• Céleste et Marcel, un amour de Proust Nouv.

    Mars 1918 - novembre 1922. Céleste Albaret et Marcel Proust vivent une relation fusionnelle, dans l'intimité de la chambre d'écriture. Il leur reste mille et cent nuits à partager.
    Marcel a quarante-sept ans, les jours lui sont comptés, il doit mettre le point final à La Recherche, et reconstituer le conte perdu, Robert et le chevreau. Céleste en a vingt-sept. Elle veille sur lui, sur son oeuvre, et s'interroge : tandis que les avions allemands bombardent Paris et que la grippe espagnole fait des ravages, quelle vie secrète mène-t-il hors de cet appartement ? Il rentre couvert d'éclats d'acier, recrée pour elle les constellations de feu et les soirées mondaines de ces Années folles.
    Le roman bouleversant d'un amour singulier, absolu, entre l'écrivain de génie et sa précieuse gouvernante, Céleste, qui fut son unique confidente.

    « Céleste a perçu le tintement discret. Elle va accourir. Il a besoin d'elle, de son corps rassurant. Chaque jour, elle accourt à son appel, telle une vierge sage vers son époux. Elle attend qu'il restitue pour elle l'enchantement de ce qu'il appelle «la vraie vie» : la frénésie de la création et du désir. »

  • Le courage en héritage.

    Voilà un an (30 juin 2017) que Simone Veil nous a laissé son courage en héritage. Libre et véhémente, exigeante et sereine, elle n'aura cessé d'être une combattante. Que ce soit pour la cause des femmes, l'adoption, l'IVG, le droit des enfants, ou encore pour l'Europe et en faveur de la mémoire : toujours, elle s'est engagée. Totalement. Sans oublier la culture, qu'elle aura défendue avec passion, sans attendre d'être élue à l'Académie française.
    Son destin a côtoyé les extrêmes : Auschwitz, la marche de la mort, Bergen-Belsen, la disparition des siens. Il l'aura conduite aux plus hautes responsabilités, de l'administration pénitentiaires au ministère de la Santé, puis à la présidence du Parlement européen.
    Une femme simple et forte. Insoumise. Devenue une figure tutélaire, la conscience des Français. Une femme qui n'aura cessé de conserver son mystère, sa retenue et, parfois, ses doutes. Autant de traits mis en relief dans ce portrait fidèle et documenté.

  • Belle et rebelle : les vies cachées d'une grande actrice "Elle avait des bagues à chaque doigt..." Mais elle a aussi joué dans plus de cent films et vingt pièces. Et puis elle chantait avec une voix qui enjôla son public, ses hommes, ses amantes... et fit d'elle une icône du cinéma français : Jeanne Moreau.
    "Un seul regret, je n'ai pas connu l'amour absolu", déclarait l'éternelle séductrice, qui ajoutait : "Mais il me reste à monter la dernière marche de la vie !" Avant de s'éteindre à Paris à l'âge de 89 ans, le 31 juillet 2017.
    Talentueuse, autoritaire, rebelle, souveraine, éprise de liberté, Jeanne a toujours abrité deux êtres en elle : l'artiste populaire, rigoureuse, revendiquant l'indépendance ; et la femme aux multiples identités, faites d'amours secrètes. Si le cinéma et sa vie privée se sont souvent mêlées, elle n'en révèla pourtant rien au public.
    Que sait-on des hommes de sa vie ? Certes, elle a séduit des acteurs, a été l'égérie de Pierre Cardin, mais à quel point ces relations ont-elles compté ? Et qu'en est-il des femmes de sa vie, un pan sur lequel elle est toujours restée secrète ? De sa vie de famille, de mère ?
    Jeanne Moreau a toujours refusé que l'amour interfère dans sa carrière. Quels obstacles, quelles souffrances a-t-elle dû surmonter pour accomplir sa destinée ? S'agit-il de ce "sentiment d'abandon" dont parlait son ami Jean-Pierre Mocky ?
    Pétrie de désirs, de contradictions et de talents, Jeanne a toujours tout assumé. Ses films et ses chansons ont semé des indices pour retrouver, au-delà de la légende, sa vérité. Jocelyne Sauvard orchestre le tourbillon de sa vie à l'aide de nombreux témoignages inédits.

  • À voir Charles de Gaulle, figé dans la stature de l'Homme du 18 juin, Yvonne de Gaulle dans celle de «  la Discrète  », on oublie qu'ils sont un homme et une femme, indissolublement liés au plus profond de l'intime. Charles, sensible, provocant, vulnérable, secret. Yvonne, si courageuse et si pieuse, imprévisible, parfois rieuse, et toujours amoureuse.
    Si Charles est Ulysse, Yvonne n'est pas Pénélope. Elle ne reste pas à détricoter son ouvrage en l'attendant. Quitte à emporter quelques pelotes de laine, elle l'accompagne au long de l'odyssée qui les mène de Colombey à l'Élysée.
    Derrière l'image du président omniprésent qu'on lui  assigne  : Charles de Gaulle, le rebelle. Derrière la légende de première dame retranchée dans l'ombre du héros  : Yvonne, sa partenaire, allège le fardeau du pouvoir et des chausse trappes.
    Elle a en elle quelque chose d'une Princesse de Clèves du XXe siècle, tout gel à l'extérieur, tout feu à l'intérieur. Elle réserve sa passion à un seul être  : Charles.
      Le grand oeuvre du général demeure la France. D'après Malraux  :  «  C'est elle qu'il a épousée avant Yvonne Vendroux.  »  Marianne est la maîtresse du Général, dit-on. Dans les coulisses de l'Élysée et les rédactions, on chuchote d'autres prénoms en se rappelant que Charles, avant d'être de Gaulle, fut «  un chaud lapin  ». On évoque une comtesse polonaise, on lui prête une maîtresse, une deuxième, on s'interroge. Comment le plus haut personnage de l'État pourrait-il être aussi exemplaire  ? Le pouvoir est un puissant aimant, c'est connu. Yvonne, l'admirable épouse, garde un sourire de parade, et se renseigne.

  • « Mon amour, dit-elle comme elle eût dit ma vie, sachant bien qu'il était quelque chose d'elle-même, non de différent ; s'il s'éloignait, elle serait mutilée. Lui ne disait rien. Sans elle, il irait simplement vers sa mort. C'était un départ "sans retour possible" et elle était en train de le vivre. Une image revenait. La pension pour pêcheurs. On leur louait une chambre. Ils s'y abandonnaient pour quelques jours, pour toujours. Migration des corps pour la première fois mêlés dans les draps. En bas la rivière s'étirait dans un désert d'herbes et de cailloux, l'eau jaune baignait les rives. Et si leur histoire semble appartenir à un temps révolu, c'est juste parce que c'est une histoire particulière. Un amour singulier. » J.S.

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