Filtrer
Rayons
- Littérature
- Jeunesse
- Bandes dessinées / Comics / Mangas
- Policier & Thriller
- Romance
- Fantasy & Science-fiction
- Vie pratique & Loisirs
- Tourisme & Voyages
- Arts et spectacles
- Religion & Esotérisme
- Entreprise, économie & droit
- Sciences humaines & sociales
- Sciences & Techniques
- Scolaire
- Parascolaire
- Dictionnaires / Encyclopédies / Documentation
- Littérature
- Jeunesse
- Bandes dessinées / Comics / Mangas
- Policier & Thriller
- Romance
- Fantasy & Science-fiction
- Vie pratique & Loisirs
- Tourisme & Voyages
- Arts et spectacles
- Religion & Esotérisme
- Entreprise, économie & droit
- Sciences humaines & sociales
- Sciences & Techniques
- Scolaire
- Parascolaire
- Dictionnaires / Encyclopédies / Documentation
Support
Éditeurs
Prix
Éditions Globe
-
20 décembre 2015. Dans la même journée, une femme devient députée et mère de jumeaux. Bientôt, elle sent qu'elle sombre : c'est la psychose post-partum, qu'elle tente tant bien que mal de contenir pour assumer ses nouvelles responsabilités familiales et politiques. Mar García Puig utilise sa propre histoire pour explorer, à travers la littérature, l'art, la mythologie, l'histoire des idées, la poésie et la médecine, la façon dont la société a traité la « folie » liée à la maternité.
Histoire des vertébrés est une bouleversante exploration autobiographique qui rend justice à des générations de femmes réduites au silence ou marginalisées par un système médical et psychiatrique façonné par le patriarcat. -
« Après Mazan, on ne peut plus faire de chroniques judiciaires simplement pour raconter des histoires. En étant extérieur, sans s'impliquer, sans s'engager. [...] Plus que jamais j'ai envie de multiplier les supports, d'épuiser les formes, le compte-rendu en temps réel sur les réseaux sociaux, le croquis d'audience, la chronique radio, l'article rétrospectif. Une chronique à trois cent soixante degrés. Comme si l'exercice de la justice résistait au regard de celles et ceux qui l'observent et tentent de le décrypter. Comme si la vérité se dérobait sans cesse. »
En convoquant, tout au long de son récit du procès Mazan, les nombreuses affaires qu'elle a suivies, Marion Dubreuil lève le voile sur les travers qui distordent le traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles et sexistes. Elle livre ici une analyse critique personnelle et féministe de la justice française, dans un récit, à la frontière de l'essai, qui fera date. -
Alba Donati menait une vie trépidante. Son travail dans l'édition la comblait, lui permettant de rencontrer des auteurs de premier plan. Pourtant, à la cinquantaine, elle décide de tout quitter pour réaliser son rêve d'enfant : retourner à Lucignana, le village de Toscane où elle est née, et ouvrir sa librairie dans une jolie cabane à l'orée des bois, sur la colline.
Avec seulement 180 habitants dans tous les environs, son entreprise semble vouée à l'échec commercial. Ouverte en 2019 grâce à un financement participatif, la librairie affronte d'abord un incendie qui la détruit en partie, puis, juste après, les restrictions du confinement. C'est alors que s'organise autour d'Alba un étrange et vertueux mouvement de solidarité. Famille recomposée d'amoureux des livres ? Intelligence collective ? Attrait pour la beauté du lieu ? Désir profond et partagé de bénévolence et de bénévolat ? Au fil du temps s'érige une « zone à défendre » poétique. Laisser disparaître une librairie à peine née ? Plutôt mourir ! -
Shaka souffre depuis l'enfance d'une maladie musculaire congénitale. Incapable de se passer de son fauteuil roulant et d'un respirateur, elle est recluse dans son foyer de vie. Pour se faire une place dans une société qui ne lui en laisse aucune, elle se construit des existences parallèles sur Internet. Sous différents pseudonymes, elle publie des romances scandaleuses, écrit des articles sur des lieux d'échangisme à la mode et déverse ses pensées les plus provocantes sur Twitter. Jusqu'au jour où l'un de ses aides-soignants découvre son compte. Shaka y voit alors l'occasion de réaliser l'un de ses désirs les plus chers, afin de passer de monstresse à femme.
