Histoire du monde

  • Parce que l'histoire a longtemps été écrite par et pour les hommes, sa dimension féminine a été négligée. Si l'histoire des femmes, née dans la décennie 1970, les a montrées actrices du passé, si l'histoire du genre a mis l'accent sur la construction culturelle et politique de la différence des sexes, la spécificité féminine de l'Histoire n'a pas été interrogée : existe-t-il en France un temps de l'action des femmes dont la prise en compte ferait surgir une autre chronologie ? Les faits le disent : le peuple-femme, s'affichant tel, avec ses propres revendications et gestes, fait irruption sur la scène révolutionnaire le 5 octobre 1789, en marchant sur Versailles. Nos contemporaines l'affirment : interrogées sur l'événement pour elles le plus important du XXe siècle, elles ont massivement répondu "la contraception et la liberté d'avortement" (1975), quand les hommes applaudissaient à la conquête spatiale. Identifier une histoire féminine de la France révèle que les femmes l'appréhendent autrement que les hommes, de là où elles sont, de là où on leur permet d'être, de là où elles osent être... Cette entreprise ambitionne de leur redonner vie, et donc de leur rendre, autant que faire se peut, le geste, la parole et l'action.

  • Les femmes, en France, n'ont pas reçu le droit de vote des mains d'un homme enfin éveillé et attentif à l'injustice de leur sort. Elles l'ont gagné de haute lutte après cent ans de revendications. Elles l'ont arraché au législateur. L'ordonnance promulguée en 1944 a été l'aboutissement d'un mouvement sans cesse recommencé de contestation initié au milieu du xixe siècle.
    C'est l'histoire de cette ère de débats et de combats que dresse ici, d'une plume ardente et vivante, Anne-Sarah Moalic, la spécialiste incontestée de cette question cruciale qui constitue aussi bien une épopée militante. Loin des images d'Épinal, recourant aux faits, aux portraits, aux archives, reprenant argument contre argument ce long cheminement, ce livre montre comment, face aux défenseurs d'un ordre inique assignant les femmes à un rôle secondaire, les pionnières de l'équité politique ont peu à peu structuré la conscience du féminisme.
    Passer derrière l'isoloir, glisser un bulletin dans l'urne, émarger les listes électorales : ces gestes devenus communs à toutes et à tous condensent une mémoire active qui détermine encore aujourd'hui la recherche de l'égalité réelle entre les sexes.
    Une lecture passionnante et tonifiante.

  • Lakota woman : ma vie de femme sioux Nouv.

    Mary Crow Dog est une Indienne, de la nation Sioux Lakota. Née en 1954, elle grandit sur une réserve du Dakota du Sud dévastée par le chômage et l'alcoolisme. Cette violence du quotidien conjuguée au racisme ordinaire l'amènent, à l'adolescence, à rejoindre l'American Indian Movement. Elle est ainsi de ceux qui, encerclés par l'armée et le FBI, occupent Wounded Knee en 1973. C'est là qu'elle met au monde son premier enfant et devient pour les siens OhitiKa Win - « Femme Brave ».
    Publié pour la première fois en 1990 et récompensé par l'American Book Award, ce témoignage poignant est sans équivalent dans la littérature indienne. La voix de Mary Crow Dog, décédée en 2013 à l'âge de 58 ans, reste unique, elle qui raconta avec une violence et une noblesse sans égales le parcours d'un peuple à la redécouverte de lui-même, dans une Amérique qui cherche à l'ignorer. Elle fut aussi la première à évoquer la vie des femmes indiennes dans l'ombre des hommes « braves », et son combat reste une source d'inspiration pour toutes celles qui, de par le monde, continuent à se battre pour leurs droits.

  • Les manifestations de rue occupent aujourd'hui le devant de la scène politique et les écrans de télévision. Les liens étroits qui unissaient, au siècle dernier, les manifestations aux fièvres révolutionnaires ont, à cet égard, modelé la mémoire collective.
    Voilà longtemps, cependant, que manifestation ne rime plus avec sédition. En décryptant les formes et les mutations de la manifestation au XIXe et au XXe siècle, Danielle Tartakowsky montre que seules deux vagues de contestations, celle de février 1934 et celle de mai-juin 1968, ont contribué, en définitive, à déstabiliser les régimes en place.
    Malgré son cortège d'incidents et de désordres, la « manif » ne serait-elle ainsi qu'une expression de la vie démocratique, un signe de bonne santé ?

