• Paula Modersohn-Becker est une peintre allemande de la fin du XIX ème siècle, célèbre enAllemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bienqu'elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l'avant-garde artistique et littéraire. Néeen 1876 et morte en 1907 des suites d'un accouchement, elle est considérée comme l'une desreprésentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. Elle n'aimait pastellement être mariée, elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettressont ambigus. La biographie que lui consacre Marie Darrieussecq reprend tous les élémentsqui marquent la courte vie de Paula Modersohn-Becker. Mais elle les éclaire d'un jour à la foisféminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi leshommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke) et sondésir d'expression et d'indépendance.

  • Un jour de 1927, Simone de Beauvoir eut avec son père une vive discussion sur ce qu'« aimer » voulait dire. À une époque où les femmes étaient censées n'avoir d'autre aspiration que le mariage et la maternité, la jeune Simone, à 19 ans, s'abreuvait de philosophie. Par « aimer », son père entendait « services rendus, affection, reconnaissance ». Simone soutenait de son côté que l'amour ne saurait se réduire à de la gratitude, à quelque chose que l'on doit à quelqu'un en échange de ce qu'il a fait pour nous.
    « Que de gens, nota-t-elle le lendemain dans son journal, n'ont jamais connu l'amour. » De fait, Simone de Beauvoir allait incarner, pour elle et pour les générations futures, une nouvelle conception de l'amour et une nouvelle approche de l'existence des femmes. Le couple mythique qu'elle forma avec Jean-Paul Sartre, « l'ami incomparable de sa pensée », devait pourtant éclipser sa propre carrière de philosophe. Considérée comme sa disciple, on ignora longtemps le travail à quatre mains qu'elle mena avec lui, le caractère original de sa pensée et de ses positions. Or, il est difficile de comprendre la révolution du Deuxième Sexe en ne leur rendant pas justice. Certes, Beauvoir eut une vie épique : elle croisa la route de Picasso et Giacometti, Joséphine Baker, Louis Armstrong et Miles Davis, ainsi que d'un nombre exceptionnel de personnalités littéraires, philosophiques et féministes du XXe siècle. Mais sans la philosophie, Simone de Beauvoir ne serait pas devenue « Simone de Beauvoir », ce qui est notable pour deux raisons très importantes : parce qu'il est temps d'en finir avec le mythe de Beauvoir disciple de Sartre ; et parce que leurs désaccords et leurs discussions constituent l'un des vecteurs essentiels qui lui permirent de devenir elle-même.
    D'après Virginia Woolf, « il y a certaines histoires que chaque génération doit raconter à nouveau ». Ce que révèlent les journaux et la correspondance de Beauvoir redessine les contours de sa biographie.

  • Août 1914. Dans un joli chalet du 16e arrondissement, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Il y a Marguerite Moreno, la comédienne  ; Annie de Pène, la chroniqueuse et « presque soeur »  ; Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma. Ces quatre femmes libres qui portent les cheveux courts et délaissent le corset, n'oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Elles vont vers l'être aimé, quel qu'il soit. Au coeur de l'histoire, sanglante et sauvage, elles affirment leur personnalité, leur amitié et leur insoumission.
      Un récit sensible, nuancé. Des mondes enfouis surgissent. C'est fascinant. Marie-Françoise Leclère, Le Point.

    Portraits vivants, sens des destinées, refus de l'exhaustivité. Une biographie non conventionnelle, à l'image de ses héroïnes. Marie-Laure Delorme, Le JDD.

    La biographe semble être une envoyée spéciale revenue d'un reportage.  Bernard Morlino, Le Magazine littéraire. 

