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Prix
Récit
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Aux premiers jours de l’été, Véronique Olmi s’installe à la terrasse d’un bar entouré d’orangers en compagnie d’une femme qui pourrait être le double de Ma Joad, la mère taiseuse et héroïque des Raisins de la colère. On lui sert un French 75 alors qu’elle se confie pour la première fois sur son enfance dans une famille aux prises avec une religion hantée par le péché originel. Avec tendresse, humour et gravité, elle raconte comment elle a traversé ces années de peur et d’espérance, avant de trouver sa liberté.
Véronique Olmi est née à Nice. Comédienne, romancière et dramaturge, elle est notamment l’auteure de Bakhita (prix du roman Fnac, finaliste du Goncourt et du Femina), ainsi que du Gosse et du Courage des innocents. -
Le récit d'une héroïne du Groenland, par Isabelle Autissier.
Elle a sept ans et connaît déjà la faim. Dans la nuit polaire, sa mère assouplit la corde qu'elle devra lui passer autour du cou. Une bouche de moins à nourrir sauvera peut-être le reste de la famille. Mais au dernier moment, son frère s'interpose. Arnarulunguaq vivra.
Des années plus tard, des Blancs se sont installés dans son village du Groenland. Le comptoir qu'ils ont ouvert modifie le quotidien des Inuits. Mais la jeune femme aux yeux pétillants n'a qu'une envie : participer à leurs expéditions. En 1921, Arnarulunguaq ose, et part en traîneau à travers le Grand Nord avec le charismatique Knud Rasmussen, à la rencontre des peuples d'au-delà de la mer. -
«Elle entendait la voix égale et limpide du garçon, ni lion ni souffle n'en altérait la placide assurance. Il semblait, lui, aussi, ce Denis, pareil aux petites feuilles du lilas, se consumer sans brûler. Il s'écarta brusquement, tournant le dos au père, puis il prit la main de la fille dans un geste d'une telle tendresse qu'elle s'en trouva presque déconcertée. Ils revinrent vers l'hôtel, leurs pas unis, sans un coup d'oeil derrière eux. Il ne veut pas nous reconnaître, il ne veut pas de nous le pauvre homme, nous sommes libres ! chuchota le garçon avec joie. Il sembla à la fille qu'une joie de même nature exactement la grisait en toute lucidité. Libres, enfin libres ! répétait Denis en riant.»
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« Je ne voulais pas y aller.
En tout cas pas le premier jour. Je me sentais minuscule, incapable de trouver ma place au milieu de tous ces chiffres que les médias égrenaient : quatorze accusés présents, mille huit cents parties civiles, trois cent trente avocats, cent quarante médias accrédités, cinq cent quarante-deux tomes de dossiers...
J'avais peur. Peur de la cohue, peur des journalistes, peur de ma peur. Je prévoyais de faire ce que je fais dans ce cas, un refus d'obstacle : si je n'y vais pas, ça n'existe pas.
Mais, comme bien d'autres fois, ça ne s'est pas totalement passé tel que je l'avais imaginé. »
A.S.
Aurélie Silvestre est née en 1981. En 2015, elle a perdu son compagnon au Bataclan, alors qu'elle était enceinte de leur deuxième enfant. Elle a raconté ce drame et comment elle a tenté d'y faire face dans un premier ouvrage, Nos 14 novembre (Lattès, 2016). En septembre 2021 s'ouvre le procès des attentats du 13 novembre auquel elle va assister en tant que partie civile. La traversée qu'elle nous livre dans ce récit intime imbrique tout à la fois une réflexion sur son statut de victime et le cheminement de sa reconstruction de femme. -
" J'ai mis des années avant d'oser écrire sur Hélène. Elle n'était pas que l'étranglée de la rue d'Ulm. Elle était un mystère, une femme aux multiples identités, une personnalité opaque, hermétique aux récits. Le meurtrier possède sa biographie en plusieurs tomes, des rayonnages entiers, des archives dédiées. On l'étudie. On le lit. Elle : rien. Il lui a écrit des
Lettres à Hélène, des centaines de pages. Des mots publiés, sans ses réponses, à elle.
Si cette femme est un mystère, si j'en sais si peu sur elle, que faire ? Lorsque l'on n'est ni historienne ni biographe, quel intérêt d'écrire sur une autre personne ? J'ai fini par répondre à cette question, parce que chaque femme a droit à la parole.