Roman à l'humour sombre et décapant, La Bossue se joue des contradictions d'une société validiste autant que des codes d'un milieu littéraire élitiste, pour explorer avec effronterie les faces cachées du désir et de la domination sociale. -
Un recueil de poèmes facétieux à travers lesquels l'autrice porte un regard singulier sur les bouleversements sociétaux du XXIe siècle.
Face aux grands bouleversements et à la violence de notre siècle, Porter nous dit que, pour habiter le monde, il suffit peut-être de prendre exemple sur la résilience de la nature. Ada Limón signe ici un recueil de poèmes facétieux, dans lesquels une douce ironie se mêle à la jubilation tendre des plaisirs simples, comme autant d'encouragements à ne pas abandonner. -
« Avant de pouvoir comprendre comment ma maman est morte, il faut comprendre comment elle a vécu. Malade et pauvre, elle avait fait de son propre corps un atelier. »
La mère de Marianne a toujours su enchanter le quotidien de sa fille. Célibataire, précaire et atteinte d'une sclérose en plaques primaire progressive, elle redoublait d'imagination pour repousser les limites d'une vie qui ne leur a jamais fait de cadeau. La lecture, la musique, les arts plastiques ou divinatoires sont devenus autant d'espaces de résistance et de joie qui ont marqué l'enfance et l'adolescence de Marianne. Ainsi mère et fille faisaient-elles face aux aléas de l'existence. Jusqu'en 2019 où, en réponse à une perte croissante d'autonomie, la mère de Marianne décide d'arrêter de s'alimenter et de boire pour mettre fin à sa vie.
Intervalles est un récit bouleversant dans lequel les souvenirs personnels se tissent aux réflexions sur la marchandisation de la santé et de la mort. L'autrice y interroge avec finesse les notions d'accompagnement, d'interdépendance et de choix, en convoquant Maggie Nelson ou Simone de Beauvoir. Le tout dans une langue ciselée où coexistent vulnérabilité et lucidité politique. -
Gisors, 7 octobre 2014. Un homme tue deux personnes sur un parking. L'une des victimes est la fille de l'assassin. Virginie Mannechez se savait traquée : elle venait enfin de quitter Denis, son père devenu son compagnon et le pèrre de son enfant, après des annes d'emprise incestueuse. Il ne l'a pas supporté. Pourtant, dès 2002, la soeur cadette de Virginie avait dénoncé les viols et violences que subissait la fratrie. Mais au bout d'une longue procédure, Denis Mannechez était sorti libre de poursuivre sa relation avec sa fille. Avec la bénédiction de la justice.
En convoquant les témoignages recueillis auprès de Tony, Dimitri et Samantha, les frères et soeur de Virginie, ses échanges avec les avocats, les magistrats et les gendarmes impliqués, Julien Mucchielli apporte un éclairage inédit sur cette tragédie. Avec la minutie du chroniqueur et l'ampleur du romancier, il décortique la faillite d'un système judiciaire qui ne parvient pas à enrayer les mécanismes d'emprise à l'oeuvre dans les cas d'inceste. -
La trilogie de Copenhague Tome 1 : Enfance
Tove Ditlevsen
- Éditions Globe
- Littérature Étrangère
- 9 Novembre 2023
- 9782383612551
Au fin fond de l'enfance, il y a Istedgade, la rue étroite de Vesterbro, le quartier ouvrier où s'entasse la famille de Tove dans un petit appartement ; il y a l'humeur changeante d'une mère violente, le rire d'un père aussi vieux et crasseux que le poêle, la crainte du chômage, la hantise de l'aide aux nécessiteux qui pend au-dessus des familles comme une menace moins honteuse que celle de devenir fille mère avant dix-huit ans. Il y a l'école qu'il faudra arrêter à quatorze ans pour trouver un emploi. Heureusement, il y a Ruth, la meilleure amie, qui ne prend jamais rien au sérieux. Et il y a ce secret que Tove ne peut révéler à personne. Pas même à Ruth. Un jour pourtant, il faudra quitter cette rue étroite de l'enfance pour faire vivre les mots mystérieux qui se glissent chaque jour sur son âme comme une membrane protectrice.
