• A la fin du siècle dernier, sur les plaines du nebraska recouvertes à l'infini des mêmes herbes rouges, s'implantent de nombreuses familles d'immigrés européens.
    Russes, tchèques, norvégiens se regroupent en communautés sur des terres qui restent à défricher. jim a dix ans lorsqu'il vient vivre chez ses grands-parents, propriétaires d'une ferme. a quelques kilomètres s'installe la famille d'ántonia, immigrés tchèques partagés entre la nostalgie de l'europe et l'espoir en l'amérique. jim et ántonia, unis par les mêmes valeurs humaines et une amitié mi-fraternelle, mi-amoureuse, connaîtront des destins différents.
    L'image d'ántonia reste gravée dans la mémoire comme l'incarnation de la ténacité des pionniers, auréolée de la nostalgie du passé " précieux, incommunicable ".

    Willa cather a fait sous la mitraille de l'émotion, avec des odeurs de foin et des couleurs fortes, le roman vital de l'amérique à ses débuts. c'est virgile élégiaque, perdu dans les herbes du nebraska.
    Manuel carcassonne, le figaro

  • Dans une langue simple, au rythme presque biblique, willa cather nous livre une amérique plus proche de whitman que de james, en marge de la modernité et des métropoles, un univers d'une humanité bienveillante oú chaque mot durement conquis s'efforce de traduire les sentiments des petites gens.

    Tourmentée par la mort imminente de sa mère, willa cather signe avec ces trois nouvelles, inspirées par le nebraska de son enfance, ses textes les plus autobiographiques. elle confie à l'une de ses amies : " notre présent est en ruines mais quel beau passé nous avons eu ".
    Toute l'oeuvre de willa cather baigne dans une atmosphère d'une émotion infinie, sans tristesse, mais qui met perpétuellement les larmes aux yeux.

    Mathieu lindon, libération une manière d'écrire comparable aux recherches picturales pour aplatir le sujet sur la toile et ne plus faire vibrer que l'émotion pure.
    Danièle pitavy-souques, le monde.

  • Le chant de l'alouette retrace le parcours de Thea Kronborg, cantatrice américaine d'origine scandinave, depuis Moonstone, une ville poussiéreuse du Colorado jusqu'à sa consécration au Metropolitan Opera.
    Thea a douze ans lorsque commence le roman. Fille d'une famille de sept enfants dont le père est pasteur méthodiste, elle prend des cours de piano avec un vieux professeur alcoolique et fait l'admiration déjà de deux hommes bien plus âgés qu'elle : le Dr Howard Archie qui la suivra tout au long de sa carrière et Ray Kennedy un cheminot autodidacte qui attend ses dix-sept ans pour la demander en mariage. Thea grandit dans cet univers protégé, insouciante et libre. Dans sa petite chambre sous les toits, elle rêve de partir étudier la musique en Allemagne.
    C'est finalement à Chicago qu'elle ira et commencera le chant. Jugée pataude, découragée par le cynisme de certains c'est au cours d'un séjour dans un ranch qu'elle se révèle à elle-même. Devenir une artiste, découvre-t-elle, c'est être capable simultanément d'abandonner son corps à l'expérience sensuelle et de contrôler cette expérience.
    Dix ans plus tard Thea est une diva. Pourtant elle apparaît blessée, isolée par son don et rêve parfois d'un mari qui s'occuperait d'elle.
    Magnifique portrait de femme, éloquente description de la vocation d'artiste, Le chant de l'alouette de surcroît fait montre d'une puissante amplitude. Qu'elle évoque Moonstone, Chigaco, New York ou la beauté des paysages, Willa Cather comme personne fait vibrer le monde et nous convie encore une fois à une éblouissante démonstration de ce qu'elle appelait la création véritable : "ce qui est ressenti sur la page sans y être spécifiquement nommé".

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