J'ai longtemps tâtonné avant de la nommer. On l'appelle Althusser, Rytmann, Legotien. Comment choisir ? Un jour, pourtant, j'ai réussi à l'appeler Hélène. C'est drôle parce que chez les féministes, on se méfie des personnes qui appellent les femmes par leur prénom. Mais les choses se meuvent dans la vie et il m'a semblé que ce prénom disait tout d'elle, et la poésie et la mer, et la force et le langage. Il m'a semblé que le prénom Hélène la révélait davantage que ses patronymes changeants, ses noms de code et d'épouse. Il racontait aussi sans doute la tragédie qui l'attendait. " -
Sélection du Grand Prix des lectrices ELLE 2026
Elles s'appellent Corina Rojas, Rosa Faúndez, Carolina Geel et Teresa Alfaro. Quatre noms qui ont été supprimés de l'histoire pour une seule raison : ce sont des assassines.
Un mari abattu par un tueur à gages, un amant brutalement fusillé à l'hôtel Crillon, un autre, poignardé et démembré, et une fratrie empoisonnée ; ces quatre crimes sanguinaires ont été commis par des femmes, puis immédiatement tus. Parce qu'être femme, dans l'inconscient collectif, c'est encore être passive, docile, serviable ou bien sacrificielle. Au point que nous ne pouvons imaginer d'autres motifs à leurs crimes que l'hystérie, la jalousie ou la folie, les condamnant au silence et à l'oubli.
Mais Alia Trabucco Zerán en décide autrement dans son récit : avec Assassines , elle redonne corps et voix à celles qui ont violemment rejeté les rôles domestiques et passifs auxquels leur culture les destinait et nous oblige à les regarder en face. -
Un divorce forcément douloureux, une grande maison victorienne troquée contre un appartement en haut d'une colline dans le nord de Londres, deux filles à élever et des factures qui s'accumulent... Deborah Levy a cinquante ans quand elle décide de tout reconstruire, avec pour tout bagage, un vélo électrique et une plume d'écrivain. L'occasion pour elle de revenir sur le drame pourtant banal d'une femme qui s'est jetée à corps perdu dans la quête du foyer parfait, un univers qui s'est révélé répondre aux besoins de tous sauf d'elle-même. cette histoire ne lui appartient pas à elle seule, c'est l'histoire de chaque femme confrontée à l'impasse d'une existence gouvernée par les normes et la violence sournoise de la société, en somme de toute femme en quête d'une vie à soi.
Ce livre éblouissant d'intelligence et de clarté, d'esprit et d'humour, pas tant récit que manifeste, ouvre un espace où le passé et le présent coexistent et résonnent dans le fracas incessant d'une destinée. Le Coût de la vie tente de répondre à cette question : que cela signifie-t-il pour une femme de vivre avec des valeurs, avec sens, avec liberté, avec plaisir, avec désir ? La liberté n'est jamais gratuite et quiconque a dû se battre pour être libre en connaît le coût. Marguerite Duras nous dit qu'une écrivaine doit être plus forte que ce qu'elle écrit. Deborah Levy offre en partage cette expérience.
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Pathemata : Ou l'histoire de ma bouche
Maggie Nelson
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Non Fiction
- 18 Septembre 2025
- 9782386630132
Alors que la narratrice lutte contre la douleur chronique, elle s'efforce d'examiner le rôle prosaïque et symbolique de la bouche dans la vie d'un écrivain.
Mêlant rêves et vie quotidienne, Pathemata raconte la quête tragicomique de Maggie Nelson pour soulager sa souffrance, une quête questionnant différentes formes de perte - la perte de l'intimité, la perte du père et la perte d'une amie et mentor essentiel. Dans une prose exigeante et déliée, son récit brouille les frontières entre la vie littéraire, inconsciente et intime.
Avec une précision, un humour et une empathie caractéristiques de son écriture, Maggie Nelson explore les limites du langage pour décrire l'expérience de la douleur, tout en dressant le portrait d'une période troublante et enfermée de notre histoire commune. Une réflexion profonde et originale de l'intériorité par l'autrice adulée de Bleuets et des Argonautes .
