Sciences humaines & sociales

  • Peut-on laisser tout dire, tout écrire au prétexte que la "grande" histoire serait parfois trop complexe, ou pas assez "folklorique" ? En quelques chapitres courts, incisifs, Colette Beaune bat en brèche tous les lieux communs qui circulent encore aujourd'hui sur la plus célèbre de nos grandes figures françaises.

  • Toujours redoutées, souvent dénoncées et parfois brillées, les sorcières hantent l'imaginaire occidental. Elles sont de tous les âges. Les Grecs avaient les leurs et nos sociétés contemporaines continuent d'en cultiver l'image. Mais que sait-on vraiment des sorcières et de leurs charmes ? Quelles fonctions leur ont été attribuées ? Et surtout, quelles représentations a-t-on projetées sur ces créatures surnaturelles, tour à tour magiciennes, fées ou diablesses ? Colette Arnould retrace ainsi l'étrange histoire de la sorcellerie depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, depuis les magiciennes Médée et Circé jusqu'aux adeptes contemporains du satanisme. S'appuyant sur des exemples tirés de la littérature autant que sur les grands textes sacrés ou les sinistres manuels de l'Inquisition, l'auteur éclaire le monde des peurs ancestrales. Ce panorama exhaustif dépasse alors largement la simple chronique : au fil des pages se profilent quelques grandes questions telles que la place des femmes dans la société, la tolérance ou la fascination pour le mal et la violence. Autant de sujets d'une actualité inquiétante.

  • Lacan, lecteur de Joyce

    Colette Soler

    • Puf
    • 27 Février 2019

    Avec son titre Joyce le symptôme, Lacan faisait un retour à Joyce pour lequel il avait déjà formulé un diagnostic en 1967, le rangeant parmi les Pères des « diologues », entre Moïse et Maître Eckart. Dire symptôme n'exclut pas la logique mais ajoute autre chose, le métabolisme de la jouissance. Tout ce qui dérive de l'OEdipe freudien en tient le père pour responsable. Lacan, lui, s'inscrit en faux, le discours analytique procédant sans « recours au nom du Père ». Ici se place son appel à Joyce.
    Ce que Lacan cherchait alors pour la psychanalyse, James Joyce l'a réussi par son art.
    Il fournit alors à Lacan l'exemple pour ainsi dire spontané, non analytique, qui apporte latéralement de l'eau au moulin de sa thèse d'une psychanalyse... réinventée, qui se passe du Père. Mais surtout il fournit un exemple qui montre ce qu'il faut bien appeler l'efficace du sujet, qui loin d'être seulement un effet du langage ou du discours comme il l'a d'abord développé, est aussi origine, origine possible d'un dire constituant.
    Exemple sans prix, dans notre époque de déploration des carences du discours.

  • La question des affects est cruciale dans la psychanalyse puisqu'elle vise à traiter " l'impossible à supporter ". Il faut donc dire jusqu'où elle y parvient, pourquoi et comment ?
    Une conception des affects qui dise ce qui les produit était là nécessaire.
    Le livre suit sa mise au point chez Jacques Lacan à mesure qu'il avance dans sa conception de la structure, depuis l'inconscient " structuré comme un langage ", déchiffrable, jusqu'à l'inconscient-lalangue, réel, indéchiffrable. Les affects deviennent alors les seuls témoins de ce qui dans l'expérience ne passe pas au langage.
    Le livre suit le développement de la théorie proprement lacanienne de la production des affects, de la série des affects spécifiques auxquels il s'est arrêté, depuis l'angoisse jusqu' aux affects de fin d'analyse, en passant par tristesse, ennui morosité et quelques autres, ainsi que les conséquences pratiques.
    Agrégée de l'Université, psychanalyste formée par Jacques Lacan, Colette Soler pratique et enseigne la psychanalyse à Paris. Elle est à l'origine de l'École de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien dont elle est membre fondateur. Elle a notamment publié Ce que Lacan disait des femmes (Éd. du Champ lacanien, 2003) et Lacan, l'inconscient réinventé (PUF, 2009).

  • Le livre interroge la trajectoire de l'enseignement de Jacques Lacan, qui le fait passer du concept de l'inconscient « structuré comme un langage », symbolique donc, à l'affirmation de « l'inconscient réel ». Lacan dégage ce qui la fonde : les questions analytiques restées en souffrance à chaque pas, notamment autour de cet objet majeur de l'analyse qu'est le symptôme. Il déplie les remaniements en cascade impliqués par la prise en compte de ce qui n'est pas symbolique, lesquels touchent l'ensemble de la théorie et de la pratique de la psychanalyse : révision du concept du sujet de l'inconscient, des formations dites de l'inconscient (rêves, lapsus, actes manqués, etc.), de la fonction du transfert, de la clinique du symptôme, de la jouissance et des affects, de la fonction du Père, de la visée d'une cure analytique orientée vers le réel, de son tempo, de sa fin, sans oublier. les questions de l'institution analytique.
    Colette Soler est psychanalyste et membre fondateur de l'École de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien. Elle est également enseignante du Collège clinique de psychanalyse des Forums du Champ lacanien à Paris.

  • Ce n'est pas un dictionnaire des femmes célèbres ou une histoire des femmes de la Sarthe, c'est une invitation à une promenade au Mans sur les pas de celles qui y ont vécu.
    De rues en places, on retrouvera des femmes qui se sont illustrées pour le meilleur ou pour le pire : des figures connues parfois, mais aussi des noms oubliés, personnages légendaires ou historiques, de toutes les époques, de tous les milieux sociaux. Des saintes femmes, des filles de joie, des femmes de bien, des filles de rien, des femmes de lettres, des dames d'oeuvres, des femmes de pierre : des Sarthoises de naissance, d'adoption ou de passage

  • Juin 1944 : avec sa famille juive parisienne, la petite Colette Bitker est réfugiée dans un hameau du Vercors. Une patrouille allemande débarque dans la maison de l'autre côté du chemin et arrête un homme monté de la ville pour les vacances. Du pas de la porte, la fillette voit s'éloigner, dans l'air délicieux de cette fin d'après-midi, l'homme encadré par les soldats. Il porte une chemise blanche qu'elle suit du regard jusqu'à ce que le groupe disparaisse au tournant de la route.
    Tout de suite, elle sait que l'homme ne reviendra pas. Des années plus tard, devenue peintre, elle découvre que dans chacune de ses toiles figure une tache blanche.

  • Ce livre présente la « Loi sur le salaire minimum des ouvrières à domicile dans l'industrie du vêtement » (1915) dans son déroulement complet : causes et préparation, contenu et application pendant les 25 ans qui suivent son vote. Cette loi qui instaure des comités de salaires et d'expertise a du mal à se mettre en place. Les patrons ne sont guère enthousiastes, les ouvrières n'osent pas se plaindre de sa mauvaise application.

  • « Je ne suis pas féministe, parce que je n'en veux pas aux hommes. » Cette réflexion d'une ancienne militante du Planning familial établit un lien évident entre féminisme et haine des hommes. Peut-on faire l'hypothèse d'une misandrie travaillant le Mouvement de libération des femmes en France dans les années 1970 ? À partir de sources variées (presse, tracts, affiches, témoignages écrits et oraux de militantes), cet ouvrage en analyse la présence dans les discours féministes sur l'avortement, le viol, les relations de couple ou encore l'homosexualité.

    Prix Mnémosyne 2012.

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