PUF
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À l'heure de la transition écologique, ne pourra-t-on plus jamais voyager comme avant ? Faut-il limiter ses déplacements, voire renoncer aux voyages ? Ces questions n'ont rien inédit. Les philosophes de l'Antiquité, sans avoir ni l'avion, ni Internet, les avaient pour l'essentiel déjà posées. Car les voyages ont toujours eu un caractère ambigu et polémique.
A contre-courant des idées reçues, Juliette Morice propose de penser le voyage, depuis ses tout débuts jusqu'à l'ère du tourisme de masse. Ce que l'on découvre alors, ce ne sont pas tant les contradictions de cette pratique, que les nôtres propres, désir d'évasion et refus de l'inconnu, entre mensonges exotiques et besoin d'ailleurs.
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La savante et le politique : Ce que le féminisme apporte aux sciences sociales
Eric Fassin, Caroline Ibos
- PUF
- 1 Octobre 2025
- 9782130881667
Un peu partout dans le monde, les sciences sociales font aujourd'hui l'objet d'attaques politiques virulentes. Paradoxalement, cet anti-intellectualisme trouve des relais dans le monde universitaire : ces derniers invoquent la supposée neutralité de la science pour combattre les savoirs critiques, perçus comme idéologiques, voire militants. Pourtant, les sciences sociales, de Max Weber à Pierre Bourdieu en passant par l'École de Chicago, ont toujours déjà été politiques. Les épistémologies féministes revendiquent aujourd'hui, contre l'illusion de la neutralité, l'exigence d'une objectivité forte, à même de nous prémunir des biais et des savoirs situés. La critique des épistémologies conservatrices nous invite ainsi à dévoiler l'impensé de nos disciplines. Et s'il importe de prendre au sérieux, en même temps que les savoirs critiques, les libertés académiques qui en sont la condition de possibilité, c'est pour des raisons qui ne concernent pas seulement le monde universitaire : il en va de la démocratie.
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Antiféminismes et masculinismes d'hier et d'aujourd'hui
Christine Bard, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri
- PUF
- 22 Octobre 2025
- 9782130886693
Nous sommes aujourd'hui sous la menace d'un important backlash : l'antiféminisme est aujourd'hui moins que jamais une tare du passé. Après #MeToo, nous assistons à une polarisation quant à la question des droits des femmes ou du genre. Ainsi, 37 % des hommes considèrent aujourd'hui que le féminisme représente une menace. Cette nouvelle édition prend la mesure du phénomène et traite désormais de l'antiféminisme en ligne, des involuntary celibates , des croisements entre antiféminisme et extrême-droite, ou encore de la problématique du trumpisme, marqué par des saillies masculinistes.
En analysant différentes expressions de l'antiféminisme depuis le XIXe siècle, dont celui porté par des femmes, les auteurs réunis autour de Christine Bard démontrent la vitalité historique du combat contre les droits des femmes et ses divers points de contact avec l'homophobie et le racisme. Ces phénomènes, pour être compris et combattus, doivent aujourd'hui être situés dans une perspective historique. -
Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare " une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ".
Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme " une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ". La rédaction est achevée le 4 mai, en même temps que celle du Complément métapsychologique à la doctrine du rêve et de Deuil et mélancolie. Ces essais seront rassemblés en 1924 sous le titre Métapsychologie, dans le volume V des Gesammelte Schriften. Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication :
André Bourguignon, Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy.
Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet, Jean Laplanche et Alain Rauzy. Préface de François Robert. -
La vengeance des femmes : Entre réalité et fiction cinématographique
Dominique Memmi
- PUF
- 8 Octobre 2025
- 9782130872153
À partir des années 1960, la relation de domesticité s'assombrit au cinéma : tuer les employeurs devient la solution aux souffrances ancillaires. À partir des années 1980, le forçage sexuel des femmes trouve une nouvelle issue au cinéma : elles s'en vengent désormais elles-mêmes, sauvagement. Bref, « On les baise (au sens propre ou figuré) mais ils/elles nous tuent » : tel est le récit horrifique qui se met en place dans le cinéma du troisième tiers du vingtième siècle.
Or, après enquêtes, guère de traces de cette violence dans le monde social « réel », du moins dans plus d'un millier de décisions judicaires concernant les réponses objectivement apportées aux agressions sexuelles et aux vexations imposées aux domestiques.
