Silvana

  • Letizia Galli

    Collectif

    • Silvana
    • 16 Octobre 2012

    Née à Florence en 1944, diplômée de la faculté d'Architecture, Letizia Galli enseigne le dessin à des enfants avant de s'installer à Milan et y écrit son premier livre pour enfant en 1975. Elle décide par la suite, après son installation à Paris dès 1990, de se consacrer alors à l'illustration d'ouvrages destinés à la jeunesse.
    Reconnue au niveau international, elle collabore avec plusieurs éditeurs étrangers et réalise plus de soixante albums qui sont publiés dans le monde entier. Ses thèmes d'inspiration sont variés, notamment l'histoire de l'art. De nombreuses expositions, du Centre Pompidou, à Paris en passant par Moscou, Naples ou encore Londres, lui ont été consacrées.
    En 2010 elle fait don au musée de l'illustration jeunesse, de 2.906 dessins originaux venant enrichir le fonds du musée.
    Ainsi, sa monographie permet à un large public d'apprécier le parcours de Letizia Galli, de ses débuts, pour la presse et la publicité, à son passage à l'illustration, et nous offre une meilleure connaissance de son travail d'illustratrice citoyenne du monde.

  • Le volume présente le dernier travail de Claire Chevrier (Pau 1963), personnalité toujours plus présente dans le monde de la photographie. Plusieurs points apparaissent dans ce travail, intitulé «Un jour comme les autres»: l'absence d'anecdote, d'évènement, de récit, et la banalité des motifs comprise comme le refus du spectaculaire. Il y semble que son travail relève du registre de la description mais sans la dimension technique ostentatoire de l'école allemande qui se complaît dans une froide objectivité. Sa neutralité est plus anodine, ce qui n'est pas à comprendre ici comme un jugement de valeur. Nous serions ainsi au-delà de l'enregistrement littéral du monde et de la question du document. L'ambivalence de l'espace de représentation est qu'une telle dénomination désigne à la fois l'image (cadrée, composée, etc.) et les décors urbains qui eux aussi s'inscrivent parfois dans un registre scénique. Il y a une mise en forme de l'espace social.

  • Cet ouvrage accompagne la prochaine exposition que consacre le Musée d'art moderne de Saint-Etienne à Sandra Vasquez de la Horra, artiste chilienne née en 1967 (elle vit et travaille actuellement à Berlin).
    Avec cette artiste, le dessin contemporain est véritablement un art à part entière. Ses dessins sont exécutés au graphite, puis trempés dans la cire. Les papiers utilisés - qui sont souvent de la récupération de feuillets d'anciens carnets trouvés, déjà jaunis - sont encore vieillis par ce processus de fixation du graphite. La couche de cire donne non seulement un aspect terni, mais aussi une impression de matière, une rugosité à l'ensemble. Ses dessins apparaissent ainsi hors du temps, indatables et présentent tous une douce violence.
    Les thèmes de prédilection de l'artiste - le sexe, la mort, la religion et la politique coloniale - sont souvent traités de manière brutale grâce à un tracé approximatif, brut, sans fioriture, sans décor. Ses dessins vont à l'essentiel. Les figures sont des silhouettes, des motifs désincarnés devenus icônes.
    Icônes de l'amour et de la mort et de l'ambivalence des sentiments, icônes des figures de l'opprimé et de l'oppresseur, des rapports de force, des stéréotypes de l'altérité coloniale.
    Les figures noires, souvent énigmatiques et morbides de Goya et d'Odilon Redon planent au dessus de celles de l'artiste chilienne.
    Les installations de ses dessins, épinglés directement au mur et composant des frises ou des figures à part entière, offrent une lecture à la fois narrative et ouvert de ses dessins, pas tout à fait une histoire de l'humanité en vignettes, mais des indices des violences subies par celle-ci incorporée à un monde fantasmé et légendaire.

  • Die Toteninsel

    Anne-Laure Sacriste

    • Silvana
    • 16 Février 2011

    Le prix des Partenaires, doté d'une exposition et d'une publication, est attribué à un jeune artiste vivant en France par le Club des Partenaires du Musée d'Art Moderne de Saint- Etienne Métropole. Pour cette initiative unique en France, le jury a récompensé Anne-Laure Sacriste (2ème lauréate du Prix), née à Paris en 1970, autour d'un projet graphique produit pour l'occasion : une installation intitulée « Toteninsel ».
    « L'île des morts » de Boecklin est la source d'une fragmentation du temps et de l'espace qui est recomposée dans l'espace du Musée. Anne-Laure Sacriste peint des paysages nocturnes, parfois inquiétants, toujours fluides, souvent d'après une réalité observée avant d'être synthétisée par un prisme qui lui est propre, à la fois romantique et formel. Elle peint aussi des reflets, des scintillements, des brillances, jouant sur les surfaces miroitantes, sur la lumière qui transforme l'objet que l'on voit. Ce sont ses « Paradis Artificiels ».
    Dans « Toteninsel », Anne-Laure Sacriste décrypte les masses de volumes mises en jeu dans le tableau de Boecklin pour nous les donner à voir sous la forme d'un jeu de cimaises posées au sol telles des paravents, peintes sur les deux faces, l'une sombre et l'autre lumineuse. Le spectateur est ainsi invité à recomposer mentalement une image en deux dimensions devant un objet en trois dimensions, à l'inverse de ce que la peinture perspectiviste nous propose.

  • Le volume accompagne une exposition personnelle de l'artiste canadienne Jocelyne Alloucherie, présentée au Palazzo Brandolini Rota de Venise, à l'occasion de la 53ème Biennale.
    Avec rigueur et exigence, Jocelyne Alloucherie (Québec, 1947) construit une oeuvre qui nous parle de la plasticité des images et de leur métamorphose. D'un côté, elle se garde bien de nous entraîner vers la facilité de la narration ou de l'anecdote, ses références se font sur un mode allusif.
    De l'autre, elle élabore un réseau de temporalités multiples, une trame dans la matérialité et la spiritualité qui vient nous provoquer tout en nous renvoyant à nousmêmes.
    Un des matériaux qu'elle utilise, le sable - à la fois solide et précaire - nous parle de la relation qu'elle entretient avec les images. Sa fluidité, sa fragilité, son absence de contours en font un de ses instruments de prédilection.
    C'est celui qu'elle est allée chercher dans les rives du Saint-Laurent pour la couler dans les courbes de ses sculptures, celui qu'elle fait apparaître sur la surface de ses tirages à travers le grain photographique, celui enfin dont il est question ici, qu'elle a jeté dans un geste précis et décisif, pour mieux en saisir le tracé, rendre compte aussi d'un souffle qu'elle veut à la fois léger et puissant.
    C'est alors que se dressent devant nos yeux, comme des apparitions, des formes imposantes qui pourraient presque nous anéantir, confrontant notre corps tout entier aux volumes et à l'espace. Mais attention, ces masses sont trompeuses et toutes en légèreté. Selon son habitude, Jocelyne Alloucherie, en semant l'incertitude sur le proche et le lointain, nous laisse flotter entre fiction et réalité.

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