• La région Ile-de-France est à la fois la plus riche de notre pays... et la plus inégalitaire. Les écarts entre les plus aisés et les plus pauvres, entre les banlieues populaires et les centres d'affaires et de tourisme, y sont colossaux. Malgré son effervescence, son patrimoine et sa créativité, chaque jour davantage de ses habitants rêvent de la quitter pour fuir la vie chère, le stress, les pollutions. Ces inégalités sociales et territoriales ne sont pas une fatalité : elles sont le résultat de choix politiques axés sur la compétitivité, l'attractivité, la concurrence. Car avec ses 5 milliards d'euros de budget et son pouvoir d'impulsion, la région Ile-de-France a les moyens d'améliorer le quotidien de sa population.

    Clémentine Autain propose d'abord de dégager un horizon assombri par les crises en créant un choc de solidarité. Puis d'engager un changement profond de modèle de développement qui devra être guidé par trois exigences : l'égalité sociale et territoriale, la bifurcation écologique, l'ambition éducative et culturelle. Grâce au partage des richesses et des ressources, à la mise en commun des savoirs et des pouvoirs, l'Ile-de-France peut changer de trajectoire pour devenir plus respirable et épanouissante.

    La députée de Seine-Saint-Denis indique un cap nouveau et ambitieux pour, dès demain, mieux vivre en Ile-de-France.

  • « J'ai déposé mes courses sur le tapis roulant, la jeune femme a encaissé. J'avais envie de lui dire : moi, je n'encaisse pas. Parce que je ne suis pas à sa place, et surtout parce que je ne supporte pas les normes de cette société qui font d'elle et de ses collègues des sans voix, peu reconnus, peu protégés.
    Les caissières illustrent ce qui ne tourne pas rond dans une société où l'on ne cesse de nous asséner : ne pense pas, dépense. La caisse enregistre cet argent roi qui nous fait perdre le sens de la vie, et la déshumanisation en marche s'incarne à travers ces « petites mains » que nous confondons avec leur outil de travail. Leur quotidien rapporté à leur salaire illustre une effrayante hiérarchie des valeurs. Et sur le tapis roulant, elles voient passer toute la démesure consumériste d'un monde qui court à sa perte. L'écosystème, pas plus que nos désirs, ne peut supporter une telle gabegie, tandis que de plus en plus de personnes, de familles ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois. ».

    Haut lieu du consumérisme débridé et de la frustration, l'hypermarché matérialise la folie capitaliste. C'est l'espace de toutes les promotions, sauf pour les caissières. Dans l'un des plus grands groupes mondiaux de distribution, il a fallu 15 jours de grève pour obtenir 45 centimes d'euros en plus sur les tickets restaurants ! L'hypermarché, c'est aussi là où l'on voudrait nous faire croire que croissance infinie est synonyme de mieux-être sur une planète aux ressources limitées. Il est urgent de rompre le lien entre le plus et le mieux. Et ce n'est pas l'essor de l'e-commerce, avec son profilage numérique dit intelligent, qui freinera le marketing agressif fabriquant la pulsion d'achat, le gâchis, les inégalités... quand il promet plutôt la surveillance généralisée.
    « Rien ne sera comme avant », a juré Emmanuel Macron pendant la crise sanitaire. Pourtant, depuis des décennies, les gouvernements successifs n'ont cessé d'encourager la loi du profit, la marchandisation de tout et le démantèlement des biens communs.
    A travers le prisme de l'hypermarché, Clémentine Autain montre ce qui doit changer, maintenant. Au fil d'un récit mêlant l'intime et le politique, elle appelle à une transformation profonde, sociale et écologiste, qui ne résultera pas de l'addition de gestes individuels mais de la conscience et de l'action collectives.

  • De Marie de Gournay à Nancy Fraser, nombreuses sont les auteures, et quelques hommes avec elles, qui s'insurgent, à chaque époque, contre les injustices faites aux femmes et militent pour leurs droits.
    Pluriel, le mouvement féministe se nourrit de courants idéologiques et culturels variés, parfois divergents. Résolument engagée dans la lutte pour l'émancipation des femmes, Clémentine Autain propose une sélection personnelle de textes fondateurs. Cette anthologie fait apparaître la complexité du féminisme et l'actualité d'un combat encore en train de s'écrire.

  • Pour Clémentine Autain, victime elle-même à 23 ans d'un viol sous la menace d'une arme blanche, l'affaire DSK « raconte quelque chose de profond sur nos représentations ». Et d'abord la banalisation de l'agression sexuelle dans une société où les normes restent celles des hommes blancs, bourgeois, puissants. Société française, fonctionnant toujours sur le mode patriarcal, le mode des classes, des clans, historiquement héritière du droit de cuissage. Saisissons cette sinistre affaire, s'écrie l'auteure, pour briser l'omerta qui pèse sur le viol - un viol a lieu tous les quarts d'heure en France - mais aussi sur la parole des femmes, trop souvent suspecte, face à ces comportements insultants au regard du désir librement consenti, exercé.

  • Il est temps que la honte change de camp, que les victimes de viol puissent parler sans risquer les représailles ou la stigmatisation. Cet ouvrage, coordonné par Clémentine Autain et rassemblant une centaine de témoignages, est un manifeste contre le silence.


    « On peut raconter dans un dîner que l'on a été victime d'un attentat, que l'on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n'est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse. Ne pas pouvoir dire ce que l'on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l'impunité des violeurs. » Clémentine Autain Une personne est violée toutes les huit minutes et souvent une chape de plomb pèse sur les victimes. En nov. 2012, à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, France TV a diffusé deux documentaires (Viol, double peine et Viol, elles se manifestent) dont les audiences ont été importantes. Parallèlement, le groupe a mis en place une plateforme web pour permettre aux victimes de viol de témoigner - celles-là mêmes qui trop souvent se taisent. Rapidement, des centaines de témoignages ont afflué. À ce jour, plus d'un millier de personnes sont venues dire leur souffrance, leur colère ou leur peur. Elles ont dans le même temps montré leur courage, leur résolution au combat contre le silence, et une volonté à reconstruire leur vie et leur honneur après ce double traumatisme : le viol et l'impossibilité d'en parler.

    Ces maux, leurs mots, expriment tous une grande émotion, née du silence enfin brisé. Au-delà du seul témoignage, ces victimes reconquièrent une parole qui leur a souvent échappée et tentent par-là même de sortir de la honte où notre société semble l'accabler. Cette parole veut aller contre la condamnation tacite qui pèse sur elles, elle est un plaidoyer, un exercice de la justice.

    L'ouvrage débute par une longue introduction de Clémentine Autain. S'ensuit une centaine de témoignages organisés par thèmes (faits, sidération, parcours judiciaire, somatisation, reconstruction). Des données repères sont régulièrement proposées pour ponctuer les récits : chiffres, informations brèves, citations. Un épilogue conclue l'ouvrage, invitant à aller plus loin.

  • " Ma génération est née avec la pilule, l'école mixte et l'illusion bien pratique de l'égalité entre les sexes.
    Pourtant, en dépit d'avancées considérables arrachées par les mouvements féministes, les discriminations et les violences envers les femmes persistent. L'égalité réelle entre les hommes et les femmes est loin d'être réalisée. " Dénonçant les préjugés qui conduisent de nombreuses femmes à dire " je ne suis pas féministe mais... ", ce livre est un plaidoyer pour l'engagement, individuel et collectif. Avec humour et précision, il propose une nouvelle lecture du féminisme, invitant femmes et hommes à construire ensemble des rapports moins stéréotypés, plus inventifs, aux antipodes de la " guerre des sexes ".

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