Vie politique française

  • Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s'y montre telle qu'elle est : libre, véhémente, sereine.

  • Malgré le naufrage et la multiplication des alertes, le cap est à ce jour inchangé : c'est l'adaptation de toutes les sociétés au grand jeu de la compétition mondiale. Une marée de gilets jaunes a pourtant surgi sur le pont, bientôt rejointe par d'innombrables mutineries pour défendre les retraites, l'éducation et la santé. Reste, pour aller du cap aux grèves, à conjurer l'obsession du programme et du grand plan, qui paralyse l'action. Et à passer de la mobilisation virtuelle des écrans à la réalité physique des luttes et des lieux.
    À travers le récit de son propre engagement, Barbara Stiegler dit la nécessité de réinventer notre mobilisation là où nous sommes, en commençant par transformer les endroits précis et concrets de nos vies.

  • Nostalgie. Algérie. Jérémiades. C'est par ces trois mots, regroupés en Nostalgériades que s'ouvre le nouveau livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, alternant l'essai politique et le récit autobiographique. Décrivant les naïves croyances des collégiens auxquels elle enseigne chaque jour (« Au bled, ça coûte rien », « Seul Allah guérit »), et la difficulté qu'éprouvent les professeurs à enseigner la colonisation, la guerre d'Algérie ou la Shoah, la cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République décrypte la condition féminine, en France comme dans les pays de culture musulmane. Rêvant d'un MeToo mondial, elle affirme dans sa splendide conclusion que si la condition féminine est un malheur, alors « il ne faut pas renoncer à ce malheur ».
    Sans langue de bois, sans naïveté et sans ressentiment, voici le nouvel essai flamboyant d'une femme puissante appelé à provoquer le débat.

  • La région Ile-de-France est à la fois la plus riche de notre pays... et la plus inégalitaire. Les écarts entre les plus aisés et les plus pauvres, entre les banlieues populaires et les centres d'affaires et de tourisme, y sont colossaux. Malgré son effervescence, son patrimoine et sa créativité, chaque jour davantage de ses habitants rêvent de la quitter pour fuir la vie chère, le stress, les pollutions. Ces inégalités sociales et territoriales ne sont pas une fatalité : elles sont le résultat de choix politiques axés sur la compétitivité, l'attractivité, la concurrence. Car avec ses 5 milliards d'euros de budget et son pouvoir d'impulsion, la région Ile-de-France a les moyens d'améliorer le quotidien de sa population.

    Clémentine Autain propose d'abord de dégager un horizon assombri par les crises en créant un choc de solidarité. Puis d'engager un changement profond de modèle de développement qui devra être guidé par trois exigences : l'égalité sociale et territoriale, la bifurcation écologique, l'ambition éducative et culturelle. Grâce au partage des richesses et des ressources, à la mise en commun des savoirs et des pouvoirs, l'Ile-de-France peut changer de trajectoire pour devenir plus respirable et épanouissante.

    La députée de Seine-Saint-Denis indique un cap nouveau et ambitieux pour, dès demain, mieux vivre en Ile-de-France.

  • L'écoféminisme est une philosophie, une éthique et un mouvement né de la conjonction des deux « surgissements du monde moderne » que sont l'écologie et le féminisme. Ce nouveau concept opère la synthèse entre l'idée d'une double exploitation : celle de la nature par l'homme et celle de la femme par l'homme.
    Dans cet ouvrage initialement paru en 1978, mais d'une actualité brûlante, l'auteure remet radicalement en question la notion de croissance, économique et démographique, dénonçant le capitalisme comme stade ultime du patriarcat.
    La surpopulation et l'épuisement des ressources illustrent l'« illimitisme » caractéristique de ce qu'elle nomme le « système mâle », et elle est l'une des premières à affirmer qu'il faut préserver ce qui reste encore de l'environnement, sous peine de mort. Dans ce combat universel, les femmes, fortes de leur longue expérience d'exploitation, ont un rôle déterminant à jouer.