  • Avocate, Yael Mellul s'est imposée au fil des années comme LA spécialiste de la lutte contre les violences conjugales et plus largement des violences faites aux femmes. Elle est à l'origine de la reconnaissance du délit de « violence conjugale à caractère psychologique », qu'elle a théorisé et fait inscrire à la loi du 9 juillet 2010. Elle revient dans cet ouvrage sur le combat acharné qu'elle a mené durant dix ans pour faire reconnaître le suicide forcé, adopté le 30 juillet 2020. Un combat acharné dont il a fallu surmonter les écueils, les fausses promesses, les coups bas, les moments de découragement... grâce à cette incroyable force qui l'anime. L'avocate engagée qui ne recule jamais est allée chercher au plus profond d'elle, s'est nourrie de la violence qu'elle-même a subie au sein de son propre foyer pour faire entendre, défendre, haut et fort, la voix et les droits de toutes les femmes ainsi que des enfants victimes de cette violence qui ne devrait plus exister.

  • Romancière, star du grand reportage, coqueluche du Paris mondain et féministe avant l'heure, Élisabeth Sauvy dite « Titaÿna » (1897-1966) se passionne pour l'aviation, parcours la planète entière, de la Chine au Mexique, rencontre Mustapha Kemal et Mussolini. Ses amis s'appellent Cocteau, Giono ou Mac Orlan. Elle est riche, elle est célèbre. Mais la Seconde Guerre mondiale lui est fatale. Emprisonnée un an à la Libération, puis assignée à résidence, elle s'enfuit aux États-Unis après la mort de son mari. Elle y mourra, oubliée de tous.

  • «De l'ardeur» reconstitue le portrait de Razan Zaitouneh, figure de la dissidence syrienne enlevée en décembre 2013, avec trois de ses compagnons de lutte - et à travers elle, le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu'est devenu ce pays. C'est le récit d'une enquête et d'une obsession intime, le partage d'un vertige. Une porte d'entrée sur une réalité que l'immédiateté de la tragédie tient paradoxalement à distance. Un questionnement sur l'engagement et sur l'importance du langage. Un texte urgent, nécessaire, d'une justesse et d'une éthique proprement bouleversantes.  

  • Est proposé un choix de peintures, dessins et photographies du Moyen Age à l'époque contemporaine, consacré au thème de l'amante fatale. Avec également une réflexion sur une thématique longtemps laissée aux seuls mains et regards des hommes.

  • Elle était américaine, féministe et libre. Elle a fui l'Indiana pour devenir l'une des figures du Paris artistique et intellectuel des années 1920. Ses amis s'appelaient Ernest Hemingway, Nancy Cunard, Sylvia Beach, Gertrude Stein. Elle fut, pendant cinquante ans, la correspondante à Paris d'un magazine qui allait, sous son influence, s'ouvrir à la politique, et qui connaîtrait la gloire : le New Yorker. Elle s'appelait Janet Flanner. Ses chroniques à l'humour mordant, ses portraits d'Hitler, Pétain ou de Gaulle, ses reportages sur le procès de Nuremberg et le maccarthysme ont fait d'elle la journaliste la plus célèbre d'Amérique. La postérité a oublié son nom. Michèle Fitoussi fait revivre celle qui, avant Truman Capote ou Tom Wolfe, fit du journalisme littéraire un genre à part entière.

  • Comment faire entendre sa voix en ce XVIIIe siècle qui grouille de paroles alors que grandit le silence divin ? Quel langage trouver pour avoir le sentiment d'être soi ? Comment exister à ce moment où la politique devient un théâtre de l'idéal mais aussi de la cruauté ?
    Comment, en somme, faire en sorte que « si la femme a le droit de montrer sur l'échafaud », elle puisse aussi avoir le droit de « monter à la tribune » ? Voici quelques-unes des questions auxquelles tentent de répondre cette biographie de Marie Gouze, dite Olympe de Gouges (1748-1793), auteur d'une oeuvre essentielle comprenant pièces de théâtre et écrits politiques dont la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

