• Poursuite

    Joyce Carol Oates

    De son enfance, Abby garde le souvenir de nuits tourmentées, habitées par un cauchemar récurrent : un champ peuplé d'ossements humains dans lequel elle erre à l'infini. Aujourd'hui Abby a vingt ans et, tandis qu'elle pensait avoir vaincu ses démons, son mariage imminent ravive l'affreux cauchemar. Moins de vingt-quatre heures après la cérémonie, Abby s'engage sur la chaussée et se fait renverser par un bus.

    Accident ou résultat d'un geste prémédité ? C'est ce qu'essaie de déterminer son mari, Willem, alors qu'un troublant faisceau d'indices se présente à lui : quelle est donc cette marque rouge autour du poignet droit d'Abby ? Pourquoi se réveille-t-elle en hurlant chaque nuit ?

    De confession en confession, Abby partage avec Willem ce qu'elle n'a jamais avoué à personne : l'histoire de Nicola, sa mère perpétuellement terrifiée, et de Lew, son père jaloux, violent, vétéran de la guerre d'Irak, accro à toutes sortes de drogues. Entre les deux, une fillette prise en étau...

    Porté par une écriture nerveuse oscillant entre le présent et l'enfance torturée d'Abby, à la poursuite de la surprenante vérité d'une famille, ce roman méticuleusement orchestré tient en haleine le lecteur jusqu'à la dernière seconde.

  • 2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d'une petite ville de l'Ohio et tire sur le Dr Augustus Voorhees, l'un des « médecins avorteurs » de l'hôpital. De façon remarquable, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier et offre le portrait acéré d'une société ébranlée dans ses valeurs profondes. Entre les foetus avortés, les médecins assassinés ou les « soldats de Dieu » condamnés à la peine capitale, qui sont les véritables martyrs ?

  • Joyce Carol Oates Blonde « Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l'intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n'entend que les vibrations ronronnantes de l'air conditionné. Ou bien... est-ce qu'elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c'est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d'une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte.
    De la main de la Mort, j'acceptais ce cadeau. Je savais ce que c'était, je crois. Et de la part de qui c'était. En voyant le nom et l'adresse, j'ai ri et j'ai signé sans hésiter. »

  • L'appel a résonné au creux de la nuit : « Votre mari, Raymond Smith, est dans un état critique... » Titubante d'appréhension mais espérant contre tout espoir, Joyce se précipite à l'hôpital dont, guéri d'une banale pneumonie, Ray devait sortir le matin même. À l'arrivée, son compagnon de près d'un demi-siècle est déjà mort d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci.

    J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. En proie à l'angoisse de la perte, cernée par un cauchemar de démarches administratives - et les absurdités pathétiques du commerce du deuil -, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire que rarement, et à grand-peine, en se tournant vers ses amis.

    Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop-corn au chocolat déposés devant sa porte en manière de condoléances), elle nous offre, avec ce livre - qui ne ressemble à rien de ce qu'elle a écrit jusqu'ici - non seulement une belle histoire d'amour, mais aussi le portrait d'une Joyce Carol Smith inconnue et formidablement attachante.

  • Ma vie de cafard

    Joyce Carol Oates

    Doit-on être loyal à la justice ou loyal à sa famille ?

    Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d'un jeune Africain-Américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans.

    Dans un récit émouvant, Violet se remémore son enfance en tant que cadette d'une fratrie dysfonctionnelle d'origine irlandaise, durant les années 70 dans l'État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contestation et où les garçons ont plus de valeur que les filles. La jeune femme raconte comment elle est passée du meilleur au pire : elle était la préférée des sept enfants Kerrigan, elle est maintenant celle qui « a cafardé » et entraîné l'arrestation de ses frères. Une décision qui lui a valu d'être exilée, chassée par ses parents, ses frères et soeurs, son Église...

