• De ce roman foisonnant de personnages se déache la figure adolescente de Mick, qui ressemble étrangement à Carson McCullers. Pauvre, passionnée de musique, elle rôde dans les cours des immeubles pour surprendre les accents d'une symphonie qui s'échappent d'un poste de TSF : Cette musique ressemblait parfois à de petits morceaux de cristal colorés et, quelquefois, c'était la chose la plus douce, la plus triste que l'on pût imaginer.
    Mick et bien d'autres personnages s'entrecroisent dans ce roman qui emprunte ses décors au Sud des Etats-Unis où vécut Carson McCullers dans l'immédiat avant-guerre. Elle avait vingt-deux ans quand elle publia ce premier livre, qui est sans doute son chef-d'oeuvre.
    Texte intégral

  • « Cher papa, C'est une lettre d'adieu, en attendant que je t'écrive d'un autre endroit. Je t'avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement., je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue pour moi un fardeau. J'ai pris le revolver parce qu'on ne sait jamais, mais je peux en avoir besoin, et je te renverrai l'argent à la première occasion. Dis à Bérénice qu'elle ne s'inquiète pas. Tout est venu de l'ironie du sort, et ça ne pouvait pas être autrement. , je t écrirai plus tard. Papa, je t'en prie, n'essaie pas de me rattraper.


    Bien à toi.

    Frances Addams » Six ans après Le coeur est un chasseur solitaire qu'elle a publié à 22 ans en 1940 et qui l'a rendue célèbre, Carson McCullers (1917-1967) écrit Frankie Addams, son deuxième chef-d'oeuvre, avec toujours cette question lancinante chez la grande romancière américaine du sud des États-Unis : pourquoi est-il si difficile de passer de l'enfance à l'âge adulte, si compliqué aussi de conclure la paix avec soi-même ?

  • «  L'ennui, c'est qu'il continuait à voir Sara comme dans un brouillard. Et tout le reste aussi, à cette époque. À croire que tout se brouillait dans sa tête et qu'il devenait fou. (...) Il avait toujours faim, et toujours le sentiment de quelque chose qui se préparait. Quelque chose de terrible qui le détruisait. Mais il refusait que ce pressentiment atteigne son esprit. (...) Il était sur le point de devenir un homme, et il avait dix-sept ans.  »   Des nouvelles, quelques poésies, la première et magistrale esquisse de son grand roman, Le Coeur est un chasseur solitaire : Le Coeur hypothéqué rassemble les écrits de Carson McCullers publiés de son vivant dans la presse ou restés inédits. Tous les thèmes chers à l'auteur s'y retrouvent : l'angoisse de la solitude, le besoin d'aimer et d'être aimé, la difficulté de communiquer, la délicate expression des sentiments... Mais aussi la légèreté de l'écriture et la précision clinique du récit.

  • "Illuminations et nuits blanches" réunit l'autobiographie dictée par Carson McCullers au cours des semaines précédant sa mort en 1967, la correspondance échangée avec son mari Reeves pendant la Seconde Guerre mondiale, et trois nouvelles inédites où elle exprime son amour et sa profonde solidarité avec le peuple noir.

    L'auteur du Coeur est un chasseur solitaire nous livre des souvenirs et des confidences qui nous font partager son travail d'écrivain, ses doutes et ses moments d'inspiration. Nous découvrons aussi la vérité sur ses relations avec son mari, dont elle divorce en 1941, qu'elle épouse de nouveau en 1945 - une longue, douloureuse et bouleversante histoire d'amour.

    Complémentaires, les trois volets de ce livre se répondent entre eux et nous apportent un nouvel éclairage émouvant sur la vie et l'oeuvre de Carson McCullers, celle dont Richard Wright disait qu'elle était le seul écrivain blanc à être capable d'écrire sur les Noirs.

