• C'est avec Héloïse qu'elle avait construit le premier foyer, l'originel, celui qu'incessamment on imite. La chambre rouge ; les animaux des fables de La Fontaine au mur, toile de Jouy rouge et blanche ; les deux lits jumeaux, barreaux en cuivre, draps brodés aux initiales de sa grand-mère. Après s'être brossé les dents dans le lavabo en faïence où seule l'eau froide coulait, puis les pieds dans le bidet - il y en avait dans chaque salle de bains - à l'aide d'une brosse souple pour enlever les grains de sable et petits cailloux ramenés des plages de la Dordogne, après avoir enfilé les chemises de nuit cousues par la grand-mère, elles ouvraient grand les draps et commençaient par faire semblant de dormir pour éloigner les adultes. Une fois les lumières éteintes, des mains se cherchaient, c'était le signal. Lucie fouillait alors sous l'oreiller, entre le matelas et les barreaux en cuivre, la lampe de poche qui y était cachée.

  • Magda

    Mazarine Pingeot

    Sur l'écran de télévision, les images défilent. Et les mots tombent, terribles : « attentat », « déférée au parquet », « SNCF » ... On ne dit pas son nom, mais Magda a compris. Elle s'écroule dans le vieux fauteuil. Alice... Son Alice. Sa fille... une terroriste ? Certes, les convictions de la jeune femme ne sont un mystère pour personne. Mais de là à passer à l'acte ? Assaillie par les journalistes, la famille tâche de tenir le choc.
    Mais quelle responsabilité peut bien porter Magda ? Quel passé clandestin a-t-elle dissimulé ? Et quel en sera le prix à payer ?

  • Mazarine Pingeot, de l'ombre à la lumière, du silence à l'écriture, et d'un président socialiste à l'autre...

  • Comment elle, la mère dévouée, l'épouse aimante, pilier d'un couple admiré de tous, a-t-elle pu devenir cette meurtrière ? Comment a-t-elle pu dissimuler sa grossesse aux yeux de tous, sans que personne ne s'en aperçoive durant neuf mois ? Quand la folie et le mensonge ont-ils commencé ? En prison, dans une lettre à son mari, une femme raconte comment elle a tué son enfant.

  • Mara

    Mazarine Pingeot

    Tanger la blanche.
    Un mausolée improvisé sur un toit. Deux corps nus enlacés, Mara et Manuel, entre la vie et la mort. Le couple parfait a tenté de mettre fin à sa légende. Hicham, qui les découvre et les sauve, voudrait comprendre, pour arracher Mara à cette passion qui la consume. Ainsi s'ouvre l'histoire d'une jeune femme entourée de mystère, ignorant tout d'elle-même. Au terme d'une éprouvante quête des origines, d'une rive à l'autre de la Méditerranée, c'est dans une Algérie déchirée par la guerre civile qu'elle découvrira enfin la vérité sur son passé.
    Le secret, le trio, la filiation, on retrouve ici tout l'univers de Mazarine Pingeot. En faisant le récit d'une passion interdite, la romancière confirme son goût pour les amours tragiques et flamboyantes. Sur fond d'une page noire de l'Histoire, elle tisse un roman incandescent doublé d'un inoubliable portrait de femme.

  • Qui ne rêverait d'interroger René Descartes aujourd'hui et de lui poser des questions sur les extravagances de la religion, les excès du progrès technique, la naissance de l'écologie, la liberté ? C'est à Amsterdam, puis à Stockholm, que Mazarine Pingeot a choisi de rencontrer René Descartes, peu de temps avant sa mort.
    Au cours de leur entretien, elle l'entraîne à expliciter son oeuvre et montre comment il sort la philosophie de sa prison théorique pour en faire une manière de vivre. René Descartes nous invite à mettre en doute tous nos préjugés afin d'accéder à une pensée propre, à nous affranchir des passions qui nous entravent, à nous libérer du désir de gloire et de vanité, à rechercher la vérité qui ne peut être que notre vérité.
    Plus de trois siècles après sa disparition, Descartes n'a rien perdu de sa modernité. Converser avec lui, c'est regarder autrement notre société dans la perspective d'y vivre plus libre.

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