  • Le célèbre couple de sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot livre ici une dénonciation impitoyable de la complicité des gouvernements avec le destructeur Dieu Argent. Fidèles à leur méthode rigoureuse, ils démontrent, preuves à l'appui, comment l'argent s'est transformé en une arme de destruction massive aux mains d'une aristocratie de l'argent qui fraye intensément avec celle du pouvoir. À l'heure du « Fillongate », de la violence délirante de Trump, de l'arrogance de Marine Le Pen face à la justice, ou de la mondialisation du droit de polluer à coups de « crédits carbone », l'indignation sociologique des Pinçon-Charlot est indispensable.

  • Nul ne conteste que la santé et l'éducation constituent des priorités absolues. Mais la situation actuelle n'incite pas à l'optimisme : neuf millions d'enfants meurent chaque année avant l'âge de cinq ans de maladies que l'on sait guérir et, en Inde, la moitié des enfants scolarisés ne sait pas lire. Pour remédier à cet état de fait, Esther Duflo évalue localement et concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté, à l'aide d'une méthode révolutionnaire : l'expérimentation aléatoire. De l'Inde au Malawi, du Kenya au Mexique, cette méthode permet de répondre à de nombreuses questions : comment rendre plus efficaces les campagnes de vaccination ? Comment améliorer l'instruction des enfants à moindre coût ? Comment lutter contre l'absentéisme des enseignants et des infirmières ? La santé et l'éducation sont les préalables non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté : ce livre montre comment les faire progresser de manière décisive.

  • « Attentats, lutte antiterroriste, état d'urgence. comment, dans ce contexte, préserver les valeurs qui sont le socle de la République ?
    Déchéance de nationalité : peut-être est-ce faire trop de bruit pour peu de chose ? Peut-être serait-il plus raisonnable de laisser passer ?
    Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m'avisais de bâillonner ma conscience. » Ch. T.

    Christiane Taubira revient sur les tragiques événements de 2015, raconte comment ils ont été vécus au sommet de l'État, quelles sont les forces obscures qui structurent ce nouveau terrorisme, comment on embrigade de jeunes Français pour les transformer en tueurs.
    Mais la République possède en elle-même la puissance de riposte nécessaire, une riposte qui ne requiert aucun reniement si elle s'inspire de l'histoire de ses combats. L'auteure appelle les citoyens à trouver dans la culture et la beauté les raisons de défendre avec la plus farouche détermination les valeurs de notre société.
    Par ces temps troubles et incertains, les paroles de Christiane Taubira élèvent le débat et redonnent espoir à la jeunesse.
    Paroles d'une femme de conviction, paroles d'une femme libre.

  • Les femmes de droite

    Andréa Dworkin

    Peu d'ouvrages d'Andrea Dworkin ont été traduits en français. Rigth Wing Women, d'abord paru aux Etats-Unis en 1983, est ici traduit pour la première fois. Pour Christine Delphy, qui signe la préface de cette édition, « La première raison du silence fait sur elle est sans doute que Dworkin est radicale. Elle écrit sur un sujet qui, alors qu'on prétend en parler, est en réalité toujours aussi tabou : la sexualité, et plus précisément l'hétérosexualité, et plus précisément encore, sa pratique et sa signification dans un contexte précis : la société patriarcale. Elle parle de sexualité dans un régime de domination, et de sexualité entre dominants et dominées. » Dworkin cible en particulier les « femmes de droite », celles qui choisissent de ne pas lutter contre le patriarcat et les rôles traditionnels. Celles qui, au contraire, s'en revendiquent.
    Aujourd'hui, ce sont les Sarah Palin, Michele Bachmann et autres « grizzli moms » qui continuent d'affirmer que le rôle le plus important des femmes est celui de mère et d'épouse, qui en appellent à la religion pour soutenir cette idée et qui multiplient les attaques contre l'avortement ou l'homosexualité.
    Presque 30 ans plus tard, les mots d'Andrea Dworkin n'ont rien perdu de leur urgence. Andrea Dworkin est radicale, son propos souvent choquant, sa plume brutale mais nécessaire et, malheureusement peut-être, toujours pertinente.

