• La ferme africaine

    Karen Blixen

    « Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme, c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie.
    Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant. » (trad. Alain Gnaedig.)

  • Les lecteurs de La ferme africaine ne manqueront pas de se réjouir de la publication des lettres que Karen Blixen a envoyées à sa famille, au Danemark, entre 1914, date d'une arrivée en Afrique qui coïncida avec son mariage, et 1931, date de son départ définitif, le coeur brisé, après une série d'échecs. Ces lettres révèlent la personnalité, jusqu'ici assez secrète, de cette aristocrate aux prises avec une vie à laquelle elle n'avait nullement été préparée et qui prend au sérieux, et même au tragique, une entreprise purement commerciale à l'origine. Un gouffre se creuse peu à peu entre une femme et son entourage, une catastrophe ultime met sa vie en péril ; il devient alors urgent de préserver un sens à sa vie, au-delà des mers et du désespoir. Cette correspondance, à la fois journal intime et gazette, constitue également un document de première importance sur la vie d'une communauté blanche en terre «coloniale» à l'aube d'un XXe siècle qui va mettre en question la suprématie européenne. Témoin privilégié, Karen Blixen découvre, à sa propre stupéfaction, qu'il existe des alternatives en matière de culture. Enfin, par les recoupements qu'il permet avec La ferme africaine, ce livre est un document sur la littérature elle-même, sur ses conditions et ses nécessités.

  • À Copenhague, la saison mondaine commence au Nouvel An. Pendant ces quelques mois, ce ne sont que réceptions et bals où les jeunes gens dansent et rient. Mais pour Ib Angel, éperdument amoureux de sa cousine, la ravissante Adélaïde, ce n'est que souffrance et désespoir...

  • Afrique

    Karen Blixen

    " 14 janvier 1914, sur l'océan Indien. En vue, l'Afrique orientale anglaise, Mombasa, le quai. La Danoise Karen Dinesen y pose le pied, accueillie par un serviteur somali Farah, se marie avec son fiancé suédois Bror, devient baronne von Blixen-Finecke, grimpe dans un train et découvre, altitude 2 000 mètres, le Ngong, six cents employés noirs, la plantation de caféiers. Une journée, une seule, elle s'en est emparée, ils seront dorénavant son Farah, son mari, son titre, ses collines, ses natives, ses ocres, Une femme de vingt-neuf ans, à la quête improbable d'elle-même et d'une position dans le monde, se voit offrir en quelques heures un rang et un royaume, pas moins pour elle. Comme il tendrait un écran illimité à ses projections les plus démesurées, le destin lui sert l'Afrique dans sa grandeur brute. Elle s'en éprend à l'instant même et pour toujours, à en mourir. " M. B., Préface, 2006.

  • Mousse à bord de La Charlotte, Simon libère un faucon qui s'est entravé dans les cordages du navire. De retour à terre, il noue une idylle avec la jolie Nora et tout semble aller pour le mieux. Les choses tournent pourtant au vinaigre lorsqu'il doit jouer du couteau pour se défendre contre un autre marin, pris de boisson. Mais, dans sa détresse, Simon recevra une aide fort inattendue.

    Trois contes au charme irrésistible, par l'auteur de La ferme africaine.

  •      Karen Blixen (1885-1962) n'est pas seulement l'auteur admirable de La Ferme africaine que popularisa le cinéaste Sydney Pollack avec Out of Africa. Elle écrivit aussi les Sept Contes gothiques qui, en évoquant un XIXe siècle romantique, renoua avec l'esprit du Moyen-Age, ce que l'on appelait le style « troubadour »...     Et voici des jeunes filles déguisées en cavaliers, des sueurs qui s'entretiennent avec le fantôme de leur frère, des vrais et faux cardinaux, des seigneurs qui poursuivent leurs bien-aimées au galop de leurs chevaux, des auberges où de vieux princes boivent des vins aromatiques tout en philosophant avant de se battre en duel avec leur meilleur ami... Ces personnages, Danois comme la grande romancière, voyagent, jonglent avec les paradoxes, discutent d'astronomie, de métaphysique ou d'amour et se précipitent à la poursuite du bonheur, en des pages où se conjuguent poésie, humour, folie, verve et émotion.     « J'ai lu les Sept Contes gothiques. Ils sont étincelants, ciselés avec précision, et chacun fait penser à une oeuvre d'art parfaitement préméditée...    Si je voulais m'arracher à ma propre vie, je me plongerais dans les Sept Contes gothiques. » Carson McCullers

  • Les contes

    Karen Blixen

    Karen Blixen, cet esprit libre, a construit un labyrinthe de contes. L'imprévisible ensorceleuse propose aussi des fils, étroitement enlacés, pour en trouver l'issue.
    L'art divin du conte est celui du travestissement. Qui donne le meilleur récit : Dieu, le destin ou l'artiste ? Il n'y a pas de morale dans les créations de l'auteur de La Ferme africaine, la vie est bien trop facétieuse, une histoire en contient toujours tellement d'autres, aucun n'est celui qu'il prétend être jusqu'à ce que tombent les masques.
    Rien ne vaut une bonne histoire. On peut avoir tout perdu, c'est l'histoire qui contient en elle-même la raison de vivre.

  • Mr Clay, vieux bonhomme aigri et très riche, n'aime que les livres de comptes, les faits, il déteste les rêves et les prophéties. Malade et insomniaque, il se souvient d'une histoire qu'on lui a racontée, l'histoire d'un marin qui reçoit cinq guinées en échange d'une nuit d'amour avec une jeune et belle dame. Le vieil homme décide de la transformer en réalité avec la complicité de son jeune secrétaire. Mais parfois la réalité peut dépasser la fiction...

