• Paula Modersohn-Becker est une peintre allemande de la fin du XIX ème siècle, célèbre enAllemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bienqu'elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l'avant-garde artistique et littéraire. Néeen 1876 et morte en 1907 des suites d'un accouchement, elle est considérée comme l'une desreprésentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. Elle n'aimait pastellement être mariée, elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettressont ambigus. La biographie que lui consacre Marie Darrieussecq reprend tous les élémentsqui marquent la courte vie de Paula Modersohn-Becker. Mais elle les éclaire d'un jour à la foisféminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi leshommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke) et sondésir d'expression et d'indépendance.

  • Qu'est-ce qu'un bébé ?
    Pourquoi si peu de bébés dans la littérature ?
    Que faire des discours qui les entourent ?
    Pourquoi dit-on « bébé » et pas « le bébé » ?
    Qu'est-ce qu'une mère ? Et pourquoi les femmes plutôt que les hommes ?

  • «J'ai ouvert l'oeil et boum, tout m'est apparu. C'était limpide. Nous étions presque tous accompagnés par nos moitiés. Et ma moitié à moi, à quel point elle n'était pas autonome, ça faisait peur. Une chochotte.» Une femme écrit au fond d'une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu'elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait, et qu'elle tentait de soigner un homme.

    Cette dystopie, qui se situe dans la postérité du Meilleur des mondes ou de 1984, nous raconte une histoire de trafic d'organes, de gérontocratie, de totalitarisme sanitaire et politique. Marie Darrieussecq, avec ce personnage très légèrement en retard sur les événements, et à ce titre bouleversant, renoue avec la veine de Truismes.

  • Truismes

    Marie Darrieussecq

    « Le directeur a été très gentil avec moi le jour de mon embauche. J'ai eu la permission de gérer ma parfumerie toute seule. Ça marchait bien. Seulement, quand les premiers symptômes sont apparus, j'ai dû quitter la parfumerie. Ce n'était pas une histoire de décence ni rien ; c'est juste que tout devenait trop compliqué. Heureusement, j'ai rencontré Edgar, et Edgar, comme vous le savez, est devenu président de la République. C'était moi, l'égérie d'Edgar. Mais personne ne m'a reconnue. J'avais trop changé. Est-ce que j'avais raté la chance de ma vie ? En tout cas, je ne comprenais toujours pas très bien ce qui m'arrivait. C'était surtout ce bleu sous le sein droit qui m'inquiétait... »
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  • Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L'homme est noir, la femme est blanche. Et alors?»

  • " mon mari a disparu.
    Il est rentré du travail, il a posé sa serviette contre le mur, il m'a demandé si j'avais acheté du pain. il devait être aux alentours de sept heures et demie. " le mari sans visage ne reviendra pas. sa femme va attendre et l'attente va tout miner, la disparition va s'étendre à la vie, aux êtres qui entourent la narratrice, et aussi à son corps. une histoire de fantômes qui fait vaciller bien des certitudes.
    " ecrire c'est être entre deux mondes, là oú rien n'est certain mais oú tout est possible, oú circulent les fluides, les sensations. ".

  • Le pays

    Marie Darrieussecq

    une femme rentre au pays.
    elle est fille, petite-fille, épouse, mère et soeur. ce dernier point est le lieu des secrets. cette femme court, déménage, achète des meubles et en laisse d'autres, se pose quelques mois et écrit je de temps en temps. la maison des morts l'attire comme un casino attire un joueur, mais son mari est contre, heureusement. c'est un petit pays, charmant et balnéaire, mais dont les traditions funéraires ne sont pas pour attirer les touristes, il faut en convenir.
    un pays natal, c'est une parcelle d'un sol. c'est aussi une muqueuse utérine, c'est une langue, c'est la mémoire des morts, c'est une histoire et une géographie. c'est un roman d'amour, et des cartes postales. mais est-ce que ça existe, un pays sans etat ? un pays coupé en morceaux et une femme enceinte au cerveau politique avec un humour très subtil, une gravité et une précision quasi scientifique.
    marie darieussecq nous permet d'éprouver toute la métaphysique des origines, la question de la filiation. et livre une analyse perspicace des effets de la solitude et du déracinement.

