Zoe

  • Phrases courtes, mot juste, lucidité et humour : le monde d'Agota Kristof infuse dans L'Analphabète, son seul récit autobiographique, paru pour la première fois en 2004 : onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille en Hongrie qui dévore les livres à l'écriture de ses romans. Les premières années heureuses, la pauvreté après la guerre, l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », puis l'adolescence, et finalement l'exil, qui ne la conduit pas seulement hors d'un pays, mais surtout hors d'une langue.

  • Les printemps sauvages

    Douna Loup

    • Zoe
    • 8 Avril 2021

    Après une enfance solitaire au bord d'une mare en compagnie des oiseaux, la narratrice, à peine adolescente, part main dans la main avec sa mère à la recherche de son frère inconnu. Ensemble, elles passeront quatre années à vagabonder sur les chemins, à dormir dans les champs et les forêts, à travailler dans les fermes ou les usines. Quand la fille découvre l'amour, il est temps pour sa mère et elle de s'éloigner l'une de l'autre, une séparation aussi libératrice que douloureuse.

    Les Printemps sauvages raconte de manière puissante la nature et la surprise du sexe. Odeurs, matières, couleurs, tous les sens sont aux aguets pour saisir la beauté du monde. Et sa fragilité : il y a urgence à inventer de nouveaux rapports au vivant.

  • Marta et Arthur

    Katja Schönherr

    • Zoe
    • 4 Février 2021

    Marta était à peiné sortie de l'adolescence quand elle a rencontré Arthur, l'homme aux yeux menthe givrée. Et voilà qu'Arthur est mort, étendu à ses côtés. Tout au long de la journée tourmentée qui suit ce mystérieux décès, les souvenirs remontent pour dérouler l'histoire d'une relation faite de non-dits, d'incompréhension et de petites cruautés. Quarante années, au cours desquelles Marta a pris soin de peigner tous les jours les franges du tapis pour qu'elles soient bien droites, tandis qu'Arthur montrait plus d'affection pour son aquarium que pour son propre fils.
    Propulsée par son extrême sensibilité littéraire, Katja Schönherr nous offre un premier roman palpitant et glaçant sur deux êtres aussi incapables de vivre ensemble que l'un sans l'autre

  • Vladivostok circus

    Elisa Shua Dusapin

    • Zoe
    • 20 Août 2020

    A la morte saison, dans l'enceinte désertée d'un cirque à Vladivostok, un trio à la barre russe s'entraîne. Nino pourrait être le fils d'Anton, à eux deux, ils font voler Anna dans les airs. Ils se préparent au concours international de Oulan-Oude, visent le quadruple triple saut périlleux sans descendre de la barre. Si Anna ne fait pas confiance aux porteurs, elle tombe et ne se relève plus.
    Dans ce troisième roman d'Elisa Dusapin, le lecteur retrouve son art du silence, de la tension et de la douceur. Son sens puissant de l'image nous rend le monde plus perceptible, plus proche sans pour autant en trahir le secret.

  • Marie a épousé Jean il y a six ans. Patiente, docile, elle prend soin de lui comme si elle était sa mère, Jean lui parle comme à une enfant. Est-elle vraiment heureuse ? La réponse éclate sur une plage du Sud de la France, lorsqu'un tout jeune homme lui laisse son numéro de téléphone en lui demandant : « Vous aimez l'aventure ? » Voilà que Marie, cette eau qui dort, rêve de tempêtes, ouvre les yeux et se rend disponible au monde.
    Dans une langue épurée, légère et précise, Madeleine Bourdouxhe évoque le désir et l'émancipation d'une femme, prisonnière des conventions autant que d'ellemême.

  • Sans alcool

    Alice Rivaz

    Dans une langue sobre et sans emphase, ces histoires de couples, d'hommes et de femmes déploient la fresque des relations humaines, régies par les inégalités : que ce soit dans les rapports de genre ou de classe, les mots ici sont puissants, capables de faire naître l'espoir comme de le briser.

