Zulma

  • En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

    « Un humour baroque et léger irradie tout au long de cette histoire où rien décidément ne se passe comme il faut, ni comme on s'y attend. » - Anne Crignon, Le Nouvel Observateur.

    « Tant de délicatesse à chaque page confine au miracle de cette Rosa candida, qu'on effeuille en croyant rêver, mais non. Ce livre existe, Auður Ava Ólafsdóttir l'a écrit et il faut le lire. » - Valérie Marin La Meslée, Le Point.


    Roman traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

  • Ce que Frida m'a donné Nouv.

    Dans la chaleur de l'été 2019, Rosa Maria Unda Souki devrait être plongée dans les préparatifs de son exposition à venir. Recluse au Couvent des Récollets, entre vertiges du doute et farouche détermination, elle tarde à rédiger le texte destiné au catalogue, à penser l'agencement des tableaux - toujours en cours d'acheminement depuis le Brésil.
    Dans l'attente, elle retrace ce qui l'a menée là. Comment elle a consacré cinq ans à la figure emblématique de Frida Kahlo en peignant sa célèbre Maison bleue, constituant une oeuvre picturale d'une richesse saisissante. En quête d'elle-même, Rosa Maria renoue avec une Frida intime, comme si les clés pour se retrouver elle-même étaient aussi celles qui permettent de comprendre Frida. Rosa Maria investit les espaces, présents et passés : l'atelier où elle réside à Paris, le lieu de cette exposition en cours, mais aussi la maison de sa propre enfance à Guama, au Venezuela. Elle cherche à rendre l'écho des voix, celle de son père disparu, celle du pays dont elle s'est exilée, celle de Frida.

    Dans un dialogue permanent, superbement illustré de dessins au graphite et des tableaux originaux de l'auteure, Ce que Frida m'a donné nous invite à un troublant voyage, à la fois très personnel et universel, au coeur même du processus créatif, de la construction de la mémoire et de la réconciliation avec soi-même.

  • ör

    Audur Ava Olafsdóttir

    Jónas Ebeneser, quarante-neuf ans, divorcé, n'a qu'une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur connaît une crise profonde. Sans plus de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie - son ex-femme, sa fille, et sa propre mère -, il décide de se mettre en route à destination d'un pays abîmé par la guerre, avec sa perceuse en bandoulière et sa caisse à outils pour tout bagage...

  • Cette année-là, entre un déluge et une éclipse solaire, l'impétueuse Beevi hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée sans crier gare de son orphelinat. Aidée de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés... Une chronique absolument tendre, libre, drôle et incisive, d'un petit monde quelque part en Malaisie, aujourd'hui.

  • Islande, 1963 - cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d'accomplir son destin : elle sera écrivain.
    Sauf qu'à la capitale, on lui conseille de tenter sa chance à l'élection de Miss Islande au lieu de perdre son temps à noircir du papier. Entre deux petits boulots, Hekla se réfugie chez Ísey, amie d'enfance convertie en mère de famille par un amour de vacances. Ou auprès de Jón John, fils illégitime d'un soldat américain qui rêve de quitter son île pour vivre de stylisme et de l'amour d'un autre homme...
    Avec la sensibilité, l'humour et la délicatesse qui lui sont si personnels, Auður Ava Ólafsdóttir interroge dans son sixième roman la relation de deux pionniers qui ne tiennent pas dans les cases, prisonniers d'un monde lilliputien et conservateur. Miss Islande est un magnifique roman sur la liberté, la création et l'accomplissement.

