• Serge

    Yasmina Reza

    « Chez ma mère, sur sa table de chevet, il y avait une photo de nous trois rigolant enchevêtrés l'un sur l'autre dans une brouette. C'est comme si on nous avait poussés dedans à une vitesse vertigineuse et qu'on nous avait versés dans le temps. »

  • Babylone

    Yasmina Reza

    Elisabeth, la soixantaine, vit avec son mari Pierre dans un petit appartement de Deuil-L'Alouette, ville fictive de la banlieue parisienne.
    Se sentant sur la pente descendante, Elisabeth décide de bousculer le quotidien en organisant une « fête de printemps », à laquelle sont conviés leurs amis, ainsi que les voisins, Lydie et Jean-Lino, qu'ils connaissent depuis peu. Après des préparatifs grandioses, la soirée se déroule joyeusement au rythme des bouteilles qui se vident, des conversations mondaines et creuses, des tentatives de séduction et de quelques moqueries dérisoires qui réveillent de vieilles rancoeurs (le tout donnant lieu à de savoureuses caricatures des convives). Il va suffire d'un banal malentendu pour que cette petite fête bourgeoise dérape et tourne au drame.

    /> Babylone est une comédie grinçante et mélancolique sur l'absurdité de la vie, l'amour et l'amitié, le temps qui passe sans effacer ni nos désirs, ni nos frustrations.

  • A l'école, Ferdinand attaque Bruno à coups de bâton. Les parents se rencontrent pour régler le litige dans l'appartement du blessé. Au tout début, urbains, bienveillants, conciliants, ils tentent de tenir un discours commun de tolérance et d'excuse qui s'envenime peu à peu. Entre Alain Reille, avocat sans scrupule qui répond sans cesse à son portable tout en défendant une vision du monde à la John Wayne, Véronique Houillé à la morale citoyenne qui écrit un livre sur le Darfour, son mari Michel qui vient d'abandonner le hamster de sa fille dans le caniveau et Annette Reille qui se met à vomir, c'est la débandade, le chacun pour soi, le conflit ouvert, la catastrophe qui s'annonce...
    A partir d'un petit fait du quotidien chez des quadras bourgeois (l'univers de Art et de Trois versions de la vie), Yasmina Reza évoque avec jubilation, férocité et tendresse aussi tous les paradoxes de la condition humaine : l'égoïsme et la générosité, la responsabilité et l'indifférence, la politesse et la brutalité, le futile et le grave, tout le dérisoire des grandes déclarations qui s'effondrent à la moindre anicroche.

  • Heureux les heureux

    Yasmina Reza

    «J'ai commencé à éprouver un sentiment, je veux dire un vrai, à ce moment-là. En sortant de la voiture, à Wandermines, sous la pluie. On ne parle pas assez de l'influence des lieux sur l'affect. Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes. Au milieu de cette confrérie en habits du dimanche, se pressant vers la mairie pour échapper aux gouttes, tenant le bras d'Odile pour l'aider sur le parvis glissant, j'ai éprouvé la catastrophe du sentiment.» Glissant de la mélancolie à l'humour, Yasmina Reza dessine avec Heureux les heureux une constellation moderne de personnages confrontés à l'impasse sentimentale.

  • La dramaturge a suivi N. Sarkozy pendant plusieurs mois et brosse le portrait d'un homme parti à la conquête du pouvoir.

  • Yasmina Reza Une désolation «Tu me bravais avec cette ridicule soif d'absolu qu'ont les gens de cet âge et je me disais, le petit est véhément à souhait, il sortira du lot. Mais tu n'es sorti de rien. Les vapeurs de jeunesse passées, tu as repris ta place dans la moyenne. Plus trace d'insurrection. Plus trace de vengeance. Tu as si vite craint pour ta peau, mon pauvre enfant. Comme la cohorte de tes amis les veules, tu sais que tout geste se paye, aussi as-tu choisi d'emblée de ne plus te signaler. Ecarter la souffrance, tel est votre horizon. Ecarter la souffrance, vous tient lieu d'épopée.»

  • Hammerklavier

    Yasmina Reza

    « J'ai fait le rêve suivant. Mon père mort revenait me voir.
    - Alors, lui dis-je, comment est-ce ? As-tu rencontré Beethoven ?
    Il se renfrogne et secoue la tête avec dégoût et tristesse :
    - Ah, la, la ! Horrible rencontre !
    - Comment ça ?
    - Très antipathique. Très.
    - Mais comment, papa ?
    - Je m'approche de lui, poursuit mon père, prêt à le serrer, sais-tu ce qu'il me dit :
    "Comment avez-vous osé vous attaquer à l'Adagio d'Hammerklavier ! Comment avez-vous pu une seule seconde vous imaginer interpréter une mesure d'Hammerklavier ?" - Pardonnez-moi maître, lui répondit mon père, je vous imaginais au-dessus de ça à présent...
    - Mais enfin ! s'écrie Beethoven, être mort n'est pas être sage ! » Hammerklavier est un livre sur le passage du temps, la perte et l'absence. L'enchaînement des scénettes forme une sonate aux accents nostalgiques. Elle passe ainsi en revue les choix et les situations qui orientent nos vies, explore les relations familiales, amicales et professionnelles qui les façonnent.

  • le maître de mon mari a étranglé sa femme, lui se contente de laisser sa main choir au bout de l'accoudoir, de façon lamentable et flétrie. mon mari n'a pas de radicalité. c'est un disciple. la génération de mon mari a été écrasée par les maîtres.
    y.r.

  • "Mes chers amis, monsieur le Maire, je vous remercie d'être venus, plus nombreux que jamais, assister à cette première soirée du troisième cycle des Samedis littéraires de Vilan-en-Volène. Un cycle dont la première édition se déroule comme chaque année au printemps, avec une coupure au mois d'août..."

  • Nulle part

    Yasmina Reza

    " Où est l'enfance ? Des jours écoulés et vécus, il devrait de temps en temps jaillir une image lumineuse, une fulgurante réminiscence. Mais rien ne surgit. Rien ne triomphe du désir d'oubli. " Un texte très personnel, empreint d'une nostalgie douce, où l'auteur interroge l'origine, l'enfance, le foyer et le temps qui passe, à travers des fragments liés à ses enfants, parents ou aïeux.

  • Bella figura

    Yasmina Reza

    Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Elle ne comprend pas comment il a pu l'emmener dîner dans un établissement conseillé par son épouse. Pour couronner le tout, en faisant une marche arrière, Boris renverse Yvonne, la belle-mère de la meilleure amie de sa femme.

  • "Arrête avec ces chaises ! ... Nous sommes des gens civilisés, nous souffrons avec des règles, chacun retient son souffle, pas de tragédie. Pourquoi au fond ? Je n'en sais rien, mais c'est comme ça. Toi et moi, nous participons à cet effort de dignité..."

  • "Je fais de l'argent. J'en gave mes fils qui sont deux nullités, c'est sûrement le plus mauvais service que je peux leur rendre, mais au moins je m'épargne artificiellement le souci que me cause leur indigence. Je n'ai jamais douté que ma vie était ailleurs."

  • La première édition de ce roman tragique et burlesque fut publiée en février 2003.
    Il avait pour titre le patronyme du personnage principal. adam haberberg, écrivain sans renom et hypocondriaque qui se confronte par hasard a une ancienne camarade de lycée. son titre originel hommes qui ne savent pas être aimés regretté par l'auteur, préféré par certains éditeurs étrangers, disait sans doute mieux son universalité et sa vérité profonde, c'est pourquoi cette nouvelle édition le reprend aujourd'hui.

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