Pathemata est un compte rendu personnel et poétique de la douleur et de la perte, à la fois physiques et émotionnelles, ainsi qu'une méditation étrange sur l'amour, l'affliction et la résilience. -
L'Ordre des choses
Marion Muller-Colard
- Sabine Wespieser Éditeur
- Littérature
- 2 Octobre 2025
- 9782848055732
Quand un soir elle apprend que son père a été victime d'un AVC massif, Marion Muller-Colard, qui a longtemps siégé au Comité d'éthique, s'effondre instantanément. Après une nuit d'angoisse, elle retrouve vivant, mais terriblement diminué, l'homme qui, dans le langage fleuri qui était le sien avant l'accident, avait clairement énoncé sa volonté : « Ne pas faire chier l'ancien. » Comprendre : pas d'acharnement.
De quel secours peuvent être les débats théoriques quand la vie intime est bouleversée ? C'est la question que pose l'autrice de ce livre cru et tendre, écrit sur la brèche, à l'endroit troublant où nos chagrins d'enfants viennent mettre le désordre dans nos vies d'adultes et nos identités sociales bien rodées.
Avec pour kit de survie le sens de la liberté, l'humour et la lucidité que lui a inculqués l'homme dans lequel elle reconnaît par fulgurances celui qui fut son père, Marion Muller-Colard nous entraîne dans l'expérience troublante de la dissociation.
Contrainte désormais d'évoluer dans un no man's land où la vie n'est plus tout à fait la vie et où le travail est la seule manière de ne pas sombrer, elle en appelle à tous ceux qui, sans se connaître, partagent le même désarroi.
Salutaire et généreux viatique pour ses « frères et soeurs insoupçonnés », son récit est aussi un formidable éloge des mots pour le dire, ceux qui, « indiquant que quelqu'un est déjà passé par là », vous ramènent vers des rives habitables. -
L'émotion qui l'étreint dès son arrivée sur l'île de Sein, « petite terre têtue », plonge Michèle Lesbre dans une forme d'état de grâce. Dans la prose libre, voyageuse et rêveuse devenue sa manière, elle s'abandonne au vent incessant, le vent qui disperse « les miasmes de ce monde boiteux et tout ce qu'il entraîne dans sa fuite en avant. » Flanquée d'un petit chien noir et blanc court sur pattes rencontré au bar du village, elle reste « des heures à contempler cet immense ailleurs barré par l'horizon. »
Fascinée par la carte des naufrages dans le musée local, elle se laisse peu à peu envahir par l'écho de ses propres tempêtes, intimes ou politiques. Si le naufrage des utopies a succédé aux belles espérances qui les ont portées, si le monde part à vau-l'eau, la puissance du paysage l'emporte, conduisant la promeneuse à un heureux vagabondage dans sa mémoire.
L'autrice nous offre une balade d'une grande douceur, tant le sentiment d'apaisement que lui a donné son séjour sur l'île irradie son écriture. De retour à Paris, elle décidera de ne jamais revenir dans ce lieu qui, d'une certaine manière, a bouleversé sa vie, préférant le revisiter en rêve et ouvrir la possibilité d'autres voyages immobiles. -
Maggie Nelson travaille à un recueil de poésie, Jane, un meurtre, livre qui revisite l'histoire de sa tante Jane Mixer, assassinée en 1969 dans le Michigan. Trente-cinq ans plus tard, l'affaire est encore irrésolue. Tout va basculer lorsque l'autrice reçoit un appel de sa mère lui annonçant que la police a trouvé un nouveau suspect, un certain Leiterman, sexagénaire et infirmier à la retraite. Un procès aura lieu. Nelson va y assister avec sa mère et son grand-père, contraints de se confronter à nouveau aux images choquantes du meurtre et à un passé enfoui dans la mémoire familiale. Maggie Nelson n'oublie pas. Celle que son grand-père ne peut s'empêcher d'appeler "Jane" par mégarde se reconnaît dans cette femme qu'elle n'a pourtant jamais rencontrée, dont la vie et le destin font écho à ses propres questionnements.
Avec Une Partie rouge, Maggie Nelson nous offre une méditation sur ces fantômes qui peuplent nos vies et que l'on tait. L'autrice crée une forme hybride et poétique qui impose une réalité brutale au silence pesant, la juge, la confronte et la fait plier par l'écriture. -
1924. Pour la première fois, une femme étrangère réussit à entrer dans Lhassa, capitale interdite du Tibet !
Huit mois auront été nécessaires à Alexandra David-Néel pour relever ce défi extraordianire ! Huit mois d'un long périple à travers les immenses solitudes du « pays des Neiges ». Huit mois d'une vie rude et dangereuse sous l'apparence d'une mendiante tibétaine !
