• Un amour de swann

    Marcel Proust

    Un amour de Swann est un fragment de À la recherche du temps perdu, la deuxième partie de Du côté de chez Swann.
    Son sujet en est l'amour et la jalousie qu'éprouve Swann pour Odette de Crécy. C'est pourquoi il a depuis toujours fait l'objet d'éditions séparées, comme s'il constituait un petit roman autonome.

  • «Nouvelles mondaines, histoires tendres, vers mélodiques, fragments où la précision du trait s'atténue dans la grâce molle de la phrase, M. Proust a réuni tous les genres et tous les charmes. Aussi les belles dames et les jeunes gens liront avec un plaisir ému un si beau livre».
    Léon Blum.

    «Il n'est pas simple de louer M. Marcel Proust : son premier livre, ce Traité des Plaisirs et des Jours, qu'il vient de publier, marque une si extrême diversité de talents que l'on peut être embarrassé d'avoir à les noter tous à la fois chez un aussi jeune écrivain. Il le faut cependant. Il faut même avouer que ces dons si variés ne se contrarient point, mais, au contraire, forment un assemblage heureux, brillant et facile».
    Charles Maurras =.

  • "Du côté de chez Swann" et "Le Temps retrouvé", début et fin d'"À la recherche du temps perdu", sont deux arches, à la construction parallèle, sur lesquelles s'appuie le grand oeuvre de Proust. Ces deux textes définissent ce qu'est "La Recherche", l'histoire d'une vocation, le salut par l'écriture.
    Dans le premier, c'est l'enfance restituée : Combray, les rêves, le territoire que le narrateur partage avec sa mère et sa grand-mère, les lieux de la fascination (le théâtre, les voyages, les visages de jeunes filles, l'or des noms...).
    Dans le dernier, le temps a passé : il a rendu les êtres méconnaissables, détruisant tout à l'exception de l'art, union de la sensation et du souvenir. Le narrateur va enfin se mettre à écrire.

    « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n'eût peut- être pas vu en soi-même. » M.P.

  • Qu'il est troublant ce passage de l'innocence enfantine aux émois féminins, du giron d'une mère chérie aux passions dévorantes ! De la confession de cette jeune fille naissent une tendresse, une émotion tout intérieures, comme a su si précisément les décrire Marcel Proust. Retraçant toute une époque de fastes, de riches dîners et de mondanités, il sonde et démasque les coeurs. De l'indifférence blessante à la jalousie sournoise, les sentiments sont traqués jusqu'en leurs profondeurs les plus intimes. Dans un climat d'insouciance et de frivolité, l'amour est conçu comme une incurable entrave au bonheur, peut-être une malédiction de laquelle seule la mort peut libérer.
    Dans ces écrits de jeunesse, Proust excelle déjà dans l'art d'explorer les consciences. Ces courts textes annoncent brillamment la grande oeuvre de l'écrivain.

  • Qu'est-ce que la "verve" ? Pour la définir, les dictionnaires, comme le Grand Littré et le Petit Larousse, ont recours à une métaphore : "chaleur d'imagination" disent-ils...
    Bonheur d'expression qui surprend le lecteur, arrêté soudain par un "mot", une réflexion, une répartie, dont la justesse et la cocasserie inattendue le laissent ravi devant la page ouverte. Depuis que la langue existe, la verve n'appartient qu'à ceux qui sont pris parla rage des mots et du verbe. Bref, tous les grands créateurs et les virtuoses du langage. Mais elle n'apparaît pas seulement dans les oeuvres imprimées ; certains la confient à leur journal intime, ou la sèment en formules heureuses dans la conversation.
    Les plus brillantes (qui ne sont pas toujours les plus connues) sont rassemblées dans cette collection.

empty