Théâtre

  • Hedda Gabler

    Henrik Ibsen

    Une pièce sombre où l'héroine pousse un homme à sa perte avant de se tuer elle-même.

  • H1 et H2 ont une discussion, franche et ouverte. C'est le dialogue de deux amis qui se connaissent de longue date, cultivent l'amitié et les souvenirs. Une conversation de bon aloi, si ce n'était cette goutte de venin qui dégrade rapidement l'atmosphère chaleureuse de leur tête-à-tête. C'est que l'un reproche à l'autre des paroles malheureuses, se sent blessé, remet en cause l'estime affectueuse qu'ils semblaient partager... Car H1 a dit, avant que la pièce commence : « C'est bien... ça... » Et ces quelques mots font l'effet d'une tornade...

  • Antigone

    Sophocle

    Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points :
    Mouvement littéraire : La naissance de la tragédie grecque
    Genre et registres : la rhétorique au service de la tragédie
    L'écrivain à sa table de travail : Le mythe et ses réécritures
    Groupement de textes : Figures d'Antigone
    Chronologie : Sophocle et son temps
    Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture.
    Recommandé pour les classes de lycée

  • Les Trois soeurs

    Anton Tchekhov

    Recluses dans leur maison familiale, Olga, Macha et Irina n'ont qu'un rêve : retourner à Moscou. La présence d'une batterie et de ses officiers dans leur petite ville de province change, pour un temps, le cours de leur vie : Macha, victime d'un mariage précoce, s'amourache du commandant, Olga trouve un regain d'énergie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt, avec le départ des troupes et la mort en duel du fiancé d'Irina, la solitude revient, d'autant plus pesante qu'elle est dépouillée d'illusions. Et, de surcroît, la maison a été hypothéquée, à l'insu des trois soeurs.
    Le drame de Tchekhov apparaît comme l'emblème d'une Russie au bord du gouffre dans une fin de siècle en proie à une immense détresse.

  • Trois pièces classiques du répertoire théâtral qui examinent, de façon visionnaire et comique, des sujets toujours plus actuels : la misère économique, les rapports hommes-femmes, la dégradation des liens sociaux.

  • Dans ces textes de jeunesse, Marina Tsvétaïéva touche à un genre pour lequel elle demeure méconnue - le théâtre - y nouant intrigues et scénettes narratives autour de la rencontre amoureuse. C'est encore cependant sa plume versifiée qui frappe de son incandescence dans ces deux tableaux où se meuvent, poétiquement, silhouettes brûlant d'absolu et solitudes sans remède.

    « LE MONSIEUR : Écartez-vous ! Vous allez brûler vos cheveux ! LA DAME : Ne craignez rien pour moi ! Je suis moi-même Feu. »

  • L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. Indépendamment du fait que l'impulsion pour le projet venait du Gate Theatre - Sarah Kane avait d'abord pensé à Woyzeck et Baal, deux idées auxquelles elle n'a pas donné suite pour des raisons pratiques -, elle s'est finalement décidée à reprendre Phèdre de Sénèque, l'histoire d'une reine qui tombe désespérément amoureuse de son beau-fils. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.

  • Anéantis

    Sarah Kane

    En 1995, Sarah Kane écrit Anéantis (Blasted) qui est aussitôt créé au Royal Court Theatre de Londres. Presque trente ans après Sauvés d'Edward Bond, créé dans le même théâtre, la presse britannique se déchaîne : sale, alarmant, dangereux. Mais l'auteur et sa pièce accèdent immédiatement à la célébrité.
    L'histoire de Ian et Cate dans un hôtel de luxe à Leeds est l'histoire d'un amour impossible. C'est aussi l'histoire d'une aliénation profonde entre les légionnaires de la guerre civile et la population qu'ils sont susceptibles de conquérir.
    Ce qui fait la gloire des dramaturges, c'est la forme qu'ils savent donner à leurs sujets. Et l'écriture de Sarah Kane est scénique, c'est-à-dire à trois dimensions. Dialogue et action s'enchevêtrent, se complètent et s'enrichissent mutuellement pour donner à l'ensemble une nouvelle profondeur de champ.

