Sciences du langage

  • En finir avec l'homme : chronique d'une imposture Nouv.

    Depuis quand, et comment, et pourquoi le mot « homme » en est-il venu à désigner le genre humain tout entier ? Au fil d'une passionnante analyse sur l'usage historique de ce terme, son étymologie, la plus-value sémantique qu'il a progressivement acquise, Éliane Viennot retrace l'histoire d'un abus de langage qui gonfle « l'Homme » à la dimension de l'humanité. Au pays du Musée de l'Homme, de la Maison des Sciences de l'Homme, des Droits de l'homme et du citoyen, cette histoire-là relève d'une exception française qui sent fort l'imposture masculiniste. Il est temps que « l'homme » se couche, sémantiquement parlant, qu'il regagne son lit de mâle humain et laisse place aux autres individus du genre Homo, aux personnes humaines.

  • Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. Initiée au XVIIe siècle, la domination du genre masculin sur le genre féminin ne s'est en effet imposée qu'à la fin du XIXe avec l'instruction obligatoire. Depuis, des générations d'écolières et d'écoliers répètent que "le masculin l'emporte sur le féminin", se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.
    Ce livre retrace l'histoire d'une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples et en citations, il convie à un parcours plein de surprises où l'on en apprend de belles sur la "virilisation" des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d'accords, sur l'utilisation des pronoms ou sur les opérations "transgenre" subies par certains mots. Explorant plus avant les pistes qu'il a ouvertes, sa nouvelle édition prolonge la réflexion sur le langage sexiste (écriture inclusive, règle de proximité, formules épicènes, nouveaux pronoms...).

  • La langue n'est pas sexiste, si l'on veut bien considérer que c'est le sujet parlant, le locuteur, le scripteur, qui est à la fois maître et esclave de l'usage qu'il ordonne. Il peut alors ajouter à ses façons de parler des relents de sexisme, mais il peut également y échapper par des usages intelligents.
    C'est donc du discours qu'il est question - et non de la langue - faisant que seul le sujet parlant est responsable de ce qu'il dit.
    L'expression « Droits de l'Homme » concernet- elle l'homme générique en embrassant les droits des femmes ? Tout ce qui concerne la féminisation de la langue, de la critique sexiste à la transformation des noms de métier, du genre grammatical à la féminisation des formes, est passé en revue sans oublier l'écriture inclusive qui propose des transformations d'usage de la langue, dont l'auteur examine les bonnes et les mauvaises solutions.

  • Passions polygraphes

    Katy Barasc

    Très académiquement ordonnée en deux genres, masculin/neutre et féminin, la langue française se laisse désormais gagner par un tumulte graphique dont ces Passions polygraphes se font l'écho. Katy Barasc, en philosophe, cherche le signe qui viendrait inscrire dans la langue ce qui ne peut s'y prononcer. Entre passions tristes des vigiles du binarisme et passions joyeuses des iconoclastes, ce qui bruisse dans ces pages est jouissance de l'écriture.

  • Ce titre dans son inscription grecque se veut un rappel muet des débuts occidentaux du savoir sur le signe et le sens. La sémiotique, ici, se propose comme le lieu depuis lequel s'articulera une théorie générale des modes de signifier. Visant en même temps à interroger ou à refondre les systèmes linguistiques et logiques par les analyses du sujet et de l'histoire appelées par Freud et Marx, elle se désigne comme une sémanalyse.

    L'élaboration de la sémanalyse déplaçant les limites du signe, du sens, de la structure, devait nécessairement trouver pour point de départ un « objet exclu de l'ordre du savoir puisque soulignant ses bords : «la littérature» ».


  • il nous faut (re)penser ainsi la société actuelle dans ses caractéristiques propres ; et pour commencer penser le complexe, l'incertain, le global.
    mais - oh ! paradoxe ! - il nous faut le penser à partir de. nous-mêmes ! -car parier sur le changement par la seule vertu des structures nouvelles a toujours été un échec. quant à l'imposition autoritaire, on a vite vu ce que cela donnait. alors, peut-on penser transformer la société si on n'évolue pas soi-même, dans no, propres représentations ? et cela d'autant que cette interrogation doit porter en parallèle sur nos choix personnels.
    développer nos capacités personnelles, à commencer par celles de notre corps et de notre esprit, et renforcer notre estime de soi deviennent des passages obligés. pourquoi donc ne pas commencer par des examens critiques sur nos actes quotidiens, sur nos choix, nos valeurs, et leurs conséquences ? c'est dans cette direction que ce livre nous entraîne. andré giordan.

  • Une analyse sociohistorique des identités de genre dans les séries animées françaises, entre conformisme et innovation. Ces programmes ont souvent relayé une construction différentialiste du genre, caractérisée par la subalternité du féminin et son assignation à des fonctions d'assistance et de soin. Néanmoins, en accompagnant les transformations de notre société, certaines séries ont pu remettre en cause les normes de genre et les oppositions classiques. Sont ainsi décodés 56 dessins animés (1957- 2014), des premières aventures de Tintin en semi-animation, en passant par Bonne nuit les petits, Les Mystérieuses Cités d'or, les célèbres séries «Il était une fois... » (l'Homme, les Découvreurs, les Explorateurs etc.), jusqu'aux productions plus contemporaines comme les séries « T'Choupi ». À mesure que l'on avance dans le temps, on rencontre des personnages partiellement affranchis des catégories de genre binaires (Candy, dans Les Zinzins de l'espace), qui assument un positionnement féministe (dans Il était une fois... notre Terre), et de plus en plus d'héroïnes fortes (par exemple dans Totally Spies !, Code Lyoko, ou la tranche « Girl Power » de la chaîne Gulli).
    À cela s'ajoutent un terrain ethnographique et 11 entretiens réalisés auprès de l'association Les Femmes s'Animent et de professionnel·le·s de l'animation. Ce second volet interroge la façon dont les différents acteurs de la chaîne de fabrication des séries (écriture, production, animation, diffusion...) choisissent ou non de défendre des représentations plus équitables des genres, en relation avec les contraintes normatives, organisationnelles et économiques propres à l'animation audiovisuelle française. Les points de vue contradictoires portés dans le secteur montrent que les questions de genre tendent à devenir un sujet de discussion incontournable dans le monde de l'animation, aussi bien en France qu'à l'international.