  • Qu'y a-t-il de commun entre Yvonne de Gaulle, la prude, et Carla Bruni-Sarkozy, la délurée ; Anne-Aymone Giscard d'Estaing, la discrète, fille de princesse, et Valérie Trierweiler, la twitteuse, fille d'une caissière ; Bernadette Chirac, la catholique, et Danielle Mitterrand, la laïque ; Claude Pompidou, fidèle pendant trente ans à la mémoire de son mari, et Cécilia Sarkozy, qui a quitté le sien cinq mois seulement après son élection ? Entre Julie Gayet qui a refusé le statut et le rôle de Première dame et Brigitte Macron qui, non contente de le réinvestir, l'a réinventé ?
    Toutes ont connu un destin exceptionnel auquel elles n'étaient ni prédestinées ni préparées. Comment ont-elles vécu cette existence hors du commun ? Quelle a été leur influence ?
    Au terme de plusieurs années d'enquête, Robert Schneider nous fait pénétrer l'intimité de ces dix femmes, loin des clichés sur papier glacé. Des portraits savoureux.

  • Mazarine Pingeot, de l'ombre à la lumière, du silence à l'écriture, et d'un président socialiste à l'autre...

  • Les querelles philosophiques des années 1960 sur les places et fonctions respectives de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences dites humaines, et de la philosophie, ont installé la Révolution française au coeur de leurs débats, le plus fameux d'entre eux ayant opposé Jean Paul Sartre et Claude Lévi-Strauss. Sartre avait fait de la Révolution française l'un des objets phares de la Critique de la raison dialectique, notamment à travers le concept d'événement.
    Claude Levi-Strauss, quant à lui, reproche de vouloir racheter l'illusion transcendantale de la liberté par le collectif et finalement de ne fabriquer qu'une histoire mythique, utile mais loin de la préoccupation scientifique.
    Il invite à un décentrement de notre conception de l'histoire occidentale. C'est dans le sillage de ce débat que Michel Foucault a promu contre Sartre une certaine conception scientifique du savoir sur l'homme qui ne prétendait plus comme tel agir sur le monde, mais décrire ses conditions de possibilité.
    Cependant la question d'une Révolution française matrice du totalitarisme ne peut trouver son éclairage dans ce débat.
    Il faut comprendre que la critique du totalitarisme n'y prend pas sa source, mais que se rejoue au contraire, dans les débats contemporains, la question posée par Sade sur la cruauté et la mort donnée. Pour parler à la manière de Lacan, il faut repenser une éthique de l'histoire de la Révolution française.

  • Ce livre porte la voix de jeunes femmes du monde arabe. Prenant la parole de Tunisie, du Maroc, d'Alge´rie et d'E´gypte, des villes et des campagnes, elles confient leurs luttes pour le droit a` la liberte´ sexuelle, a` l'inde´pendance, au respect, a` l'e´galite´ juridique, e´conomique et sociale.

    "La meilleure fac¸on de changer les choses, c'est de re´ussir sa vie, d'arracher sa liberte´ et d'assumer son inde´pendance jusqu'au bout." E´tudiantes, ouvrie`res, architectes, journalistes, poe´tesses, agricultrices, etc., elles confient leurs re´volutions intimes, sans tabous, avec une e´nergie e´poustouflante.

    "Sans re´volution sexuelle, il ne peut pas y avoir de re´volution." Re´sistantes au quotidien pluto^t que leaders de grands mouvements, elles s'engagent, parfois seules, via les re´seaux sociaux et les blogs. Facebook et Twitter sont leurs allie´s, outils incontro^lables par le patriarcat.

    "Ici, la rue appartient aux hommes, sauf si tu de´cides de l'investir." Toutes pro^nent le droit a` de nouveaux fe´minismes, dont certains varient des codes occidentaux. Toutes se battent pour l'e´galite´ des sexes, indispensable a` l'instauration de re´elles de´mocraties.