  • "La France sera virile ou morte", a-t-on dit en 1944. "Virile", elle le fut, et les tontes des femmes accusées de collaboration en témoignent... Sur cet épisode de notre histoire qui, aujourd'hui encore, continue de susciter un malaise, on croyait tout savoir : ayant couché avec l'ennemi, des femmes avaient été violemment punies, dans un très court laps de temps, par des foules vengeresses et des résistants de la dernière heure. Ce livre, qui s'est imposé d'emblée comme un classique, montre que la moitié seulement de ces femmes avaient eu des relations sexuelles avec les Allemands ; que les tontes n'eurent rien d'éphémère ; et que 20000 personnes environ furent touchées, de tous âges et de toutes professions, dans la France entière. Que s'est-il donc réellement passé ? Pourquoi des femmes ? Et quel sens donner à cet événement ?

  • Le XVIIIe est le siècle de la lettre. Jamais on est allé aussi loin dans la pratique épistolaire, dans l'écriture de soi, dans le besoin de dire et de se raconter. Ce sont avant tout les femmes qui se distinguent, dans l'écriture, même si elles ne prétendent au statut d'écrivain, de femmes de lettres. A lire Madame du Deffand, Madame Roland et Madame Vigée Le Brun, on comprend bien vite qu'il n'en est rien.
    Quoi qu'elles en disent ou écrivent. Par la lettre, elles contournent, sans en avoir probablement conscience, les obstacles sociétaux, moraux et littéraires. Madame du Deffand (1696-1780), l'une des salonnières françaises les plus réputées, écrit pour fuir son ennui, véritable maladie de l'âme. Baignée de culture aristocratique, mondaine, lettrée, Madame du Deffand incarne la société d'Ancien Régime dans ce qu'elle a de plus frivole, de plus mélancolique aussi.
    Madame Roland (1754-1793) écrit, quant à elle, le sentiment puis la politique. Nourrie de philosophie, elle est une idéaliste en tout : en amitié, en amour et même en politique. Madame Vigée Le Brun (1755-1842), enfin, écrit pour rassembler ses Souvenirs, pour les " fabriquer ". Elle écrit pour peindre autrement, avec énergie, douceur, ayant le sens quasi inné de la composition et le goût de gommer, d'atténuer les défauts.

  • « La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la justice, mais parce que tout ce qu'il y a d'instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la liberté devient un privilège. » Rosa Luxemburg Ce travail d'analyse ne sera pas achevé, et ses notes ne seront publiées qu'après sa mort. A
    chacun, donc, d'interpréter ce qui relève d'une pensée en mouvement de ce qui est jugement définitif.

  • Retraçant l'histoire du Proche-Orient au XXe siècle en portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d'un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l'auteure écrit ici l'histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l'Empire ottoman aux États modernes, en passant par la période de domination coloniale de l'entre-deux-guerres.
    Cette histoire commence par une révolution, celle menée au sein de l'Empire par les Jeunes-Turcs, et s'achève dans le cycle révolutionnaire actuel, marqué par l'expression de volontés fortes d'émancipation, mais aussi par des résistances et des violences immenses. Elle propose une chronologie de la région qui s'articule autour des moments de contestation et d'élaboration de voies nouvelles pour les sociétés et pour les États : luttes féministes, idéologies nationales ou transnationales, parcours de migrations, luttes ouvrières, mouvements de jeunesse, mouvements culturels...

  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre. Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes.

  • Pour les Occidentaux, l'Inde est le pays des vaches sacrées. Les bovins doivent donc y être respectés. Pourtant, ce pays est devenu, en 2012, le premier exportateur de viande bovine. Ce paradoxe invite à revoir une image quelque peu naïve de la façon dont on traite les animaux au pays de la non-violence, et les relations que l'Inde entretien avec le végétarisme, la non-violence, et la question du sacrifice.