  • Neiges intérieures

    Anne-Sophie Subilia

    • Zoe
    • 2 Janvier 2020

    Artémis. Seize mètres d'aluminium, douze tonnes, taillé pour les mers de glace.
    Pendant quarante jours, quatre architectes paysagistes embarquent sur ce voilier pour étudier le territoire du cercle polaire. En plein coeur d'une nature vertigineuse, mais soumis à un confinement qui ressemble à un huis-clos, ils vont être confrontés aux contraintes impitoyables tant du groupe qu'ils forment avec le capitaine du voilier et son adjoint que de ce désert glacé dont la nature est aussi toxique qu'ensorcelante.

  • Vue mer

    Boncenne Colombe

    • Zoe
    • 2 Septembre 2020

    Vue Mer décrit la comédie humaine quotidienne de nos journées de bureau. Comme dans une famille, le rôle de chacun est attribué une fois pour toutes : Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire-auflanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et-jolie assistante... Et Stefan le patron, paternel manipulateur, cynique émouvant.
    Vue Mer est une satire sur ce qui se joue chaque jour au bureau. On s'y retrouve tous, qu'il s'agisse de nos stratégies pour gérer nos mails, des rapports de force, du confinement, de la solitude. Terriblement lucide, Colombe Boncenne est aussi d'une grande drôlerie grâce à une écriture agile et légère : elle dit des choses importantes sans en avoir l'air.

  • L'une a caressé le rêve américain durant ses études et sait que, si sa famille enrichie par le pétrole règne sur la capitale, ses privilèges s'évaporeraient aux États-Unis à cause de sa couleur de peau. Une autre est obsédée par la peur des enlèvements, et malgré les bouledogues dans le jardin de son père, celui-ci a disparu. Une mère anéantie traverse la ville - vitres closes pour maintenir la misère à distance - direction l'aéroport, d'où sa fillette chérie doit partir rejoindre son père à Miami. En onze nouvelles et autant de voix principalement féminines, jeunes ou adultes, dévouées à leurs enfants, contraintes de composer avec un mari violent, un parent décédé ou absent, Elizabeth Walcott- Hackshaw nous donne à lire le portrait de Trinidad, république cosmopolite des Caraïbes.

  • Maiko se réveille dans une clinique de Bruxelles, une mystérieuse cicatrice au bas du dos et un souvenir lancinant dans sa mémoire en vrac : celui d'une adolescence heureuse à Hong Kong, brisée le jour où son père, microbiologiste de génie, a été porté disparu.

    La jeune femme entreprend de se reconstruire et se jette à corps perdu sur les traces de son père. Même s'il lui faut arpenter les quatre coins du monde en hôtesse de l'air, talonnée par d'inquiétants poursuivants.

    Dans ce récit d'une quête autant que d'une fuite en avant, Sonia Molinari saisit avec talent atmosphères et personnages, qu'elle observe et transcrit avec l'intuition d'une conteuse. C'est sans hésiter que l'on s'embarque à la suite de son héroïne rebelle et fragile.

  • Annemarie Schwarzenbach et Claude Bourdet (1909-1996) se rencontrèrent en 1930 à Zurich où le jeune Français étudiait à l'École Polytechnique. Figure importante de la Résistance, Claude Bourdet devint après la guerre un journaliste réputé et un politicien engagé de la gauche protestataire : il co-fonda le PSU en 1960. Annemarie Schwarzenbach lui adressa plus de cinquante missives, de 1931 à 1938. Elle termine ses études, voyage dans toute l'Europe, au Proche-Orient et en Asie centrale, court d'un mandat et d'un reportage à l'autre, tombe souvent malade. Ses lettres, comme toute son oeuvre, reflète l'agitation politique extrême de l'Europe dans ces années où le national-socialisme monte en puissance, la fragilité de la combattante qui pressent et s'identifie aux malheurs de l'Europe. Les lettres, retrouvées il y a peu, sont un témoignage précieux sur l'auteur et sur l'époque.

  • L'actualité vous fait désespérer de l'Afrique ? Alors lisez cette vingtaine de contes et de nouvelles.
    Bessie Head a disparu depuis quinze ans mais sa voix est là, vibrante - de joie, de colère, d'espoir, de désespoir - et lumineuse de toute la lumière du Kalahari. Qu'elle évoque l'Histoire ou qu'elle puise à la Tradition, Bessie Head fait vivre un peuple entier, ses luttes, sa dignité. Vous y verrez un Chef qui ne désespère pas de la justice, un Général jardinier, des amants engloutis par la montagne, les luttes pour le pouvoir quand la Loi est absente, la terre volée, la dépossession matérielle et morale.
    A lire à haute voix, comme les Contes de Perrault. L'Afrique ne vous quittera plus jamais.

