• Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur... Un subtil roman sur l'héritage et la filiation, une histoire à travers laquelle trois générations se retrouvent sous le signe d'une mémoire égarée, fugitive, à jamais offerte...

  • Enfant, lui seul comprenait le langage de son frère aîné, une langue totalement inconnue qu'ils ont appelée la langue pawpaw. Il s'agissait en fait du langage des oiseaux, d'un vocabulaire que les oiseaux comprenaient, de mots heureux oubliés par les humains depuis longtemps. Les parents de ces garçons ne comprenaient pas leur aîné et malgré de nombreuses consultations auprès de linguistes et autres orthophonistes, personne ne parvint à modifier son langage.
    Après la mort de leurs parents, les deux hommes restèrent ensemble dans la maison familiale. D'une gentillesse extrême, l'aîné qui ne travaillait pas allait chaque jour se poster tout contre le grillage de la grande volière de l'école maternelle, il parlait aux oiseaux puis s'offrait à quelques pas de là une sucette emballée dans un papier au motif d'oiseau.
    Son frère travaillait dans une pension. Responsable du jardin et de l'entretien, il aimait tout particulièrement les roses. Ensemble ils décidaient parfois de partir en voyage. Sacs bouclés, le duo s'arrêtait invariablement devant la volière de l'école, où ils entraient en conversation avec les oiseaux à lunettes, les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron. Puis ils rentraient, oubliés les voyages, ils étaient heureux.

  • L'île où se déroule cette histoire est depuis toujours soumise à un étrange phénomène : les choses et les êtres semblent promis à une sorte d'effacement diaboliquement orchestré. Quand un matin les oiseaux disparaissent à jamais, la jeune narratrice de ce livre ne s'épanche pas sur cet événement dramatique, le souvenir du chant d'un oiseau s'est évanoui tout comme celui de l'émotion que provoquaient en elle la beauté d'une fleur, la délicatesse d'un parfum, la mort d'un être cher. Après les animaux, les roses, les photographies, les calendriers et les livres, les humains semblent touchés : une partie de leur corps va les abandonner.
    En ces lieux demeurent pourtant de singuliers personnages. Habités de souvenirs, en proie à la nostalgie, ces êtres sont en danger. Traqués par les chasseurs de mémoires, ils font l'objet de rafles terrifiantes...
    Un magnifique roman, angoissant, kafkaïen. Une subtile métaphore des régimes totalitaires, à travers laquelle Yoko Ogawa explore les ravages de la peur et ceux de l'insidieux phénomène d'effacement des images, des souvenirs, qui peut conduire à accepter le pire.

  • Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître.
    Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd.
    Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru. Ecrites en 1996, "Les Tendres Plaintes" contiennent tous les éléments révélateurs de la personnalité littéraire de Yoko Ogawa.
    Le regard porté sur la nature, sur ses sonorités, l'intensité de ses nuits, l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives donnent à cette histoire une étrange résonance : celle qui prend source au coeur de l'inconscient.

  • Manuscrit zéro

    Yôko Ogawa

    Depuis 1995, les livres de Yoko Ogawa sont traduits en français. Des nouvelles, des romans courts ou plus longs ces dernières années, nous ont peu à peu révélé les questionnements de la romancière japonaise et la singularité de son imaginaire, comme autant de transpositions du réel.
    Aujourd'hui, telle une pause formelle et dans une langue beaucoup plus immédiate, Manuscrit zéro s'interpose dans l'oeuvre de Yoko Ogawa.
    Alors que la romancière travaille à un nouveau projet, elle note dans son journal ce qui compose son quotidien fictionnel. A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse : notant chaque jour la multitude d'histoires réelles qui peuplent son imaginaire, Yoko Ogawa tente d'avancer, de trouver dans cette forêt d'images la direction de son nouveau roman ; elle tisse et conjugue au jour le jour les influences et les figures qui soudain l'interpellent ; qu'elles soient issues de l'immédiateté ou des tourbillons de sa mémoire, de rencontres bien réelles ou d'émotions enfouies.
    Selon ce motif se glissent entre ces pages le murmure d'un torrent dans une forêt profonde où prolifèrent des mousses délicates et délicieuses. Une maison d'enfance impossible à décrire, une fête d'école où il s'agit de se faire passer pour une mère d'élève. Un concours de pleurs d'enfants ou une visite secrète dans une maternité. La remise d'un prix littéraire et ses pilleurs de cocktails ; l'inévitable effacement des touristes en retard. Le souvenir d'un club de récitation, la visite d'un assistant social venu s'assurer de l'avancée du livre en cours ou le récit d'une adhésion à l'association des coeurs simples.
    Des histoires courtes qui s'enchaînent comme autant de pépites constitutives de son oeuvre, des histoires qui forment une mosaïque temporelle au sein de laquelle les individus, les lieux ou les situations du réel vont chavirer, chanceler, pour rejoindre sous sa plume le monde si singulier de ses personnages.

