• Journal du voleur

    Jean Genet

    « Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c'est en vous qu'elle produit des remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : "Un gars qui a de la gueule." Les traits délicats de Pilorge étaient d'une violence extrême. Leur délicatesse était violence. »

  • « Que ta solitude, paradoxalement, soit en pleine lumière, et l'obscurité composée de milliers d'yeux qui te jugent, qui redoutent et espèrent ta chute, peu importe : tu danseras sur et dans une solitude désertique, les yeux bandés, si tu le peux, les paupières agrafées. Mais rien [...] n'empêchera que tu ne danses pour ton image. Tu es un artiste - hélas - tu ne peux plus te refuser le précipice monstrueux de tes yeux. Narcisse danse ? Mais c'est d'autre chose que de coquetterie, d'égoïsme et d'amour de soi qu'il s'agit. » J.G.

    En 1955, Jean Genet (1910-1986) rencontre un jeune acrobate et vit alors sa plus belle et plus dramatique histoire d'amour. Le Funambule est un long poème d'amour mais aussi une réflexion sur les voies de la création : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse et, plus largement, réflexion sur l'artiste dans le monde.

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