• Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société pendant des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans leurs confidences distraites, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées.

    Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières, du monde du travail et des prisons, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

  • La traite négrière organisée par les Etats dès le XVIe siècle est à l'origine du racisme contemporain : de ce constat, Christine Taubira développe avec passion l'histoire trop méconnue des Nègres marrons, insurgés, résistants et résistantes, qui ont pris part à tous les combats menant à l'abolition. L'esclavage a-t-il toujours existé ? Quelle est la différence entre l'esclavage moderne et l'esclavage contemporain ? Doit-on regretter toute l'aventure coloniale ? Mère engagée, Christine Taubira répond à sa fille par un subtil jeu de questions-réponses, pour éclairer sur l'histoire des souffrances et des révoltes des victimes de l'esclavage.

  • Le 18 août 1572, Paris célèbre avec faste le mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Navarre, événement qui doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard, les chefs huguenots sont exécutés sur ordre du Conseil royal. Puis des bandes catholiques massacrent par milliers « ceux de la religion » - hommes, femmes, vieillards, nourrissons...
    Comment est-on passé de la concorde retrouvée à une telle explosion de violence ? Comment une « exécution préventive » de quelques capitaines a-t-elle pu dégénérer en carnage généralisé ? Quel rôle ont joué le roi, la reine mère, les Guises, le très catholique roi d'Espagne ? De ces vieilles énigmes, Arlette Jouanna propose une nouvelle lecture.
    La Saint-Barthélemy n'est l'oeuvre ni des supposées machinations de Catherine de Médicis, ni d'un complot espagnol et encore moins d'une volonté royale d'éradiquer la religion réformée. Charles IX, estimant sa souveraineté en péril, répond à une situation d'exception par une justice d'exception. Mais en se résignant à ce remède extrême, il installe, sans en faire la théorie, une logique de raison d'État.
    Cette tragédie, vécue comme une rupture inouïe, suscite une réflexion foisonnante sur les fondements du pouvoir, les limites de l'autorité, la légitimité de la désobéissance ; sur le danger aussi que font courir les divisions religieuses aux traditions du royaume. Mais cet effort de restauration politique va se heurter à la sur-sacralisation du roi, qui ouvre la voie à l'absolutisme des Bourbons.

  • Ces femmes du moyen age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles.
    Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces " images " se sont inscrites dans leur vie et leur chair.
    L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine.

  • Dans notre mémoire collective, Catherine de Médicis a très mauvaise réputation. La ruse et le machiavélisme auraient inspiré sa politique. Le poison et l'assassinat auraient été ses moyens de gouvernement. Femme et étrangère, elle était toute désignée à la vindicte. La veuve vêtue de noir, dominant et manipulant ses fils, responsable de la Saint-Barthélemy, aurait été la plus maléfique des reines de France. Le livre de Jean-François Solnon balaie la légende et brosse le portrait d'une femme courageuse. Sa grande passion fut le pouvoir : elle l'exerça trente années durant, au milieu des guerres civiles, toujours soucieuse de préserver l'unité du royaume et de rétablir l'harmonie entre les Français malgré les rivalités religieuses. " Le seul homme de la famille ", a-t-on dit d'elle. On ajoutera : " Une femme qui fut un roi. "

  • Marie-Antoinette

    Antonia Fraser


    Riche en détails sur la vie quotidienne et en analyses psychologiques, cette biographie est plus centrée sur la femme, la personnalité, les goûts et les choix de Marie-Antoinette que sur la reine, les considérations géopolitiques et philosophiques. C'est ce livre qui a inspiré Sofia Coppola pour son film.


  • Les récentes recherches historiques ont mis en évidence la participation des femmes aux transformations sociales et politiques sous la Révolution française, qui fut aussi une révolution culturelle. Documents à l'appui - inconnus pour la plupart -, ce livre présente le riche éventail de leurs créations littéraires, artistiques et pédagogiques.
    L'autre versant de cette révolution culturelle est l'apparition de nouvelles images de la femme. Elle s'affirme héroïque et patriotique, dans une visée progressiste. Mais, au nom de la Nature, elle incarne également désormais la Mère républicaine, La Liberté et la Raison, divinités réparatrices et régénérantes, surgies d'un après-régicide aussi coupable qu'angoissé. Les femmes sont idéalisées et bannies du politique.

    Elke et Hans-Christian Harten proposent une interprétation socio-historique et psychanalytique inédite de ces profonds bouleversements et des perspectives tout à fait neuves pour la compréhension de la Révolution française.

  • La présentation d'objets, d'oeuvres et de documents d'archives permet d'envisager la Révolution française par le prisme de la participation féminine et de s'interroger sur le rapport des femmes à la violence. Les mythes associés à de grandes figures comme C. Corday ou O. de Gouges sont examinés, ainsi que les représentations collectives (insurgées, suppliciées, etc.) qui ont inspiré les artistes.