  • A la fois journal intime et exposé de théorie esthétique, les Lettres à un Inconnu éclairent d'un jour nouveau les rapports complexes du couple Werefkin-Jawlensky (injustement éclipsé par le couple mythique de Kandinsky et Gabriele Münter), en même temps qu'elles développent une conception de l'art singulièrement nouvelle à l'époque, centrée sur le lyrisme symboliste des couleurs et des formes, conception qui a sans doute déterminé le grand tournant kandinskien de 1910.
    Composée entre 1901 et 1905, la correspondance imaginaire de Marianne Werefkin avec " l'Inconnu ", symbole de son idéal artistique, prélude à la série des tableaux résolument modernes que l'artiste, après un silence de dix années, produira dès 1907 comme une contribution particulièrement originale au courant expressionniste européen. Les hautes aspirations de Marianne Werefkin à une création artistique pure, libérée du réel et consciente d'elle-même, qui s'expriment dans les Lettres, témoignent, tout comme son oeuvre, du rôle de précurseur de la grande artiste russe dans l'avènement de la modernité picturale en Europe.

  • Ce livre a pour objectif de faire comprendre, en particulier aux parents, ce qui se passe en maternelle, ce qu'on y fait, ce qui s'y décide pour les enfants. À quoi ressemble une journée d'enfant à la maternelle ? Qu'est ce qui est en jeu derrière ces activités ? Quelles sont les méthodes d'enseignement ? Quelles compétences sollicite- t-on ? Quelles notions cherche-t-on à transmettre ? Quel est ce contenu imperceptible des programmes des sections de maternelle ?
    Parce que cet enseignement est soit ignoré, soit dévalorisé, que partout en Europe on nous l'envie pourtant, les deux auteurs ont enquêté, accompagnées des enseignants dans des écoles très différentes, pour expliciter aussi les enjeux de cette école particulière.

  • Dans cet entretien réalisé en public le 9 mai 2006, François Soulages interroge Pierre Vidal-Naquet sur la place de l'image et de la photographie dans le travail d'un historien (qu'il s'agisse d'histoire contemporaine ou ancienne), sur leurs valeurs objectives et sur leurs importances comme témoignage. Ils reviennent également sur le parcours intellectuel de Pierre Vidal-naquet et sur ses engagements.

  • Cette étude de l'enseignement féminin révèle l'élaboration des modèles éducatifs et des représentations du genre en banlieue. Elle souligne le rôle de l'école dans la codification du rôle social des femmes et de la place qui leur est attribuée dans l'espace de la cité. Elle offre aussi une grille de lecture renouvelée des rapports entre la capitale et ses banlieues. À travers les représentations qu'il véhicule, l'enseignement féminin souligne la pluralité sociologique du sud-est parisien et ses mutations sociodémographiques.

  • La photographie du corps n'est pas neutre : elle est souvent liée a une politique qui, parce qu'elle a ses propres objectifs, l'exploite au point de faire des corps humains des corps politiques.
    La photographie n'est pas seulement une aventure individuelle, privée et intime, mais relève aussi d'une pratique politique, publique et extime. c'est ce qui se joue dans les usages de la photographie (contemporaine) sans-art et de la photographie dans l'art (contemporain), dans leurs productions/créations, médiatisations/donations, communications/expositions et consommations/réceptions. les photos d'abou ghraib en irak (diffusion) ou l'absence de photos de corps du 11 septembre 2001 (censure) sont exemplaires de cet usage politique ambivalent de la photographie des corps.
    En explorant et en exploitant la photographie et ses dispositifs, les artistes et les politiques (contemporains) travaillent- mais de façon radicalement différente -ces problèmes et ces tensions : les premiers proposent des méditations et des questionnements essentiels sur les corps politiques et (car) photographiques ; les seconds déshumanisent les corps et les hommes.

  • Ce bouquet d'études dialoguant entre elles tout en approfondissant l'enquête sur la figure et l'oeuvre de sylvie germain - romancière et essayiste capitale de notre temps - constitue un vaste panorama éclairant les principales facettes de son univers : sa pensée et sa vision du monde, son esthétique et son éthique, son interrogation sur le sens de l'existence, sa création.
    Chaque spécialiste s'est attaché à mettre en évidence une de ses caractéristiques, de sorte que c'est un premier bilan qui est ici rassemblé, oú se succèdent des considérations sur l'histoire littéraire et la grande histoire, la situation de la pensée de l'auteur, les spécificités et le travail de son imaginaire et de son écriture, ses conceptions esthétiques et éthiques, l'univers propre à ses romans et les modalités de sa création romanesque, la singularité de sa voix.
    Le tout est accompagné par la présence, l'écoute et les réactions de sylvie germain, et suivi d'une bibliographie de référence.

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