  • Marguerite Duras

    Laure Adler

    Qui était Marguerite Duras ? Experte en autobiographie, professionnelle de la confession, elle a pris tant de masques et s'est tellement plu à brouiller les pistes que c'est presque une gageure de vouloir distinguer la vérité de la fiction. Ce qu'il y a dans les livres, disait-elle d'ailleurs, est plus véritable que ce que l'auteur a vécu.
    Fruit des relations amicales que Laure Adler eut avec elle pendant une douzaine d'années, et de patientes recherches, cette biographie, sans avoir la prétention de dire la vérité du personnage, tente cependant de démêler les différentes versions que Marguerite Duras a données de sa vie. Elle essaie d'éclairer les zones d'ombre que l'écrivain a mises en scène avec tant de talent : la relation avec l'Amant à la fin de l'enfance, son attitude pendant la guerre et la Libération, ses passions amoureuses, littéraires et politiques. Car la vie de Marguerite Duras fut aussi celle d'une enfant du siècle, d'une femme profondément engagée dans les combats de son temps.

  • « Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l'âme, le corps qui souffre ce qu'un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu'il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l'amour qu'elle avait eu pour toutes celles, ceux qu'elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d'écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d'Auschwitz, Charlotte Delbo me donnait le moyen de le raccommoder avec une oeuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l'au-delà de la douleur est atteint.
    Elle l'écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, interrogeait avec liberté les souvenirs. Elle découvrait la vie retrouvée. »

  • Photographe reporter de guerre, Gerda Taro disparut en juillet 1937, la veille de ses 27 ans, alors qu'elle couvrait les combats de Brunete, en Espagne.Durant la plus grande partie de sa très courte carrière, elle avait mêlé son oeuvre à celle de son compagnon Robert Capa - le plus grand reporter de son temps. Après sa mort et pendant près de cinquante ans, le travail de Gerda Taro fut totalement occulté par celui de son amant.

    En faisant toute la lumière sur sa trajectoire et son oeuvre, François Maspero rend à Gerda Taro un magnifique hommage et nous livre le portrait d'un personnage hors du commun : première femme correspondante de guerre, une immense figure emblématique de courage et de liberté.

  • Réalisé à partir d'entretiens que Michelle Porte a eus avec Marguerite Duras, à l'occasion de deux émissions de télévision en mai 1976, cet ouvrage présente Marguerite Duras " par elle-même ".
    En concevant l'ouvrage comme un contrepoint de textes (ceux des romans de Duras mêlés aux textes des entretiens) et de photos, Michelle Porte est partie d'une démarche concrète : suggérer les différents lieux de Marguerite Duras, la maison de Neauphle, le parc, la forêt, Trouville, la mer, un pays de sable et d'eau, tels qu'ils apparaissent continuellement dans ses romans, son théâtre ou ses films, tels qu'elle les ressent comme " porteurs de l'histoire " et tels qu'elle les vit.
    Il ne faut donc pas voir l'iconographie comme une illustration, mais comme un lien au texte. De la même façon qu'il faut lire les textes écrits avec les textes parlés, il faut lire les photos, souvent commentées par Marguerite Duras, comme un prolongement du texte. Ainsi à partir des photos de la maison de Marguerite Duras à Neauphle-le-Château et de l'entretien réalisé sur ce même lieu, Michelle Porte fait parler l'auteur de son film, Nathalie Granger, tourné lui aussi à Neauphle et Duras exprime toute l'idée d'enfermement qu'elle associe à la maison.
    Dans l'entretien réalisé aux Roches Noires, à Trouville, où Marguerite Duras a écrit Le Ravissement de Lol V.Stein, on voit combien les lieux sont pour elle porteurs de mémoire et font revivre l'enfance en Indochine, les terres du Barrage contre la Pacifique. C'est là qu'elle a écrit et filmé La Femme du Gange. C'est là qu'elle continue d'écrire l'histoire de Lol V. Stein et celle d'Anne-Marie Stretter.
    Dans ces entretiens, la parole n'est pas seulement un témoignage, elle se fait écriture et mise en oeuvre.