  • Ce livre invite à déconstruire l'idée contemporaine d'identité nationale à partir de l'Antiquité romaine.
    Pourquoi revenir à l'Antiquité ? L'Antiquité sert à conforter les penseurs contemporains qui s'y projettent, ayant le sentiment confortable que leurs idées ont toujours été là. L'anthropologie historique vise à bousculer ce confort intellectuel grâce au fameux « regard éloigné ». Pourquoi Rome et non Athènes? Athènes était une cité refermée sur elle-même. L'Athénien était citoyen de père et de mère, en fils ; le peuple d'Athènes n'accordait que rarement la citoyenneté à des étrangers.
    Rome appliquait une politique contraire. Dès les premiers temps, elle donnait largement la citoyenneté aux ennemis vaincus et aux affranchis qui, intégrés, lui ont fourni des armées innombrables et une élite sans cesse renouvelée. A partir de là, il était tentant d'aller voir quelle conception de la citoyenneté et de l'identité romaine avaient permis cette société ouverte (multiculturelle ou métissée ?) qui était celle de « nos ancêtres les Romains ».
    Or non seulement la citoyenneté romaine était un statut juridique sans contenu racial, ethnique ou culturel mais encore elle reposait sur l'origo, notion juridique complexe qui impliquait que tout citoyen romain d'une façon ou d'une autre venait d'ailleurs. Tous des étrangers : ce qu'illustre l'Enéide, poème de l'origo qui célèbre Énée, le « père » des Romains et figure de l'altérité : le héros venu d'ailleurs et qui n'a pas fondé Rome.

  • Ni chahut d'étudiants, ni conflit du travail, ni guerre civile : au-delà des mots et des images trop connues, du sensationnel et de la légende, Mai 68 est une forme inédite de protestation, propre au XXe siècle. Née dans une société d'opulence, prenant appui sur un contexte international en pleine mutation, cette révolte anti-autoritaire frappe, pendant deux mois, tous les secteurs de la vie active - école ou université, entreprises et usines, monde artistique - et met à mal les hiérarchies sociales. Une déferlante de colère, d'espoirs, d'écrits et de paroles qui ébranle les institutions françaises. Christine Fauré, sociologue, directeur de recherche au CNRS, retrace l'histoire encore « fumante » de Mai 68.

  • Au Tibet, plus qu'en Chine, la Révolution culturelle n'a rien laissé debout.
    Mais le vrai désastre est ailleurs : comment les Tibétains ont-ils pu prendre part à la destruction de leur propre culture? Tsering Woeser montre toute la difficulté à penser la culpabilité tibétaine engendrée par la révolution chinoise. Les vingt-trois témoignages réunis dans ce livre sont exceptionnels parce qu'ils évoquent sans réserve cette époque volontiers qualifiée de "délirante".

  • Jean-Michel Belorgey, éclaire d'un commentaire tout d'arabesques aussi savantes qu'affectueuses ces cartes postales anciennes issues pour partie de sa collection.
    Pour Salah Stétié, " avec les femmes du présent livre, pour la plupart humbles et composées comme des icônes d'un très désuet et bien charmant petit musée de province du coeur, c'est toute l'âme qui ressuscite dans cette Égypte de toujours qui s'est fait de la résurrection des morts une spécialité ". Et de remercier mille fois le " touriste à jamais inconnu, comme les personnages des cartes postales dont il a fait choix le plus souvent par hasard. En payant de quelques piastres ces femmes et leur mystère dissipé désormais dans la mort, il a fait oeuvre de civilisé, sans doute, mais, surtout, de légendaire. Il a substitué au jeu de la disparition, grand jeu s'il en est, une présence, l'une de celles dont on fait ces papillons d'un jour ou d'une nuit qu'on surnomme à juste titre les éphémères ".

  • En septembre 1974, Eva Forest, est arrêtée en même temps que d'autres camarades anti-franquistes. Elle est incarcérée à Yeserías, la prison pour femmes de Madrid, où elle passera dix-sept jours au secret.

    Yeserías, le 10 novembre, « Et tous nos amis sont là, nos camarades dispersés dans tous les coins du monde, dont le coeur bat au même rythme que le nôtre, dont les préoccupations sont les mêmes que les nôtres ! Et chaque matin je me lève pour un jour nouveau, je regarde l'avenir, je fais des projets de travail et je me dis que rien de ce que nous éprouvons n'est inutile, que tout s'inscrit en nous, s'accumule comme puissance créatrice pour se transformer un jour en une énergie nouvelle qui servira aux êtres de demain. » E.F.

