Rivages

  • Ce livre fait l'éloge de la prise de risque à une époque où la sécurité nous est donnée comme valeur volontaire et l'exacerbation des peurs de toutes sortes. Cet éloge traite dans de courts chapitres des divers registres où l'on rencontre le risque : la vie amoureuse, la séparation, la dépendance mais aussi la vie sociale, le langage, les biotechnologies, etc. Autour de cette question centrale : qu'est-ce que risquer sa vie, à savoir prendre le risque de vivre vraiment ?

  • Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l'humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l'égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l'écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C'est à cette éthique qui n'a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie. Deux textes inédits

  • Dans ces conférences où Freud prouve une fois de plus son talent à exposer ses idées, nous sommes guidés au coeur de la révolution psychanalytique : le moi n'est pas maître chez lui. Rien d'obscur ou de désincarné ici, mais le mouvement même de la psychanalyse, les phénomènes qu'elle prend en compte (rêves, lapsus, symptômes), les problèmes majeurs qu'elle aborde (interprétation des rêves ou théorie de la névrose), et les notions qu'elle a forgées (libido, transfert, inconscient, etc.).

  • En cas d'amour : que faire ? Axe autour duquel tourne toute vie : aimer, être aimé. Avec toutes ses déclinaisons : reconnaissance, peur d'être abandonné, mesure de la jalousie, désir de possession, envie, délivrance, haine, détachement, paix.
    L'événement de l'amour est au coeur de ce livre. Depuis les histoires imaginaires que l'on se forge quand on est amoureux jusqu'au désir de vengeance de celui qui est quitté en passant par la jalousie, la fascination, la fusion amoureuse, la relation fraternelle, la dispute, le livre explore différentes figures de la passion et des blessures de l'attente amoureuse.
    On y rencontre l'écoute attentive et les désarrois d'une psychanalyste recueillant dans la chambre des secrets les mots de ceux qui viennent déposer là leur espérance.

  • Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à lui. Ce serment se perpétue, secrètement, de mères en filles et en fils. L'enfant doit rompre ce serment pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, à son désir. Cet essai expose au grand jour le versant noir de la maternité. Il cherche à cerner, à travers des séances de psychanalyse ou des oeuvres littéraires, ce noyau inconscient de la transmission maternelle et ses conséquences sur le psychisme humain.

  • L'amour qu'une mère donne à son enfant est-il quantifiable ? Pourquoi une mère devrait-elle être " suffisamment " bonne ? Trop d'amour est-il nuisible ? Trois textes du célèbre pédiatre et psychanalyste anglais - " La préoccupation maternelle primaire " (1956), " La mère ordinaire normalement dévouée " (1966) et " La capacité d'être seul " (1958) - pour évoquer la curieuse folie qui prend toute mère enceinte lorsqu'elle fusionne avec son bébé ; la nécessité, pour que l'enfant devienne autonome, de le frustrer ; et les bienfaits qu'il peut retirer d'un peu de solitude.
    La majeure partie de l'oeuvre de Donald W. Winnicott (1896-1971) est publiée aux Éditions Payot, et notamment Le bébé et sa mère, Conseils aux parents, Déprivation et délinquance, L'enfant et la guerre, ou encore Agressivité, culpabilité et réparation.

  • Les principes fondamentaux de la République sont-ils contraires au colonialisme ? Quels impacts la colonisation a-t-elle sur un État qui se transforme en métropole d'un empire ? Et quels sont ses effets intérieurs ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : coloniale, la France opprime des peuples et perd ses principes. La colonisation rend impossible l'amitié entre les peuples (ce qui posera problème, dit-elle, si la France veut de nouveau enrôler les populations des colonies dans une guerre). Ces réflexions sur la colonisation pensée comme déracinement vont la conduire à son oeuvre majeur : «L'Enracinement».