  • « Parler de Marie Chauvet, c'est parler d'un seul livre, mais quel livre ! Son roman Amour, Colère et Folie est devenu avec le temps le grand roman des années noires de la dictature de Duvalier, communément appelé Papa Doc. L'histoire du livre est en elle-même une simple tragédie. Marie Chauvet vient de la bonne bourgeoisie de Port-au-Prince. Elle fait partie d'un groupe littéraire dans le vent, elle écrit, enfin elle mène une vie à la fois intellectuelle et mondaine sous une dictature déjà sanglante. [...] Personne dans son entourage ne semblait avoir pris la mesure du manuscrit qui s'est révélé être une déconstruction en règle de la dictature.
    Un texte crépitant d'intelligence, précis et violent. [...] François Duvalier [serait] entré dans une folle fureur, ce qui mettrait l'auteur et sa famille en grand danger. Le mari de Chauvet fait disparaître tout le stock dans un ultime effort pour calmer le Moloch...
    Voilà que quarante-six ans après qu'on l'a réduite au silence, la voix claire et pure de cette romancière lucide et indomptable refait surface. Une dernière chance pour entendre son chant. » Dany Laferrière

  • Manger l'autre

    Ananda Devi

    Une adolescente, née obèse, vit recluse dans sa chambre. Le regard des autres et le harcèlement dont elle est victime ont eu raison de sa scolarité. Sa mère l'a abandonnée, incapable de faire face à son appétit monstrueux. Son père, convaincu qu'elle a dévoré sa soeur jumelle in utero, cuisine jour et nuit pour « ses filles ». Par le plus grand des hasards, elle rencontre l'amour. Mais la société du paraître et les réseaux sociaux ne sauraient tolérer un tel écart...

    Fable rabelaisienne, Manger l'autre décrit sans pitié, mais non sans humour, la tyrannie de la minceur et le retour de la « mise à mort publique ». Un conte cannibale d'une sensualité bouleversante.

  • Tout commence avec l'innocente Marie Granville, servante d'une riche ferme du Cotentin. L'admirable portrait de cette ingénue ouvre un roman gigogne qui se déploie de chapitre en chapitre. C'est ainsi qu'on découvre les Vuillard et les Lamaury, le procureur Darban, l'avocat Laribière et ses réceptions tristes sous l'Occupation. Au gré des folies de l'adolescence, du jeu sans fin des fiançailles, des petits et grands désastres du mariage bourgeois, on ressort bouleversé par les figures de femmes qui habitent ce roman limpide, construit par bonds et retours fulgurants, comme pour tout saisir de l'appel désespéré du désir, tandis que le bonheur se dérobe comme un rêve d'enfance.
    Fresques aux abords feutrés, soudain déchirante, Mai en automne restitue avec une incroyable acuité romanesque l'éclat brut des passions, cette pure énergie qui ébranle les êtres jusque-là suspendus au simple égarement de la vie qui passe.

  • Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariages - avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d'égalité dans un élan d'amour - pour toucher l'horizon de son rêve d'émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses...
    Portrait d'une femme entière animée par la force de son innocence, esprit libre bravant la rumeur du monde, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un monument de la littérature américaine, aussi percutant aujourd'hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. C'est un roman culte. Et c'est un immense chef-d'oeuvre.

  • Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant. Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu'on lui cache quelque chose...
    Cette machine à fiction pleine de fantaisie et de malice, au tour inattendu d'intrigue policière, pétille d'une énergie contagieuse et d'un charme fou.

  • Clarisse et d'une simplicité de coeur qui la rend spontanément attachante. Autour de cette héroïne malgré elle gravite tout un petit monde : un mari ingénieur, deux adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise d'adolescence, une soeur à marier un peu revêche, et la vieille mère qui règne sur la maisonnée, dans le quartier arménien d'Abadan. Pourtant la très modeste Clarisse va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien quand de nouveaux voisins viennent bouleverser l'équilibre affectif de notre femme invisible...

  • La Géante

    Laurence Vilaine

    • Zulma
    • 20 Août 2020

    Noële a toujours vécu au pied de la Géante, la montagne immuable qui impose son rythme, fournit les fagots pour l'hiver, bleuet, bourrache, gentiane pour les tisanes et les onguents. Elle est un peu sorcière, a appris les plantes et la nature sauvage grâce à la Tante qui les a recueillis, elle et son frère Rimbaud qui ne parle pas mais chante avec le petit-duc. Elle sait qu'on ne peut rien attendre du ciel, et n'a plus levé les yeux vers le soleil depuis longtemps. Repliée dans cet endroit loin de tout, elle mène une existence rugueuse comme un pierrier.
    Soudain surgit dans sa vie l'histoire de deux inconnus. Elle découvre par effraction ce que peut être le désir, le manque, l'amour qui porte ou qui encombre. Elle s'ouvre au pouvoir des mots.

