Langue française

  • Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord ? Moi, j 'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton « non » est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là

  • Les manifestations de rue occupent aujourd'hui le devant de la scène politique et les écrans de télévision. Les liens étroits qui unissaient, au siècle dernier, les manifestations aux fièvres révolutionnaires ont, à cet égard, modelé la mémoire collective.
    Voilà longtemps, cependant, que manifestation ne rime plus avec sédition. En décryptant les formes et les mutations de la manifestation au XIXe et au XXe siècle, Danielle Tartakowsky montre que seules deux vagues de contestations, celle de février 1934 et celle de mai-juin 1968, ont contribué, en définitive, à déstabiliser les régimes en place.
    Malgré son cortège d'incidents et de désordres, la « manif » ne serait-elle ainsi qu'une expression de la vie démocratique, un signe de bonne santé ?

  • Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société pendant des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans leurs confidences distraites, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées.

    Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières, du monde du travail et des prisons, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

  • Dénonçant l'imminence dune crise de l'éducation dans les systèmes démocratiques, la philosophe démontre, à partir d'exemples d'expériences pédagogiques aux Etats-Unis et en Inde, l'importance pour la construction d'une pensée critique des futurs citoyens d'un enseignement accordant une place aux humanités et aux arts plutôt qu'à la seule finalité économique.

  • Rsoudre les nigmes poses par les rgles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tche que se proposaient initialement Les Structures lmentaires de la parent. Les deux chapitres introductifs, objets de la prsente dition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : o finit la nature et o commence la culture ? quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ?C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lvi-Strauss apporte matire et mthode la rflexion philosophique.

  • Sauver notre vue est un devoir. Plutôt que de nous enfermer dans la dépression ou le déni des souffrances subies durant notre enfance, nous devons chercher à nous en sortir en comprenant quels sont nos vrais besoins.

    Accepter de se confier, apprendre à aimer l'enfant que l'on fut, lever le refoulement et vivre ses émotions enfouies (peur, indignation, colère), tel est le chemin vers la libération intérieure.

    Dernier ouvrage publié par Alice Miller, ce livre rassemble ses dernières recherches, des interviews, des réponses à des lettres de lecteurs ainsi que des extraits de journal, résumant une méthode thérapeutique éprouvée et une pensée lumineuse.

  • Histoire politique de l'Iran de la dynastie qâjâr (1797-1925), à laquelle succéda celle des Pahlavi, jusqu'à la révolution islamique née en 1979. Un nationalisme particulier, inséparable de la religion, s'y développa dès le XIXe siècle, en réaction contre les souverains autocrates qui vendaient les richesses du pays aux Russes et aux Britanniques.

  • Si la religion est omniprésente dans la réflexion de Freud, l'islam en est absent. On mesure à ce constat la richesse de la perspective ouverte ici : mettre au jour les refoulements constitutifs de la religion islamique.Partant de la crise contemporaine de l'islam et de son symptôme le plus visible qu'est l'islamisme, ce livre entreprend d'explorer les origines de l'islam. Pour interpréter cette «césure du sujet de la tradition» qui prend la forme d'un désespoir de masse, Fethi Benslama relit les textes fondateurs, gardés par un long règne d'interdit de penser.L'altérité féminine y apparaît comme la nervure centrale du refoulement propre à l'islam. Face à un dérèglement profond de la relation entre le réel et les formes symboliques que trahissent les extrémismes, l'analyse conduit alors vers des questions demeurées impensées, telle l'affirmation coranique selon laquelle Dieu n'est pas le père.