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • La solitude nous angoisse, et pourtant nous avons tous besoin d'être seuls pour nous ressourcer. C'est l'un des paradoxes de l'être humain. Winnicott est le premier psychanalyste à s'être penché sur cette question. Dans La capacité d'être seul (1958), il montre comment le petit enfant , pour mûrir affectivement, fait l'expérience de la solitude bien que sa mère soit à ses côtés. Dans De la communication et de la non-communication (1963), il souligne l'importance de respecter le besoin d'isolement des patients pour leur permettre de revivre l'expérience infantile d'une solitude accompagnée et apaisante. Par son empathie et sa sollicitude, Winnicott est sans conteste le psychanalyste le plus actuel. Ce livre, qui replace au premier plan le rôle du corps, montre aussi que le bien-être mental peut passer par une simple présence physique.

  • L'esprit d'indépendance - son insolence, son euphorie, sa force de détachement - souffle pour chaque personne selon une disposition biographique singulière, au gré d'instants qui, peut-être insignifiants de l'extérieur, s'inscrivent en nous comme les moments décisifs de notre histoire. Cet essai dit l'importance de savoir au vol les saisir. Le goût du jeu, l'envie de rire, l'art du voyage, le plaisir de lire, le droit de dire non à la chaîne des obligations et à celle des générations sont les éléments d'une jouissance aussi fragile que vitale de sa liberté.

  • Que veut la femme ? Sur le plaisir et la sexualité des femmes, sur la bisexualité, sur la différence des sexes, sur la féminité même, voici, pour la première fois réunis en un recueil, et dans une traduction inédite, les quatre principaux essais de Freud : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes », « Un cas d'homosexualité féminine », « De la sexualité féminine », « La féminité ». Le père de la psychanalyse, souvent critiqué, s'y montre aussi « un penseur de l'émancipation et de la liberté » (E. Roudinesco). Avec une préface de Pascale Molinier, professeur à l'université Paris 13 et auteur, chez Payot, des «Enjeux psychiques du travail», «Qu'est-ce que le care ?», et «L'Enigme de la femme active».

  • Madame du Châtelet répond à la question qui hante son époque : comment être heureux sur cette terre, et plus particulièrement comment l'être lorsqu'on est une femme, qui, même exceptionnelle, se voit interdire la plupart des ambitions et des gloires permises aux hommes ? Comment l'être lorsqu'on est une amoureuse passionnée, exclusive et tyrannique ? De réflexions générales sur le bonheur, elle passe à son cas personnel et aux confidences les plus intimes. Ce sont ces confessions pudiques et déchirantes qui donnent à ses propos une authenticité et une actualité qui transcendent les particularismes d'une époque. Mme du Châtelet prêche toutes les sensations et sentiments agréables, et avant tout l'amour qui est « la seule passion qui puisse nous faire désirer de vivre ».

  • A lire la correspondance que les deux hommes échangèrent pendant plus de trente ans, on se dit que Zweig est vraiment le fils que Freud aurait aimé avoir : il apprécie en lui sa "modestie intérieure", tout en étant séduit par l'écrivain, si proche à bien des égards d'Arthur Schnitzler qu'il considérait comme son "frère jumeau".

    A Zweig, Freud confie ce brevet de ressemblance : "Votre type est celui de l'observateur, de celui qui écoute et lutte de manière bienveillante et avec tendresse, afin d'avancer dans la compréhension de l'inquiétante immensité". De son côté, Zweig sera l'un des rares écrivains viennois, le seul peut-être à discerner d'emblée le génie de Freud, à le proclamer et à le situer dans la lignée de Proust , Joyce et Lawrence. "J'appartiens, lui écrit-il, à cette génération d'esprits qui n'est redevable presque à personne autant qu'à vous en matière de connaissance."