  • Un homme et une femme. Ils se sont aimés, ils se sont déchirés, ils se sont quittés. Ils se revoient une dernière fois. Ils s'aiment sans doute à tout jamais. Il n'y a de musique amoureuse que funèbre, de rengaine érotique qu'ironique : c'est la musica. Les deux personnages de sa pièce connaissent bien cette musique-là. Dans le hall de l'hôtel d'Évreux où ils se croisent, alors qu'ils viennent tout juste de divorcer, ils se la fredonnent encore et encore. Si leur divorce les a libérés, c'est surtout leur amour qu'il a libéré. Vingt ans plus tard, Marguerite Duras reprend le sujet dans La Musica Deuxième. C'est peu dire, par conséquent, que les deux personnages de La Musica et de La Musica Deuxième occupent une place essentielle dans l'ensemble de l'oeuvre, dont ils sont l'un des couples amoureux les plus représentatifs.

  • Elise

    Elise Noiraud

    C'est quoi, devenir adulte ? Dans cette épopée auto-fictionnelle en trois "chapitres", Élise Noiraud s'intéresse successivement à l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte. Avec humour et sensibilité, elle retranscrit les espoirs et désillusions de ces différentes périodes de vie où chaque lecteur reconnaîtra sa propre histoire.

  • Deux pièces engagées sur le rôle des femmes. «La Visite» questionne l'instinct maternel et le rôle de la mère dans sa confrontation avec la société. Les «Filles de nos filles »évoque le rôle des femmes dans la création.

  • Gabriel

    George Sand

    Gabriel, élevée en garçon pour une sombre affaire d'héritage, ne se doute pas que son vrai nom est... Gabrielle. « Il » va donc goûter tous les délices d'une éducation « libre » jusqu'au jour où, tombant amoureux de son cousin, il/elle fait rapidement connaissance avec les interdits et les tourments de son sexe réel. Sur cette trame, George Sand élabore une analyse tout en finesse des sortilèges de l'ambiguïté sexuelle.
    Gabriel est tout autant un texte sur l'ambivalence amoureuse qu'un manifeste explicite qui fourmille d'indignation, d'impertinence, d'ironie et où sont impitoyablement passées au crible les différences d'éducation et de vie entre les garçons et les filles, entre les hommes et les femmes.
    George Sand tenait beaucoup à cette oeuvre que, malgré ses efforts, elle ne put faire représenter et que Balzac enthousiasmé n'hésitait pas à comparer à une pièce de Shakespeare. On y sent aussi le poids de son expérience personnelle. Voire une pointe de tristesse.

    Janis M. Glasgow (1934 -2001), spécialiste reconnue de George Sand, a été professeure émérite de français de la San Diego State University. Elle a enseigné à Paris VIII, dans les universités de Nice et de Nantes, dans le cadre d'échanges. Un prix a été créé en son honneur en 2001, le Janis Glasgow Memorial pour récompenser la meilleure thèse de doctorat ayant pour sujet George Sand.

  • #colineserreau

    Coline Serreau

    DU 10 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 2019 AU THEATRE DU ROND-POINT (PARIS). Parler du monde, de l'existence, c'est un peu ça le théâtre, non ? Coline Serreau invente un "dialogue de vie". Au lecteur de choisir, depuis des thématiques proposées, quelle part de sa vie elle va aborder : thèmes afférents aux arts, aux combats quotidiens, aux génies de l'histoire ou à sa propre carrière. Elle s'engage à tout dire, parole libre, échanges, ponctués d'images, dans un dispositif truffé de fausses pistes et de surprises.

  • « Il semblerait que le sentiment ne soit pas représentable, ni dans son apparence, ni dans sa conséquence du désir. L'inceste de même mais au plus haut degré est ce qui ne peut pas être représenté ni dans son apparence ni dans sa conséquence du désir, ni dans son principe, ni dans son savoir, ni dans sa connaissance. L'inceste est invisible. Il est d'ordre organique, universel. Il est hors de la folie, il repose au fond des temps. Il semble être partout, dans l'instance la plus paisible de l'enfance, dans la colère la plus foudroyante des Dieux. Mais il n'est nulle part véritable exprimé, il est toujours enfermement sans issue, bonheur sans mesure, inaccompli, ineffable, indéfini, indéfiniment à venir. » Marguerite Duras * Agatha, film de Marguerite Duras (1981), interprété par Bulle Ogier et Yann Andrea.