  • Ce livre est la biographie de Baya Allaouchiche (Alger, 1920 - Marseille, 2007).
    Scolarisée grâce à la persévérance de son père, Baya mène très tôt une vie indépendante, refusant un mariage forcé, se liant d'amitié avec des Européens.
    Seule femme indigène membre du PC algérien, Baya milite d'abord pour le droit des femmes algériennes, puis pour l'Indépendance. Secrétaire de l'Union des femmes d'Algérie, elle représente son pays lors des nombreuses conférences internationales des femmes communistes (elle est, notamment, la première Algérienne à se rendre en Chine en 1949). À l'issue d'une de ces réunions, en 1956 à Genève, les autorités françaises lui interdisent de retourner à Alger. Elle s'établit à Marseille, qu'elle ne quittera plus.
    Elle n'en abandonne pas moins la lutte pour l'Agérie indépendante, servant de relais au FLN et de soutien aux militants français engagés aux côtés des combattants algériens (elle organisa les campagnes de soutien à Iveton et Maillot qu'elle connut personnellement).
    Après la guerre, proche du PCF-ML (elle est la compagne de son fondateur, Jacques Jurquet), elle participe activement à mai 1968, puis oeuvre à la destruction des bidonvilles et à la défense des immigrés marseillais contre le Front National. Lors de la guerre civile algérienne des années 1990, elle organise des structures d'accueil à Marseille pour les orphelins.
    L'histoire de Baya est un témoignage exemplaire pour toutes les femmes qui se battent pour la liberté, ici et là-bas.

  • La reine, pas les reines.
    Loin du genre biographique et du récit anecdotique, voilà sans doute la première étude générale consacrée au personnage royal féminin, sa place et son rôle dans le système monarchique dont elle est en principe exclue par la loi fondamentale du royaume, la loi salique qui interdit aux filles l'accès à la couronne.
    Fanny Cosandey s'intéresse à tout autre chose qu'à la vie personnelle ou privée des reines.
    L'originalité de son travail est ailleurs : du côté des droits et des devoirs politiques de ce personnage étrange, périphérique et central ; souveraine et pourtant sujette, rarement française et pourtant première dame de France, privée des droits à la succession monarchique et pourtant garante de la continuité dynastique par son rôle de mère, de régente, de veuve, de douairière.
    La douzaine de cas très variés, d'Anne de Bretagne à Marie-Thérèse d'Autriche, constitue le modèle à partir duquel l'auteur fonde son analyse.
    Une première partie reprend toute la discussion autour de la loi salique depuis 1316 et examine les formes du mariage dans ses aspects anthropologiques, juridiques, religieux et sociaux. La deuxième partie étudie la place de la reine dans les cérémonies publiques qui consacrent la fonction : le sacre, les entrées royales, les funérailles. Une troisième partie, qui s'attache à définir son type de souveraineté et ses pouvoirs lors de la régence, culmine dans un " portrait " idéal de la reine telle que Rubens l'a présentée dans la suite consacrée à Marie de Médicis pour le palais du Luxembourg et à laquelle le nouveau Louvre réserve une salle entière.
    Une tradition tenace écartait la reine du pouvoir comme de l'attention des historiens.
    Voilà qu'elle nous revient au carrefour de l'histoire des femmes et du renouveau d'une histoire politique attentive aux aspects symboliques du pouvoir.

  • Emma Goldman tenait Voltairine de Cleyre (1866-1912) pour "la femme anarchiste la plus douée et la plus brillante que l'Amérique ait jamais produit", et ce jugement avancé il y a près d'un siècle n'a toujours pas été infirmé.
    Pionnière du féminisme américain, poétesse, musicienne, celle qui se définissait comme une " anarchiste sans qualificatif " propose une réflexion originale qui touche à un très large éventail de sujets - notamment l'économie, la libre pensée, la philosophie, la religion, la criminologie, la littérature et l'action directe non violente. L'oeuvre d'envergure de cette militante passionnée expose les raisons de sa révolte, témoigne de son espérance d'un monde meilleur et demeure, aujourd'hui encore, d'une brûlante actualité.
    Cet ouvrage, réalisé sous la direction de Normand Baillargeon et de Chantal Santerre, est le premier titre français de Voltairine de CIeyre. II réunit 16 essais majeurs qui couvrent l'ensemble de son parcours ainsi que 14 poèmes. Ces textes sont précédés d'une substantielle introduction et sont suivis d'une chronologie et d'une riche bibliographie.