  • « Ce fragment est donné à titre d'exemple de la position dépressive telle qu'elle peut apparaître au cours d'une analyse. Le patient dont il est question vint à l'analyse en disant qu'il ne pouvait pas parler, que cela ne coulait
    pas de source, qu'il ne savait pas dire des banalités et qu'il ne pouvait faire de geste spontané ni éprouver d'émoi.
    Au début, tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il venait et qu'il parlait. C'était de la rhétorique. Peu à peu, il devint clair qu'il écoutait des conversations intérieures et qu'il en rapportait les parties qui pouvaient m'intéresser -pensait-il. Puis l'analyse se modifia en qualité. La première manifestation du progrès fut rapportée par le patient lorsqu'il parla d'un sentiment tout nouveau d'affection pour sa fille. Deux fois cette semaine-là il avait versé des larmes et cela lui parut un bon présage, car il avait été incapable jusque-là de pleurer ou de rire, comme il avait été incapable d'aimer. »
    D.W. Winnicott

  • Pour les Occidentaux, l'Inde est le pays des vaches sacrées. Les bovins doivent donc y être respectés. Pourtant, ce pays est devenu, en 2012, le premier exportateur de viande bovine. Ce paradoxe invite à revoir une image quelque peu naïve de la façon dont on traite les animaux au pays de la non-violence, et les relations que l'Inde entretien avec le végétarisme, la non-violence, et la question du sacrifice.

  • hannah arendt fut dans les années 1920 l'élève du philosophe karl jaspers à l'université de heidelberg.
    l'immigration d'arendt et la guerre les éloignèrent, mais l'échange repris dès 1945 pour se transformer en amitié. tous deux avaient alors le sentiment d'avoir survécu à un cataclysme. comment penser, alors que la pensée avait été mise en déroute par les événements ? en qui et en quoi placer sa confiance ? en quelles nations, en quelles idées, en quels hommes ? dans cet horizon, chaque événement décisif de la politique mondiale est objet de débats entre eux : l'insurrection de berlin, la révolution hongroise, la guerre de corée puis celle du viêt-nam, la baie des cochons et la crise de cuba, la construction du mur de berlin, la chute de krouchtchev et l'assassinat de kennedy, le lent essor de la chine.
    eux qui étaient en quête d'un espoir constatent que, dans le contexte de la guerre froide, le cataclysme menace toujours et qu'il ne reste presque plus rien - ni les nations, ni les idéologies, ni les structures sociales, ni la sécurité militaire sur laquelle pèse désormais le risque de la bombe atomique. seule, peut-être, la pensée...

  • "J'ai conquis Hannah au bal, avec la remarque faite en dansant que l'amour est un acte par lequel on transforme quelque chose d'a posteriori, l'autre rencontré par hasard, en un a priori de sa propre vie - belle formule qui, certes, ne s'est pas confirmée".
    En dénoyautant des cerises sur leur balcon, Günther Anders et Hannah Arendt, jeunes mariés, installés à Drewitz, près de Potsdam, dans les dernières années de la république de Weimar, renouvellent l'expérience d'un "philosopher ensemble", inspiré du romantisme allemand autant que de Platon.

  • Pourquoi certaines femmes ont-elles un besoin névrotique d'amour, et certains hommes la phobie des femmes ? Peut-on parler d'un masochisme féminin ? Quel est le rapport entre " l'angoisse vaginale " et la frigidité ? Existe-t-il une spécificité de la sexualité féminine ? Qu'est-ce qu'une " mère virile " ? En abordant ici les grands problèmes de la psychologie féminine, Karen Horney entend remonter à la source des difficultés rencontrées par les femmes dans la société.

  • Lacan

    François Roustang

    • Rivages
    • 9 Septembre 2009

    " Lacan est un stratège qui n'avance pas sans intentions précises, ou encore c'est un rhéteur qui cherche à persuader.
    Il importe donc de se demander à chaque instant d'où il est parti et où il veut conduire son lecteur ou son auditeur. La difficulté de le comprendre vient le plus souvent d'une hâte à retirer de ses affirmations quelque profit, ou d'une habitude à se laisser aller au jeu des associations à partir de ce qui est lu ou entendu. En réalité, Lacan est explicite ; encore faut-il savoir l'entendre. " François Roustang.

  • Quelle différence y a-t-il entre prétendre dire le réel avec des concepts, l'écrire avec des nombres et le montrer avec des artifices imaginaires ? L'utilisation de la topologie par Jacques Lacan dans les années 1960 constitue une tentative de saisir le réel par des moyens imaginaires, voire fantasmatiques. Ce très court ouvrage en explique, schémas à l'appui, les tenants et les aboutissants.