    Au coeur d'une nature grandiose, La Géante est un roman sensible et habité sur l'amour et les vies rêvées, sur le mensonge et les sentiers qui mènent à la clarté.

  • Les soeurs de Blackwater

    Alyson Hagy

    • Zulma
    • 3 Janvier 2020

    Sorcière pour les uns, sainte pour les autres, elle seule sait encore lire, écrire, fabriquer de l'encre et du papier, et on vient de loin pour obtenir d'elle une lettre. Dans une Amérique balayée par d'étranges fièvres, des hordes de mercenaires et les Indésirables, elle a su garder sa ferme, fidèle à la mémoire de sa soeur. Mais l'arrivée de Mr Hendricks met fin à ce fragile équilibre. Son étrange magnétisme libère en elle tous les fantômes, l'entraînant dans un voyage bien au-delà de la rivière de Blackwater, sur les terres du tout-puissant Billy Kingery...
    Les Soeurs de Blackwater est une ode magistrale et envoûtante au pouvoir des mots - seule arme et seul remède dans le monde dystopique d'Alyson Hagy.

  • Un secret de rue

    Fariba Vafi

    « Abou se meurt. Pas comme un vieil homme. Comme un crocodile. » Dans cette veillée, sa fille Homeyra se souvient de son enfance iranienne qui, loin de se limiter au foyer, déborde joyeusement, dramatiquement, à tout le voisinage.
    Dans l'une des rues de ce quartier pauvre, les jeux des enfants, les froissements des tchadors et les exhortations des patriarches se mêlent en brouilles, en conflits de générations et en vagues connivences. Au fil des années, la vie quotidienne de toute une société nous apparaît, si vivante et contrastée, à travers ses privations, les interdits qu'elle s'impose et son lancinant désir d'émancipation. Cette chronique des moeurs et coutumes dominée par l'arbitraire patriarcal se déploie au gré de la folle amitié de deux gamines, Azar et la narratrice. Azar la petite sauvageonne qui refuse en riant l'éprouvante discipline des adultes. Homeyra qui ne rêve que de fuir le grand deuil de l'amour des mères et la jalousie absolue et brutale des pères. Tout le talent de Fariba Vafi est de nous donner à comprendre, avec autant de tendresse pudique que d'intelligence critique, le destin d'un peuple à travers la vie de tous les jours.

    Écrit sur le mode de la confession intemporelle, mêlant les temps autour d'événements cruciaux, comme la mort du père, de ce vieil alligator ombrageux, et le sacrifice monstrueux de l'amie d'enfance perchée dans son arbre, ce noyer secourable où elle trouvait refuge contre toutes les agressions d'un grand frère aussi lâche qu'intolérant, cette reconstitution de la vie d'un quartier pauvre d'une ville de la Perse d'aujourd'hui vaut par les mille anecdotes et incidents, le tissu singulier d'usages, de règles courantes, de traditions minuscules, de coutumes tellement ordinaires qu'elles participent des gestes de tous les jours.
    Il s'en dégage à la fin comme un bruissement de tragédie, un sentiment de familiarité oppressant : nous vivons ce que vivent ces enfants et ces femmes bafouées, ces jeunes gens en délicatesse, à l'exclusion des mâles enfermés dans leur rôle castrateur. La rue d'Homeyra, nous la parcourons incessamment de haut en bas, reconnaissant en aveugle les parfums, toutes les odeurs qui scellent chaque palier, chaque étal de boutique d'un souvenir. La rue d'Homeyra, c'est toute une mémoire bruissante, pleine d'échos et de couleurs, qui voudrait faire le deuil des blessures du passé en rendant son beau rêve de liberté à l'enfance qui demeure en chacun de nous.

