• Autoportrait de Calcutta Nouv.

  • En Europe, on a brûlé les sorcières jusqu'au XVIIe siècle. Elles n'étaient coupables que d'une seule chose : être femme. À la veille de la Renaissance, un pape avait proclamé que toutes les femmes étaient sorcières. Bonnes à tuer pour protéger le « membre viril » disent les textes. Toutes ces cruautés à peine balayées par la Révolution française, l'impure sorcière fut bientôt transformée en son contraire : la très pure Sainte Vierge.
    Que reste-t-il aujourd'hui de ces sorcières jadis brûlées, écartelées, maudites ? Guérisseuses de choc cachées dans les campagnes, petites-filles du féminisme, activistes Femen ou membres du mouvement #Metoo, les sorcières du XXIe siècle sont libres et fières de l'être.

  • Le voyage de Théo

    Catherine Clément

    • Points
    • 7 Octobre 1999

    Théo est un garçon de quatorze ans qui vit une existence heureuse entre sa famille et son amie Fatou, une jeune Sénégalaise. Subitement, il est atteint d'une maladie incurable contre laquelle les spécialistes occidentaux ne trouvent aucun remède. Plutôt que de l'hospitaliser, sa tante Marthe, infatigable voyageuse, propose de soigner Théo en le faisant voyager. Prenant son neveu sous son aile, elle part à la rencontre de ses amis dispersés aux quatre coins de la planète. Au cours de ce long voyage, véritable tour du monde des religions, Théo fera l'apprentissage des plus grandes traditions religieuses de l'humanité, de Jérusalem à New York, en passant par Rome, Bénarès, Istambul, Moscou ou Jakarta... Tour à tour sont interrogés l'essentiel des mythes, cosmologies et rites qui font la richesse des croyances de l'homme, dans leurs formes archaïques comme dans leurs formes modernes, et qui, toujours, entraînent l'histoire, les guerres, les paix. Dès lors, l'éclairage n'est plus mis sur les seuls aspects théologiques, mais aussi sur l'intolérance et sur les fanatismes à travers le monde. Avec lucidité, non sans humour, Théo entretient de multiples dialogues avec des sages de tous les pays, avance dans la connaissance en même temps qu'il s'achemine vers un destin qui doit autant à la médecine, tibétaine notamment, qu'à l'amour, revisitant ainsi le lien essentiel entre les pouvoirs du corps et ceux de l'esprit, à l'origine de la majeure partie des religions.

  • Né au début du XXe siècle dont il a traversé les douleurs, Claude Lévi-Strauss
    est universellement considéré comme le plus grand anthropologue de son temps.
    Connu comme l'un des fondateurs du structuralisme, il déploie, dans chacun de
    ses livres, une méthode rigoureuse, une inlassable curiosité, une émotion
    servies par une écriture qui tient de la magie. En suivant le fil d'une pensée
    qui force l'intelligence à s'ouvrir, sans négliger les polémiques qui
    l'entourèrent, Catherine Clément offre ici un témoignage aussi affectueux
    qu'éclairant, aussi libre que précieux. Catherine Clément, ancienne élève de
    l'ENS, agrégée de l'Université, philosophe, essayiste et romancière.

  • L'appel de la transe est un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l'inavouable, de l'insaisissable et de l'indicible : ces états de transe ou d'éclipse hors-la-vie que cherche, à un moment de sa vie, tout être humain en quête de sens. De la danse rituelle à la crise d'hystérie, de la tentative de suicide au ravissement de l'extase, Catherine Clément explore avec érudition et simplicité ce que les civilisations ont proposé comme réponse à cette recherche. La règle sociale, voire religieuse, cherche à interpréter et parfois à persécuter ces êtres dont l'état limite inquiète. Des possédées de Loudun aux chamans de Sibérie, des danseuses du Sénégal aux inspirés indiens, l'auteur questionne les multiples facettes de ce désir de repousser les limites de l'expérience sensible et spirituelle.
    Elle montre comment du Moyen-Âge à nos jours, du coup de foudre amoureux à l'anorexie, de la sorcière brûlée aux vampires des lecteurs de Stephenie Meyer, cette petite mort de la transe, et l'érotisme qu'elle dévoile, sont, de nos jours encore, le lieu d'une attente non révolue.

  • " Vous avez eu tout l'amour du monde, une mère aimante qui préférait son "Goldener Sigi" à ses autres petits, une femme énergique et gaie, des enfants respectueux, une fille adorée. Vous avez eu les trois coffrets, la mère, l'épouse, la fille. Appuyé sur ces solides fondements, vous avez pu penser la plus grande révolution intellectuelle du XIX° siècle, celle qui introduirait le danger du sexe refoulé dans le siècle suivant. Du malheur, vous avez connu trois figures, la mort de votre fille Sophie, celle de votre petit-fils Heinele, les douleurs de votre cancer. Quant au reste, c'est la vie. Et vous l'avez aimée. Ne dites pas non ! Vous avez été désirant au-delà du possible... " Qui ose s'adresser ainsi au père de la psychanalyse ? Catherine Clément, bien sûr ! Elle seule pouvait s'autoriser une telle insolence amoureuse. Pour nous le dévoiler vivant. D'une plume libre, elle éclaire les désirs de Freud, ses amitiés exclusives, ses faiblesses, ses excès. La statue du Commandeur s'estompe, apparaît alors un ami attachant, fragile par endroits, un grand-père qu'on se surprend à aimer. Rencontre de deux âmes passionnées, cet ouvrage nous offre la vision exigeante et lumineuse d'un géant de la pensée contemporaine.

  • Dix mille guitares

    Catherine Clément

    • Points
    • 17 Février 2011

    Sur le champ de bataille, le roi portugais Sébastien 1er disparait. Mort ou vif ? Nul ne le sait. On l'attend. Son rhinocéros favori, réincarnation d'un brahman indien, est alors conduit à la cour d'Espagne. L'animal vivra ensuite une incroyable destinée auprès des grands de ce monde, l'empereur d'Autriche, la reine de Suède, Arcimboldo ou encore Descartes. Vivant, mort, dépecé, transformé en coupe ciselée, il nous raconte son histoire et celle de la grande Europe.

  • Deux écrivaines, toutes deux athées, dialoguent sur le féminin et le sacré. Dans cet essai épistolaire, les deux intellectuelles s'interrogent : existe-il un sacré spécifiquement féminin ?
    Le livre repose sur l'intuition profonde de l'éveil des femmes en ce 3e millénaire, et sur le lien étroit qu'elles entretiennent avec le sacré.
    D'un pèlerinage à la Vierge noire aux environs de Dakar jusqu'aux cultes de l'Inde, Catherine Clément, disciple de Claude Lévi-Strauss, témoigne de l'intelligence du sacré à l'oeuvre dans ces pays. Julia Kristeva évoque Thérèse d'Avila et les grandes mystiques chrétiennes.
    « Qu'est-ce que le sacré ? », demandait Goethe dans un poème. Julia Kristeva rappelle ici sa réponse : « Ce qui unit les âmes ». À l'opposé d'un sacré totalisateur, ces deux femmes esquissent les contours d'un sacré qui, au carrefour du corps et de la pensée, donne sens à la singularité, et révèle sa vitalité dans le partage.

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