  • " jeudi dernier, mon ami markus festinovitch s'est jeté par une fenêtre.
    C'était mon meilleur ami. il avait garé sa voiture sur oberholzstrasse. il visitait un appartement rénové en compagnie de gabriella. je ne sais pas depuis combien de temps gabriella était sa maîtresse. peut-être deux ans. c'est ce que je dirais. l'appartement donne sur kohnzingerstrasse. on voit le fleuve depuis neuf des quatorze fenêtres de cette habitation, elles sont toutes hautes et très larges, sauf celle par laquelle markus s'est jeté, qui est plus petite et assez difficile d'accès.
    "

  • Premier roman d'Amélie Plume, dont le style oral et rythmé fit découvrir une plume cocasse et totalement originale, Les Aventures de Plumette et de son premier amant raconte une histoire pourtant parfaitement banale, une aventure extraconjugale. Mais la fraîcheur et la drôlerie de cette écriture font d'Amélie Plume, dans ce roman, un grand auteur burlesque. Qualité rare dans la littérature contemporaine, encore plus rare chez les femmes écrivains.

  • Autour de ma mère

    Catherine Safonoff

    • Zoe
    • 24 Janvier 2007

    Une vieille femme perd la mémoire, perte qui incite sa fille unique à reconstituer le passé comme elle peut. Au travers de bribes de souvenirs et d'incidents quotidiens, la narratrice cherche à gagner l'affection de sa mère. A l'opposé du récit de deuil qui honore un parent défunt, Autour de ma mère est un carnet de bord tenu à chaud pendant trois ans, un journal poétique parfois noir, souvent cocasse, écrit contre le regret, l'amertume et la mort. Quête d'amour filial qui se conjugue avec la tentative tragi-comique mais passionnée de retrouver un amant fugitif. Quel amour l'emportera, celui pour la mère ou celui pour l'amant ? A ce dilemme, la narratrice donne une réponse singulière.

    Catherine Safonoff, romancière, vit à Genève. Son écriture de l'intime n'est jamais sentimentale, elle creuse l'intérieur de l'être avec humour et sens du paradoxe.

  • L'histoire se passe dans les années 1830. La jeune Sofie Ramm tombe amoureuse du précepteur de son frère, mais Sofie doit épouser un autre homme lors d'un mariage arrangé selon les principes bourgeois de l'époque.
    Un des tout premier roman féministe, ce texte influença beaucoup Henrik Ibsen. Il marque le tournant d'une littérature romantique vers une littérature réaliste. Le portrait très dur de cette société scandinave, rigide et machiste, est le fruit d'une femme engagée, lettrée et en colère.
    Cette oeuvre, écrite en norvégien en 1854-1855, connut un large retentissement. En 1977, Camilla Collett est la première femme à figurer sur un billet de banque.

  • Je l'aime, il m'aime, nous nous aimons...
    Ils se marièrent et eurent quelques enfants et... le temps, ayant passé, hélas... ! Serait-ce là le piège fatal tendu à l'Amour ? L'habitude, le quotidien altéreraient-ils, rongeraient-ils les sentiments les plus profonds, les plus grands plaisirs ? Ou serait-ce les enfants qui transforment les amants en parents ? Ou encore, les amants eux-mêmes, éternels insatisfaits, qui s'échinent à la poursuite de ce qui devrait être et n'est pas, de ce qui fut et n'est plus ? Oui Emile pour la vie conjugue à tous les temps les questions que l'on se pose à la fin des plus beaux contes.
    La finesse stylistique d'Amélie Plume, rappelant le mordant des dessins de Claire Bretécher, croque L'amour conjugal à dents vives. Capricieux et léger, dansant et primesautier, son coup de pinceau esquisse tendrement les tableaux de La marche nuptiale. Et c'est d'un point de vue bien inédit que nous prenons part à la cérémonie : l'écriture d'Amélie Plume, tel un spectacle de clown, nous restitue la réalité avec toutes ses contradictions.
    Alain Froidevaux.

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