    "Je veux que mon pays accepte que la femme soit l'e´gale de l'homme. » Les E´gyptiennes sont le secret de la re´volution." Un livre plein d'espoir, d'e´nergie, et qui nous concerne tous.

  • Une quinzaine de philosophes parmi les plus importants se sont réunis à Londres, en mars 2009, pour une conférence organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, intitulée " On the idea of Communism ".
    Par-delà leurs différences spéculatives et politiques, tous y ont affirmé leur attachement inentamé au mot et à l'Idée du "communisme". Seul mot, seule idée à pouvoir selon eux désigner et penser les conditions d'une " alternative globale à la domination du capitalo-parlementarisme " (A. Badiou), d'une " réforme radicale de la structure même de la démocratie représentative" (S. Zizek). Le présent volume réunit la totalité des interventions prononcées à l'occasion de cette conférence, qui connut un succès considérable.

  • Ce livre est une introduction à la philosophie de Rancière, par son versant qui est peut-être le plus important : son rapport à la politique. Qu'il s'agisse du rapport entre pouvoir et savoir, de l'exploration de la pensée ouvrière du XIXe siècle, de la distinction essentielle entre police (ou répartition entre bonnes mains des richesses et des places) et politique (la parole prise par les « sans-parts », les incomptés, le peuple en un mot), tout le travail de Rancière, jusqu'à ses écrits sur l'art et la littérature, est sous-tendu par la politique. Ce livre en retrace les grandes lignes, et facilite l'entrée dans une pensée tenue - à tort - pour difficile.

  • La désobéissance éthique

    Weissmann-E

    • Stock
    • 28 Avril 2010

    Ils sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers... Ils ne feront pas le « sale boulot » qu'on exige d'eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de déconstruction et de privatisation des services publics jamais menée.
    Face à une politique d'asphyxie programmée qui érige en norme la course au chiffre et au rendement, l'évaluation et la compétition, le fichage et la répression, et qui menace les droits fondamentaux et la cohésion sociale, de plus en plus de professionnels refusent de voir leurs organismes transformés en machine à faire des actes et du cash, leur métier dénaturé et leur éthique piétinée.
    Constatant la souffrance, la perte de sens et la régression qui en résulte pour eux comme pour les usagers, Ils mettent en oeuvre, seuls ou avec leur syndicat, diverses stratégies de résistance : désobéissance collective proclamée, opposition souterraine, insoumission, freinage subversif.
    Ce livre, construit comme un abécédaire, s'adosse à une enquête de terrain : il donne à entendre des témoignages bouleversants d'hommes et de femmes pris dans la tourmente du saccage de leur mission de service public, qui veulent la défendre envers et contre tout au nom du bien collectif, des valeurs républicaine et du pacte social hérité du programme du Conseil national de la Résistance.

  • « J'ai fait un rêve », slogan repris à Martin Luther King, fut l'un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l'essentiel : et si elle correspondait au triomphe d'une nouvelle forme d'imaginaire politique ?
    Mona Chollet décortique les principaux éléments de l'univers sarkozyste : la « machine de guerre fictionnelle » que représente la success story, le mythe du self-made man, l'identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des « perdants », l'individualisme borné, le triomphe de l'anecdote et du people...
    Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d'une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling, dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale.
    Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l'imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l'aspiration légitime à l'épanouissement personnel, aujourd'hui fourvoyée dans les mirages de la « société-casino ».

  • Les femmes politiques ont des voix agaçantes, c'est bien connu. Qu'on les dise enthousiastes, aigries ou hystériques, le fait est qu'elles ne contrôlent pas leurs émotions. On remarque leurs tenues trop sévères ou trop féminines, on se demande bien qui va garder les enfants.
    Bien sûr, ce ne sont que des détails. S'arrêter sur un compliment un peu insistant ou une remarque qui n'aurait pas été faite à un homme relève d'un délire de persécution, n'est-ce pas ? Pourtant, mis bout à bout, ces réflexes tenaces finissent par former un ensemble qui est tout sauf anodin.
    Ce sont ces mécanismes parfois invisibles que Sandrine Rousseau s'attache à mettre au jour pour décrypter le sexisme ordinaire de nombreuses situations. En s'appuyant sur les témoignages de plusieurs femmes politiques, l'auteure prouve que la façon spécifque dont les femmes sont traitées quand elles participent à la vie politique renvoie bien trop souvent à l'idée qu'elles n'y seraient pas à leur place.
    Quinze ans après la loi sur la parité, ce petit manifeste est un rappel salutaire du chemin qu'il reste à parcourir pour une égalité réelle.