  • Cette anthologie rassemble un pan ignoré de la littérature française: les écrits que des femmes d'exception et quelques écrivains célèbres ont consacrés à un combat de longue durée (XVIe-XXe siècle), celui de l'égalité entre hommes et femmes.
    Accès à l'instruction, droits civils et politiques, droit au divorce, accès à tous les métiers, égalité des salaires: telles sont quelques-unes des revendications qui reviennent au fil des textes de ce recueil. Au-delà de la permanence d'une subordination féminine, ces combats de plume se signalent par leur diversité: diversité des supports (articles, essais philosophiques, pamphlets, discours, etc.), des interlocuteurs, des styles et des arguments, des contextes politiques et culturels.
    Preuve que l'histoire du féminisme n'est pas une, qu'elle ne saurait se réduire à une constellation de figures mythiques - l'éternelle guerrière, la mère nourricière, la poétesse amoureuse -, mais qu'elle est le fait d'une multiplicité de personnages réels, engagés dans les luttes de leur temps, dont on entend ici la voix : de Christine de Pizan, première " femme de lettres " française à l'icône féministe qu'est devenue Beauvoir, en passant par Marie de Gournay, Condorcet, Olympe de Gouges, Charles Fourier, Flora Tristan, André Léo, Nelly Roussel, Madeleine Pelletier et bien d'autres encore...

  • Cet ouvrage désormais classique a ouvert un nouveau champ thérapeutique et théorique. Tout comme dans Structure familiale et psychose et dans L'Être-là du schizophrène, la technique analytique qui y est exposée représente un élargissement du champ de la psychanalyse. Dans la psychose, il ne s'agit pas de chercher à interpréter de prime abord le refoulé, mais de trouver accès au domaine du psychiquement « non-représentable ». C'est pourquoi Gisela Pankow aborde le « non-représenté » par une dialectique de la structure de l'espace à partir des fonctions symbolisantes : elle parvient ainsi à lui donner figure, à le rendre représentable. Alors que dans la névrose, il s'agit de situer la relation d'objet et le métabolisme de la libido, le traitement analytique de la psychose choisit le principe de sécurité comme centre de gravité. Gisela Pankow présente ici le traitement, parfois dramatique, de douze malades qui retrouvent les limites de leur corps vécu. Au point de vue théorique, il est important de signaler que l'approche dialectique, qui vise les structures de l'image du corps, ne s'applique pas uniquement au malade psychotique, mais permet aussi d'atteindre et de guérir un délinquant ivrogne - présentant des zones de destruction limitées de son corps vécu - ou encore une maladie asthmatique.

  • Alice Miller (1923-2010) a fait ses études en Suisse où, après l'obtention d'un doctorat de philosophie, elle a enseigné et exercé la profession de psychanalyste jusqu'en 1980.
    Elle s'est alors progressivement éloignée de la psychanalyse traditionnelle qui, à ses yeux, occulte la réalité de la souffrance infantile. C'est là en effet le combat de sa vie - comme thérapeute et comme théoricienne : identifier, comprendre, soigner et prévenir les séquelles des mauvais traitements infligés aux enfants par leurs parents. S'appuyant sur son expérience personnelle, sur des exemples historiques fameux (Hitler, Staline), mais aussi sur des milliers de témoignages recueillis sur la toile, elle n'a eu de cesse, à travers ses nombreux livres, de dénoncer cette « pédagogie noire », qui justifie hypocritement la violence éducative au nom du bien de l'enfant. Brutal ou subtil, tout sévice laisse des traces indélébiles, voire aboutit aux pires catastrophes de l'histoire.
    Ce sont ces thèses, tout comme son engagement public, qui ont fait la notoriété d'Alice Miller et consacrent ses ouvrages comme d'incontournables références.
    Ce volume réunit les plus grands succès de l'auteur : C'est pour ton bien (1984), L'Enfant sous terreur (1986), La Connaissance interdite (1990) et Notre corps ne ment jamais (2004).

  • Dans ce livre, tout s'accélère. Le numérique amplifie la mondialisation ; internet est mobile ; le téléphone et la télévision deviennent « smart ». Comment la Chine a-t-elle créé des clones de Google ou de Facebook et bâti son propre internet censuré ? Comment les pays arabes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire leurs révolutions ? Avec Mainstream, Frédéric Martel avait décrit la guerre mondiale de la culture et des médias ; avec Smart, il prolonge l'enquête dans l'univers numérique. De la Silicon Valley au Japon, du Brésil à l'Afrique du Sud, ce livre raconte la bataille d'internet et son futur. Smart est la première grande enquête de terrain sur le nouveau monde qui vient.

  • R. Major poursuit ici l'objectif de renouveler la pensée psychanalytique depuis Lacan. Il montre que la pensée de Lacan est imprégnée de la lecture de Derrida et que la pensée de Derrida est inconcevable sans psychanalyse.