  • Charles Darwin connaissait par coeur ses romans, Winston Churchill la lisait pendant le Blitz et Virginia Woolf la comparaît à Shakespeare. Aujourd'hui encore, Jane Austen (1775-1817) suscite dans le monde entier une véritable passion. Quel est son secret ?
    Il y a dans ses romans beaucoup de la vie qui a été la sienne : la campagne du Hampshire, le monde corseté de la gentry, les bals dans les manoirs, les jeunes filles promises au mariage, la domination des hommes, ces héritiers qui ont tous les droits. Quand Jane Austen commence à écrire, ses manuscrits essuient refus sur refus. Mais la jeune fille n'abandonne pas et se consacre corps et âme à la littérature, quitte à renoncer à fonder un foyer. Tout plutôt qu'un mariage sans amour. De 1811 à 1818, elle écrit six romans, dont les chefs-d'oeuvre Raison et Sentiments et Orgueil et Préjugés. Emportée par une maladie soudaine, elle n'assistera pas au succès de son oeuvre.
    Ce portrait vivant et délicat plaira à tous les inconditionnels de la romancière et convaincra ceux qui ne la connaissent pas encore de la découvrir.

  • Un superbe roman graphique sur la vie exceptionnelle d'une intellectuelle d'exception Hannah Arendt est une des plus grandes philosophes du XXe  siècle, et l'un des grands noms du catalogue Calmann-Lévy. Mais au-delà de la richesse de son exploration intellectuelle et philosophique, sa vie même fut tout à fait extraordinaire  : exil forcé, victime de la persécution nazie, émancipation dans un monde masculin, amoureuse forcenée et entourée des plus grands artistes et penseurs. Au cours de sa vie, elle se lia d'amitié avec de grands personnages tels que Walter Benjamin, Mary McCarthy, Marc Chagall, Marlene Dietrich, Albert Einstein et Sigmund Freud. Femme d'exception aux choix parfois ambigus, elle entretint même une relation clandestine avec l'homme qui fut son professeur, ainsi qu'une influence marquante dans sa vie et sa pensée, le philosophe Martin Heidegger, controversé pour sa collusion avec le nazisme.

    Aussi passionnant qu'instructif, avec un humour subtil très convaincant, et des dessins d'une grandes sensibilité, Les trois vies de Hannah Arendt du dessinateur new-yorkais Ken Krimstein est le portrait remarquable d'une femme complexe, souvent incomprise, imparfaite, mais profondément courageuse. Une manière détournée et malicieuse de comprendre la pensée de Arendt dont l'enseignement nous rappelle encore aujourd'hui ce que signifie vivre en tant qu'individu et citoyen en des temps troublés.

  • Tchekhov

    Virgil Tanase

    Petit-fils de serf et fils d'un boutiquier en faillite, Amon Tchekhov (1860-1904) commence à écrire pour gagner de quoi finir ses études de médecine, et continue à le faire parce que ses " balivernes ", lui rapportent plus que ses malades. Persuadé qu'il n'a rien à dire, il se tourne vers le théâtre, et laisse à ses personnages la charge d'assumer des propos qui ne sont pas les siens. Quand sa bonne étoile lui assure enfin des revenus suffisants et un succès qu'il croit immérité, Tchekhov, déjà très malade à moins de quarante ans, arrête presque d'écrire, persuadé qu'après sa mort tout le monde l'aura oublié. Ce livre est le récit de la vie, banale et fabuleuse. d'un homme qui haïssait le mensonge et la violence, leur préférant l'amour et la liberté la plus absolue.