Un pur délire alors de créateur de cinéma ? Il serait curieusement collectif ! Comment expliquer le surgissement d'une solution si violente à ces relations de domination personnelle, qu'on qualifiera ici de « rapprochée » ? Par un fait tout simple : un bouleversement est bien intervenu au moment où les films ont changé de récit. Mais ce n'est pas celui que les films mettent en scène... -
24 heures de la vie d'une parisienne : Au temps de Louis XIV
Sabine Melchior-Bonnet
- PUF
- 3 Septembre 2025
- 9782130872948
« Quand on a été femme à Paris, on ne saurait l'être ailleurs. » Ces mots de Montesquieu disent tout de la figure quasi mythique de la Parisienne. Ce sont les origines de ce symbole historique et culturel qu'explore Sabine Melchior-Bonnet, à l'appui d'une riche matière de correspondances, de romans et de mémoires. Comment vit une femme dans la France de Louis XIV ? Quels sont ses désirs, ses relations et ses peines aussi ? Que signifient la famille, la galanterie et les codes de bienséance ? Quels sont les jeux et les fêtes auxquels elle participe ? Sabine Melchior-Bonnet montre que l'ascension de la Parisienne est également celle de la ville face à la cour. Par ses talents d'esprit et son élégance, entre soumission et liberté, la Parisienne trace une voie qui est la sienne. Paris fait la femme, mais la femme fait aussi Paris.
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Qui pourrait imaginer aujourd'hui que les femmes faisaient pleinement partie de la communauté militaire en France à l'époque moderne ? Pourtant loin d'être isolées et marginalisées, ces auxiliaires de service occupaient des rôles « support » auprès des soldats, ne cessant de s'adapter et de s'accommoder aux normes de genre et au quotidien harassant des hommes sur qui elles veillaient.
L'autrice donne un souffle nouveau à ces femmes oubliées de l'histoire, les suiveuses ou compagnes des armées, traquées dans des archives de guerre et des mémoires de soldats et d'officiers de la fin du XVIII e siècle, des armées révolutionnaires et du Premier Empire. Cet ouvrage réattribue leur juste place à ces épouses, mères de soldats, prostituées, cantinières et blanchisseuses qui participèrent à la communauté de campagne avec les hommes. Il conte leurs expériences, souvent minorées ou invisibilisées dans les récits officiels. Une autre vision des pratiques de la guerre « au ras du sol », du côté féminin, qui élargit le champ de l'histoire militaire. -
Les transclasses ou la non-reproduction : Le livre fondateur
Chantal Jaquet
- PUF
- Quadrige
- 16 Avril 2025
- 9782130880721
Paru en 2014, Chantal Jaquet a forgé dans cet ouvrage la notion de « transclasse », pour désigner les personnes qui passent d'un milieu social à un autre. Le concept s'est depuis largement imposé dans l'espace public.
Ce livre a voulu comprendre philosophiquement le passage exceptionnel d'une classe sociale à l'autre et pour cela a forgé une méthode d'approche des cas particuliers. Dans une première partie, l'autrice a mis en évidence les causes politiques, économiques, sociales, familiales, singulières, qui président à la non-reproduction sociale, et a analysé dans une seconde partie leurs effets sur la constitution des individus qui transitent d'une classe à l'autre et sont soumis à une logique fluctuante de l'entre-deux.
Cette démarche, qui a mis l'accent sur la dimension du passage « transclasse », a pensé un concours de causes, relevant aussi bien de l'histoire collective que de l'histoire intime, et a brisé l'isolement disciplinaire pour appréhender la singularité au carrefour de la philosophie, de la sociologie, de la psychologie sociale et de la littérature. C'est par la déconstruction des concepts d'identité sociale et personnelle que Chantal Jaquet a pu penser le métissage des déterminations.
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L'être et la mer : pour un existentialisme écologique
Corine Pelluchon
- PUF
- 11 Septembre 2024
- 9782130850434
Tout en soulignant l'actualité de l'existentialisme, à partir de L'Être et le néant de Sartre qui implique d'accepter la matérialité de notre condition et éclaire le lien entre contingence et liberté, indétermination du sens et responsabilité, Corine Pelluchon montre que l'écologie exige de l'enrichir. L'existentialisme écologique ne se réduit pas au coexistentialisme attestant notre appartenance à une communauté de vivants. Il suppose de rompre avec l'imaginaire terrestre et de penser l'humain en partant de la mer.
Reposant sur une ontologie liquide, il rompt avec l'obsession territoriale qui explique les contradictions du droit international de la mer, déchiré entre l'impératif de préservation d'un écosystème indispensable à notre survie, et les rivalités économiques et militaires conduisant à sa surexploitation.