  • Ecrire la vie de Jacques Derrida (1930-2004), c'est raconter l'histoire d'un petit Juif d'Alger, exclu de l'école à douze ans, qui devint le philosophe français le plus traduit dans le monde, l'histoire d'un homme fragile et tourmenté qui, jusqu'au bout, continua de se percevoir comme un " mal aimé " de l'université française, c'est faire revivre des mondes aussi différents que l'Algérie d'avant l'Indépendance, le microcosme de l'Ecole normale supérieure, la nébuleuse structuraliste, les turbulences de l'après-68, c'est évoquer une exceptionnelle série d'amitiés avec des écrivains et philosophes de premier plan, de Louis Althusser à Maurice Blanchot, de Jean Genet à Hélène Cixous, en passant par Emmanuel Levinas et Jean-Luc Nancy.
    ('est reconstituer une non moins longue série de polémiques, riches en enjeux mais souvent brutales, avec des penseurs comme Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Jacques Lacan, John R. Searle ou Jürgen Habermas, ainsi que plusieurs affaires qui débordèrent largement les cercles académiques, dont les plus fameuses concernèrent Heidegger et Paul de Man. ('est retracer une série d'engagements politiques courageux, en faveur de Nelson Mandela, des sans-papiers ou du mariage gay.
    C'est relater la fortune d'un concept - la déconstruction - et son extraordinaire influence, bien au-delà du monde philosophique, sur les études littéraires, l'architecture, le droit, la théologie, le féminisme, les queer ou les postcolonial studies. Pour écrire cette biographie passionnante et riche en surprises, Benoît Peeters a interrogé plus d'une centaine de témoins. Il est aussi le premier à avoir pris connaissance de l'immense archive personnelle accumulée par Jacques Derrida tout au long de sa vie ainsi que de nombreuses correspondances.
    Son livre renouvelle en profondeur notre vision de celui qui restera sans doute comme le philosophe majeur de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Plus d´un siècle après sa naissance, la psychanalyse est toujours l´objet de controverses et d´attaques virulentes. Son histoire est jalonnée de batailles et de remises en question qui montrent la nécessité d´examiner sa place dans la société, d´interroger son épistémologie, afin de maintenir vivants son développement et sa transmission en sortant d´une position essentiellement défensive.
    Les détracteurs contemporains puisent dans les dogmes modernes de la science les éléments de leur contestation, mais Freud en avait déjà anticipé les principales tendances.
    En développant une généalogie de l´interprétation, un des concepts clefs de la théorie et de la pratique psychanalytique, l´auteur entreprend de resituer les différentes critiques dans leur contexte historique. La psychanalyse est ici en débat avec l´herméneutique (en montrant comment le freudisme en modifie son histoire), avec la science (en partant de la querelle entre les sciences de la nature et les sciences de l´esprit), enfin avec la philosophie du langage (puisque Wittgenstein se présentait comme un « disciple » de Freud).
    Trois temps, trois débats, trois perspectives théoriques dont les racines permettent de renouer le fil d´un conflit moderne des paradigmes.

  • Entre la transmission symbolique juive et la question de la transmission que pose la psychanalyse, sont détectées ici quelques résonnances : rapport à la loi, castration, symbolisation. Ce n'est peut-être pas un hasard si l'agacement envers les psychanalystes n'est pas sans rapport avec l'agacement envers les juifs. Etude de la Loi et travail de la cure sont mis en parallèle.

  • Le temps n'est pas à l'ordinaire. Les propos d'exclusion et de racisme envahissent l'espace public. Nous n'avons ni le droit de laisser faire ni celui de ne pas comprendre.

