• Ou vivre

    Carole Zalberg

    " Peut-être que nous n'étions pas faits pour avoir un Etat à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu'elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n'ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C'est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j'y prenne garde, sans que j'affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question.
    " A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre. Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'Etat juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d'un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr.
    C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer. De l'après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles. Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l'Etat d'Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

  • Fleur est solide. Fleur s'occupe avec patience et parfois résignation d'une mère aimante, fantasque mais qui sombre un peu plus chaque jour dans l'alcoolisme. Louna elle aussi est livrée à elle-même. Fatiguée de s'occuper d'un père dépassé et négligent, Louna claque la porte et se réfugie chez Fleur et sa mère. La maladresse touchante et la fraîcheur de son amie envers sa mère vont permettre à Fleur d'accepter parfois de lâcher prise et un équilibre s'installe entre ces personnages, fragile mais lumineux.

  • Entre autres

    Carole Zalberg

    • Millon
    • 14 Novembre 2013

    Cette nuit, Marie a été malmenée par les mots de Pierre. S'il n'y avait pas Martin . C'est sur cette phrase, lancée par son père comme une menace, que l'enfant a fi ni par s'endormir. À la fi n de la matinée, Claire, l'institutrice de Martin, doit retrouver Thierry pour un rendez-vous au cabinet d'échographie. Dans le métro, à côté d'eux, Diane essuie ses larmes : à la rubrique nécrologie de son journal, elle vient de lire le décès de A., son amant depuis tant d'années. Elle est bousculée par Nicolas, un SDF, qui a tout perdu. Gare du Nord, Thomas, directeur artistique, a rendez-vous avec Sandrine, belle et soumise, qui attend son départ pour retrouver Laurent.
    Les personnages se passent le relais de l'histoire mais, pour la plupart, ne se rencontrent jamais réellement...

empty