    À partir de ce bannissement, Joyce Carol Oates analyse les souffrances de Violet, mais aussi comment elle s'est émancipée de l'emprise familiale pour partir en quête de sa propre identité. En définitive, c'est une vérité douloureuse qui parcourt ce roman sombre et sensible : les émotions les plus tendres peuvent changer en un instant. Vous pensez que vos parents vous aiment ? Êtes-vous bien certain que c'est vous qu'ils aiment, et pas juste l'enfant qui est le leur ?

  • Un jeune garçon se prend d'affection pour la poupée désormais orpheline de sa cousine, victime d'une leucémie, et entame une étrange collection ; un homme d'affaires est prêt à tout pour acquérir une boutique de livres anciens ; une femme comprend avec effroi les terribles desseins de son mari à son encontre... Dans les six nouvelles qui composent ce recueil, Joyce Carol Oates exhume notre fascination pour l'horreur à travers la psyché de qui pourrait être un simple voisin, camarade de classe ou libraire de quartier.

  • Femme à la fenêtre

    Joyce Carol Oates

    Une célèbre peinture d'Edward Hopper se transforme en histoire trouble : il est 11 heures, une femme nue, chaussée d'escarpins à talons hauts, le regard vide tourné vers une fenêtre, attend son mari. Au même moment, celui-ci se précipite pour honorer ce rituel mis en place quotidiennement, tandis que le lecteur pénètre l'esprit des deux amants, chacun empreint pour l'autre de désir, de dégoût et de haine...

    Des six nouvelles intrigantes et mystérieuses qui composent ce recueil, Oates réussit à faire des prodiges de littérature. Une femme jalouse invite une étudiante, qu'elle croit être la maîtresse de son époux, à se joindre à eux pour le thé, et propose un jeu de roulette russe étrange et funeste : entre des tasses Wedgwood contenant une infusion corsée et un assortiment mortel de médicaments, qui boira quoi ? Dans un autre récit, un jeune marginal se croit hanté à la suite du décès de son père, torturé à mort. Dans un autre encore, le corps d'une enseignante, connue pour ses remarques déplacées envers ses étudiants, est retrouvé sans vie. Mais l'aveu du meurtre par l'un de ses élèves sème le doute : qui a vraiment tué cette femme ?

    Joyce Carol Oates explore brillamment les thèmes de l'abus physique, psychologique et émotionnel. Chaque nouvelle se lit comme une flèche empoisonnée logée en plein coeur. Personne, ni les personnages ni les lecteurs, n'en sortira indemne.

  • Paysage perdu

    Joyce Carol Oates

    C'est avec un mélange d'honnêteté brute et d'intuition poignante que Joyce Carol Oates revient sur ses années d'enfance et d'adolescence. Enfance pauvre dans une ferme de l'État de New York, qui fourmille de souvenirs : les animaux (notamment une poule rouge avec laquelle Joyce a noué un lien spécial), la végétation, le monde ouvrier, ses grands-parents hongrois dont elle remarque l'étrangeté, surtout celle de son grand-père dur, sale, élégant et taquin qui la terrifiait, ses premières classes à l'école, ses parents aimants et dévoués à leur fille. Des années qui lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l'imagination de la jeune fille, du futur écrivain qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où vivent des enfants qu'elle connaît, battus et abusés par un père violent et ivrogne qui y mettra le feu ; son amie de classe Cynthia, brillante et ambitieuse élève qui se suicidera à l'âge de 18 ans - Joyce culpabilisera de lui avoir survécu ; et sa soeur Lynn Ann, née le jour des 18 ans de Joyce, gravement atteinte d'autisme, qui deviendra violente au point de dévorer littéralement avec les dents les livres de sa grande soeur...
    Dans ce texte émouvant, Joyce Carol Oates explore le monde à travers les yeux de l'enfant et de la jeune fille qu'elle était, néanmoins consciente des limites de sa mémoire après tant d'années. Mais cette lectrice du premier livre qu'elle adula, Alice au pays des merveilles, sait que la vie est une succession d'aventures sans fin, qui voit se mêler comédie et tragédie, réalité et rêverie. La plume toujours ciselée, l'oeil aiguisé, Oates arpente un endroit et un temps oubliés qui virent la naissance de l'écrivain qu'elle est devenue, un voyage captivant qui ne manquera pas de renvoyer son lecteur, par un effet de miroir, à ses propres paysages perdus.