    Auteur Sandrine Rousseau est porte-parole nationale d'Europe Écologie-Les Verts.
    Préface de Claire Serre-Combe, porte-parole d'Osez le féminisme !

  • 23 février 2002, sud de la Colombie : Ingrid Betancourt, candidate à la présidence de la République, est enlevée en pleine campagne électorale par un mouvement guérillero. Depuis ce jour, détenue quelque part dans la jungle, elle partage le sort de trois mille autres « kidnappés ». Pions dans un vaste et tragique jeu de pouvoir, ils subissent une captivité qui peut les mener à la mort.
    Rien ne destinait Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Ingrid, à ce combat quotidien pour faire libérer sa femme, « punie » pour avoir voulu faire entendre une autre voix, une voix citoyenne, une voix d'intégrité, là où on n'entend, le plus souvent, que le bruit des armes.
    C'est la chronique de ces années de lutte que nous livre Juan Carlos Lecompte. Son récit vibrant et passionné dessine en creux le portrait d'une femme d'exception et brosse le triste tableau d'un pays comme prédestiné à la tragédie. Mais ce cri lancé au nom d'Ingrid est aussi un cri d'espoir, pour elle comme pour tous les otages. Pour que cesse l'hypocrisie. Pour que s'ouvrent des négociations. Pour que ce cinquième anniversaire de son enlèvement soit aussi l'heure de sa libération.

  • Depuis la révolution islamique de 1979, l'Iran est le pays qui suscite le plus la polémique en Occident. Dernière controverse en date : l'arme atomique qu'il serait sournoisement en train de fabriquer. Or que sait-on de ce pays ? Peu de choses en vérité tant les considérations géopolitiques, qu'il ne faut surtout pas minorer, rendent impossibles toute lecture approfondie de ce pays grand comme trois fois la France et qui ne se réduit pas à ses « patriarches » religieux.
    Chargée de recherche au CNRS, Marie Ladier-Fouladi fait partie de ces rares observateurs qui examinent patiemment la société iranienne depuis de plusieurs années. Qu'a-t-elle vu de l'intérieur ? Ainsi, les jeunes, qui représentent 60 % de la population locale, n'adhèrent pas ou plus aux idéaux politico-religieux de l'État. Autre constatation : alors qu'elles ont largement participé à la révolution de 1979, les femmes n'ont jamais quitté l'espace public. Elles n'ont jamais cessé de revendiquer l'égalité des droits et de contester les lois et les traditions.
    Dans une année décisive pour l'Iran - trentième anniversaire de sa révolution islamique et élection présidentielle en juin prochain -, c'est ce monde de paradoxes que nous décrit Marie Ladier-Fouladi dans un ouvrage clair et passionnant.