  • Carson McCullers L'Horloge sans aiguilles A vingt-trois ans, Carson McCullers publie Le coeur est un chasseur solitaire et l'Amérique salue son génie.
    « Une telle intensité, une telle noblesse d'esprit, notre prose n'a rien connu de pareil depuis Herman Melville », afÞrme aussitôt Tennessee Williams.
    Après des années de silence, la romancière américaine publie en 1961 L'Horloge sans aiguilles, son dernier roman. « Mon travail d'écrivain a toujours été très pénible. Mais j'ai toujours su qu'il ne sufÞsait pas de travailler. La pénible progression du travail doit être illuminée par une révélation, une divine étincelle. » L'Horloge sans aiguilles apporte ce divin et rare équilibre entre cruauté et tendresse. Un homme s'achemine vers la mort. Il l'attend. Il guette l'heure à une horloge sans aiguilles. Avec une inÞnie compréhension, Carson McCullers l'accompagne et le berce de son amour fraternel.

  • Set in the American South, this is the story of a group of people who appear to have little in common except they are all hopelessly lonely. A young girl, a drunken socialist and a black doctor are drawn to a gentle, sympathetic deaf mute, John Singer, whose presence changes their lives.

  • Grande, efflanquée mais redoutablement musclée, Miss Amelia Evans inspire le respect de ses concitoyens : on apprécie autant l'alcool qu'elle distille clandestinement que ses talents de guérisseuse. Mais elle est aussi bien mystérieuse...
    Pourquoi a-t-elle chassé de chez elle l'homme qu'elle avait épousé seulement quinze jours plus tôt ? Et quel rôle tient auprès d'elle ce cousin bossu venu de nulle part ?
    Dans ce recueil de nouvelles que Tennessee Williams qualifia de « chef-d'oeuvre », Carson McCullers montre toute l'étendue de son incroyable talent.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Tournier préface d'Eva Ionesco.

  • Carson McCullers n'a que peu publié de son vivant, et pourtant, cinquante ans après sa mort, elle apparaît plus que jamais comme l'enfant terrible des lettres américaines. Les lecteurs, qui continuent de redécouvrir son oeuvre, s'identifient toujours à ses personnages et lui vouent un véritable culte. Pourtant, son dernier opus, publié à New York en 1964, demeure méconnu et n'a jamais été traduit en français. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit ni d'un roman, ni d'un recueil de nouvelles. Étonnamment, Carson McCullers, sur son lit de douleur, a écrit des petites comptines et poèmes pour enfants, illustrés et rassemblés sous le titre joyeux, espiègle, de Doux comme un cornichon et propre comme un cochon. Elle, qui avait connu la consécration très jeune, travaillait alors à son autobiographie et se demandait ce qu'elle pourrait transmettre de son expérience aux générations futures. C'est ainsi qu'elle a composé vingt-deux petites histoires rimées, d'une grande simplicité et d'apparence légère, qui suivent le cours des saisons au rythme des fêtes de Pâques, d'Halloween ou de Noël. Toutes ses historiettes célèbrent la candeur, l'innocence de l'enfance dont Carson McCullers, qui n'a jamais été mère, a gardé des impressions très nettes et des sensations intactes. Elle qui définit l'écrivain comme « un rêveur par nature », sait parfaitement retranscrire les rêveries enfantines, mais aussi les questionnements incessants sur les contradictions du monde : « Qui a mis le "A" dans août ? » « Le Père Noël va-t-il manquer la maison de René, qui n'a pas de cheminée ? » « Pourquoi est-ce malpoli de montrer quelqu'un du doigt, mais pas un rat ni un arc-en-ciel ? » On retrouve aussi, par touches, l'un des traits les plus frappants de son oeuvre : son empathie envers chaque individu, même les plus inadaptés, qui ont tant de mal à trouver leur place. Ici, c'est Sport Williams, un garçon de l'école, si méchant que seule sa mère est capable de l'aimer. Comme un clin d'oeil à son passé, Carson évoque aussi le Sud de son enfance et décrit une scène familiale, lorsqu'une petite fille écoute sa mère lui parler du temps de sa jeunesse. La nostalgie du familier et le désir ardent de la découverte se révèlent dans les tableaux qu'elle fait de New York, ville qu'elle a elle-même rejointe à dix-sept ans. À la lecture de ces pages, Carson apparaît comme un être sensible et délicat qui, à l'image de cette girafe croisée dans le zoo de Manhattan, s'est trouvé projetée dans la vie comme en terre inconnue... Les dessins aux crayons de couleur de Rolf Gérard, adorables, s'accordent à merveille avec le ton du recueil et offrent un écrin vintage à cette très jolie édition.

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