  • Mudwoman

    Joyce Carol Oates

    Etouffée par la boue : voilà comment aurait du finir la petite « Mudgirl », si un couple de Quakers ne l'avait pas sauvée in extremis des griffes de sa mère démente. Pendant des années, ses parents adoptifs la protègeront des conséquences de son ignoble passé. Adulte, devenue présidente d'une université de renom, elle doit retourner sur les lieux de son enfance. Confrontée à ses origines et à des angoisses professionnelles qui la rongent de manière imprévisible, elle sombre peu à peu dans la folie.

  • Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow.
    Celui-ci a décidé de faire écrire à ses élèves, et partager en classe, leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.
    Un récit haletant, un roman dense et pervers par l'une des plus grandes auteures américaines de ce siècle.

  • Wymouth, New Jersey. Agent immobilier le jour et photographe la nuit, Malt McBride semble heureux. Qui se douterait qu'il n'a jamais pu oublier le cadavre atrocement mutilé de Marcey Mason, découvert jadis dans un ravin ?
    Aujourd'hui encore, il est certain que ce meurtre aurait pu être évité s'il avait été moins indifférent au charme de la jeune fille.
    Quand il apprend que son amie Diana Zwolle a récemment disparu, il fait immédiatement le lien entre les deux affaires. Porterait-il malheur ? Un sentiment de culpabilité l'accable, et la police ne tarde pas à se convaincre qu'il est le principal suspect.

  • Elle, c'est Ursula.
    Parce qu'elle est grande, très grande, mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle. C'est pourtant, à seize ans, une belle fille, intelligente et d'une volonté peu commune. Solitaire, indépendante, elle ne ressemble pas aux autres.
    Lui, c'est Matt.
    Doué, drôle, c'est un garçon brillant, apprécié de tous. Il aime faire rire, il parle haut et fort. Trop parfois. Le jour où il a menacé de poser une bombe au lycée, Matt plaisantait. Mais les événements s'enchaînent, prenant une tournure de plus en plus dramatique : soupçonné, accusé, isolé, il voit sa vie devenir peu à peu un enfer. Seule Ursula ne cède pas à la rumeur...
    Joyce Carol Oates dépeint avec sensibilité et force - non sans humour - une société en butte au conformisme et à l'hypocrisie.

  • À Mont-Ephraim, une petite ville des États-Unis située dans l'Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney.
    Au milieu des animaux et du désordre ambiant, ils cohabitent dans une ferme qui respire le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l'image d'une famille parfaite, comme chacun rêverait d'en avoir. Jusqu'à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar... Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires.
    Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. Joyce Carol Oates épingle l'hypocrisie d'une société où le paraître règne en maître ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l'éclat du rêve américain.

  • La fille tatouée

    Joyce Carol Oates

    Affaibli par une étrange maladie, le riche et estimé Joshua Seigl se voit contraint d'engager un assistant. Contre toute attente, le choix de l'écrivain se porte sur Alma Busch, dite la « Fille tatouée », illettrée et démunie, le corps recouvert de mystérieuses cicatrices déguisées en tatouages. Fragile et docile en surface, Alma nourrit à l'égard de son patron une haine grandissante et malsaine...

