• La maternité symbolique a toujours existé : mettre au monde des idées, des oeuvres d'art, des livres, l'enfant intérieur ; aider à grandir, prendre soin de l'autre, guérir les âmes... La culture patriarcale le sait qui a limité cette maternité symbolique aux figures de Vierges rédemptrices et miséricordieuses, entretenant la séparation entre le corps (maternel) et l'esprit (divin). Ce qui explique pourquoi la maternité symbolique est si peu connue.
    Si, dans les années 1970, on a pu croire que l'accès des femmes à la maitrise de leur fécondité allait permettre de vivre enfin la libre maternité, il a fallu déchanter. Les techniques de procréation artificielle ont repris le contrôle du corps des femmes, réactivant la hantise de la stérilité tout stigmatisant les femmes qui n'ont pas d'enfants.
    Des cultes aux déesses mères à la maïeutique Socratique en passant par Thérèse d'Avila, Jeanne Guyon ou, plus près de nous la Mère d'Auroville, Niki de Saint Phalle, l'éco-féminisme et les Chamanes, Marie-Jo Bonnet ouvre le débat en démontrant que la maternité symbolique fait partie de l'expérience universelle. Elle est la fois une alternative à la maternité obligatoire et un moyen d'exprimer son élan créateur, qu'il soit mystique, artistique ou guérisseur.

  • Née à Paris en 1893, petite fille du général Morris, le conquérant de l'Algérie, et d'une Juive de Constantine par son père, d'une grande famille levantine, par sa mère, Violette Morris s'est d'abord illustrée sur le Front comme estafette puis comme une sportive de haut niveau : boxe, lancer du poids, javelot, natation, football féminin, vélo, moto et course automobile. Mais ses " excentricités " ne plaisent pas à tout le monde. Non seulement elle aime les femmes, mais s'habille en homme et se fait couper les seins. En 1930, elle perd son procès contre la Fédération Féminine Sportive de France qui lui a retiré sa licence sous prétexte qu'elle donne un mauvais exemple aux jeunes filles.
    Puis les événements violents s'accélèrent. En 1937, elle tue un homme sur sa péniche avec une arme à feu. Acquittée pour légitime défense, elle n'en devient pas moins une femme dangereuse... image qu'elle authentifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et Allemands sous l'Occupation. Elle dirige un garage réquisitionné par la Luftwaffe, devient le chauffeur du secrétaire général du gouvernement puis fait du marché noir en Normandie et sera accusée d'être agent de la Gestapo... avant d'être exécutée par la Résistance en 1944. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie invite à rouvrir le dossier noir de celle qui était surnommée "la hyène de la Gestapo".

  • Les deux amies

    Marie-Josèphe Bonnet

    • Blanche
    • 18 Octobre 2000

    Si l'art a pour fonction de montrer ce que la société ne voit pas ou ne veut pas voir, x'est probablement dans le registre de l'éros lesbien qu'il nous réserve les plus étonnantes surprises.
    En effet, c'est une véritable tradition du dévoilement du couple de femmes qui s'est élaborée au cours des siècles, tradition qui prend sa source dans la plus haute antiquité avec les déesses doubles, pour devenir, avec la renaissance, le vecteur d'un nouvel archétype de la liberté sexuelle féminine dont le portrait de gabrielle d'estrées et sa soeur nues dans leur bain est le témoignage le plus audacieux.

    Que montre un artiste lorsqu'il représente un couple de femmes enlacées ? c'est la question que pose l'auteur en regardant près de 150 tableaux. s'agit-il, comme on le pense ordinairement, d'un voyeurisme masculin sans conséquence ? s'agit-il de dévoiler l'éros lesbien, et avec l'émergence des femmes dans l'art, un regard différent sur le sujet ? s'agit-il enfin de construire un espace symbolique où le désir féminin s'émancipe de la loi phallique ?
    Nous verrons à travers un cheminement historique très complet comment chaque époque et aussi chaque artiste tente de révéler un désir féminin réputé invisible au moyen d'une image réputée muette.

    Mis à la mode par verlaine au xixe siècle, " les deux amies " ont été un des grands thèmes iconographiques de ce siècle traité par des artistes aussi différents que rodin, zadkine, picasso, delvaux, man ray, tamara de lempicka.
    En conclusion, l'auteur montre que les lesbiennes ont encore à se batte pour obtenir leur représentation dans la cité, à la fois comme lesbienne et comme femme.

  • En se basant sur les témoignages de survivantes des camps, rvlarieselo Bonnet dresse le portrait de l'amitié féminime qui unît les femmes dans les camps et leur permit de supporter la vie quotidienne au sein des camps nazis et de survivre.

  • Le mariage considéré comme un progrès social : c'est un comble.

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