• « - Chère Coumba, c'est dur, mais tu es encore jeune, tu as tout l'avenir devant toi. La vie continue, malgré tout, courage...
    Exaspérante, cette ritournelle de lapalissades ! À part les morts, qui peut avoir l'avenir derrière lui ? ».
    Nul ne s'aventure sans appréhension à Sangomar, ce bout de terre inhabitée où, dans la tradition animiste sérère, se rassemblent les djinns et les âmes des défunts. Sur l'île voisine, la jeune Coumba entame un long veuvage, recluse chez sa belle-mère. Elle vient de perdre son mari dans le naufrage du Joola, en 2002, au large du Sénégal.
    Dès la nuit tombée, après le cortège des prières rituelles et des visites obligées, Coumba peut enfin faire face à son chagrin, consigner les souvenirs heureux, invoquer les morts. Alors, sa chambre s'ouvre grand aux veilleurs de Sangomar, esprits des ancêtres et des naufragés qui lui racontent leur destin et la mèneront à la rencontre de son « immortel aimé ».

  • Fatou Diome Le Ventre de l'Atlantique Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique ? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d'émigré et les abreuve de récits où la France passe pour la mythique Arcadie ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l'inconfortable situation des « venus de France », écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d'être l'autre partout.
    Distillant leurre et espoir, Le Ventre de l'Atlantique charrie entre l'Europe et l'Afrique des destins contrastés, saisis dans le tourbillon des sentiments contraires, suscités par l'irrésistible appel de l'Ailleurs. Car, même si la souffrance de ceux qui restent est indicible, il s'agit de partir, voguer, libre comme une algue de l'Atlantique.
    Ce premier roman, sans concession, est servi par une écriture pleine de souffle et d'humour.

  • Invitée à dîner chez des amis, Salie est saisie par l'angoisse. Pourquoi est-ce si "impossible" pour elle d'aller chez les autres, de répondre aux questions sur sa vie, sur ses parents ? Pour le savoir, Salie doit faire face à ses souvenirs. Poussée par la Petite, son double enfant, elle entreprend un voyage intérieur et affronte son histoire. A partir d'intenses réminiscences, Fatou Diome nous raconte, tantôt avec révolte, tantôt avec douceur et humour, l'existence d'une enfant qui a grandi trop vite et peine à s'ajuster au monde des adultes.
    Mais grandir, n'est-ce pas apprivoiser ses vieux démons ?

  • « Pour qui ne craint pas la noyade, la lune n'est jamais loin. Elle se reflète dans toutes les eaux, flotte entre toutes les paupières. N'est-ce pas son éclat qui fait briller les yeux des amants et leur donne le pouvoir ensorceleur ? ».

    À partir de simples instants de vie, Fatou Diome scrute les comportements et sonde les coeurs d'une galerie de personnages rêvés ou croisés : qu'ils aient le coeur en berne ou comblé, tous savent, au fond, que l'amour est la grande affaire de nos vies.
    Vingt ans après La Préférence nationale, Fatou Diome renoue avec la nouvelle, genre dans lequel elle excelle, et nous démontre, avec brio et malice, que « chercher le bonheur c'est oser le vertige ».

  • Celles qui attendent

    Fatou Diomé

    Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins.
    Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Mais comment dépeindre la peine d'une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d'un destin autre que celui de leurs aînées du village.
    Assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.
    Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l'Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n'attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
    Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait.

  • Betty, la trentaine solitaire, passe son temps libre à observer les habitants de l'immeuble d'en face. Pas dans une intention de voyeurisme mais pour créer des liens. Son attention se focalise sur une vieille dame qui vit avec ses chats. A cause de son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d'affection pour elle. Lorsque Félicité est envoyée dans une maison de retraite, Betty, bouleversée, remue ciel et terre pour la retrouver. Une véritable amitié est née.
    "Embrasser les joues ravinées d'une mamie, c'est tremper les lèvres dans un millésime de vie. Ça régénère !" Fatou Diomé

  • Kétala

    Fatou Diomé


    Après la mort de Mémoria, ses proches s'apprêtent au kétala, partage des biens de la défunte en conformité avec la tradition musulmane, au grand dam des objets qui ont appartenu à la défunte.


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