Opposée à toute pensée de l'enracinement, cette phénoménologie de la vie marine met en évidence la fluidité du moi et conçoit notre immersion dans le monde commun, qui renvoie à la mémoire et à l'immémorial, à la mer-mère conçue dans sa préséance sur les terres.
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Révolutions transclasses : Une nouvelle théorie de l'émancipation
Chantal Jaquet
- PUF
- 22 Janvier 2026
- 9782130891048
Comment la figure du transclasse peut-elle ouvrir la voie à une émancipation collective ?
L'existence de transclasses a-t-elle un véritable impact social ou reste-t-elle un phénomène marginal ? Est-elle promesse de liberté, une voie d'émancipation à généraliser ou au contraire un leurre - la caution utile de la reproduction sociale ?
Révolutions transclasses analyse les conditions de possibilité d'un réel changement de vie et d'une émancipation collective qui passe par l'abolition conjointe des classes et des multiples formes d'oppression. De l'analyse des trajectoires transclasses, qui permettent de mieux comprendre la nature et les conditions de possibilité du changement, l'auteure réconsidère la classe au prisme du transclassisme et reprend à partir de Marx le problème de l'abolition des classes. Celle-ci est-elle une condition suffisante à l'émancipation de toutes les formes d'oppression ? Une réflexion en termes de transclassisme peut-elle permettre de sortir de l'écueil de la concurrence des luttes pour embrasser une perspective intersectionnelle ?
Chantal Jaquet jette ici les bases d'une nouvelle théorie de l'émancipation, qui permet de rendre justice aux individus singuliers et de se défaire de toutes les formes d'oppression. -
Sexe, genre et sexualités : introduction à la philosophie féministe
Elsa Dorlin
- PUF
- Quadrige
- 5 Avril 2023
- 9782130842569
Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre) et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s'attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations. S'agit-il d'une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D'une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d'une part, et l'identité sexuelle (de genre et de sexualité), d'autre part ? S'agit-il d'une relation de normalisation ? L'hétérosexualité reproductrice est-elle la norme légale, sociale, mais aussi médicale, à l'aune de laquelle les catégories de sexe comme de genre peuvent être déconstruites, voire contestées et bouleversées ?
Le présent volume porte sur les théories féministes de ces cinquante dernières années, dont la richesse et l'engagement font l'un des champs les plus novateurs de la recherche actuelle : le féminisme marxiste, l'épistémologie ou l'éthique féministes, l'histoire et la philosophie féministes des sciences, le black feminism, le féminisme « post-moderne » et la théorie queer. L'ensemble de ces pensées constitue aujourd'hui un véritable champ de la philosophie contemporaine, dont on trouvera ici une introduction et une problématisation particulièrement éclairantes. -
Vocabulaire de la psychanalyse
Jean-bertrand Pontalis, Jean Laplanche
- PUF
- Quadrige ; Dicos Poche
- 6 Juillet 2007
- 9782130560500
" Au-delà d'une simple recension des " vocables " psychanalytiques, ce Vocabulaire propose une réflexion, allant du plus simple au plus complexe, sur l'ensemble des concepts que Freud et d'autres à sa suite ont progressivement élaborés, pour rendre compte des découvertes de la psychanalyse. Notre commentaire a tenté, à propos des notions principales qu'il rencontrait, d'en lever ou tout au moins d'en éclairer les ambiguïtés, d'en expliciter les éventuelles contradictions. Il est rare que celles-ci ne débouchent pas sur une problématique susceptible d'être retrouvée dans l'expérience même. " (J. Laplanche, J.-B. Pontalis).
Ce Vocabulaire, fut publié pour la première fois en 1967 dans une version reliée, puis repris dans la collection Quadrige et son succès, tant en France (plus de 100 000 exemplaires vendus) qu'à l'étranger (des éditions en dix-sept langues, de l'anglais au japonais, du suédois au turc et à l'arabe) ne s'est jamais démenti, preuve de la pertinence de ce travail " encore bien présent, même s'il serait améliorable... Il ne s'agissait pas de faire le tour de Freud mais de lancer des coups de sonde, d'approfondissement. Le contraire même d'une mise en manuel : une mise en problème " selon les termes de J. Laplanche. -
Cet ouvrage a pour ambition de donner une portée clinique et politique à l'aphorisme " Céder n'est pas consentir ". Il démontre la profondeur de cette distinction, en s'appuyant sur la psychanalyse, la philosophie et la littérature. Le consentement porte toujours en lui une énigme, car consentir, c'est dire " oui ", sans savoir, sur fond d'un pacte de confiance avec l'autre. Ce fondement énigmatique du consentement, qui peut aussi comporter une ambiguïté, ne doit pas être confondu avec le forçage.