Enfance est le premier volume de La Trilogie de Copenhague, une autobiographie en trois actes publiée entre 1967 et 1971 et qui fait aujourd'hui l'objet d'une consécration posthume internationale. Dans cette oeuvre magistrale sur le tissu de l'existence, Tove Ditlevsen répond, avec un sens aigu de l'observation, à une question : comment concilier l'art et la vie. -
La trilogie de Copenhague Tome 2 : Jeunesse
Tove Ditlevsen
- Éditions Globe
- Littérature Étrangère
- 7 Mars 2024
- 9782383612605
À quatorze ans, il est temps pour Tove de quitter l'école afin de travailler et gagner sa vie. Placée dans une famille, puis dans une pension, elle enchaîne les maladresses et les petits boulots mal payés jusqu'à être embauchée comme sténographe. Désormais, la jeune fille tape à la machine toute la journée, mais son quotidien est bien dépourvu de poésie.
À l'âge où l'on rêve d'amour et d'une chambre à soi, Tove se démène pour construire son indépendance. Alors que l'Europe s'enfonce dans la Seconde Guerre mondiale, elle vit ses premières expériences amoureuses et littéraires, celles qui forgent le caractère et signent la fin de l'enfance.
Après Enfance, dans lequel Tove Ditlevsen évoquait avec acuité et autodérision ses origines, Jeunesse est le deuxième volume de La Trilogie de Copenhague, une autobiographie en trois actes publiée entre 1967 et 1971. Dans cette autofiction des débuts, elle raconte le combat à mener pour s'affranchir de sa condition sociale et devenir écrivain. -
Florence « Florida » Baum se fait discrète dans la prison pour femmes d'Arizona où elle purge sa peine. Elle a beau se considérer comme victime des circonstances, Dios, son ex-codétenue, ne l'entend pas de cette oreille. Elle sait que Florida se cache derrière des excuses pour nier la violence qui l'habite. Lorsque les deux femmes sont libérées de manière anticipée, Florida n'a qu'une idée en tête : récupérer sa Jaguar à Los Angeles pour s'oublier sur les routes. Mais l'obsession de Dios pour Florida se dresse sur son chemin. La poursuivant telle une ombre funeste, Dios la pousse à embrasser sa colère et ses plus sombres pulsions, tandis que Lobos, une lieutenante hantée par ses propres démons, se lance sur la piste sanglante des deux femmes.
Dans une prose coup de poing, Ivy Pochoda offre un Thelma et Louise moderne et haletant. Dios et Florida met en scène la rencontre fracassante entre deux femmes issues de milieux que tout oppose, et pourtant liées par une colère profonde, une violence que la société leur refuse. -
Corps, corps, corps - Carnet d'une médecin légiste
Karine Dabadie, Macha Séry
- Éditions Globe
- 17 Avril 2025
- 9782383613152
« Les scènes de crimes que j'y relate brièvement visent à se poser les bonnes questions : qu'avons- nous fait ou pas fait pour en arriver là ? Pourquoi le nombre de féminicides ne baisse-t-il pas ? Qu'est-ce qui dysfonctionne toujours dans notre système de signalement et de prise en charge des victimes ? »
Karine Dabadie est médecin légiste et, par ses expériences et ses réflexions, elle interroge notre rapport aux morts, mais aussi aux vivants. Cassant les représentations réductrices qui entourent son métier, elle se livre sur son quotidien et replace au centre de sa profession les notions de respect des corps et d'écoute qui l'animent, et qui sont indispensables à son travail auprès des femmes victimes de violences sexuelles et sexistes.
Corps, corps, corps apporte un éclairage essentiel sur la condition des victimes et sur les manquements du système de leur prise en charge, à tous les niveaux. C'est un guide de survie autant qu'un appel à agir, qui nous rappelle à chaque page qu'il est inconcevable d'attendre l'irrémédiable. -
La trilogie de Copenhague Tome 3 : Dépendance
Tove Ditlevsen
- Éditions Globe
- 17 Octobre 2024
- 9782383612650
Tove, qui rêvait d'une vie de famille et d'écrire, a désormais tout cela. Mais à quel prix ? D'abord mariée à un homme trop vieux et autoritaire, elle se résigne doucement à faire le deuil de sa jeunesse et de la passion. Bientôt, elle retrouve l'amour et donne naissance à un petite fille, et c'est désormais la maternité qui bouleverse l'équilibre du nouveau couple, poussant Tove dans les bras de son troisième mari. Celui qui lui fera découvrir la « félicité délicieuse » des médicaments et la poussera à l'addiction pour la garder près d'elle. Elle luttera tout le reste de sa vie pour se maintenir à flot malgré la dépendance, avec l'écriture comme seule bouée.
