• La robe blanche

    Nathalie Léger

    En 2008, la jeune artiste Pippa Bacca a décidé de se rendre en autostop de Milan à Jérusalem en robe de mariée, pour porter un message de paix dans les pays en conflit. Mais elle sera violée et assassinée par un homme qui l'avait prise en voiture au sud d'Istanbul. Candeur ou sacrifice ? Ce qui bouleverse et captive Nathalie Léger dans cette histoire vraie, c'est la volonté de l'artiste de réparer par son voyage quelque chose de démesuré et qu'elle n'y soit pas arrivée. Cette ambition trouve un écho dans la vie personnelle de l'écrivaine. Car sa mère attend d'elle la même chose : de réparer son histoire blessée en lui faisant raconter son mariage, exposer l'injustice de son divorce. Le père, l'ayant quittée dans les années 1970 pour une autre femme, avait réussi à faire prononcer leur divorce à ses torts exclusifs, à elle, l'épouse abandonnée. La mère demande à sa fille d'écrire l'ordinaire de ce qui s'est passé, l'échec, l'abandon, la douleur. Mais si une robe de mariée ne suffit pas à racheter les souffrances de l'humanité, les mots pourront-ils suffire à rendre justice pour les larmes d'une mère ?

  • L'exposition

    Nathalie Léger

    À l'occasion d'un projet d'exposition sur La Ruine, la narratrice relate sa rencontre inopinée avec une héroïne oubliée du second Empire, la comtesse de Castiglione, dont elle tente de retracer l'existence à partir d'un recueil de photographies retrouvées dans sa bibliothèque. Cette femme, célèbre pour sa grande beauté, sa fatuité, sa fin lamentable, a entretenu un rapport très étrange avec son image : plus encore qu'aucun de ses contemporains, plus encore que Montesquiou, le modèle du Charlus de Proust.
    La Castiglione a confié le sens de son existence à la photographie. Ancêtre des héros modernes de l'autoportrait, cette beauté fatale se rendait chez le photographe comme certains vont au coffre y placer leur bien. Et pourtant, la beauté semble avoir déserté ces clichés ; ne subsiste qu'une tristesse et une solitude effroyables. Croyant exposer sa seule beauté, elle demanda à la photographie de l'accompagner dans le ravissement comme dans l'abjection et surexposa l'effondrement de son existence.
    Sous les bibelots d'un Empire à son apogée, la narratrice croise quelques questions toutes contem- poraines : l'effroi de son propre corps, la peur du regard de l'autre, l'attachement à quelques vestiges qui rassurent. Une image en fait surgir une autre, une femme en rappelle d'autres : l'autre femme, cruelle ou désirable. L'écriture, comme la photographie, permet de s'avancer au seuil de l'ombre, à la recherche de la mère tant aimée et de l'enfant qu'elle fut.

  • « L'amour a fait naufrage. À Paris, sous les toits, la narratrice grave son calendrier comme Crusoé. Elle échafaude aussi d'audacieuses architectures de petites cuillers. Dans son hamac, elle accueille enfants ou amants, échos du dehors, rêves ou cauchemars du dedans. Ce livre est son journal doux-amer, tissant auto et surfiction, réalisme magique, calligrammes et contes cruels, il s'adresse à celui/celle qui le lira peut-être (dis, tu es là ?). Rien ne s'efface, tout s'entrechoque au fil de quatre saisons plus une : quinze ans après, tout a changé. Mais le temps est circulaire et farceur... » N.L.C.

  • Imagine. C'est l'été, les vacances. Tu visites la plus belle grotte préhistorique. Le lendemain, un orage éclate. Une sorte de faille spatio-temporelle s'ouvre, et tu remontes le fleuve du temps, à toute allure. Tu es dans la préhistoire ! Tu décides de remonter le fil des générations pour percer le mystère de tes origines. C'est le début d'une incroyable série de rencontres avec des êtres vivants de plus en plus lointains et différents de toi. Chacun d'eux te révèle ce qu'il a transmis à ses descendants, et donc à toi : Marcher debout. Porter ses bébés dans son ventre et échapper aux dinosaures. Vivre hors de l'eau... Tu rencontres même la toute première cellule vivante - dont tu descends, comme toutes les plantes et les animaux. Tu poursuis ton voyage plus loin encore. Car pour savoir d'où tu viens, il faudra remonter jusqu'au début du monde.