  • Ces cahiers personnels, composés de poèmes épars, offre un panorama de l'évolution psychologique, morale et poétique de l'auteur des Hauts de Hurlevent. Emily Brontë, partagée entre extases et désenchantements, entre foi et doute profond, vision sombre et amère de l'humanité, livre ici une oeuvre d'une troublante beauté où le poème se fait source de l'imagination romanesque de l'une des plus grandes écrivaines Anglaises.

  • "Mes chers amis, monsieur le Maire, je vous remercie d'être venus, plus nombreux que jamais, assister à cette première soirée du troisième cycle des Samedis littéraires de Vilan-en-Volène. Un cycle dont la première édition se déroule comme chaque année au printemps, avec une coupure au mois d'août..."

  • « Ce qui m'intéresse ici, disait Heiner Müller, c'est la difficulté de taille qu'il y a entre l'écriture dramatique et le théâtre, de sorte que les pièces qui courent après le théâtre sont rapidement montées alors que les textes qui devancent un peu le théâtre n'arrivent que difficilement ou tardivement sur scène. Ce qui m'intéresse dans les textes d'Elfriede Jelinek est la résistance qu'ils opposent au théâtre tel qu'il est ».

    Comment mieux définir la position de celle qui est volontiers comparée pour son cynisme à Thomas Bernhard ? À l'instar de son compatriote, Elfriede Jelinek ne cesse de dénoncer les tares d'une société bourgeoise, conformiste et négligente envers son histoire. Dans Les Suppliants, texte écrit en 2013 en réaction aux agissements des autorités viennoises vis-à-vis des demandeurs d'asile, s'élève la voix de l'Étranger - une voix chorale traversée de mille autres. Cette langue, se gonflant telle une vague de récits aussi bien mythologiques que bibliques, de discours administratifs ou politiques, prend la forme d'une discordante et magistrale prière. Sous-tendue par des expressions idiomatiques ou proverbiales, des textes de philosophie classique et des vers d'Eschyle, Rilke ou Hölderlin, déréglée par des jeux sonores et linguistiques, elle accomplit l'accueil de l'étranger. Maître-mot, la langue chez Jelinek prend toujours le lecteur au dépourvu.

    Traduit de l'allemand par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke.

  • Après avoir écrit deux ouvrages sur les règles, Élise Thiébaut a eu envie de parler des cycles dans une pièce de théâtre qui met en scène nos intimités trop souvent oubliées ou malmenées.
    De la puberté à la ménopause, de l'avortement à la maternité, du sexe au désir, elle aborde avec humour, mais aussi avec amour, ces moments de la vie des femmes - et des hommes - marqués par l'appel du corps, de la transmission et de la liberté.

    « Vous avez sûrement entendu parler de cet organe qui se trouve entre les jambes de la moitié des êtres humains. On peut l'appeler la chatte, bien qu'elle ne ressemble que de très loin à un félin. On peut l'appeler le con, bien que le plus con des deux dans ce cas ne soit pas celui qu'on croit. » É.T.

  • Savannah Bay, variations recueille des documents sonores inédits captés par Philippe Proust, retrouvés et présentés par Marie-Pierre Fernandes, spécialiste de Marguerite Duras qui a participé à sa création de Savannah Bay, accueillie triomphalement en 1983 au théâtre du Rond-Point, et assisté l'autrice pour les Lectures (1984) et La Musica deuxième (1985).
    Ces enregistrements exclusifs font entendre la lecture par Marguerite Duras d'une scène primitive de la pièce Savannah Bay suivie de deux répétitions sous sa direction avec Madeleine Renaud et Bulle Ogier. Elle lit ensuite « L'Exposition de la peinture », poignant hommage à son scénographe, le peintre argentin Roberto Platé diffusé lors de l'exposition de ses toiles au théâtre du Rond-Point, en 1987 « C'est pendant l'été d'un pays du nord. C'est la fin d'un jour, juste avant la nuit. Vous voyez ? Mais déjà quand elle s'annonce, que la lumière s'allonge, illuminante, avant de s'éteindre. » M. D.
    Le CD est avec un livret de présentation de 32 pages de Marie-Pierre Fernandes.
    Musique : Adagio du Quintette à cordes en ut majeur, D. 956, opus 163, Franz Schubert, interprété par le Quatuor Aviv, production Naxos.

