Peinture / Arts graphiques

  • Le portrait du diable

    Daniel Arasse

    • Arkhe
    • 21 Janvier 2010

    Un cardinal qui n'aimait pas le Jugement Dernier de Michel-Ange fut bien puni par le peintre, qui fit son portrait en Lucifer.
    L'anecdote est savoureuse et instructive, mais elle ne montre pas seulement l'indépendance d'esprit du plus grand artiste de la Renaissance. Pour Daniel Arasse, elle est révélatrice d'une évolution culturelle majeure : la disparition de la figure du Diable dans la peinture. Grâce à un examen précis et inventif des textes religieux et des images de la fin du Moyen Age et de la Renaissance, il décrit ici l'émergence de l'image du Diable, son utilisation et son essor, dans le cadre de pratiques dévotionnelles où les images se doivent d'être efficaces.
    Puis il montre comment la culture humaniste a rendu caduque cette figure médiévale, et l'a reléguée au rang de superstition. Désormais, le Diable n'est plus l'Autre de l'homme, le Diable est en l'homme.

  • Georgia O'keeffe : l'espace pour liberté Nouv.

    À une époque où l'indépendance des femmes était radicalement proscrite par les normes sociales, Georgia O'Keeffe fait figure de liberté. Elle se déplace à sa guise d'une côte à l'autre des États-Unis, choisissant ses foyers entre l'activité débordante de New York avec son mari Alfred Stieglitz et l'autonomie réconfortante plus solitaire du Nouveau-Mexique. Elle met un point d'honneur à produire de l'art où qu'elle soit. Elle transforme les espaces et les objets que d'autres pensent connaître en chefs-d'oeuvre de lignes et de couleurs. Elle affirmait que regarder l'un de ses tableaux c'était voir comme elle voyait, et non de quelle manière elle vivait. Les aquarelles et les peintures de Georgia O'Keeffe, les photographies des plus grands artistes qui l'ont entourée tout au long de sa vie ainsi que les images d'archives de ses amis et de sa famille provenant du Georgia O'Keeffe Museum font la richesse de cette biographie.

  • Entre 1780 et 1830, les artistes femmes accèdent en France à une visibilité inédite. Transformé par la Révolution française, l'espace de production artistique s'ouvre de manière inédite aux femmes. Sont ici présentées les oeuvres d'Élisabeth Vigée Le Brun, Adélaïde Labille-Guiard, Marguerite Gérard, Marie-Guillemine Benoist ou Constance Mayer, aux côtés de nombreuses autres plasticiennes célébrées en leur temps : Angélique Mongez, Henriette Lorimier, Pauline Auzou, Hortense Haudebourt-Lescot Adèle Romany, Joséphine Sarazin de Belmont etc. Les conditions de la pratique artistique pour les peintres femmes à cette époque, leur accès à la formation, leur insertion dans le milieu professionnel grâce aux réseaux de sociabilité, la réception critique et publique de leur présence aux Salons méritent d'être redécouverts pour que soit enfin réévalué le rôle, actif et déterminant qu'en tant qu'artistes elles ont tenu dans l'histoire de l'art de la Révolution à la Restauration. N'est-il pas temps de les voir en peintres puisque tel fut leur choix ?

  • Femmes peintres

    Sandrine Andrews

    • Larousse
    • 24 Février 2021

    Élisabeth Vigée Le Brun, Marguerite Gérard, Constance Mayer, Marguerite Labille-Guiard ... Connues ou beaucoup moins, elles ont pourtant marqué de leur pinceau l'art pictural. C'est entre 1780 et la fin du XIXe siècle que le combat de ces dernières a puisé ses racines : droit à la formation, professionnalisation, existence publique et place sur le marché de l'art. En quête obstinée d'indépendance, proches du pouvoir, elles ont su se faire une place dans un monde gouverné par les hommes. Parce que l'histoire s'est longtemps écrit au masculin, on les a un peu oubliées. Et pourtant, elles ont ouvert la voie aux plus belles innovations artistiques, faisant preuve de modernité autant que d'audace.
    Cet album magnifiquement illustré nous emmène à la rencontre de femmes artistes d'exception, et lève le voile sur une période unique en France durant laquelle les femmes peintres ont pu accéder au-devant de la scène artistique.