  • Le deuxième volume de cette grande enquête au coeur de l'exception française commence avec l'arrivée au pouvoir d'Henri IV, premier roi à parvenir sur le trône au nom de la " loi salique ". Il se termine deux siècles plus tard, à la veille de la Révolution française. Croisant les différents domaines où se jouent les rapports de force entre hommes et femmes (politique, économie, droit, culture, religion...), Eliane Viennot met en lumière le double mouvement, très conflictuel, qui caractérise toute cette période : d'une part le début de la " longue marche " vers l'égalité ; d'autre part la nouvelle offensive qui se met en place pour bloquer cette perspective, au nom du respect prétendu de la " différence naturelle des sexes ". Que la querelle sur les femmes soit ancienne, nous le savions déjà. Qu'elle ait rebondi avec cette vigueur d'une génération à l'autre, de l'égalité des droits à la masculinisation de la langue française, en passant par l'accès au savoir et la capacité des femmes à gouverner, voilà qui n'avait encore jamais été montré.

  • Tant d'oeuvres de la littérature et du cinéma se sont inspirées de pocahontas qu'il est souvent difficile de dissocier les faits de leurs nombreuses réécritures.
    En 1607, une centaine d'hommes débarquent en virginie dans le but d'établir une colonie au nom de la couronne d'angleterre. parmi eux se trouve john smith, un capitaine aux aventures picaresques. il est capturé par les powhatans au cours d'une expédition de reconnaissance, et sauvé in extremis de la mort par pocahontas, la fille du chef. celle-ci devient l'ange gardien de la colonie de jamestown. baptisée et mariée à john rolfe, un ambitieux planteur de tabac, elle est ensuite emmenée en angleterre et présentée à la cour comme un trophée.
    Mais la rencontre initiale entre l'indienne et smith pose les jalons d'une légende romantique qui se transforme rapidement en un mythe fondateur de la nation américaine. dès lors, pocahontas est une source d'inspiration qui semble intarissable. au fil des siècles, elle entre dans la littérature et le théâtre, apparaît comme icône en peinture, génitrice spirituelle, ancêtre précieuse, héroïne pour enfants, et enfin victime silencieuse, selon certains auteurs qui tentent de la réhabiliter en la libérant d'un mythe biaisé.

  • Dans cet ouvrage, Hidéko Fukumoto et Catherine Pigeaire considèrent la période qui va du Moyen Âge au XVIIe siècle. Dans la première partie, elles mettent en évidence le rôle prééminent des femmes dont les deux plus illustres sont les femmes de lettres Murasaki Shikibu et Sei Shônagon ; elles brossent autour d'elles un tableau de l'Âge d'Or du Japon.

    Dans la seconde partie, elles mettent en scène de grandes figures de femmes - les éminences grises, les intrigantes, les nourrices, les guerrières, les pionnières du christianisme en Asie... - et retracent le rôle qu'elles ont joué auprès des samouraïs : « Toutes ont été des politiques, des femmes qui, s'étant fixé une mission, n'ont jamais renoncé à la mener à bien, s'effaçant, au besoin, pour faire triompher leur cause. » À l'issue de cette étude, elles s'interrogent : « Ce pacte clandestin entre les deux sexes » n'est-il pas « la clé de bien des réussites en ce pays sage, mais prêt à tout, même au suicide » ?

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que les autres, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne. Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde ; elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue. Mais, si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. Cet ouvrage n'a pas pour objet de raconter l'histoire africaine dans le détail, mais il en dégage les étapes cruciales, en mettant en avant, pour chacune d'elles, quelques idées fondamentales et souvent neuves. L'objectif de ce livre est aussi, et surtout, d'aider à comprendre le présent et à en dégager des perspectives d'action pour l'avenir.

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