  • Publié en 2013 par les Éditions Circe (Barcelone) est le fruit de plus de vingt ans de travail de Victoria Combalía sur la photographe, compagne de Picasso, femme de talent au caractère passionné, mélancolique et fantasque mais aussi très humaine et pleine d´humour. Elle avait été l'amante de Picasso entre 1936 et 1943, avait photographié Guernica et avait été le modèle exceptionnel de la série La femme qui pleure du peintre de Malaga.
    Dora Maar était fille d'un père yougoslave et d'une mère française mais avait été élevée en Argentine. Elle a tourné le dos à ses origines bourgeoises en devenant une militante politique de gauche, membre du groupe Contre-Attaque et amoureuse du philosophe et révolutionnaire Georges Bataille. En tant que membre du groupe surréaliste, Paul Eluard la présente à Picasso. Dans une scène célèbre au café Les Deux Magots, Dora le séduit en jouant d'un couteau entre ses doigts et ses longs ongles peints en rouge. Avec lui, elle vécu une passion tumultueuse, et mis en sourdine son activité créatrice. Elle devient sa muse, mille fois dépeinte dans sa beauté, mais surtout comme un masque souffrant et tourmenté. Abandonnée par l'artiste, elle se réfugie dans la religion et la peinture, vivant isolée dans son appartement parisien et dans sa maison de Ménerbes, dans le sud de la France. Dora Maar est décédée en 1997, laissant derrière elle une aura mystèrieuse. Victoria Combalía a eu le rare privilège de pouvoir parler longuement avec Dora Maar en 1994 et d'organiser une première rétrospective de son travail photographique et pictural en 1995. L'ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la vie de Dora Maar grâce aux documents inédits mis à disposition par ses héritiers et à leur reproduction.
    Victoria Combalià est contributrice de l'exposition rétrospective présentée au MNAM/Centre Georges Pompidou du 5 juin 2019 au 29 juillet 2019.

  • Première biographie d'une Française hors du commun, qui a vécu mille vies en une, Madeleine Riffaud (1924-), combattante de tous les temps qui participa à trois guerres, comme jeune résistante pendant la Seconde Guerre mondiale à 19 ans, puis comme grand reporter durant les guerres d'Algérie et du Vietnam. Un fort tempérament qui fascina bien des hommes, dont ses amis Pablo Picasso, Paul Éluard, René Char, Vercors et Raymond Aubrac, avec lesquels elle entretint une correspondance, ici inédite. Et une femme de lettres engagée, militante communiste et anticolonialiste, qui publia poèmes et essais sur la politique. Un parcours exceptionnel retracé par la belle plume d'Isabelle Mons, qui l'a côtoyée intimement durant deux ans et a eu accès à toutes ses archives.  

  • Flora Tristan grandit dans la misère, échappe à sa condition et devient une femme de lettres. Fuyant un mari violent, cette mère de trois enfants voyage jusqu'au Pérou pour y trouver la révolution et, pourquoi pas, l'amour. Lancée dans un tour de France, elle défend avec passion l'union ouvrière mais meurt d'épuisement. Du Pérou libéré par Simon Bolivar à la France du romantisme, des faux prophètes aux vrais ouvriers, Evelyne Bloch-Dano enquête sur celle qui sera la grand-mère de Paul Gauguin.
    Flora Tristan marque le triomphe de la volonté dans un siècle où la liberté est une idée neuve pour les femmes.

  • «Avec Plaisirs, j'entrais dans le monde de Dominique Rolin, éblouie par son rire, son courage, ses obsessions et ses dons. Messages secrets est d'une toute autre nature. Elle m'embarque avec elle dans un voyage d'où l'on ne revient pas. Elle le sait, elle m'entraîne et elle sait ce qu'elle fait. Elle sait que je peux l'entendre. Sans hystérie et sans pathos. J'entre dans son rêve. J'en suis la dépositaire. Je dois en transmettre les messages secrets. Je me fais traductrice d'une métaphysique concrète. Je redessine à l'infini l'espace de sa liberté. Et ensemble, nous nous approchons du miroir, le plus près possible de cet inconnu impensable où elle me précède.» Patricia boyer de Latour.

  • Au terme de plusieurs années de réflexion, l'auteur-compositeur raconte son parcours, ses rencontres, ses collaborations et ses amours.