Cet essai pose donc la nécessité éthique d'affirmer une frontière entre " consentir " et " céder " en distinguant l'énigme du consentement comme expérience subjective, de l'expérience du traumatisme sexuel et psychique. Examinant les différents degrés du " se laisser faire ", depuis l'expérience de la passion amoureuse jusqu'à celle d'un " se forcer soi-même à faire ce qu'on ne désire pas ", Clotilde Leguil montre comment la frontière peut devenir trouble.
Traumatisme de guerre, traumatisme intime, comment revenir de ce qui s'est produit ? Comment à nouveau consentir à dire ? S'inscrivant dans l'actualité du mouvement metoo, des collages anti-féminicides, et de la parution du récit événement de Vanessa Springora, cet essai, clinique et politique, fait valoir la nécessité de retrouve une langue à soi, pour pouvoir dire " je " à nouveau. -
A l'assaut de l'abondance, socialisme et consommation: Du XIXe siècle à nos jours
Alexia Blin
- PUF
- Questions Républicaines
- 22 Octobre 2025
- 9782130837671
La gauche et la consommation ne sont pas réputées faire bon ménage. Plus souvent associés au monde de l'usine ou à la bataille électorale, les socialistes n'auraient-ils rien à dire aux consommateurs ? Au contraire, en faisant la synthèse de travaux souvent cloisonnés, on montre ici à quel point les divers courants socialistes, anarchistes ou communistes, se sont préoccupés de nourrir, vêtir et loger le peuple. De Robert Owen à André Gorz, de Marx aux altermondialistes, les socialistes, des deux côtés de l'Atlantique, n'ont cessé de penser la consommation et d'imaginer les moyens de l'organiser. Théoriciens et simples militants n'ont pas seulement rêvé une consommation socialiste : ils l'ont mise en pratique. Coopératives, magasins municipaux, maisons du peuple, théâtres ou colonies de vacances : elle a connu de multiples incarnations depuis le début du XIXe siècle. Au fil de leur histoire, les socialistes se sont divisés sur l'attitude à adopter face à la société de consommation, mais ils ne se sont pas murés dans le silence ou le mépris auquel on veut souvent les réduire. Pensée collectivement, en lien avec le travail, et accordée « à chacun selon ses besoins », la consommation socialiste existe bel et bien.
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Le féminisme en héritage : Incidences intimes et transmission familiale d'une lutte politique
Camille Masclet
- PUF
- 23 Avril 2025
- 9782130853329
Le féminisme change-t-il la vie ? Ressurgie dans le sillage du mouvement #MeToo, cette question se pose à chaque grande vague de mobilisation féministe.
Dans les années 1970, les mouvements féministes qui clament que « le privé est politique » aspirent précisément à changer la vie des femmes. Le corps, la sexualité, le couple, les tâches domestiques, l'éducation des enfants, sont autant de sujets dont les féministes se saisissent alors pour les politiser. Les transformations sociales et politiques engendrées par ces mobilisations sont aujourd'hui connues et célébrées comme des acquis. Moins spectaculaires et plus difficiles à saisir, les révolutions intimes qu'elles ont entraînées à l'échelle individuelle, chez les femmes qui ont rejoint le mouvement féministe, sont davantage restées dans l'ombre. Sont-elles parvenues à se libérer de certains carcans sous l'effet de cet engagement ? Quel écho la contestation du patriarcat a-t-elle eue sur leur sexualité et leurs relations de couple ? Comment ont-elles élevé leurs enfants ? Leurs filles et leurs fils sont-ils devenus féministes à leur tour ?
À partir d'une enquête sociologique inédite, le livre examine l'empreinte laissée par la politisation du privé sur la vie de ces féministes ordinaires et sur celle de leurs enfants. Il offre une perspective nouvelle sur les effets à long terme de ce mouvement historique et sur sa contribution au changement social, qui éclaire en retour les mobilisations féministes contemporaines.