  • Comment devenir artiste lorsqu'on est née femme, à une époque où celles qui appartiennent au « deuxième sexe » ne peuvent accéder à l'École nationale des beaux-arts ? C'est au tournant des XIXe et XXe siècles que les femmes peintres et sculptrices vont lutter pour être reconnues comme des artistes à part entière, passant comme Suzanne Valadon du statut de modèle à celui de peintre accomplie.
    Coréalisé par le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse et le musée des Beaux-Arts de Limoges, cet ouvrage, Valadon et ses contemporaines, révèle le rôle méconnu des femmes dans les révolutions artistiques de la modernité naissante de 1880 à 1940, en réunissant près de 50 femmes artistes.
    Célèbres comme Camille Claudel, Marie Laurencin, Sonia Delaunay ou Séraphine de Senlis, et d'autres moins connues, elles démontrent que le talent artistique n'a pas de genre.

  • En 2017, le mouvement #MeToo invitait à la libération de la parole des victimes de harcèlement sexuel. Des millions de femmes de tous pays avaient alors parlé d'une seule voix pour témoigner des abus qu'elles avaient pu subir. Aujourd'hui, quel bilan pouvons-nous tirer de cet épisode ? Si notre société semble s'engager dans une réflexion nécessaire sur la condition féminine, avec pour horizon l'égalité entre les femmes et les hommes, le respect des droits de chacune est encore loin d'être garanti en France comme aux quatre coins du globe. Sélectionnés par Cartooning for Peace, 120 dessins de presse internationaux dressent un état des lieux de la situation des femmes à travers le monde. Tout en participant à la dénonciation des injonctions et des violences faites aux femmes, ils soutiennent les combats féministes et leurs enjeux déterminants.

  • Kahlo

    Andréa Kettenmann

    Les toiles captivantes de Frida Kahlo (1907-54) étaient à bien des égards l'expression d'un traumatisme. Très grave accident de la route à 18 ans, santé fragile, mariage houleux, fausse couche et absence d'enfant, elle transforma toutes ses souffrances en art révolutionnaire.

    Dans ses autoportraits fidèles ou métaphoriques, Kahlo pose sur le spectateur un regard brûlant d'audace, elle rejette son destin de victime passive et préfère entrelacer les expressions de son expérience pour façonner un lexique vital hybride où se mêlent réel et surréel: cheveux, racines, veines, tendons et trompes utérines. Nombre de ses oeuvres explorent aussi les idéaux politiques communistes qu'elle partage avec Rivera. Elle décrivit ses toiles comme « la chose la plus sincère et la plus réelle que je pouvais faire pour exprimer ce que je ressentais à l'intérieur et à l'extérieur de moi-même ».

    Ce livre présente l'oeuvre foisonnante de Frida Kahlo et explore sa détermination sans faille en tant que peintre, icône féministe et pionnière de la culture latino-américaine.

  • Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
    A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus... J'ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall... E : Éluard... G : Giacometti... À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan...
    P : Ponge, Poulenc... Vingt pages où s'alignent les plus grands artistes de l'après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
    Il m'a fallu trois mois pour savoir que j'avais en main le carnet de Dora Maar.
    Il m'a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d'adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s'abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s'appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
      B.B.

  • Alfons Mucha (1860-1939), né en Moravie, d'abord décorateur de théâtre à Vienne avant d'arriver en 1888 à Paris, accède à la notoriété grâce aux affiches publicitaires : affiches de spectacles, d'expositions ou de produits de consommation courante (champagne, biscuits, papier à cigarettes...) et d'estampes décoratives.