    « Alma était si naïvement douce, elle semblait si crédule et si simple, que n'importe qui pouvait abuser d'elle. »

  • Avec La Princesse-Maïs, Joyce Carol Oates captive une fois de plus le lecteur par sept récits vénéneux et intrigants. Dans le premier, Marissa, douce préadolescente à la pâle chevelure couleur maïs, disparaît un soir de chez sa mère, qui peine à l'élever seule. Tandis que cette dernière et la police retournent les environs en vain, ils sont loin de se douter que Marissa a été kidnappée par des camarades, décidées à pratiquer sur leur proie un sacrifice inspiré d'une légende indienne.

    Sombres et oppressantes, les six autres nouvelles nous invitent dans la psyché de personnages troublés. Telle cette jeune veuve qui se fourvoie dans une relation dangereuse et ambiguë avec un ex-soldat abîmé par la guerre en Irak (« Helping Hands »). Ou ce malheureux chirurgien qui rate de manière spectaculaire une trépanation dans une ambiance des plus surréaliste (« Un trou dans la tête ») ; ces jumeaux aux caractères et aux physiques opposés, pris au piège de relations amour-haine (« Champignon mortel » et « Personnages-fossiles ») ; cette fillette incapable de distinguer rêve et réalité, qui refuse désespérément d'accepter l'arrivée de sa petite soeur (« Personne ne connaît mon nom »). Ou enfin cette jeune femme mettant à exécution une cruelle vengeance contre son ex-beau-père, qu'elle croit responsable du décès de sa mère (« Bersabée »).

    C'est bien de cauchemars qu'il s'agit, mais à la lecture pleine de délicieux frissons.

    Nouvelles traduites de l'anglais (états-Unis) par Christine Auché et Catherine Richard.

  • - En 1936, Rebecca et ses parents fuient l'Allemagne nazie et échouent dans une petite ville américaine. Ancien professeur, son père doit accepter, faute de mieux, un travail de fossoyeur. L'inscription répétée de croix gammées sur les tombes qu'il est censé surveiller va l'entraîner vers le délire de persécution et l'autodestruction. Rebecca se retrouve témoin des conséquences tragiques de la démence de son père, un traumatisme dont elle ne se remettra jamais tout à fait... Un excellent Oates, où l'auteur revient sur les thèmes qui ont fait ses plus grands romans.

  • Un quartier populaire d'une petite ville ouvrière de l'État de New York dans les années 1950. Cinq lycéennes - Maddy, la narratrice, Goldie, Lana, Rita et Legs -, pour survivre et se venger des humiliations qu'elles ont subies, concluent un pacte, à la vie, à la mort : elles seront le gang Foxfire. La haine, surtout celle des hommes, va les entraîner dans une impitoyable équipée sauvage. Dans une langue crue, précise et concrète, Joyce Carol Oates dépeint la « fureur de vivre » des cinq inséparables et leurs accès de générosité envers d'autres déshérités. Comme toujours chez l'auteur de Blonde, le Mal est d'autant plus vraisemblable qu'il nous ressemble...

    Laurent Cantet, Palme d'or à Cannes en 2008 (Entre les murs), a adapté le roman de Joyce Carol Oates pour le cinéma en 2013 sous le titre de Foxfire.

  • S'emparant d'un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l'affaire qu'elle n'hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s'appelle maintenant Bliss, c'est une championne de patinage sur glace, l'enfant adoré de ses parents, la coqueluche d'un pays, la soeur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d'établissements médicalisés. Âgé aujourd'hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père - homme d'affaires ambitieux, la mère - arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien... le narrateur lui-même ?

    Tous les ingrédients préférés de Joyce Carol Oates sont là : la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l'angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l'incompétence de la police. Pour produire en fin de compte un chef-d'oeuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l'âme humaine et de l'horreur ordinaire...

  • Daddy Love

    Joyce Carol Oates

    Avec Daddy Love, Oates emmène son lecteur aux frontières de l'horreur. Une horreur qui commence dans le centre commercial où Robbie, cinq ans, l'enfant chéri des Whitcomb, est enlevé sous les yeux de sa mère.