    Précision : Une version différente de l'Introduction à la topologie de Jacques Lacan constituait en 1987 la troisième partie du livre de J.-D. Nasio Les Yeux de Laure. Ce dernier ouvrage ayant reparu en 2009 aux Éditions Payot dans une nouvelle édition profondément remaniée qui ne comprend pas ce texte, il a semblé utile de permettre au lecteur intéressé de pouvoir disposer à nouveau de cette Introduction, qui reparaît là aussi dans une version remaniée.

  • Une approche originale de l'histoire ancienne et de l'univers de la Rome antique. L'auteur s'attache à un sujet spécifique, l'écriture et la lecture, non pas de manière abstraite, mais dans leur dimension sociale, à l'aide de la relation entre l'écrivain, le livre et le public. Le livre, en effet, tient une place particulièrement importante dans la société romaine du ler siècle de notre ère, et l'écrit y connaît une sorte d'apogée. La création littéraire se développe, de même que les lectures publiques, les grandes bibliothèques. L'écrivain y acquiert un statut original et prestigieux, aussi bien dans ses rapports avec le pouvoir qu'avec son public. Des cercles littéraires se créent, le commerce des livres se développe, le public, ou plutôt les publics, se passionnent. Les premiers concours littéraires - ancêtres de nos prix - sont créés, mais l'écrivain garde le contrôle de la diffusion de ses ouvrages, même si une première ébauche de distribution se constitue. Voici un livre qui nous fait entrer dans la civilisation romaine en ce qu'elle a de plus spécifique. Catherine Salles, docteur ès-lettres, est professeur à l'université de Nanterre.


  • Daniel Paul Schreber est mort en 1911, il y a cent ans.
    Ce président de la cour d'appel de Dresde, auteur des célèbres Mémoires d'un névropathe (1903), se croyait persécuté par Dieu et prétendait avoir pour mission de se changer en femme pour engendrer une nouvelle race. Freud ne l'a jamais rencontré, mais il s'est appuyé sur les Mémoires pour rédiger la seule étude de cas qu'il ait jamais consacrée à un patient psychotique. Publié en 1911, Le Président Schreber a suscité de nombreuses réactions.
    En 1955, Lacan lui consacre une partie de son séminaire et élabore deux concepts majeurs : la forclusion et le nom-du-père.

  • En 1924, Hannah Arendt a dix-huit ans. C'est une jeune étudiante avide de savoir, avec des yeux rayonnants et une intelligence vive comme l'éclair. Elle rencontre Martin Heidegger, trente-quatre ans, marié et père de famille, qui enseigne la philosophie à l'université de Marbourg. Introverti, plein de fureur mais aussi d'une surprenante modestie, il attire à son cours les étudiants les plus prometteurs. Comme l'expliquera Arendt, "la rumeur le disait : la pensée est redevenue vivante, les trésors de la culture qu'on croyait morts reprennent sens. Il y a un maître, il est peut-être possible d'apprendre à penser".
    Entre eux débute alors une liaison durable et turbulente où l'amour et la philosophie vont s'entremêler, et que rien, pas même la guerre, n'entamera.

  • Sandra Laing vient au monde en 1955 dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. Elle devrait être née du « bon côté » puisque ses parents sont des commerçants afrikaners, donc blancs ; or il y a eu un Noir parmi ses ascendants et une combinaison de gènes l'a faite métisse.
    À l'âge de dix ans, elle est expulsée par la police de l'école pour Blancs et reclassée « Coloured ». Victime des aberrations du système, elle changera encore officiellement deux fois de couleur, mais c'est parmi les Sud-Africains noirs, dans la précarité des townships, qu'elle choisira de vivre, reniée par son père.
    En se liant d'amitié avec elle, la journaliste new-yorkaise Judith Stone a su démêler avec pudeur les fils d'un destin hors du commun, et par là même sonder l'âme d'un pays pluriel, des années 1950 à nos jours.

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