    C'est sa rencontre en 1894 avec la « Divine » Sarah Bernhardt qui le propulse de l'ombre à la lumière. Employé alors chez l'imprimeur Lemercier, il réalise l'affiche de Gismonda qui fait sensation auprès du grand public comme des critiques : dans cette composition byzantine, l'actrice est représentée en pied, une palme à la main, magnifiée, le visage auréolé d'un demi-cercle, vêtue d'un costume somptueux, les tons pastel avec rehauts de bronze et d'argent contrastant avec les couleurs dont usent habituellement les affichistes de l'époque. De cette fructueuse collaboration naîtront sept autres affiches de théâtre imprimées chez Champenois dont La Dame aux camélias. Le succès est tel que Mucha fait l'objet d'expositions comme en juin 1897 au Salon des Cent. Une renommée qui s'accompagne d'un travail intense encadré par l'imprimeur Champenois.

    Le « style Mucha » est né et s'affiche dans les rues d'un Paris alors effervescent. Il se caractérise par un ensemble de constantes graphiques : une jeune femme idéalisée portant de longs cheveux virevoltants ; des motifs végétaux et floraux imprégnés d'Art nouveau ; un cercle encadrant un visage ; des éléments d'inspiration symboliste mêlés à des compositions byzantines ; des tons pastel rehaussés d'or, de bronze et d'argent ; un soin constant du détail, qu'il s'agisse des vêtements chamarrés, des bijoux ou bien encore des ornements. Autant d'éléments qui font le succès de ses affiches publicitaires - pour le papier à cigarettes Job, les biscuits LU, les bières de la Meuse ou encore les chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée - et de ses panneaux décoratifs tels que Les Saisons.

    Présentant 22 planches détachables en couleur, ce livre-posters restitue la quintessence du style du prince Art nouveau du charme des plaisirs éphémères.

  • Ce livre soulève le drap spectral de l'oeuvre picturale d'Amandine Urruty pour en traquer la singularité pop hantée d'un carnaval d'inspirations classiques et contemporaines. Du cinéma de Lynch et de Kubrick à la Mesnie Hellequin et au Carnaval, de Où est Charlie ? au Jardin des délices, Pacôme Thiellement décrypte et inscrit l'oeuvre sombre et fourmillante d'Amandine Urruty dans une lignée historique et géniale où s'épousent arts populaires et art majeur dans le tourbillon des nuances de gris de l'artiste.

    À travers trente-cinq reproductions, dont la plupart inédites à ce jour, ce livre invite au grand plongeon dans le foisonnement fascinant d'une oeuvre singulière et obsédante.

  • Débutée dans les années 1970, la collection de Véronique et Louis-Antoine Prat est devenue l'un des ensembles privés de dessins parmi les plus prestigieux au monde. Ce catalogue révèle toute la puissance de cette sélection, qui se concentre sur l'école française avant 1900, et offre un panorama particulièrement représentatif de trois siècles d'art du dessin, de Callot à Seurat. La collection Prat résulte d'une rare alchimie : la rencontre d'un goût raffiné, d'un sens affuté de la chasse au trésor et, ici plus que jamais, d'une érudition sans faille.

  • Exposition organisée par le Musée d'Art et d'Histoire de l'Hôpital Sainte-Anne, du 31 janvier au 31 mai 2020.
    L'artiste et écrivain allemande Unica Zürn, de son vrai nom Nora Berta Unica Ruth Zürn, naît le 6 juillet 1916 à Berlin. Après des études commerciales, Unica Zürn devient scénariste et auteur de films publicitaires jusqu'en 1942. A partir de 1939, sa mère l'introduit dans la haute société nazie. En 1949, année prolifique, elle publie ses premiers récits en prose dans la presse, réalise plusieurs contes radiophoniques et fréquente le milieu du cabaret.
    C'est en 1953 qu'elle rencontre Hans Bellmer qui devient son compagnon, et ce, jusqu'à la fin de ses jours. Lui écrit, elle compose des anagrammes et des dessins. A la même époque, elle rompt de manière définitive tout contact avec sa mère qui l'avait associée à la «période criminelle nazie».
    1956 est l'année de sa première exposition personnelle parisienne à la galerie Le Soleil dans la Tête. Et en 1959, elle participe avec Hans Bellmer à l'Exposition internationale du surréalisme chez Cordier. En 1957, elle rencontre Henri Michaux qui lui inspire le personnage de son roman « L'Homme-Jasmin ».
    À la suite d'une dépression nerveuse et d'une « crise » schizophrénique, elle fait un séjour à la clinique Wittenau et une première tentative de suicide. Pendant une dizaine d'années, les crises alterneront avec des séjours en clinique, à Sainte-Anne à Paris (septembre 1961), à La Rochelle, à Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne (1966, 1969 et 1970). En clinique, elle dessine à l'encre de Chine et peint. Le 19 octobre 1970 autorisée à sortir de Maison-Blanche où elle est internée depuis 1969 , elle se rend chez Bellmer et se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement.
    Cette exposition s'inscrit dans la continuité historique des présentations de la Collection Sainte-Anne, et de la préfiguration des prochaines salles d'exposition du musée dans l'ancienne chapelle de l'hôpital.