    Le ravisseur, un technicien du kidnapping, collectionne les petits garçons dont il se débarrasse dès qu'ils atteignent onze ou douze ans. Devenu « Gideon », Robbie va ainsi passer sept ans à « obéir » à Daddy Love afin de survivre aux traitements abominables que celui-ci lui fait subir.

    Mais qui est Daddy Love ? Un homme charmant du nom de Chet Cash. Pasteur itinérant de l'Église de l'espoir impérissable, dont les prêches subjuguent l'assistance, c'est aussi un citoyen actif et estimé du village de Kittatinny Falls, un artiste admiré faisant commerce d'objets en macramé (fabriqués par Gideon), un homme que les femmes trouvent irrésistible. Tandis qu'il continue allègrement « d'éduquer » ses proies.

    Et puis, soudain, le ciel ayant enfin, semble-t-il, décidé de se pencher sur cette affaire, Daddy Love est arrêté, Robbie retrouve sa famille. En apparence tout se passe bien. En apparence seulement, car pour nous faire vivre ce retour, Oates déploie de nouveau les raffinements d'une cruauté ravageuse que le lecteur ne manquera pas d'apprécier tout en se posant la question : Redevient-on un être normal après sept ans d'intimité avec un monstre ? Une intimité qui a par instants des résonances de complicité ?.

  • Maudits

    Joyce Carol Oates

    Le jour même de son mariage à Princeton, au pied de l'autel, Annabel Slade, fille de très bonne famille, est enlevée par un homme étrange qui pourrait bien être le Diable en personne. L'affaire révèle l'existence d'une série d'événements surnaturels qui, depuis plusieurs semaines, hantent les habitants de la ville et ses sinistres landes voisines. Princeton ne sera plus jamais comme avant mais Josiah, le frère d'Annabel, est bien décidé à la retrouver.

  • Anellia a toujours vécu envers et contre. Fille de rien, elle trompe le destin en intégrant l'université. Intellectuelle brillante, elle renvoie ses camarades à leur médiocrité et à leur ambition risible de trouver un mari. Mais sa rencontre avec Vernon Matheius, un étudiant noir qui tient tête au professeur et aux insultes racistes fusant dans l'amphithéâtre, lui fera lever un tabou beaucoup plus grand.

  • Betty était si fière. Pour une fois, c'est elle qui avait été choisie à la place de la charmante Marilyn Monroe. C'était la chance de sa vie, celle qui allait enfin la rendre célèbre ! Elle s'était soigneusement préparée pour son rendez-vous, avait tout prévu. Tout, sauf le chloroforme qui l'attendait. Puis l'odieux meurtre. Et Betty, surnommée le Dahlia noir par les journaux, devient une star...

  • Ce n'était pas comme si elle ne nous avait pas prévenues. Ce n'était pas comme si elle ne nous y avait pas préparées. Nous savions que quelque chose n'allait pas ces derniers mois. Mais Tink n'a pas vraiment disparu. Tink est partie et pourtant - elle est là quelque part, même si nous ne pouvons la voir.

  • Avec plus d'une centaine d'ouvrages à son crédit et une place de premier plan dans la littérature américaine, Joyce Carol Oates se voit souvent poser la question : comment devient-on écrivain ? Bien que le travail de l'imagination demeure un mystère, elle fournit, à travers ce livre, un certain nombre de réponses à tous ceux qui s'interrogent sur l'acte d'écrire et le processus de création.

    Traitant non seulement de l'inspiration, mais aussi de la mémoire et de l'« unique pouvoir de l'inconscient », Oates aborde la manière dont le langage, les idées et l'expérience se rassemblent pour créer une oeuvre. Elle évoque aussi ses premiers pas dans le domaine de l'écriture, offre de précieux conseils aux jeunes écrivains, et s'amuse à décrire les affres de l'auteur au travail. Car faire de la prose est aussi un métier, et un métier doit s'apprendre...

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