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Byung-Chul Han dévoile dans ce court texte un changement de paradigme, le passage d'une société disciplinaire, où les contraintes sur l'individu se multiplient, à une société de la performance, où la contrainte sur l'individu ne vient plus de l'ordre social mais de l'individu lui-même. L'excès de travail et de performance est l'indice d'une exploitation du soi par lui-même, une auto-exploitation. La liberté individuelle devient contrainte pour maximiser le résultat de nos actions et de nos activités. À rebours de l'accélération, de la précipitation, de l'hyperactivité, de la dispersion qui semblent caractériser notre époque, le philosophe nous montre comment de la fatigue peuvent naître la sérénité, l'attention, la guérison ?
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« LA femme n'existe pas »
(Jacques Lacan)
En 1972, à l'époque du Mouvement de libération des femmes, Jacques Lacan produisait une thèse qui fit grand bruit. Cinquante ans après, au temps de metoo, cette thèse éclaire-t-elle encore l'insurrection sexuelle à laquelle nous assistons ?
Au-delà de Freud et pour la première fois, une autre logique était construite, répondant d'une jouissance autre. On pouvait y lire que les femmes, qui ne sont pas La femme, sont réelles, pas toutes formatées par le discours, pas toutes dans les variantes de la fameuse « envie du pénis », Autres donc. Et surtout - prémonitoire - qu'en matière de sexe, les êtres « ont le choix », « s'autorisent d'eux-mêmes ». N'est-ce pas ce qui se clame très fort aujourd'hui ?
Dans ce livre, Colette Soler met en évidence combien, pour les femmes d'aujourd'hui, les fulgurances les plus actuelles foisonnent dans le texte de Lacan : leur exclusion séculaire, leur rapport à la langue, leurs angoisses de nouvelles marathoniennes de la civilisation, le sexisme du procédé freudien et, plus encore, une possibilité offerte au psychanalyste d'aller vers une clinique enfin non ségrégative. -
Qui n'a pas déjà son idée toute faite sur la situation des femmes de l'Antiquité grecque ? Les Athéniens Grecs seraient forcément misogynes puisqu'ils sont réputés exclure les femmes de leur cité. Ils les relègueraient dans l'espace privé de la maison, contrôleraient sévèrement leurs pratiques sexuelles et pratiqueraient même un infanticide sélectif à la naissance, tuant ou abandonnant les nouveau-nés féminins pour éviter d'avoir à élever des petites filles qui, grandissant, rejoindraient une autre maison, en emmenant une part de la richesse familiale.
Ce livre interroge cette affirmation car la recherche récente, tant en sciences sociales qu'en sciences de l'Antiquité, permet de réévaluer l'attitude des sociétés antiques envers les femmes et, plus généralement, les rapports que les femmes et les hommes entretiennent, à Athènes d'abord, et dans les autres cités grecques.
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Au-delà du principe de plaisir est un grand texte inspiré, où la pulsion de mort est introduite au terme d'une réflexion sur le plaisir et le déplaisir, la contrainte de répétition et la déliaison pulsionnelle. Au-delà du principe de plaisir est aussi un « au-delà » de la métapsychologie, que la spéculation freudienne déporte vers le biologique. La préface de Jean Laplanche permettra au lecteur d'avancer pas à pas dans cet écrit complexe qui, nous dit-il, adresse « d'innombrables questions à la postérité psychanalytique et philosophique de Freud ».
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Féministes des champs : du retour à la terre à l'écologie queer
Constance Rimlinger
- PUF
- 28 Février 2024
- 9782130854258
Depuis les années 1970, le phénomène de retour à la terre a contribué à une revitalisation politique de certaines campagnes, en interrogeant le rapport à l'agriculture et à l'alimentation, mais aussi la possibilité de vivre autrement : en communauté, en vivant de peu, en repensant le couple, la famille ou encore le rapport au travail. Si l'image des communes hippies est entrée dans la culture populaire, d'autres initiatives restent encore méconnues : les utopies concrètes portées par des personnes queer, des femmes lesbiennes séparatistes, des féministes qui cherchent à lier au quotidien reconnexion à la nature et émancipation par rapport aux normes de genre et de sexualité.
Fruit de plusieurs années d'enquête sur ces vies en marge de la société dominante, qui disent tant des défis et impasses auxquels cette dernière est confrontée, cet ouvrage permet d'analyser des manières de vivre la décroissance, en repensant la notion de communauté et le rapport au milieu de vie. Il souligne le renouvellement de l'imaginaire politique qui s'opère, et la multiplicité des cultures écoféministes. -
Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen
Sigmund Freud
- PUF
- Quadrige ; Grands Textes
- 16 Janvier 2010
- 9782130579540
Gradiva : ein pompejanisches Phantasiestück avait été publié en 1903 par Wilhelm Jensen (1837-1911), auteur de nouvelles fantastiques et de romans historiques. L'étude de Freud parut en mai 1907, inaugurant la série des Schriften zur angewandten Seelenkunde, dont elle constituait le premier cahier.