  • En 1977, dans l'année qui suit la mort de sa mère, Jacqueline de Romilly écrit ce texte, en fait imprimer quelques exemplaires, destinés aux amis.
    Mais, par pudeur, parce qu'il y a quelque chose de vulgaire à dévoiler ce que l'on a de plus intime, elle ne souhaite pas que ce livre soit publié de son vivant et charge son éditeur et ami Bernard de Fallois de le faire après sa mort. Jeanne, c'est le portrait d'une femme aux dons multiples, travailleuse infatigable, qui fit preuve pendant trente ans d'un talent d'écrivain reconnu. Veuve dès le début de la guerre de 1914, elle choisit de vivre dans l'ombre de sa fille, tissant ainsi un lien indissoluble entre elles deux.
    Ce récit nous en apprend beaucoup sur Jacqueline de Romilly, et l'on comprend d'autant plus l'admiration et l'affection que ses lecteurs, même s'ils ne l'avaient jamais rencontrée, ont éprouvées en apprenant sa disparition.

  • JEANNE D'ARC. Au nombre et à la diversité de ses « racines », l'arbre Jeanne d'Arc est une vraie forêt : plus de 50 000 ouvrages lui ont été consacrés, des films, des pièces de théâtre, des colloques à foison, un nombre incroyable d'églises, des statues un peu partout et dans presque toutes les églises de France, 423 collèges et lycées français portant son nom. Nous ne sommes pas là devant une simple héroïne nationale, une icône du passé, mais devant un véritable mythe.
    Et un mythe bien vivant. Personne n'est aujourd'hui encore insensible à ce qu'elle représente pour la Nation française et l'État, pour la mémoire populaire, pour l'imaginaire et le rêve. Au point que, profondément française, elle semble surgir de partout et de nulle part à la fois.
    Car la vie de la Pucelle d'Orléans est un roman. Le roman français par excellence, et même le roman de la France chanté par Péguy. Cette vie semble si connue qu'il ne paraît presque plus nécessaire de la raconter. Et cependant le mystère de ce destin hors norme reste insondable :
    Mystère de sa jeunesse, de son identité, de sa vie de femme, de son procès, de sa mort. Cette vie, en apparence si familière, est en réalité un abîme de secrets dont certains s'éclairent lorsque d'autres s'obscurcissent.
    Victoria Man-Estier est allée , le coeur ouvert, sur les traces de Jeanne, sur les lieux de mémoire de cette étonnante destinée. Elle est allée aussi sur les chemins de sa postérité et de la construction de sa légende. Elle nous fait découvrir une Jeanne mystérieuse mais si vivante et si actuelle que l'on semble presque pouvoir s'adresser à elle et lui parler. Elle nous donne également la chance de pouvoir lire ou relire la Jeanne d'Arc de Michelet, ouvrage d'historien mais aussi oeuvre d'un formidable écrivain. Un pareil mythe méritait une place de choix dans notre collection.

  • Anaïs Nin est née en 1903 en France. C'est son père, déçu d'avoir une fille, qui a choisi ce prénom aux sonorités ambiguës. Pianiste esthète et pervers, Joaquin Nin abandonne sa femme et ses enfants dix ans plus tard. Adolescente hantée par la littérature puis épouse frustrée d'un banquier anglo-saxon, Américaine à Paris et mondaine malgré elle, Anaïs ne connaît qu'une jouissance : écrire. Elle a trente ans, quand elle rencontre Henry Miller. Elle l'aime, le soutient, le finance. Sage et troublante Anaïs ! Fantaisiste et ascète, insaisissable et un rien magicienne... elle attire à elle Artaud, Brassaï, Allendy, Rank, Breton, Durrell.... Anaïs, c'est un Journal. Cinquante ans d'écriture, quarante-cinq mille pages longtemps enfouies dans une cave de Brooklyn. De cette « confession » monumentale Elisabeth Barillé a tiré un portrait romanesque, tissé dans la matière même de son oeuvre, de sa vie.

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