  • Il n'est pas exagéré de dire qu'en France, la laïcité instituée par la loi de 1905 n'est pas un long fleuve tranquille. On croit le débat apaisé, terminé même, et de nouveau il rebondit, souvent là où on ne l'attendait pas. Comment expliquer tant de conflits, de malentendus, de haines parfois ? Sans quitter le terrain du débat social, Jean Baubérot propose une lecture d'historien et de sociologue pour comprendre l'origine d'une « passion française », puis ses rebondissements au cours d'un siècle, et enfin ses querelles qui ne sont toujours pas vidées. N'en déplaise à ceux qui voudraient en faire une idée éternelle, une statue figée dans le marbre de la loi de 1905, il montre en particulier que l'objet « laïcité » est une réalité vivante, complexe, toujours recommencé, en proie aux contradictions de l'histoire et peut-être même à l'usure du temps. Dès le départ, le « camp laïc » était divisé sur l'interprétation et la portée de la loi, et ce ne sera pas sans conséquences. A-ton ensuite assez tenu compte des droits de l'homme ? La laïcité ne s'est-elle pas elle-même laïcisée en cours de route ? N'est-elle pas atteinte, comme les religions, par l'individualisme de notre époque ? Ce sont au moins des questions qu'on doit poser. Mais essoufflement ne signifie pas fin. Au contraire, une prise en compte des questions nouvelles pourrait renforcer l'universalité de cette « exception française ».
    Le livre de Baubérot contient beaucoup d'informations historiques, sociologiques, culturelles, et à ce titre il est très intéressant. Ce n'est pas un livre d'histoire de la laïcité. Il traite plutôt certaines périodes charnières.
    L'auteur fait partir de ceux qui souhaitent « réformer » la laïcité française, et il débat, par conséquent, tout au long du livre, avec les tenants d'une sorte de forme pure de laïcité, qui serait la seule solution possible pour régler le problème des religions dans l'État.

  • Des jeunes filles venues des Philippines pour être bonnes à tout faire au Koweït ; des ouvrières du textile de l'ex-RDA qui perdent leur emploi au profit de leurs homologues du Bangladesh ou de Chine populaire ; des Polonaises qui, en échange de salaires dérisoires, s'occupent de grabataires dans les hospices allemands, des jeunes femmes des Caraïbes qui saisissent les écritures des comptes en banque américains.
    Autant d'exemples du manège endiablé de la mondialisation de l'économie, où les représentantes du deuxième sexe se retrouvent en première ligne.
    L'expansion planétaire du marché mondial et le triomphe du libre-échange, ses décalages, ses anachronismes et ses ruptures, ont sur elles des effets très différents, voire contradictoires. S'ils déclenchent dans les pays de l'Est et du Sud des érosions gigantesques et des renversements radicaux - qui ne sont pas sans rappeler les horreurs du capitalisme naissant -, ils donnent l'impression, dans les nations industrielles de l'hémisphère nord, d'inciter à la modernisation.

    Il n'en demeure pas moins que, partout dans le monde, on voit surgir simultanément de nouvelles formes de travail, d'autres styles de vie, d'autres échelles de valeurs - des stratégies de résistance aussi qui bouleversent la vie des femmes, et que Christa Wichterich décrit et décrypte tout au long de cette enquête exhaustive et passionnante.

  • Visages de l'aube

    Nancy Huston

    Visages de l'aube : une romancière et une photographe abordent simultanément le thème de la venue au monde.
    Nancy Huston met en scène une nuit de garde dans une maternité et raconte, en contrepoint, le suicide d'une adolescente. Valérie Winckler interroge avec une sensibilité magnifique le premier regard des nouveau-nés.

  • Dans ce premier ouvrage sur les comportements politiques des pieds-noirs, l'auteur dresse un tableau vivant et complexe de leur histoire et de leur rapport à la politique, de 1871 à nos jours, avec la guerre d'Algérie et le retour en France comme moments clés.
    Comment votait-on dans les départements français d'Algérie ? Quelles furent les conséquences de la guerre puis du rapatriement en France sur les comportements politiques des pieds-noirs ? Que reste-t-il du " vote pied-noir " aujourd'hui ou de leur proximité avec le Front national ? Ce livre permet de mieux comprendre comment les pieds-noirs se perçoivent aujourd'hui, ce qu'il reste du traumatisme, près de cinquante ans après la guerre d'Algérie, et quelle incidence celle-ci continue d'exercer sur leurs attitudes politiques.
    Il montre également comment les enfants des rapatriés, conscients du traumatisme vécu par leurs parents, ont cependant décidé de tourner la page. Un livre qui manquait sur une période forte de la Cinquième République et sur une communauté finalement méconnue ; une contribution importante à l'analyse des processus de transmission des traumatismes passés.

empty