - y voisinent Platon et un rapport du Pentagone -, enracinent ainsi une réflexion brillante dans le terrain des préoccupations contemporaines.

  • « Nous, les femmes arabes, vivons dans une culture qui nous est fondamentalement hostile. » Face à ce constat, la journaliste égyptienne Mona Eltahawy, elle-même emprisonnée, battue, sexuellement agressée sur la place Tahrir en 2011, a décidé de prendre la parole.
    Dire la difficulté de vivre dans une société patriarcale qui diabolise la femme.
    Dire la situation de ces femmes forcées de porter le hijab ou le niqab, battues, violées, mutilées.
    Parler pour libérer la parole féminine. Car comme nous le rappelle Mona Eltahawy :
    « L'acte le plus subversif qu'une femme puisse commettre est de parler de sa vie comme si elle importait réellement. »

  • De la signification du papyrus à la révélation du mystère du Roi asexué, d'une mèche de cheveux aux origines insoupçonnées du plus célèbre des pharaons, d'un fragment de pierre à la reconstitution d'un temple entier, Christiane Desroches Noblecourt nous entraîne dans un voyage unique.
    Au travers d'énigmes, elle nous dévoile sa méthode d'investigation et décrit ce que l'oeil du chercheur doit reconnaître. Dans une véritable communion de sensibilité avec l'esprit des anciens Egyptiens, la plus enthousiaste des égyptologues nous fait partager l'essence de son métier. En livrant les clés de ses découvertes, elle nous emporte avec elle sur les traces d'une civilisation fascinante. Cet ouvrage présente plus de 250 illustrations extraites de la collection de l'auteur.

  • - C'est un truc de filles?- Non, messire, c'est une révolution.Et une vraie de vraie. Une burnée, si je peux me permettre. ça fait soixante ans que ça dure si on commence à compter à partir du droit de vote. Et c'est pas fini. Une révolution, je vous dis, depuis que les meufs sortent du tiroir.Elles font leur "coming out" d'être humains. Historiquement, les femmes ont joué le rôle de bétail, de monnaie d'échange, de moyen de transport, d'allégorie, de muse, de jouet sexuel et de vache à lait, mais d'être humain, rarement.à première vue, ça n'a l'air de rien, ils se disent que ça nous passera avant que ça les reprenne. Tant que la bouffe est prête et le linge repassé, ça lui en touche une sans bouger l'autre, à Raoul...Mais ça chamboule tout. C'est logique. La question des femmes est la question de tout le monde. Des femmes, des hommes et de l'avenir de l'humanité.Isabelle Alonso

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