  • Dessins

    Sylvia Plath

    En 1956, Sylvia Plath écrivait à sa mère Aurelia : « J'ai le sentiment d'être en train de développer une sorte de style primitif bien à moi, et que j'aime beaucoup.
    Attends de voir... » Tout au long de sa vie, Sylvia Plath a parlé de l'art comme de sa source d'inspiration la plus profonde ; et pourtant, tandis que ses écrits connaissent un succès mondial, ses dessins restent méconnus.
    La présente édition rassemble des dessins datés de 1955 à 1957, période durant laquelle elle étudiait à l'Université de Newnham, à Cambridge, boursière du prestigieux programme Fulbright. C'est à cette époque qu'elle rencontre, et épouse en secret, le poète Ted Hughes ; ils partiront en lune de miel à Paris et en Espagne avant de retourner aux États-Unis en juin 1957.
    Les dessins à l'encre de Sylvia Plath témoignent de délicieux moments d'observation à cette période de sa vie, et comptent parmi leurs sujets des toits parisiens, des arbres, des églises, et un portrait de Ted Hughes.
    Avec une introduction éclairante de sa fille Frieda Hughes, le livre met en lumière ces années clés de l'existence de Sylvia Plath, et inclut des lettres ainsi qu'un passage de son journal où il est question de son art.

  • O'keeffe

    Britta Benke

    Durant près de soixante-dix ans, Georgia O'Keeffe (1887-1986) fut considérée comme une figure majeure de l'art moderne américain. Et au-delà, sa notoriété ne fut pas liée aux styles et aux tendances éphémères de l'art, mais plutôt à sa vision singulière, reposant sur la découverte de formes fondamentales et abstraites dans la nature.

    Les thèmes de prédilection de Georgia O'Keeffe étaient des paysages, des fleurs et des ossements, chaque sujet étant exploré durant plusieurs années à travers des séries successives. Certains travaux se poursuivirent sur plusieurs décennies et donnèrent lieu à 12 variations ou plus d'une même image originale. Parmi elles, les plus célèbres sont ses très gros plans d'arums et d'iris. En agrandissant le plus petit pétale pour qu'il couvre la toile entière, O'Keeffe a élaboré un style annonçant l'abstraction, qui s'appuie sur les formes et les lignes, lui valant le titre de «mère du modernisme américain». En 1946, O'Keeffe devient la première artiste féminine à se voir consacrée une exposition au MoMA de New York.

    Cet ouvrage introductif de la Petite Collection 2.0 proposée par TASCHEN retrace la longue et lumineuse carrière de Georgia O'Keeffe à travers ses principales peintures, des photographies d'époque et des portraits pris par Alfred Stieglitz, son époux. On suit l'artiste dans ses innovations avant-gardistes, ses découvertes majeures, ses voyages et inspirations qui l'ont menée vers l'Asie du Sud, l'Inde, le Moyen-Orient et surtout vers les paysages majestueux, les couleurs vives et la flore exotique du Nouveau-Mexique.

  • Continents noirs

    Annette Messager

    Figure majeure de la scène de l'art contemporain, Annette Messager présentera à l'automne 2012, au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, ses dernières oeuvres dans un ensemble intitulé Continents noirs. Si depuis toujours son travail mêle le ludique à l'inquiétant, ses nouvelles pièces évoquent les tensions du monde actuel, un monde dont le temps nous échappe.