  • L'annulaire

    Yôko Ogawa

    dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, m.
    deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d'insolites bribes de leur histoire : des ossements d'oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice...
    amputée d'une infime partie d'elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.

  • Dans La Piscine, la fille du directeur d'un orphelinat partage la vie quotidienne de tous les enfants de l'institution, exactement comme si elle non plus n'avait pas de famille. Deux plaisirs compensent cette situation : regarder un adolescent s'exercer à plonger dans la piscine, et tourmenter une petite fille de cinq ans dont les pleurs lui procurent un apaisement inégalable...
    A un cousin éloigné qui sollicite son aide pour trouver un logement, une jeune femme recommande le foyer où elle vivait lorsqu'elle était étudiante. Le directeur, personnage singulier qui a, dans un accident, perdu tous ses membres sauf une jambe, leur fait savoir que l'établissement est désormais à peu près désert et qu'un processus de dégradation est à l'oeuvre... Tel est le thème des Abeilles.
    Dans le livre éponyme, la narratrice observe la grossesse de sa soeur d'un oeil scrutateur et cruellement objectif, qui relève avec plaisir les désagréments et petits tracas de sa vie quotidienne. Le principal souci de ces mois de grossesse est la nourriture...
    Ces trois textes ont en commun leur simplicité et leur concision exemplaires. On y retrouve également des personnages à la naïveté cruelle, à la perversité troublante, et des situations à l'étrangeté menaçante. Yôko Ogawa manipule merveilleusement l'art de la description, qui s'arrête sur les détails pour révéler des émotions profondément enfouies dans l'inconscient des êtres.

  • La marche de Mina

    Yôko Ogawa

    L'amitié de deux cousines dans le Japon des années 1970. Mina et Tomoko ont douze ans. L'une est passionnée de littérature, a un père d'origine allemande et se déplace à dos d'hippopotame. L'autre découvre ainsi l'empreinte de la lointaine Europe et le regard pour elle si particulier de ceux qui viennent d'ailleurs.

  • Tristes revanches

    Yôko Ogawa

    Une jeune femme entre dans une pâtisserie pour acheter un gâteau d'anniversaire à son fils mort depuis longtemps.
    Dans l'arrière-boutique, une vendeuse pleure en silence. un journaliste arrive dans un hôtel sur lequel il doit écrire un article. dans sa chambre s'est installée une femme. elle s'en va aussitôt mais ne quitte pas les abords de l'hôtel. elle rôde en portant un curieux fardeau. une maroquinière confectionne pour une chanteuse de bar un sac délicat et précieux dans lequel la belle va déposer son coeur, cette étrange excroissance placée non pas à l'intérieur mais à l'extérieur de sa cage thoracique.
    Dans chacune de ces onze nouvelles, un détail, parfois infime, évoque la précédente ou annonce la suivante pour former une spirale, une chaîne soutenant la trame du livre et créant ainsi une subtile mise en abyme.

  • Sept nouvelles autour de ce que la narratrice appelle la "forêt des mots", c'est-à-dire ce sas souvent étrange qui accompagne l'écriture, la naissance des romans ou le long voyage des histoires parfois issues de l'enfance des écrivains.
    Quelle est cette étrange forêt des mots à travers laquelle l'écrivain ne cesse de se perdre avant de trouver son histoire ? C'est la question que se pose la narratrice de ce recueil de nouvelles. Sous différentes voix, à différents âges, elle découvre la nécessité d'écrire et se confronte à l'indicible alchimie de la création.
    Suite à un accident, une jeune femme prend le train chaque jour pour se rendre à l'hôpital. Chaque jour, elle voyage avec une autre femme qui finit par lui raconter l'étrange histoire de son petit frère. Impressionnée par la gravité romanesque de ce récit, la jeune convalescente se lance dans l'écriture. Mais sait-elle vraiment d'où vient ce désir d'écrire oe
    Une petite fille mal-aimée par sa mère s'attache à l'employée de maison. La jeune femme pleine de fantaisie est particulièrement attentive aux talents romanesques dont fait preuve l'enfant depuis que son père lui a offert un stylo plume.
    Une romancière commet l'erreur de se présenter à un étrange individu qui, sur un banc public, est plongé dans la lecture de l'un de ses romans.
    Une romancière part sur une île pour des raisons professionnelles. Totalement seule suite à une tempête, la jeune femme croise un vieillard ayant dans le cou, juste au-dessous de l'oreille, la très belle empreinte d'une aile de papillon.
    Une jeune femme tente de conduire son labrador chez le vétérinaire. Sous une pluie battante, elle pousse le landau de son bébé et s'épuise en tirant l'animal affaibli. Quand soudain une voiture s'arrête à sa hauteur.
    Quelles sont ces petites poches d'eau qui parfois se glissent sous notre peau, quelles sont ces histoires que notre corps protège et puis soudain libère oe...
    Sept nouvelles à travers lesquelles se glisse une touche autobiographique, caractéristique assez rare dans l'oeuvre de Yoko Ogawa. Sept histoires autour de la genèse de l'écriture et de l'envoûtante forêt des mots que parcourt indéfiniment l'écrivain pour atteindre au plus profond de lui-même les rives de l'imaginaire.