À une époque ou personne ne parle de « raid », et encore moins quand il s'agit d'une femme, c'est un magnifique exploit et une aventure exceptionnelle que nous décrit ici l'auteur ! Elle y ajoute sa propre quête spirituelle, et ce regard fasciné qu'elle porte sur la civilisation tibétaine.
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« Quand, le 2 septembre 2024, j'ai appris que Gisèle Pelicot s'opposait au huis clos, j'ai pensé : ça va être le procès du siècle. Pour une fois, la victime a toutes les cartes en main : le mari avoue, les vidéos constituent des preuves irréfutables. Je suis allée au tribunal d'Avignon comme on sort de chez soi pour grossir les rangs d'une manifestation, et j'y suis restée quatre mois.
De semaine en semaine, les cinquante accusés me sont devenus familiers. Je déjeunais à côté d'eux, je connaissais leurs métiers, leurs histoires de famille, leurs fantasmes. Je n'arrivais plus à les voir si différents des hommes qui m'entourent.
Regarder le viol en face pour que la honte change de camp, j'y souscris : j'ai voulu garder trace de cette immersion pour qu'une fois la tempête retombée, nous reprenions nos vies avec davantage de lucidité et un peu moins de déni. Parce qu'il vaut mieux savoir. » V. M. -
Comment ne pas devenir écrivain voyageur
Adrien Blouët
- Les Éditions Noir sur Blanc
- Notabilia
- 16 Mai 2024
- 9782889830343
Un soir de décembre 2019, un jeune écrivain débarque à l'extrême sud du Japon avec l'ambition de s'installer quelques mois pour trouver un travail, écrire un roman et apprendre le japonais.
Rien ne se passe comme prévu : peu de semaines après son arrivée, une pandémie mondiale éclate, qui bouleversera ses plans et prolongera considérablement son séjour.
Avec humour, obstination et une bonne dose d'autodérision, l'auteur nous raconte ses pérégrinations, ses angoisses, ses obsessions, sa paresse, sa débrouillardise et son don naturel pour la procrastination. Animé par un illusoire désir d'authenticité, souhaitant sans cesse se distinguer des nostalgiques de l'exotisme, des backpackeurs et autres consommateurs de voyages, il croisera malgré tout la route de toutes sortes de personnages, et nous révélera avec talent l'envers de la carte postale.
De la moiteur d'Okinawa au bouillonnement de la nuit tokyoïte en passant par les vallées désertées de Shikoku, Adrien Blouët, écrivain voyageur malgré lui, nous offre avec ce livre l'un des plus singuliers récits publiés sur le Japon ces dernières années. -
« Ici, soigner c'est prescrire. La confiance n'est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu'ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée. »
À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C'est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s'allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d'une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c'est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent. -
Méfiez-vous des femmes insomniaques
Annabel Abbs
- Éditions Arthaud
- Documents
- 11 Septembre 2024
- 9782080435965
«Éteignez vos lumières et vos écrans. Baissez le volume de votre personnalité diurne. Ouvrez une fenêtre. Hasardez-vous à sortir sur des pattes de renard. Écoutez donc cette voix nocturne intérieure.» Touchée par plusieurs deuils en 2020, Annabel Abbs perd le sommeil. Son insomnie, d'abord vécue comme une souffrance, la conduit à une découverte inattendue : la veille imposée peut se muer en éveil créatif. En effet, au cours de ces nuits blanches, l'obscurité, si effrayante, devient source d'inspiration, de réflexion et d'émerveillement. De la philosophe du XV? siècle Laura Cereta à l'artiste Louise Bourgeois, en passant par l'écrivaine Virginia Woolf, la peintre Lee Krasner ou l'activiste Peace Pilgrim, les femmes ont depuis longtemps trouvé refuge, inventivité et courage dans l'obscurité. Ces «noctambules sournoisement subversives» vont inspirer Annabel et lui permettre de laisser libre cours à sa personnalité nocturne pour accueillir ces instants sans sommeil. De Singapour, ville la plus éclairée de la planète, aux nuits infinies du cercle polaire arctique, de l'observation des étoiles aux marches nocturnes, Annabel Abbs conjugue études scientifiques, recherches historiques et expérience personnelle pour explorer la relation complexe que les femmes entretiennent avec l'obscurité.