  • Est-ce un homme, une femme, un hermaphrodite ? l'énigme de son sexe aura sûrement beaucoup plus fait pour sa réputation que tout ce qu'il entreprit dans sa longue existence.
    Les aventures du chevalier d'eon dépassent de loin par l'extravagance tout ce qu'un romancier peut imaginer, mais leur intérêt ne s'épuise pas dans les péripéties d'une vie " sans queue ni tête ", comme il le dit un jour. tout à la fois agent secret de louis xv et diplomate officiel, il est mêlé à la grande politique, mais aussi à d'innombrables intrigues : il rencontre des souverains, des ministres, court de saint-pétersbourg à londres, détient des secrets d'etat jusqu'au jour oú un tribunal britannique déclare, sans preuve, qu'il appartient au sexe féminin.
    Maurice lever avait évoqué la flamboyante " amazone de golden square " dans sa biographie de beaumarchais. il avait alors décidé d'écrire cette histoire oú vérités et légendes sont restées intimement liées. la mort l'en a empêché. c'est son épouse evelyne qui l'a fait à sa place, mettant en lumière des documents inédits en france sur l'un des personnages les plus pittoresques du xviiie siècle. une biographie historique entièrement renouvelée.

  • Dona gracia nasi

    Roth/Clement

    Siècle des découvertes, des horizons qui s'ouvrent, des épices importées d'Orient, des femmes célèbres, le XVIe siècle est aussi celui de l'intolérance et de l'Inquisition.
    Doña Gracia, grande dame de la Renaissance, issue d'une famille de marranes, dirige la " banque " Mendes, rivale de celle des Médicis, et doit quitter le Portugal. A Anvers elle fréquente la cour de Charles Quint. Jusqu'au jour où le danger devient trop pressant. Alors commence son périple : Lyon, Venise, Ferrare, et pour finir Istanbul, où Soliman le Magnifique l'accueille et la protège. De la Corne d'or, elle décrète l'embargo sur Ancône, port des Etats pontificaux.
    Pour la première fois dans l'histoire de la Renaissance, les Juifs se dressent face à la persécution, sous la bannière d'une femme...

  • En 1694, mary astell connaît la célébrité pour un court essai a serious proposal to the ladies, for the advancement of their true and greatest interest.
    Ce petit texte offre une défense vive et argumentée de l'éducation des jeunes filles et propose notamment la création d'un collège entièrement féminin, institution laïque consacrée à la fois à l'éducation et à la retraite. le débat passionné que a serious proposal suscite parmi les contemporains, mais aussi sa fortune critique en font le texte " féministe " le plus important du xviie siècle, à l'aube des lumières.
    Pour mieux en saisir la portée, cette anthologie propose une sélection d'extraits de textes " préféministes " antérieurs qui permettent de retracer la généalogie de la pensée d'astell et de la situer dans le débat sur la question féminine à cette époque en angleterre. l'inclusion de documents postérieurs à la publication de a serious proposal permet enfin d'éclairer la postérité critique d'un essai si paradoxal et de mettre en évidence la place majeure qu'occupe mary astell dans l'histoire du féminisme.
    Bien que sa vision de la société soit encore à bien des égards celle du xviie siècle, sa croyance au progrès et aux vertus souveraines de l'éducation en fait déjà une femme des lumières.

  • Mme de Maintenon, c'est d'abord une destinée exceptionnelle : cette petite-fille du poète Agrippa d'Aubigné naît dans la cour d'une prison, épouse à 17 ans le poète Scarron et devient l'hôtesse du plus brillant salon littéraire de Paris.
    Cela lui ouvre - une fois devenue veuve en 1660 - les portes de Versailles, où elle sera chargée de l'éducation des princes bâtards ; puis l'attention du roi, et enfin son coeur puisqu'elle l'épouse secrètement en 1683. Mme de Maintenon, c'est aussi un caractère complexe et contradictoire où se mêlent l'ambition, l'autorité, la dévotion, le goût du pouvoir et de l'éducation, la " tendresse et la sécheresse " qu'analyse en elle Fénelon.
    Mme de Maintenon, c'est encore une femme engagée dans le mouvement des Précieuses. Le combat qu'elle mène notamment dans l'oeuvre de Saint-Cyr offre aux jeunes filles de cette institution un accès à l'empire de la raison si longtemps refusé par les hommes. Femme sans appui, elle sait que le prix à payer est celui d'une réputation intacte et pratiquement d'un renoncement à l'amour. Or, Mme de Maintenon " ne met point de bornes à ses désirs ".
    Elle veut tout à la fois : la gloire, le salut chrétien et l'amour. D'où des échecs cinglants qu'elle masque en reconstruisant son personnage pour les générations futures. " Je suis née franche, il m'a fallu dissimuler... " Pour la postérité, " elle s'est peinte de dos ". Ce livre est écrit " en face d'elle ".

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