• Justine Lévy
    Rien de grave

    « Tu t'attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme c'était pas assez j'ai bondi du lit et j'ai déchiré la photo, celle qu'il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu'on ne connaissait pas à notre mariage qu'on est partis avant la fin.
    Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu'il n'aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c'est le contraire, rien ne me fait plus peur qu'une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu'elle promet, qu'elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment j'aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas. »

    Un beau roman, au style sec, au propos lucide et dur.
    Josyane Savigneau, Le Monde.

    Une écriture à la fois cocasse, inventive, émouvante et d'une totale justesse.
    Evelyne Bloch-Dano, Marie-Claire.

    Rien de grave est juste et bouleversant. Remarquablement écrit.
    Nathalie Dupuis, Elle.

    Une langue tirée à la barbe du malheur.
    Marie-Laure Delorme, Le Journal du dimanche.

    Jamais peut-être l'écriture n'aura autant sauvé quelqu'un.
    Patrick Besson, Marianne.

  • La gaieté

    Justine Lévy

    « C'est quand je suis tombée enceinte que j'ai décidé d'arrêter d'être triste définitivement, et par tous les moyens. » Louise, la narratrice du dernier et attendu livre de Justine Lévy, a les doutes, les angoisses, les fièvres, les mélancolies, les suées et les violences qu'elle avait par ailleurs, dans les autres romans de l'auteur. Elle avance, du bleu à l'âme, du noir au coeur, avec « papa maman » comme viatique, tombe et se relève. La tristesse s'accroche à elle et l'entraîne vers le fond. Jusqu'au jour où. Louise, fille d'une mère tragiquement abîmée et d'un père trop aimé, attend un enfant de son mari Pablo.
    Comment aimer ses enfants ? Trop, pas assez, trop fort, trop intense ? Et que faut-il transmettre ?
    C'est là le sujet fort, universel, de ce roman-vrai, celui de la chute et de l'espoir, ce sujet que nous connaissons tous, de l'enfant au centre de nos vies. C'est alors, aussi, que cette jeune adulte cousue d'enfance devient mère. Dans les sourires, les regrets, les larmes, les énervements, les chocs minuscules de la vie quotidienne, les secrets de famille et les belles-mères à la Cendrillon surgies du passé, Louise apprivoise la vie, comme une caresse.

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