Dépendance est le dernier tome de La Trilogie de Copenhague, une autobiographie en trois actes publiée entre 1967 et 1971 et qui fait aujourd'hui l'objet d'une consécration posthume internationale. Avec une lucidité bouleversante, Tove Ditlevsen dissèque ici la tragédie d'une existence féminine prise au piège du bon vouloir des hommes et de l'addiction. -
Soeur Perpétue doit veiller sur un patient à propos duquel courent de glaçantes rumeurs. En proie à une faim dévorante et insatiable,Tarare aurait englouti toutes sortes d'objets et de créatures, mortes comme vivantes. Celui qui fut un jour un petit garçon candide au grand coeur a croisé, sur les routes d'une France en pleine Révolution, des hommes qui n'ont pas hésité à instrumentaliser son formidable appétit pour leur propre profit ou par curiosité malsaine. Attaché à son lit et sous haute surveillance telle une bête dangereuse,Tarare confie son histoire à la jeune nonne.
Inspiré d'une histoire vraie, Le Glouton est une fable politique éminemment romanesque aux résonances contemporaines multiples. Dans une langue riche, A. K. Blakemore dresse le portrait d'un personnage animé par un désir constamment insatisfait d'amour et de liberté, et livre une critique sociale sans concession sur les corps exploités et la cruauté humaine. -
À vingt et un ans, épuisée après des années de lutte contre la maladie, Déborah doit interrompre ses études. Elle retourne vivre chez son père où elle fait face à une extrême précarité. Elle décide alors de devenir camgirl. Mais très vite, cette activité ne suffit pas pour survivre financièrement. Elle sort de l'écran et devient escort puis dominatrice.
Alors que la parole des travailleuses du sexe reste un angle mort de la pensée post-MeToo, Déborah Costes dit ce qui ne se raconte pas : le travail du sexe dans toute sa complexité, la honte et le tabou imposés par les regards extérieurs, les clients que cette culture du silence protège, la famille négligente, le père qui sait et profite de ses revenus. En exorcisant les clichés et les fantasmes qui entourent la figure de la prostituée, Déborah Costes nous tend un puissant miroir où se reflètent les rapports de domination à l'oeuvre dans une société patriarcale. -
Le 19 octobre 1973, cinq semaines après le putsch mené par le général Augusto Pinochet, la Caravane de la mort, l'escadron de l'armée chilienne qui semait la terreur en opérant des raids dans tout le pays, a conduit vingt-six prisonniers politiques dans le désert d'Atacama où ils ont été sauvagement assassinés. Les corps n'ont jamais été retrouvés. Confrontée à la mémoire défaillante de sa mère âgée, Nona Fernández se donne pour mission de sonder cette violence omniprésente qui peine toujours à être reconnue en exhumant les traces de ces vingt-six hommes.
Entrelaçant son récit de réflexions sur l'astronomie, l'astrologie, les neurosciences, la mémoire et l'oubli, Nona Fernández rappelle, dans un geste autobiographique destiné aux nouvelles générations, combien les idéologies racistes, sexistes et autoritaires menacent toujours autant la liberté et la démocratie.Telle une sonde spatiale qui enregistre les instants cosmiques, Mémoire céleste a pour vocation de conserver les images, les voix, les respirations, les pensées qui constituent les fragments de notre mémoire collective. -
16 juillet 1945, à 5 h 29, un champignon atomique s'élève au-dessus d'un désert du Nouveau-Mexique et transforme le sable en verre.
Trinity, le premier essai d'arme nucéaire, marque l'aboutissement du projet Manhattan, un travail de recherche à la fois salvateur et mortière. Empruntant aux codes duthéâtre, Elisa Díaz Castelo rappelle que cette histoire fut aussi féminine en donnant voix à Kitty Oppenheimer, à Jean Tatlock, à la scientifique Leona Woods ou aux jeunes ouvrières d'Oak Ridge qui furent recrutées sans savoir à quoi elles allaient oeuvrer.
