Classiques / Textes et commentaires

  • «Qu'est-ce que la poésie de Marceline Desbordes-Valmore, dans ces années de 1830 à 1850 qui voient aussi le triomphe - comme l'on dit - des grands écrivains, et des peintres, du romantisme ? Au premier abord, une langue et des catégories de pensée qui ne se distinguent plus guère de celles de tous les jours : le projet d'art, s'il en fut un, est bien renoncé, et le rythme qui mène ces longues strophes peut paraître ne remuer que la surface du monde, et ajouter au péché de banalité celui de l'éloquence facile. Du point de vue de l'être propre des femmes, de leur droit à un sentiment et une parole, celle qui parle ici semble, de surcroît, avoir bien trop consenti aux limitations et aux charges que la société leur impose. Et la religion qu'elle crie les jours où le malheur frappe, on dirait bien qu'elle est demeurée, sans changement appréciable, ce christianisme des femmes, surtout des mères, où il n'y a de permis que douleur et renoncement. - Mais au coeur même de ces poèmes qu'on trouve parfois négligés - ma plume court, dira volontiers Marceline - et qui manquent certainement de tout désir de composition, apparaît ce qu'on ne peut dire autrement que par l'idée de lumière. Comme si les mots retrouvaient une intensité, une qualité d'évidence qui seraient en puissance dans chaque chose, un vers puis un autre et un autre encore se détachent de la méditation ou du souvenir, illuminant comme d'une foudre l'horizon entier de la terre.»Yves Bonnefoy.

  • La belle et la bête

    Leprince De Beaumont

    • Payot
    • 5 Février 2014

    Ce célèbre conte dont Christophe Gans fera son prochain film nous parle du véritable amour, de la beauté et de la perfection, de l'érotisme et de la nature, du culte des apparences, de nos corps sans cesse retouchés, modelés...

  • Les centaines d'essais de Virginia Woolf témoignent de l'engagement obstiné de l'auteure dans et pour la littérature. Articles de critique littéraire, essais esthétiques, pièces plus directement expérimentales, voire intimes : ces essais nous dévoilent le dialogue ininterrompu de Woolf avec la littérature de ses contemporains, et au-delà avec la littérature anglaise et européenne - des dramaturges grecs de l'antiquité aux écrivains russes.

  • Dossier et notes réalisés par Jean-Luc Vincent. Lecture d'image par Agnès Verlet

  • Un bateau vogue vers les Rivages Maudits avec, à son bord, des hommes et des femmes condamnés à l'exil sur des terres lointaines pour avoir trahi le Gouverneur Esclépius. Leur destination : le désert des Pluies - un pays à la végétation monstrueuse, aux eaux corrosives et aux sols fangeux. A peine débarqués, les passagers tentent d'organiser leur survie. Bientôt, la découverte d'une ville souterraine, peuplée d'apparitions extraordinaires et de sons envoûtants, les plonge dans un monde inconnu et pourtant étrangement familier... Des robinsonnades aux récits de civilisations perdues, Retour au pays emprunte à de nombreuses traditions littéraires pour bâtir, sous la forme d'un journal intime, une épopée captivante.

  • Daté du 28 juin 1838, ce manuscrit récemment redécouvert au Brontë Parsonage Museum et inédit en France offre un exemple fascinant des premiers textes de Charlotte Brontë, alors âgée de vingt-deux ans, une dizaine d'années avant la publication de son chef-d'oeuvre, Jane Eyre.
    Cette novella, composée de plusieurs scènes d'une grande fraîcheur, se déroule dans un pays imaginaire, inventé collectivement par Charlotte, son frère et ses sueurs, pour leur propre distraction. Charlotte y laisse libre cours à son imagination en décrivant avec ironie les exploits et les intrigues des personnages décadents du royaume d'Angria, au centre duquel se détache la figure très byronienne du duc de Zamorna.
    Texte étonnant par ses licences - on y voit décrit avec beaucoup de réalisme les effets dévastateurs de l'opium - et sa modernité formelle, L'Hôtel Stancliffe permet de redécouvrir une dimension méconnue de l'oeuvre d'une des plus grandes romancières anglaises.

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