Theatre Du Soleil

  • Cette histoire de Norodom Sihanouk et du Cambodge de 1955 à 1979 est un chant d'amour pour le peuple khmer. Le prince Sihanouk vit sur la Terre comme sur une scène de théâtre. Il prend le monde entier à parti. Il se montre tel qu'il est. Et il montre les autres tels qu'ils sont. Il a fait sienne la maxime shakespearienne : « Le monde entier est un théâtre. » Cette nouvelle édition du drame historique et poétique mis en scène par Ariane Mnouchkine en 1985 est accompagnée de notes de répétitions, de croquis d'instruments et de scénographie, ainsi que du CD de la musique de Jean-Jacques Lemêtre.


    Voici que l'Histoire doit devenir Théâtre. Dans le passage d'un genre à l'autre, la vérité (historique ici) ne change pas. Ce qui change, c'est le rythme. Créer pour le théâtre, c'est d'abord se soumettre à l'agence. Le livre peut attendre la lecture : il a l'éternité. Mais le théâtre n'a que le temps du spectacle. Le présent, seulement le présent. Alors il faut écrire à l'immédiat. On voit le livre s'écouler comme un fleuve, la pièce de théâtre se dresser et se presser comme une succession de batailles. Il faut gagner... du temps. Pour une pièce historique, le travail du théâtre doit être semblable au travail du rêve : nos épopées de rêve durent cinq minutes, grâce à la condensation et au déplacement. On a seulement le temps de jouer " à la vie, à la mort ".

  • Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) est une création collective du Théâtre du Soleil, mi-écrite par Hélène Cixous, et librement inspiré du roman posthume de Jules Verne Les Naufragés du Jonathan (1897), (publié sous le titre En Magellanie, « Folio » Gallimard, 1999). Ce spectacle se joue actuellement à la Cartoucherie et donne lieu à une édition du texte.

    Très beau livre-objet, sous forme de scénario, Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) entremêle textes, croquis, partitions musicales, et autres délicieuses surprises.

    Nous sommes en 1914, à la veille de l'assassinat de Jaurès. Nous sommes à l'étage de la guinguette de Félix Courage, qui prête gracieusement le lieu et son personnel au cinéaste socialiste Jean LaPalette. Nous sommes sur le lieu de tournage d'un film, projet utopiste et nécessaire, et nous embarquons, avec ses protagonistes, sur le Fol Espoir en 1895. Un radeau des espérances qui nous mène tout au long de son voyage au plus près des grands thèmes historiques qui ont construit le xxe siècle : la montée du socialisme, l'impérialisme anglais et son colonialisme en Amérique du Sud qui ont favorisé l'extinction des ethnies, les enjeux du capitalisme, la question du pacifisme, l'ébauche d'un contrat social avorté, le droit des femmes. « Ça tourne » dans un mouvement de ballet, voiles au vent, sur les mers glacées du Sud, tous ayant pour projet de fonder un ordre nouveau : « Ni dictature, ni anarchie, mais gestion mutuelle. La Liberté comme base, l'Égalité comme moyen, la Fraternité comme but. » Un spectacle et un texte épiques pour restituer les espoirs dont le XXe siècle d'avant la Grande Guerre était porteur.

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