Avec la lucidité de celles qu'on laisse toujours aux portes de l'Histoire, cette polyphonie féminine met en lumière l'orgueil et l'aveuglement d'hommes démiurges lancés dans une course contre la montre qui ne peut mener qu'à la désolation. Filles atomiques dit l'innocence voleé et l'impuissance de femmes obligées d'élever leurs enfants et de sacrifier leur jeunesse sur les lieux du drame à venir, dans une langue saisissante qui épouse les élans contraires de ces existences coincées entre vie et mort, entre création et destruction. -
Ma mère est un fait divers
Maria Grazia Calandrone
- Éditions Globe
- Littérature Étrangère
- 29 Août 2024
- 9782383613008
Le 24 juin 1965 à Rome, une enfant d'à peine un an est abandonnée sur la pelouse de la Villa Borghèse. Ses parents, ce sont Lucia et Giuseppe. Mariée de force, la jeune femme s'est enfuie, quittant un mari et une belle-famille violents, pour vivre son grand amour. À cette époque, en Italie, cela rend Lucia et son compagnon criminels, coupables d'adultère et d'abandon du domicile conjugal. Sans parler du statut d'enfant illégitime qui va planer toute sa vie au-dessus de leur fille. Acculé par l'impossibilité de faire famille, le couple se résout à abandonner l'enfant et à se suicider ensemble, dans les eaux du Tibre.
Cette enfant orpheline, c'est l'autrice, Maria Grazia Calandrone. Cinquante ans plus tard, elle mène l'enquête pour retracer l'histoire de ses parents biologiques et comprendre leur geste. En explorant leur passé, Maria Grazia Calandrone fait aussi revivre avec réalisme, dans une langue poétique et singulière, entre prose et vers, l'Italie de l'après-guerre en pleine industrialisation et la pression sociale destructrice pesant sur les femmes. -
Troisième roman de Diana Evans, Ordinary People décrit, à travers deux couples quarantenaires les failles et les errances d'hommes et de femmes issus d'une classe moyenne auxquels le pouvoir d'achat en baisse offre peu de perspectives. L'auteure anglaise plonge le lecteur dans la vie intime et domestique de deux cocons familiaux au bord de la rupture, celui de Michael et Melissa, rencontrés il y a plus de dix ans, parents de deux enfants, et de Damian et Stéphanie, mariés depuis bientôt quinze ans, trois enfants. Que devient le couple face aux ambitions personnelles et professionnelles déçues ? Aux longs trajets pendulaires ? À l'argent qui manque toujours un peu ? Diana Evans se fait l'observatrice de la vie conjugale confrontée au capitalisme et à la crise, et décrit minutieusement la fragile architecture amoureuse.
-
Brillantes élèves, Monica et Darci sont meilleures amies et n'ont qu'un seul désir : quitter Clinton, la petite ville d'Arkansas dans laquelle elles grandissent. Ballottées d'un logement précaire à un autre, elles ne peuvent qu'être spectatrices du désoeuvrement de leurs parents, qui peinent à trouver du travail, et subir le poids de la religion qui régit la vie de la communauté et leur impose une servilité sans failles.
Des années après la fin du lycée, Monica revient à Clinton pour enquêter sur le taux de mortalité grandissant chez les femmes blanches. Elle va y retrouver Darci, dont la trajectoire (décrochage scolaire, grossesses précoces, addictions...) exemplifie parfaitement l'avenir que ces petites villes rurales réservent aux jeunes femmes qui n'ont pas la chance de se voir offrir une main tendue. Terriblement contemporain, Les Oubliées de l'Arkansas est le récit poignant d'une amitié et d'un destin brisé par les rouages sans pitié d'une Amérique à bout de souffle. -
Ce livre, elle pensait l'appeler La Colline. Dominique Sigaud avait tout noté dans un carnet lorsqu'elle était à Bisesero, en 1994. Journaliste indépendante sans autre nom que le sien sous lequel se ranger, elle fut l'une des rares femmes à couvrir le génocide des Tutsis au Rwanda. Vingt-cinq ans plus tard, les mots, elle les retrouvait, intacts, comme elle les avait agencés sur les pages pour organiser le chaos du monde, pour raconter les massacres et les assassins ivres d'alcool et de sang. Mais le récit ne s'écrivait toujours pas. La colline où toute l'horreur du génocide s'était écrite n'était pas le lieu central comme elle le pensait. Le lieu central, il lui a fallu trente ans pour comprendre que c'était le corps de cette jeune femme, croisée dans une boîte de nuit.