  • I. Les diverses options spirituelles II. Religion et politique : une liaison dangereuse III. La raison contre l'oppression IV. Valeurs et principes de la laïcité V. L'État émancipé : la séparation laïque VI. La laïcité de l'école publique Corpus Augustin Averroès Bayle La Bible Camus Condorcet Constant Le Coran Descartes D'Holbach Les Droits de l'Homme Ferry Feuerbach Hugo Hume Jaurès Kant Kintzler Lamennais Las Cases Lemire Locke Loi du 9 décembre 1905 Lucrèce Pascal Pie IX Platon Rabaut Saint-Étienne Rousseau Séailles Spinoza Stuart Mill Thomas d'Aquin Voltaire Weber Vade-mecum Communautarisme Concordat Culture Fondamentalisme Laïcité Liberté de conscience Neutralité Privé/public Secte Sécularisation Séparation Tolérance


  • «L'anatomie, c'est le destin», tel est le maître mot de la
    tradition patriarcale dans laquelle s'inscrit Freud, et qui
    ne retient du masculin que la verticalité, emblème du
    pouvoir. Or, en réduisant la masculinité à son symbole,
    on relègue la vulnérabilité, la peau, la chair, le viscéral
    du côté du féminin, d'où le paradigme de l'écorché.
    Ce clivage - le sensoriel à la mère, l'esprit au père - traverse
    la culture occidentale depuis ses origines grecques
    et chrétiennes - ce qu'éclaire l'anthropologie, avec les
    travaux de Claude Lévi-Strauss, Françoise Héritier et
    Nicole Loraux. Captive de cet héritage, notamment en ce
    qui concerne la définition de la fonction paternelle, la
    psychanalyse la remet cependant en cause en interrogeant
    l'érotique masculine, centrée sur un phénomène
    d'irruption incontrôlable.


  • Militante, philosophe, mystique, insoumise absolue, guerrière sans concession de la liberté d'esprit. Un modèle ? Non, mais pour chacun de nous un défi.


  • Réunion des textes écrits par W. Granoff entre 1956 et 1996 qui témoignent de quarante années d'expérience clinique et de pratique psychanalytique.



  • La définition ablative du féminin - «sexe auquel manque le
    morceau estimé par-dessus tout» - domine la construction
    freudienne au point de faire oublier les déclarations inaugurales
    qui campent un Freud crypto-féministe, faisant sienne la
    «protestation» adressée par les femmes à la civilisation. En
    s'engageant ainsi en territoire féminin, Freud construit le modèle
    d'un espace psychique - l'«espace creux», offrant une «fente
    étroite» - pouvant aussi bien se défendre contre la pénétration
    de «tout corps étranger» effracteur que l'accueillir en son sein. Il
    s'étaie sur cette représentation pour doter tout psychisme d'une
    topique héritée du paradigme féminin et fondant les opérations
    soit de refoulement, soit d'ouverture et d'«admission».
    Comment comprendre qu'une fois devenue propriété de tout
    psychisme, cette fonction de l'espace interne soit, dans la suite de
    l'oeuvre, déconnectée de la dynamique féminine ? Faisant retour
    au Freud des origines, Monique Schneider entreprend de
    dégager les prémisses d'une jouissance s'ouvrant moins sur la
    quête phallique que sur la découverte onirique, à l'intérieur de
    soi, d'une «chambre supplémentaire». Soulignant ce qui
    déconcerte le rapport au vouloir, elle écrit : «On ne saurait
    vouloir le féminin ; on ne peut le rencontrer que comme
    suspension de la logique phallique, comme une expérience
    s'imposant, à tous les sens du terme, comme renversante.»


  • Comment être parents de nos jours ? Faut-il être laxiste ou sévère ? Doit-on tout dire aux enfants ? Doit-on leur parler comme à des adultes ? Tandis qu'évolue la fonction paternelle, que la différence des sexes s'estompe, qu'une exigence de transparence s'impose vis-à-vis des enfants, les parents d'aujourd'hui s'affolent et perdent pied.
    Face à ces petits adultes miniatures, ils sont souvent désemparés, culpabilisés, voire infantilisés. Trop de parents attendent de la psychanalyse des recettes simples, rapides et valables pour tous, qu'il suffirait d'appliquer. Au-delà des réponses toutes faites, et à travers des dizaines de cas pratiques tirés de l'expérience et de la clinique, l'ouvrage de Catherine Vanier ouvre aux parents une autre voie d'accès à la psychanalyse.


  • Chaque sexe se prend pour l'autre
    de peur de se prendre l'un l'autre.
    Voulons-nous vraiment que le socialisme moral
    et politique nous délivre de la sexualité oe


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