• Certains des textes regroupés dans L'Aplatissement de la Terre ont été écrits pendant la pandémie et le premier confinement en France, d'autres non, tous donnent des nouvelles du monde, monde souvent réduit, divisé, meurtri, mais où une parole peut toujours se déployer, raconter une histoire, et chercher à sa façon la rencontre.

  • Le psychanalyste

    Leslie Kaplan

    Simon est psychanalyste.
    Il est vif, joueur, ouvert au hasard. Avec lui, dans son cabinet, les analysants, leurs histoires tragiques, comiques, leurs questions, ce qui se passe pendant les séances, et ce qui se passe dehors. En contrepoint, une femme, Eva, qui, elle, essaie de penser le monde et la vie à travers la lecture et la relecture de Kafka. Car dans l'un et l'autre cas, c'est de cela qu'il s'agit : penser. Vivre et penser, ne pas vivre sans penser.
    Tous les personnages de ce livre sont des héros parce qu'ils affrontent le conflit entre leur désir de vérité et leur passion pour l'ignorance : ils sont des héros par la pensée, des héros de la pensée. En même temps ils sont tout le monde, chacun de nous.
    Si on pense on est vivant, on change, on peut changer. Alors, évidemment, il arrive plein de choses : le récit est toujours en train de se faire, comme l'identité, jamais donnée, car c'est dans chaque détail que tient le sens et le sens est lié à chaque détail.
    C'est pour ça que le dernier mot est au monde, cette accumulation innombrable de détails et de possibles.

  • Fever

    Leslie Kaplan

    fever est un livre sur le crime, mais la question, le suspense, le côté thriller, n'est pas qui a tué - ça on le sait tout de suite - mais pourquoi.
    il s'agit de la folie, celle qui ne se voit pas, qui ne se dit pas, sauf justement dans le crime. c'est l'irruption violente de l'histoire dans la vie de cieux adolescents d'aujourd'hui.

  • C'est l'histoire d'une Américaine à Paris, qui est née à Brooklyn et vit en France depuis son enfance. « Qui suis-je ? », est-ce que c'est : « D'où je viens ? » Bien sûr que non. Mais c'est une façon de raconter le passé, lointain et proche, et le présent. Avec le borscht et les ice-creams, le chewing-gum et le pain perdu, Broadway et Montparnasse, les comédies musicales et les films de Chaplin, sensations et images, mots anglais, mots français, enfance et adolescence, amour et politique, après-guerre et années 60, le monde s'ouvre, se referme, la vie se creuse, se déploie, et l'Amérique est toujours présente, réelle comme le rêve ou le cauchemar, infinie comme la fiction.

  • Ce livre parle de mai 1968.
    Deux personnages occupent la scène : Stéphane et Miss Nobody Knows. L'un et l'autre sont désespérés. Mais tandis que l'un ment, raconte et se raconte des histoires, l'autre fait de son angoisse un moteur pour elle-même, peut-être, pour les autres sûrement. Pour la narratrice, par exemple, qui, on peut l'imaginer, écrit ce livre à cause d'elle.
    Il s'agit à la fois d'une évocation et d'une enquête.
    Évocation de la grande grève de 1968. » Quelque chose se passe. » L'espoir, l'attente, la reprise, la déception, ou la stupeur, plutôt. Miss Nobody Knows en est comme la figure vivante. Elle ne cesse de poser des questions, les questions. Elle disparaît comme elle est apparue, sans explication ni justification. Elle reviendra.
    L'enquête, elle, concerne le suicide de Stéphane, oncle de la narratrice, brillant publicitaire, enfant apparemment gâté des trente glorieuses, et en même temps, noeud de contradictions, mauvaise conscience, une angoisse à faire payer aux autres. Comment, pourquoi, est-il mort ? Qui était-il ?

  • Marie, ses amants, passés, présents.
    Elle y pense, elle les retrouve, elle fait de nouvelles rencontres, elle cherche, elle aimerait trouver, mais elle part, toujours, jusqu'à ce que... C'est la ville, étonnements et possibles. La douleur et les conflits existent, mais ils sont saisis à partir du rêve et du désir, on est dans un mouvement. Joie de la pensée et présence du corps, absence de hiérarchie, mélanges, l'amoralisme peut fonder une éthique.
    Jubilation du soleil et tristesse de la solitude. On trouve un bar, il y a un Américain, hasard et disponibilité au hasard, on s'enfuit, on revient, on ne revient pas, il n'y a pas de système explicatif, pas de psychologie, le symptôme fait partie de la vie. Parfois le désir bégaye, ou se traîne dans l'errance, mais la pensée peut être un événement, elle peut rendre les êtres et le monde plus légers, si elle est un risque, si on la prend au sérieux.
    La vie n'est pas pour les amateurs, et l'histoire d'une vie n'est pas une collection d'anecdotes. jeux du désir et de la pensée. Parfois, c'est vrai, les jeux semblent faits. Mais quelque chose, quelqu'un arrive qui peut mettre la ville, la société, en crise, et le réel se rappelle à nous, le réel large et ouvert, suspendu. Un chaos peut être un chantier.

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