Réflexion sur la mémoire, le traumatisme et l'écriture, Perdre la main interroge la posture singulière du témoin, lorsque, sans être une victime directe, il est pris dans l'étau des événements. Tout en racontant ses doutes et ses blocages, Dominique Sigaud explore les possibilités de la langue et du corps confrontés à la catastrophe. -
Un fantôme dans la gorge
Doireann Ni Ghriofa, Elisabeth Peellaert
- Éditions Globe
- Littérature Étrangère
- 4 Avril 2024
- 9782383612308
C'est l'histoire d'une femme qui passe sa vie dans les couches et le lait en tâchant de maintenir l'équilibre précaire d'une famille de la classe ouvrière dans l'Irlande d'aujourd'hui. Malgré la charge mentale et l'épuisement, elle s'épanouit dans la maternité et le dévouement total à sa condition de mère. Mais quand son quatrième enfant manque de mourir à la naissance, elle perd pied. Elle trouve alors du réconfort dans la lecture du célèbre « Caoineadh », un poème irlandais datant du XVIIIe siècle. Bientôt, elle essaye de retracer la vie de la poétesse qui en est à l'origine, mais c'est comme tenter une cartographie dans le brouillard tant son existence fut effacée par le récit des hommes de sa famille.
Un fantôme dans la gorge est un roman hybride qui bouscule les genres, une méditation sur les limites de la biographie, une autofiction postféministe sur la maternité. Intime et érudit, le style de Ní Ghríofa nous rappelle les pérégrinations de W. G. Sebald et le féminisme sans compromis de Maggie Nelson. -
« Pauvre petite, je t'emmène. Tu ne sais pas écouter. Tu ne sais pas parler. Tu ne sais pas chanter. Je t'enseignerai. » Joy Harjo nous entraîne le long de la route qui a fait d'elle une poète guerrière. Poète, elle l'est depuis sa naissance dans la banlieue de Tulsa, en Oklahoma. Enfant, elle écoute le bruit de la terre, et entend déjà la voix des Anciens. Guerrière, elle est obligée de le devenir?: pour résister à la violence d'un beau-père, au racisme de la police, au mépris réservé à toutes les personnes marginalisées. Poète officielle des États-Unis depuis 2019, Joy Harjo met en lumière dans ses mémoires l'envers du rêve américain. Née d'une mère cherokee et d'un père muscogee creek, elle est de tous les grands combats des peuples amérindiens, aux côtés de l'American Indian Movement. Dans ses poèmes, elle chante la grandeur et la cruauté d'un pays qui s'est construit dans la violence et le vol des terres de ses ancêtres. À sa voix se mêlent celles de tous ceux qui l'ont inspirée, des poètes aux musiciens, d'Emily Dickinson à Audre Lorde, de sa tante Lois au saxophoniste Jim Pepper. Entre la mélopée d'un chant traditionnel et la mélancolie d'un air de blues, Joy Harjo fait entendre l'hymne d'une nation qui se tient toujours debout.
-
D'Avignon à Prague, d'Oslo à Auckland, une femme passe d'une chambre d'hôtel à l'autre, dans le seul but de s'isoler du monde. Dans ces lieux intimes mais standardisés, elle tue le temps avec l'espoir d'échapper aux assauts d'un passé douloureux. C'est oublier que l'être humain et la solitude ne font pas bon ménage. Toujours, quelque chose la pousse à trouver de la compagnie, celle de l'alcool ou d'hommes croisés au détour d'un couloir, mais la mémoire ne se laisse pas si facilement réprimer. Bientôt ses fantômes se glissent sous ses draps et elle ne peut plus fuir.
Room trip aux accents oniriques, Un hôtel étrange brouille les pistes et se joue des conventions littéraires pour offrir le récit d'une errance sur le territoire de la solitude et du deuil. Eimear McBride nous plonge dans l'intériorité d'une femme qui s'émancipe de toutes les injonctions et livre une ode féministe à la maturité, avec une intensité stylistique rare. -
Hymne à l'amour, ode au désir, chant de libération, Poème d'amour postcolonial dessine une nouvelle mythologie américaine. Dans ce labyrinthe poétique dont Natalie Diaz est le Minotaure, les terrains de basket se transforment en églises, les rivières échangent des lettres d'amour et les femmes débordent de miel. Une odyssée lyrique et charnelle, qui célèbre les corps meurtris par l'Amérique - corps de femmes, corps indigènes, corps queer et marginalisés - et fait jaillir la lumière. Voix incontournable du paysage poétique contemporain, héritière de Joy Harjo et Louise Erdrich, Natalie Diaz s'élève contre la disparition des peuples natifs et leur relégation aux marges de l'Histoire.