Ce fut sa première analyse approfondie d'une oeuvre littéraire, si l'on excepte son commentaire sur La Justicière de Conrad Ferdinand Meyer et ses notations sur Oedipe Roi et Hamlet. En 1925, il confirmera qu'il a pu, en s'appuyant sur la nouvelle de Jensen, " mettre en évidence que les rêves nés de la fiction poétique autorisent les mêmes interprétations que ceux qui sont réels, que sont donc à l'oeuvre dans la production du poète les mécanismes de l'inconscient que nous connaissons à partir du travail de rêve ". Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : Pierre Cotet.
Notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduction par Janine Altounian, Pierre Cotet, Pascale Haller, Alain Rauzy et Christophe Jouanlanne. Préface de Christophe Jouanlanne. -
Les psychotropes, médicaments qui agissent sur l'esprit, sont présentés de manière antinomique par la littérature médiatique, scientifique et politique. Souvent assimilés à des camisoles chimiques contraignantes par le grand public, l'industrie pharmaceutique et certains médecins les décrivent au contraire comme une panacée (littéralement « ce qui guérit tout ») libératrice. Le même antagonisme caractérise les représentations de l'activité des psychiatres, les médecins spécialistes qui prescrivent ces psychotropes.
À partir de ce constat, l'objectif de l'ouvrage est de comprendre comment se maintient l'autorité psychiatrique, malgré l'absence de consensus théorique concernant les diagnostics et les traitements, et alors que se développent des groupes de patients susceptibles de la contester ? Pour le dire plus simplement, comment les psychiatres conservent-ils la légitimité de traiter les « fous » sans savoir ce qu'ils ont, et sans pouvoir les guérir ?
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L'établissement de concordances entre la névrose individuelle et les interdits
religieux et sociaux préoccupait Freud depuis longtemps. L'idée d'un travail
sur la psychologie des religions n'a pas encore abouti en 1911, mais dans une
lettre à Jung du 12 février, Freud laisse entendre qu'une « assez vaste
synthèse » est en gestation. Le projet se précise suffisamment pour que, le 11
août, il écrive à Ferenczi : « Je suis tout entier Totem et tabou. » Se
référant à Totem et tabou en 1914 dans « Contribution à l'histoire du mouvement
psychanalytique », Freud se demandait si ses conclusions résisteraient à la
critique. Il finit par tenir ce livre pour l'un de ses plus importants. Il
attachait une valeur particulière au quatrième essai, composé, disait-il, avec
la même force de conviction que L'interprétation du rêve. Il déclara même à
James Strachey qu'il considérait ce quatrième essai comme « son oeuvre la mieux
écrite ». Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication
: André Bourguignon, Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy.
Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet et Alain Rauzy.
Préface de Christophe Dejours.
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Marx contre les gafam : Le travail aliéné à l'heure du numérique
Stéphanie Roza
- PUF
- Questions Républicaines
- 11 Septembre 2024
- 9782130829652
Le capitalisme a beaucoup changé depuis l'époque de Marx. En quoi ses concepts peuvent-ils encore être utiles à celles et ceux qui se placent dans la perspective de l'émancipation ? Cet ouvrage s'appuie sur les apports d'un siècle et demi de travaux et de débats au sein du marxisme, et particulièrement sur ceux de penseurs humanistes comme Georg Lukács, pour décrypter les tendances de fond de la société contemporaine. Il s'appuie sur l'hypothèse d'une essence humaine universelle : elle ne cesse d'évoluer dans le temps grâce aux efforts fournis par les individus dans l'activité de travail, qui peu à peu humanise le monde tout en accroissant la richesse et la puissance des sociétés.
Mais ces progrès ont une face sombre : c'est pourquoi l'analyse s'efforce aussi de mettre à jour les nouvelles formes d'aliénation, en particulier celles engendrées par les plateformes numériques, qui se sont invitées dans notre rapport au travail, aux autres et à nous-mêmes. Le pari de ce livre est le suivant : seule une lecture lucide du monde dans lequel nous vivons peut fournir une base sérieuse à une théorie de la libération adaptée à notre temps.