  • Huit livres écrits entre 1994 et 2006 dans lesquels on retrouve l'univers onirique et étrangement inquiétant de l'auteur japonaise aujourd'hui mondialement connue qu'est Yôko Ogawa. Au sommaire de ce thesaurus faisant suite au tome 1 paru en 2009 : Cristallisation secrète, Les Tendres Plaintes, Le Musée du silence, La Bénédiction inattendue, Les Paupières, La Formule préférée du professeur, La Mer et La Marche de Mina.

    CRISTALLISATION SECRÈTE (Paru au Japon en 1994 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1165) Alors que les choses et les créatures, les souvenirs et les émotions disparaissent selon un principe d'effacement diaboliquement orchestré, une jeune romancière tente de sauver son éditeur des griffes d'une effroyable milice. Cet homme est en danger car il fait partie de ceux qui n'ont pas encore perdu la mémoire.
    Dans ce magnifique roman, oppressant, kafkaïen, Yôko Ogawa explore les ravages de la peur pour construire une subtile métaphore des régimes totalitaires.
    LES TENDRES PLAINTES (Paru au Japon en 1996 - Actes Sud, 2010 ; Babel n° 1268) Ruriko est calligraphe. Fuyant la brûlure des infidélités de son mari, elle part s'installer seule en pleine montagne, dans le chalet de ses parents. Elle rencontre Nitta, pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. L'histoire simple, intense et profonde d'une femme en crise entre deux amours, entre deux vies. Sur l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives, un roman riche en mystère où s'épanouit tout l'art d'Ogawa.
    LE MUSÉE DU SILENCE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2003 ; Babel n° 680) Embauchée par une vieille femme étrange, un jeune muséographe assure la conservation d'objets, de reliques, de vestiges, qui tous ont été volés quelques heures après la mort de leur propriétaire. Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.
    LA BÉNÉDICTION INATTENDUE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 1100) De la fascination d'une convalescente pour le destin d'un petit champion de natation à l'erreur d'une romancière se présentant spontanément à son lecteur ; des écrits d'une enfant solitaire à l'inquiétude d'une mère pour un chien aux yeux tristes ; de l'empreinte délicate d'une aile de papillon à la réminiscence d'un sentiment perdu : ce livre est un véritable miroir de l'oeuvre de Yôko Ogawa. Sept récits, sept révélations subtiles, comme autant de voiles à soulever pour atteindre les rivages de l'imaginaire.
    LES PAUPIÈRES (Paru au Japon en 2001 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 982) Dormir, s'endormir, s'éloigner du monde pour retrouver le chemin de l'inconscient, très simplement. Tel est le propos de ce recueil de nouvelles à lire, en écho à La Bénédiction inattendue, comme une très belle introduction à l'oeuvre de Yôko Ogawa.
    LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR (Paru au Japon en 2003 - Actes Sud, 2005 ; Babel n° 860) Une subtile histoire d'amour et de filiation entre un vieux monsieur mathématicien dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture - catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes -, un enfant passionné de base-ball et sa mère.
    LA MER (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1215) Sept nouvelles poétiques et tendres dans lesquelles le lecteur découvre l'univers rêveur de Yôko Ogawa, cette proximité entre les différentes générations ; ces héritages spirituels soudainement transmis à un inconnu et ces êtres délicats qui libèrent des souvenirs effacés en offrant un coquillage, une aile de libellule, une mue de papillon.
    LA MARCHE DE MINA (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2008 ; Babel n° 1044) L'amitié de deux cousines dans le Japon des années 1970. Mina et Tomoko ont douze ans. L'une est passionnée de littérature, a un père d'origine allemande et se déplace à dos d'hippopotame. L'autre découvre ainsi l'empreinte de la lointaine Europe et le regard pour elle si particulier de ceux qui viennent d'ailleurs. Voici le premier roman de Yoko Ogawa consacré aux thèmes de l'étranger et des origines. Avec La Formule préférée du professeur, il s'inscrit dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

  • Oeuvres t.1

    Yôko Ogawa

    A travers quatorze textes qui couvrent dix ans d'écriture, toute l'ambiguïté rêveuse, l'inquiétante étrangeté, la poétique concision qui irriguent les récits de cette étonnante et prolifique auteure japonaise, devenue parfaitement culte en France.

    La Désagrégation du papillon Une parfaite chambre de malade Un thé qui ne refroidit pas La Piscine Les Abeilles La Grossesse Le Réfectoire un soir La Petite Pièce hexagonale Amours en marge L'Annulaire Hôtel Iris Tristes revanches Parfum de glace.

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