Sciences sociales / Société

  • Le féminisme se porte-t-il sur un t-shirt ? Kim Kardashian est-elle un objet sexuel ou une femme puissante ? La série Grey's anatomy peut-elle changer la vie des femmes ? Dans un essai à la première personne documenté, passionné et engagé, Jennifer Padjemi, journaliste spécialiste questions de société, explore l'alliance, pour le meilleur et pour le pire, du féminisme et de la pop culture. En reprenant le fil des mouvements féministes modernes, de l'émergence d'un féminisme intersectionnel au mouvement "body positive" en passant par Me too et en se basant sur son expérience de femme noire, elle décortique le rapport que nous entretenons avec les objets culturels les plus populaires.
    Biberonnée aux clips vidéo, chansons grand public et maintenant aux séries TV, notre consommation de divertissement façonne, accompagne, et parfois challenge notre vision du monde. En utilisant la pop culture comme un miroir de notre société mondialisée, l'auteure questionne à travers elle le féminisme, le genre, la sexualité, l'intersectionnalité. Jennifer Padjemi interroge les liens d'interdépendance entre consommation de masse et idéologie progressiste, et jette un regard joyeux et lucide sur nos divertissements, sans concession au patriarcat.
    Un livre à mettre entre toutes les mains !

  • Ce qui n'a pas de prix

    Annie Le Brun

    • Stock
    • 16 Mai 2018

    C'est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s'intensifie depuis qu'elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d'extraire de la valeur. S'ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d'éblouissement et qui, pas plus que l'éclair, ne se laisse assujettir.
    Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d'un certain art contemporain, à l'origine d'une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Et comme, dans le même temps, la marchandisation de tout recours à une esthétisation généralisée pour camoufler le fonctionnement catastrophique d'un monde allant à sa perte, il est évident que beauté et laideur constituent un enjeu politique.
    Jusqu'à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l'argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l'essentiel, la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix ?

  • « Il suffit de voir une petite fille habillée de rouge, panier sur le bras, pour sentir la présence de la galette et du loup. Il suffit aussi, désormais, d'ouvrir un congélateur pour craindre la découverte d'une nurserie macabre, de croiser une joggeuse pour voir un halo en sursis fluo. Le cours de la Vologne nous inquiète tout autant qu'une maison de pain d'épices. Il y a le petit Poucet et le petit Grégory, la pantoufle de vair et le pull-over rouge. Les faits divers sont là. Dans nos vies, dans nos représentations, nos blagues, nos mots, nos craintes nos réflexes, dans nos imaginaires.
    À première vue, tout semble avoir déjà été dit et redit sur eux. Bien des théories que l'on a proposées à son sujet (politiques, sociologiques, psychanalytiques, etc.), si brillantes soient-elles, parlent cependant de tout sauf d'une chose pourtant essentielle : la façon tout à fait originale dont les faits divers nous marquent, nous imprègnent une fois la sidération passée, la manière dont on les « vit » existentiellement, dont ils persistent. À force de regarder du côté des causes, des conséquences, de l'origine, de la structure, du rôle, de l'utilisation, on en vient à ne plus voir le fait divers tel qu'il fait effet. C'est pourquoi, il faut aussi décrire l'empreinte, l'écho, la fragrance que les faits divers laissent dans notre monde, en chacun de nous. C'est l'objet de ce livre qui à travers l'étude des objets, des héros, des lieux, du style des faits divers cherche à expliquer la place considérable qu'ils occupent dans notre existence. » Mara Goyet

  • « Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde. » A. Camus Il n'existe pas, en France ni dans le monde, de terme neutre et unique pour caractériser l'ensemble des violences ou offenses qui sont faites aux femmes parce qu'elles sont des femmes. Et c'est de ce constat qu'est parti la réalisatrice Lisa Azuelos pour créer une association, et un livre collectif : Ensemble contre la gynophobie.
    Puisqu'une femme n'est définissable ni comme race ni comme religion, les violences et les inégalités qu'elle subit restent sans nom. Sans voix, donc.
    Le livre et l'association ont pour objectif de faire émerger le mot « gynophobie », de créer un mouvement mondial afin de qualifier et de dénoncer tous les actes de gynophobie, et de faire en sorte que ce mot devienne le pivot pour créer tant un observatoire qu'un outil pénal.
    À l'instar de l'homophobie, du racisme ou de l'antisémitisme, ce mot pourrait, sans stigmatiser un sexe, une culture ou une religion, tracer un cordon de sécurité autour de ce qui n'est plus acceptable au xxie siècle.
    La moitié de l'humanité doit cesser d'être une minorité pour le bonheur de tous.

  • A l'heure où se jouait le pacs, les débats publics ont révélé une fois de plus nombre de fantasmes, qui ont même pu se manifester dans la violence. l'expression individuelle ou collective, culturelle ou politique de l'homosexualité doit-elle toujours être confrontée aux tentatives de répression ?

    "homosexualités : expression / répression", tel est le thème du colloque d'études gaies et lesbiennes qui s'est tenu à l'ecole normale supérieure, et dont cet ouvrage recueille les actes. remise en perspective depuis l'antiquité, selon des angles différents : l'histoire, le droit, la sociologie, la philosophie, la linguistique, la littérature, cette problématique est posée avec force et méthode, afin d'offrir quelques pistes de réflexion et, pourquoi pas, d'action.

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