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En février 2020, sur un coup de tête, Maureen Wingrove a décidé de s'éloigner d'une situation familiale compliquée, de s'éloigner du monde et des réseaux sociaux pour tenter de se retrouver. Direction la Bretagne, pour une semaine de retraite dans une abbaye battue par les embruns. Une semaine dense, intense. Une semaine assaillie par des vagues de souvenirs, par des émotions, par des portraits de femmes, par des rencontres insolites et inoubliables. Une semaine face à elle-même, en quête de sérénité, que Maureen Wingrove partage ici avec nous.
Ressac est le journal de cette parenthèse. Un récit sensible et puissant, à la fois extrêmement intime et universel, qui touchera en plein coeur toutes celles et ceux qui ont déjà éprouvé cette sensation de trop plein, ce désir de prendre le large.
Maureen Wingrove (Diglee) est une illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière française. Elle a récemment publié Libres, puis Baiser après MeToo (avec Ovidie). ELle est également passionnée de poésie et de littérature.
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«Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle".
En moins de deux cents pages vibrantes de vie, de lucidité implacable et d'amour, Edith Bruck revient sur son destin : de son enfance hongroise à son crépuscule. Tout commence dans un petit village où la communauté juive à laquelle sa famille nombreuse appartient est persécutée avant d'être fauchée par la déportation nazie. L'auteur raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie en Hongrie, en Tchécoslovaquie, puis en Israël. Elle n'a que seize ans quand elle retrouve le monde des vivants. Elle commence une existence aventureuse, traversée d'espoirs, de désillusions, d'éclairs sentimentaux, de débuts artistiques dans des cabarets à travers l'Europe et l'Orient, et enfin, à vingt-trois ans, trouve refuge en Italie, se sentant chargée du devoir de mémoire, à l'image de son ami Primo Levi.
"Pitié, oui, envers n'importe qui, haine jamais, c'est pour ça que je suis saine et sauve, orpheline, libre."
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« Quand j'écris le mot famille, allez savoir pourquoi, je mange le m - on lit faille.
C'est depuis cette fêlure que j'ai écrit ce livre. D'aussi loin que je me souvienne, sortir de chez moi allait avec un immense soulagement et, plus secrète, une profonde joie. L'extérieur était une promesse. Là où certains voient un refuge, d'autres voient une prison. Ceux-là préfèrent la fuite à l'ancrage, et s'inquiètent d'une vie trop normée. C'est à ces personnes que je m'intéresse ici : celles qui, par instinct, se méfient du familier. Celles qui se sentent fauves, désaxées, intimement exilées. Celles que le groupe a expulsé, ou qui le rejettent, pour des raisons intimes, politiques ou métaphysiques - tout à la fois. Celles qui, tout en aimant leur foyer, s'y sentent parfois piégées. Celles qui refusent, ne parviennent pas, ou n'aspirent pas, à s'établir.
Toutes celles qui doivent couper pour rester vivantes. »
B. R.
Après Vers la violence Blandine Rinkel nous livre un récit littéraire, personnel et critique sur la famille : comment en sortir, habiter d'autres lieux, imaginer d'autres liens. À la croisée des mondes de Maggie Nelson et de Rebecca Solnit, La Faille est un texte libre, rigoureux et sensible, qui nous met en mouvement et nous amplifie. -
Au début des années 1980, pour échapper à l'étroitesse de son appartement, une enfantexplore avec curiosité ce qui l'entoure : son quartier, l'école au bout de la rue,et l'usine aux trois cheminées, où son père travaille. L'enfant habite rue du Passage, au coeur d'une communauté d'habitants venus de l'autre côté de la Méditerranée. Pour la guider dans cet immense terrain de jeu, elle s'est mis en tête de trouver son ange-gardien : serait-ce le passeur de cassettes, qui fait transiter des enregistrements audio d'un continent à l'autre ? La doseuse d'épices, cette diva capricieuse ? Ou la caftanière, dont le talent de couturière rachète la mauvaise réputation ? Au fil des aventures joyeuses de l'enfant, ces métiers précieux, et d'autres encore, sont pour la première fois nommés, et racontés. Car sinon, qui s'en souviendra ?