  • " amélie rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée.

    Je les ai appelés les lannes. elle, claire, claire lannes. lui, pierre, pierre lannes.
    J'ai changé aussi la victime du crime ; elle est devenue marie-thérèse bousquet, la cousine germaine de pierre lannes, celle qui tient la maison des lannes à viorne.
    Je crois que la peine d'amélie rabilloux a été considérablement écourtée. au bout de cinq ans, en effet, on l'a revue à savigny-sur-orge. elle était revenue dans sa maison, rue de la paix.

    Quelquefois on l'a encore revue. elle attendait l'autobus en bas de sa rue.
    Toujours elle était seule.
    Un jour on ne l'a plus vue. ".

  • Médée

    Euripide

    • Rivages
    • 17 Avril 1997

    Médée.
    Nous prononçons le nom et si nous entrons dans son temps, du fond du temps elle nous regarde sans hésiter. (...) est-ce nous qui daignons descendre jusqu'aux anciens ou eux qui viennent à nous ? peu importe. il suffit de tendre les mains. ils passent de notre côté avec aisance, hôtes étrangers, semblables à nous-mêmes.

    Christa wolf on trouvera dans cet ouvrage une nouvelle traduction de deux médée : le chef d'oeuvres d'euripide et la tragédie méconnue de sénèque, écrite cinq siècles plus tard.
    Les deux auteurs montrent ce que peut devenir une femme, dans la sombre violence des sentiments, la patience rusée, l'élan de générosité et la force destructrice.

  • Une datcha, à une heure de route de Moscou, en 2002. Bien que délabrée, elle est habitée par Andreï Ivanovitch et Natalia Ivanovna, les enfants de l'académicien Ivan Lépiokhine. Le toit fuit, le courant électrique est intermittent et bientôt l'eau du robinet se tarit... Tandis qu'Andreï boit de la vodka à toute heure, Natalia essaie désespérément de gagner grâce à ses traductions quelques dollars pour les réparations. Et il y a urgence : les vibrations d'un chantier secouent de plus en plus fréquemment la masure. Qualifiée par l'auteure de «post-tchekovienne», cette pièce se lit comme une transposition dans la Russie des années 2000 des péripéties tragi-comiques de La Cerisaie et des Trois soeurs.
    Avec un humour qui côtoie l'absurde et sa tendresse coutumière, Ludmila Oulitskaïa livre une réflexion sur la Russie «éternelle et immuable» qui rejoint en toute virtuosité celle de Tchekhov.

  • Un homme est torturé par une idée qui loge dans la tête de sa collaboratrice. Cette idée, qui lui semble défier tout ce à quoi il croit, tout ce qu'il tient pour assuré, le fait souffrir par sa seule existence. Intolérant H. 2 ? Non, simplement attentif à tout ce qui se joue entre les êtres, à la contamination des esprits, à la torture des corps. Corps et idées se tiennent, pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire surtout. Et l'on en rit, comme pour se protéger.
    Elle est là est la première oeuvre de Nathalie Sarraute à avoir été écrite directement pour le théâtre. Le thème de l'obsession, que l'on retrouve dans Enfance, est l'un des plus profonds, des plus préoccupants chez l'auteur. L'idée existe par les ravages qu'elle provoque, alors même qu'elle n'a pas été définie par les mots : c'est un genre dangereux et tout physique, «contre elle, on ne peut rien».

  • Isma

    Nathalie Sarraute

    Isma, c'est quoi ? Un prénom de femme ? Isma, Irma, Emma, Alma. petits noms à susurrer délicatement. Isma, une héroïne féminine dont le destin nous serait conté le temps d'une comédie ? Rien de plus insinuant qu'Isma, cependant ; rien de moins doux, de moins plaisant. Isma, c'est le petit bruit de bouche que font les Dubuit lorsqu'ils prononcent avec délectation les mots en -isme.
    Une fois de plus, Nathalie Sarraute nous donne ici une comédie des tropismes, ces mouvements involontaires, inconscients, en tout cas non dits, qui tissent ce qu'il y a d'impalpable dans les rapports humains. La manière de prononcer les mots suffit à opposer deux groupes humains. Dans un prodige de drôlerie inquiétante, l'auteur, qui semble ne traiter que de détails, nous livre sa vision de l'homme et de la société.

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