  • Ce livre nous invite à une visite aussi fabuleuse que documentée de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc, où notre espèce inscrivit un trésor, il y a 36 000 ans.
    Nathalie Léger-Cresson restitue, avec la passion joyeuse de sa narratrice, la découverte du lieu où résonne la présence des premiers artistes de l'humanité. On plonge alors dans ce chaudron d'émotions, dans cet incubateur de fictions, et les descriptions à la fois précises et jubilatoires ouvrent sur des récits. Les personnages dessinent certaines figures récurrentes: trio d'une mère et de ses deux filles, jeune homme en danger de mort, couple d'amoureux... Leur récurrence à travers le temps et les jeux du langage nous fait toucher, comme rarement dans un livre, la bouleversante permanence de notre espèce.

    «Lire, écouter les savants, prendre le train pour visiter la reconstitution, faire défiler les documentaires et les visites virtuelles à en avoir le tournis... quand c'est à la réalité que tant nous aspirons. Au moins, à voir vraiment de nos vrais yeux la vraie trace réelle d'une présence évanouie. Rien, rien n'y fait, notre désir est impossible à assouvir. Alors chacun s'agite, repeint sa maison, imprime des mains au plafond, s'enterre trois mois dans son jardin, ou écrit. Comme, enfant, on se construit des cabanes, j'ai bricolé ma grotte Chauvet avec les moyens du bord. En écrivant toutes les histoires et bouts de ficelles qui me poussaient de partout, tous les jours, tout le temps.» N. L.-C.

  • Un album ludique pour une première approche des mots, l'apprentissage de la lecture et la découverte des dictionnaires, ces énormes volumes qui font un peu peur aux enfants, avec leurs termes parfois compliqués.

  • La Menace au sérieux joue de différents discours intérieurs qui peuvent s'entrechoquer chez un être, après rupture amoureuse. H et F, l'homme et la femme qui se parlent, sont deux amants qui se retrouvent dans un "au-delà" de l'amour. Ils avancent sur le fil des mots et la langue parfois se cherche ou dérape, entre calembours et lyrisme. Le deuxième personnage féminin M, la Menace, terrorisante, ordonne d'oublier.

  • "Encore et Angkor", un titre joueur et grave, où vibrent la nostalgie et la promesse, le désir charnel, le passé et l'avenir de notre espèce. Un sommaire énigmatique en guise de carte d'état-major, et le voyage commence. D'abord sous le signe d'une transmission mère, fille, mère... Puis nous voilà entraînés dans une traversée où surgissent fragments poétiques, récits, scènes familières ou incongrues : mouvements d'une vie, de femme, qui trouvent leurs échos dans l'Histoire, jusqu'à l'utopie d'une migration de notre monde vers une terre nouvelle. Au centre, la visite d'Angkor, splendeur insaisissable mais entrouverte par un guide écrit à la manière des anciens archéologues. Pour la promeneuse s'y réfléchissent tous les regrets, tous les élans.

  • L'ADN, vous connaissez ? Non, vous croyiez connaître, et il faut vous laisser entraîner dans cet allègre petit conte philosophique, dans cette controverse entre une elle, admiratrice enthousiaste du vivant et de son inépuisable créativité : « C'était bien fait ! » et un lui, l'Amoureux, sceptique presque morose : « La mort pourrit la vie. » Vous découvrirez alors les vertus de cette molécule nichée au coeur des cellules des mouches, pissenlits, pins parasols, anchois, éléphants... et humains, et les aventures de la jeune biologiste, Rosalind Franklin, qui nous la dévoila. Tout est bon dans cette controverse pour parvenir à convaincre l'autre, inventaires et descriptions poético-drolatiques mais documentés, souvenirs très intimes, fictions assez plausibles, récits fantastiques ou fables mythologiques, le tout emporté dans le grand mouvement hélicoïdal à deux brins qui est la langue de l'ADN.

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