Dans ce récit saisissant, à la puissance évocatrice, Fatima Ouassak restitue un monde resté aux marges de l'Histoire et de la sociologie : la classe ouvrière immigrée. Rue du Passage célèbre ces passeurs et passeuses, dont le travail a permis aux exilés de faire communauté, de survivre et de transmettre savoirset résistance. -
L'ourse qui danse
Simonetta Greggio, Clara Debray
- Les Étages Éditions
- Les Étages Illustré
- 15 Octobre 2025
- 9782957712977
Quand le cri primal de Simonetta Greggio rencontre le dessin flamboyant et organique de Clara Debray.
L'Ourse qui danse est tout à la fois un conte, un voyage initiatique, une déferlante émotionnelle qui met le lecteur à nu face à nos failles et questionnements contemporains.
« Nous sommes comme notre frère l'ours, qui se lève sur deux pattes pour mieux voir l'univers s'étaler à ses pieds. Comme lui, nous avons besoin de solitude et de liberté. Comme lui, nous mangeons d'autres animaux mais sommes friands de baies, de bourgeons, d'herbes parfumées, de tout ce qui est sucré et doux au palais. Comme lui, nous sommes joueurs, tendres avec nos petits, impitoyables dans la lutte pour la vie. Comme lui, nous nous battons à la vie à la mort avec les armes que l'on nous a laissées. Comme lui, nous sommes réduits aujourd'hui à mendier dans un monde qui ne sait plus quoi faire de nous. Comme notre frère l'ours, nous cherchons à retrouver notre place. Non : nous exigeons que l'on nous redonne notre place. Car si l'ours et l'Inuit meurent, vous aussi vous mourrez. »
Simonetta Greggio -
Autobiographie d'un poulpe et autres récits d'anticipation
Vinciane Despret
- Actes Sud
- Mondes Sauvages
- 7 Avril 2021
- 9782330147631
Ce récit d'anticipation nous plonge au coeur des débats scientifiques d'un futur indéterminé. Quelque part entre faits scientifiques et affabulations poétiques se dessine un horizon troublant : et si les araignées, les wombats et les poulpes nous adressaient des messages codés à travers leurs comportements ? Par cette étonnante expérience de pensée nourrie des plus récentes découvertes scientifiques, Vinciane Despret ouvre la voie à un décentrement de la condition humaine sur Terre.
-
Le côté obscur de la Reine
Marie Nimier
- Mercure de France
- Traits Et Portraits
- 2 Janvier 2025
- 9782715265103
«Comme je l'aimais, comme nous nous aimions. Cela va sans dire, et l'écrire me serre le coeur. Ma mère, ma maman, il n'y a qu'une femme au monde que je peux appeler ainsi. Quel dommage. Quel gâchis. Je ne lui en veux pas, non, lui en vouloir, ce serait encore la vouloir. Encore rester accrochée. Les gestes d'apaisement dictés par la raison me coûtent mes nuits. On me conseille de me blinder, mais me blinder ne sert à rien, ou alors je ne me blinde pas où il faut, comme il faut. Ma mère m'occupe, ses lamentations me submergent, sa mauvaise foi, ses chantages, son agressivité déguisée en tendresse. Je sors de mes visites lessivée. Tu prends les choses trop au sérieux, m'écrit ma tante. Il faut que tu fasses un stage de je-m'en-foutisme ! Je dois le reconnaître, j'ai d'énormes lacunes en je-m'en-foutisme.» M.N.
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« Il ne faut pas se réjouir trop et trop longtemps. Cela te rend aussi perméable qu'un bout de pain plongé dans du thé : tu gonfles et tu finis par exploser.
Nous rions, ma meilleure amie et moi, de cette théorie qui nous vient de sa mère. Pourtant, je me surprends moi-même à écourter mes joies. Ainsi ai-je interrompu, un jour d'avril, mon séjour légal en France. »
Alors que sa vie bascule sous le règne de la clandestinité et du qui-vive permanent, Touhfat Mouhtare s'interroge : d'où vient cette sensation de familiarité avec la crainte d'être démasquée, le sentiment d'urgence, la nécessité de ne surtout pas laisser la joie s'installer ?
Mise dos au mur par sa situation désespérée, l'autrice sera sommée de répondre à une question longtemps fuie. Il lui faudra, en autant de chapitres, dénouer onze noeuds, lacés il y a bien longtemps sur la corde de sa vie.
D'une saisissante profondeur, ce texte où la spiritualité du récit initiatique côtoie l'espièglerie du conte nous pose une question radicale : comment s'accorder le droit de vivre ?