  • La trahison

    Cécile Wajsbrot

    • Zulma
    • 2 Septembre 2005

    Louis Mérian a soixante -dix ans. Il a été animateur de radio pendant une trentaine d'années. Ariane Desprats, qui est née après la guerre, écoutait Louis quand elle était jeune. Elle prépare une série d'émission sur l'histoire de la radio, et vient le voir pour l'interviewer. « Que faisiez-vous pendant la guerre ? » Ariane ne peut s'empêcher de poser la question, elle qui a vécu dans l'ombre de cette guerre qu'elle n'a pas connue. Mais de nombreux membres de sa famille ont disparu dans les camps. Pèse, surtout, le silence de tout un pays. Lui est agacé. Encore cette histoire de guerre, cinquante ans après ? Il n'a rien fait, rien fait de mal, ni de bien... Soudain une faille se creuse, un souvenir remonte, d'une incroyable force, le souvenir de Sarah. Deux personnages lancés dans des quêtes parallèles - faire le deuil d'un traumatisme colle ctif pour l'une, assumer sa culpabilité pour l'autre - se font écho. La trahison : est-ce la lâcheté, le déni, le secret ? Ne serait-ce pas également se trahir soi-même, l'incapacité de vivre au présent ? Ariane pourrait faire sien les mots de Cécile Wajsbrot dans l'émouvant Beaune-la-Rolande, son unique récit autobiographique qui évoque le spectre de la déportation: « J'ai l'impression de traîner un poids qui n'est pas le mien, une vie qui n'est pas la mienne mais dont l'ombre varie avec les heures. (...) Je suppose que cette catastrophe était trop énorme pour pouvoir la supporter d'un bloc et qu'il a fallu la morceler entre les générations. »

  • Politique de l amour

    Alina Reyès

    • Zulma
    • 16 Mai 2002

    Dans une approche joyeuse, joueuse, sensible, morale et libertine, Alina Reyes fait valser beaucoup d'idées reçues et s'arroge tous les plaisirs habituellement dévolus aux mâles : désir, drague, voyeurisme.
    À l'heure du politiquement correct et de la pensée unique, de la publicité masturbatoire et de la consommation à tous crins, ce plaidoyer pour une politique de l'amour prend des allures de revendication, d'interpellation et aussi de mystère. Et redonne des couleurs à l'amour, blanc, rouge, chair...

  • Avram

    Helene Merlin

    • Zulma
    • 22 Janvier 2002

    Suzanne croit revoir Avram.
    Dans le métro. Est-ce lui, ou bien quelqu'un qui lui ressemble ? La rencontre éveille en elle une intense émotion, car cet homme singulier a joué un rôle déterminant dans sa vie, après 1968. Et avec Avram, revient toute une jeunesse agitée d'utopies. De révoltes aussi, face aux parents, meurtris par la guerre, face à une mère, surtout, hantée par l'attente d'on ne sait quoi, d'on ne sait qui. Suzanne veut parler, dire sa détresse, ses secrets.
    Surmonter la peur. Dire enfin la disparition d'Avram. Sa réapparition. Son amour...

  • On a beaucoup parlé, et on parle encore, d'une crise de la littérature.
    A cette crise, on donne toutes raisons - le système, la télévision, l'époque, la société. - toutes sauf une, rarement évoquée.
    Cette crise de la littérature, ne faudrait-il pas, e effet, en chercher la cause du côté de ceux qui la font, du côté des écrivains.
    Vidée de contenu, la littérature n'est trop souvent qu'une enveloppe vide, au point que même le mot a disparu de l'usage, pour laisser place à l'écriture, au fait d'écrire.
    Pour sortir d'une telle impasse, il suffit d'en revenir à la littérature, et pour en revenir à la littérature, il suffit d'y croire. On pourrait penser que c'est bien le minimum qu'un écrivain puisse faire, mais à l'ère du soupçon et de la dérision, c'est encore un maximum.

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