  • White

    Marie Darrieussecq

    Une base scientifique européenne posée quelque part dans l'immensité blanche en Antarctique, le « Projet White ». Des chercheurs, des glaciologues, mais aussi un cuisinier, un intendant, un chauffagiste, Peter Tomson, et une standardiste, Edmée Blanco, la seule femme, s'y côtoient, enfermés pour six mois, le temps d'une mission. Tout ce petit monde transporte ses propres fantômes et croise ceux qui rôdent, nombreux, au pôle Sud.
    De l'aventure ! Du chaud ! Du froid !
    Des bons et des méchants ! De l'amour !
    Jusqu'à quel point faut-il se débarrasser des fantômes pour faire l'amour ?

  • Le mal de mer

    Marie Darrieussecq

    Après l'école, la petite reste une heure ou deux chez sa grand-mère, en attendant que sa mère vienne la chercher.
    Elle goûte en regardant des documentaires à la télévision.
    Ce jour-là, la robe que porte sa mère est différente. et au lieu de rentrer à la maison, les voilà qui s'embarquent toutes deux sur l'autoroute.
    Elles arrivent au bord de la mer. les recherches ont déjà commencé.

  • La famille johnson : jeanne, l'aînée des soeurs, qui vit à buenos aires, anne, à paris, et eleonore, dite nore, encore chez sa mère, leur père, john, un anglo-irlandais qui vit à gibraltar et leur mère, une basque, qui s'est remariée, sans pour autant avoir réussi à vendre la maison familiale.
    Nous sommes dans leur cerveau. il y a un fantôme.

  • Quand Marie Darrieussecq écrivait Le Mal de mer (P.O.L, 1999), elle aurait voulu en dire plus sur les vagues. Mais ça aurait formé des excroissances, de trop grosses vagues à la surface du texte. Ça sortait du roman, ça aurait cassé son rythme, ça formait nouvelle. Ça se sédimentait autrement. Alors elle a écrit Précisions sur les vagues. Un catalogue encyclopédique de vagues, décrivant la façon dont elles se forment. C'est un lieu important : elles font la jointure entre l'eau et la terre. La vérité est dans le poème, autant que dans la science.

  • « Paula est peintre et elle voit que le modèle (la modèle) s'est endormie allongée le bébé face à elle. Elle fait plusieurs dessins au crayon, et peint deux toiles. Les seins ont de larges auréoles, le pubis est noir et fourni, le ventre est rond, les cuisses et les épaules solides. Dans les dessins, la mère et l'enfant se câlinent du bout du nez ; dans les toiles ils sont alanguis et symétriques, tous deux en position foetale, la grande femme et le petit enfant. Ni mièvrerie, ni sainteté, ni érotisme : une autre volupté. Immense. Une autre force. » M.D.

    Marie Darrieussecq a contribué à l'exposition consacrée à Paula Modersohn-Becker par le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris (avril-août 2016). Première du genre, celle-ci a rassemblé une centaine de tableaux ainsi que des carnets et lettres de l'artiste. Elle a mis en valeur l'importance de Paris dans la vie et la formation de la jeune Allemande, qui y a rencontré les plus grands : Rodin, Cézanne, Gauguin, le Douanier Rousseau, Picasso, Matisse.

  • Caroline est agent secret. Dans le cadre d'une mission non définie, elle se rend enfin sur l' " Ile " pour rencontrer le " boss ". Un enchaînement inéluctable la ramènera sur les marches du musée de la fondation Moreau. On pense à l'île du docteur Moreau. Des Métamorphoses, une
    certaine " Caroline ". Agent secret ? Fantôme du passé ? On ne sait. Et tout cela finit devant la mer. Inexorablement. Marie Darrieusecq a écrit une grande nouvelle fantastique, illustrée par Fabrice Neaud. On pensera à Hoffmann, à Jacques Sternberg. On la retrouvera elle, surtout. Avec ses obsessions. Malignes et oppressantes...

  • « Dans ce pays où la raison et les coutumes régissent tout, les villageois les plus censés semblent soumis à la présence de forces irrésistibles. Si Claire avait vécu loin de la forêt - loin du pouvoir étrange des forêts - son destin aurait-il été différent prise entre deux hommes et deux désirs ? Après Claire dans la forêt, Penthésilée, premier combat, est un conte à la manière de Kleist, une rêverie sur le mythe des amazones. Claire et Penthésilée : deux contes, deux jeunes filles, pour une suite lyrique. » M.D.

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