  • Près de trente ans après avoir quitté le Kenya, Karen Blixen se souvient de sa ferme africaine et des gens qu'elle a aimés. Dans ces quatre nouvelles empreintes de nostalgie, où l'on retrouve son style à la fois simple et évocateur, la romancière raconte Farah, son domestique somali qui fut aussi son plus cher ami. Il gérait son quotidien, connaissait ses pensées et ses projets et lui resta fidèle toute sa vie. Elle se souvient aussi comment une lettre de remerciement qu'elle avait reçue du roi du Danemark devint le talisman de la région ; il suffisait de poser le papier sur le corps blessé pour calmer le malade. Avec ses modestes moyens, elle réussissait à guérir les habitants de la ferme qui venaient souvent la consulter et lui témoignaient une reconnaissance sans faille. Enfin, dans son dernier texte, elle évoque son retour au Danemark, où elle commença à écrire des livres, avec succès, tout en continuant à garder des contacts épistolaires avec ses amis africains.
    Les lecteurs qui ont aimé La ferme africaine retrouveront dans ce recueil de nouvelles ce ton envoûtant, ce charme si particulier à Karen Blixen, et surtout cet amour inconditionnel et sans condescendance qu'elle portait à l'Afrique.

  • Ce recueil contient douze contes datant de toutes les périodes de l'oeuvre de la romancière danoise : de la veine fantastique de ces débuts à celles plus sobre, plus réaliste de la fin de sa vie. Ils mettent en scène une série de personnages dont l'héroïsme singulier se heurte aux vicissitudes de l'existence. Courage dans l'adversité, ingéniosité et sens du sacrifice s'exaltent dans Les fils derois. L'opulence et le mensonge s'opposent à l'humilité et la vertu, non sans une pointe d'humour,dans Oncle Théodore. Tandis qu'illusions et désillusions des genres s'affrontent et se confondentdans Carnaval. Aussi à l'aise en anglais qu'en danois, Karen Blixen nous démontre que le conte est bien l'instrument privilégié de l'exploration des mystères de la personnalité et des obsessions fondamentales de l'humanité.

  • Angelo est le disciple préféré d'Allori, et l'amant de sa femme. Allori, condamné à mort, va être exécuté. Angelo accepte de passer la dernière nuit en prison à sa place, pour lui permettre de rejoindre une dernière fois son épouse. Si le prisonnier ne revient pas, il sera exécuté. Angelo d'ailleurs éprouve un tel sentiment de culpabilité qu'il souhaite la mort...
    Tel est un des sept récits de cet admirable recueil, composé par l'auteur de La ferme africaine.

  • Exilée en Norvège pour échapper aux massacres qui ont suivi la Commune de Paris, Babette est devenue la servante de deux soeurs austères vouées au culte de leur père pasteur. Un jour, elle gagne dix mille francs or à la loterie et leur demande, comme une faveur, de la laisser préparer un souper fin à la française... Ce sera un festin.
    Malgré leur serment solennel de « purifier leur langue de toute concupiscence », les convives de l'aride communauté nordique de Berlewaag céderont peu à peu aux délices de cette chair luxueuse venue du Sud. Et ainsi, « de vieilles gens taciturnes reçurent le don des langues ; des oreilles sourdes depuis des années s'ouvrirent pour les écouter ». Babette, elle, aura consacré toute sa fortune et déployé tous ses talents dans ce geste généreux de grande artiste.
    Stéphane Audran, qui fut l'inoubliable Babette du film de Gabriel Axel, nous initie, avec Karen Blixen, à ce don premier de l'oralité.

  • Essais

    Karen Blixen

    C'est l'immense succès du film Out of Africa, tiré de son roman La Ferme africaine, qui a fait connaître du grand public Karen Blixen. Son oeuvre de nouvelliste était déjà connue d'un cercle de fidèles fervents. Il restait à découvrir ses essais, qu'elle écrivit de 1923 à 1959, traduits en français pour la première fois. Elle unit à la rigueur de l'analyse l'élan narratif hérité de la tradition des contes. Qu'elle parle de son amour pour Shakespeare ou du mariage à la mode, de l'islam ou de la sympathie pour le continent africain, qu'elle établisse - avant tout le monde - des analogies entre le statut des femmes et celui des Noirs, qu'elle évoque Berlin en proie au nazisme, Londres l'été avant la tourmente, ou ses ruines après la guerre, ou encore, qu'elle s'amuse à définir, pour l'un et l'autre sexe, les mérites comparés de la robe et du pantalon, elle se révèle l'un des esprits les plus libres et les plus réellement subversifs de son époque.

  • "Échos" est une nouvelle de l'un des ultimes recueils de Karen Blixen, "Last Tales, Derniers contes d'hiver". Il a été écrit en 1957, en anglais comme la plupart des oeuvres de l'écrivaine danoise.

    « Au cours de ses errances, Pellegrina Leoni, la diva qui avait perdu la voix, s'en vint dans une petite montagne non loin de Rome. Cela se passait au moment où elle avait fui Rome et son amant, Lincoln Forner. La grande passion qu'il lui portait menaçait de la placer et de la maintenir fermement dans une existence bien établie et bien stable.» K.B.

    Pellegrina est persuadée que « la vie est dure », mais que Dieu, de temps à autre, se permet un « da capo », un recommencement, une résurrection. Un jour, elle entend dans l'église de ce petit village un enfant chanter le magnificat. N'est-ce pas là sa propre voix, celle qui lui a été enlevée ? Ce garçonnet, Emanuele, qui, bébé, a échappé à une catastrophe, est peut-être le Phénix renaissant de ses cendres. Et elle décide de le faire travailler.

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