    Fragiles chevelures bougeant au gré de souffleries, chaussures abandonnées et petits objets du quotidien recouverts d'une sombre feuille d'aluminium froissé, dispersés sur le sol sous une bâche, éléments suspendus et mobiles se déployant telle une masse noire et menaçante, à la fois aérienne et terriblement pesante, ces installations et oeuvres oscillent entre le monumental et le miniature. Elles suscitent le sentiment de l'instable et du fugitif, et se font l'écho des tensions du monde d'aujourd'hui. Menaces écologiques et troubles des temps modernes transparaissent dans ses installations devenues autant de continents noirs. Traces ou vestiges d'un monde imaginaire plutôt inquiétant, les dernières créations d'Annette Messager nous plongent dans le mystère de leurs origines.

    À l'occasion de cet ouvrage, Annette Messager a demandé à l'écrivain américain Norman Springer d'écrire un texte évoquant son récent travail. Auteur de science-fiction, Springer dépeint dans ses romans et nouvelles des univers fantastiques au bord de la dérive.

  • Une biographie monumentale et très documentée invitant à redécouvrir l'originalité de l'artiste Leonor Fini, dont la peinture se nourrit d'une inépuisable créativité et d'une culture cosmopolite.

  • Quatre pionnières, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Marie Bracquemond et Eva Gunzalès, contribuent activement au développement de l'impressionnisme. Au cours des années 1880, alors que Paris s'impose comme capitale artistique internationale, cette esthétique nouvelle fait des émules parmi les artistes nordiques, britanniques, nord-américains ou australiens. Un peu partout dans le monde, il en résulte des tensions entre académies et mouvements d'avant-garde, sur fond de lutte pour la légitimation d'identités nationales.
    Pour les femmes qui participent à ces mouvements, le combat se double d'une dimension supplémentaire : la reconnaissance du statut d'artiste à part entière et, plus généralement, l'obtention de droits équivalents à ceux des hommes.

  • Leporellos

    Etel Adnan

    Premier ouvrage consacré aux "livres en accordéon" (dits leporellos) peints par Etel Adnan, ce livre réunit plus d'une trentaine de ces oeuvres allant des années 80 à maintenant. Un texte de l'artiste, publié en français et en anglais relate la découverte à San Francisco, dans les années 60 de ce type d'ouvrage et des singulières qualités qu'il offre à l'artiste. Jean Frémon analyse l'emploi du leporello par Etel Adnan tandis qu'Anne Moeglin-Delcroix situe avec compétence et concision l'emploi du leporello par divers artistes contemporains.

  • " J'aime peindre jusqu'à la pointe de l'oeil et dessiner de la même façon, c'est-à-dire jusqu'à l'extrême, jusqu'au plus aigu.
    Au moyen de la gravure, je crois que je peux atteindre, justement, cet aigu extrême qui m'attire. " Geneviève Asse a toujours voulu être peintre. Ses premières toiles remontent à 1942. Si elle s'essaie au même moment à la lithographie, elle abandonne très vite cette technique et se lance en 1954 dans la gravure à la pointe sèche et au burin où d'emblée elle se sent à l'aise, comme elle l'était enfant, en Bretagne, quand elle traçait " des inscriptions, lettres et lignes, sur les rochers, avec une pierre tranchante...
    ". La Bibliothèque nationale de France a souhaité rendre hommage à ce peintre ne se réclamant d'aucune école, dont les gravures se remarquent par l'économie du trait et le dénuement de la ligne ; puis au milieu des années 1970, par l'apparition de la couleur bleue, déjà présente dans sa peinture et qu'elle obtient grâce à la technique de l'aquatinte. Que les titres de ses oeuvres fassent référence à la nature, Feuille, Graine, Automne, à l'architecture, Fenêtre, Ouverture, Triangle soleil, ou encore au monde de l'océan, Atlantique, Ancre, Marine, ce qui lui importe avant tout, c'est la recherche de la lumière et de la transparence, le travail sur l'espace et sur la couleur.
    Geneviève Asse se plaît avec les poètes. Avec certains elle a bâti des livres. Elle s'est glissée dans leur monde, celui de Silvia Baron Supervielle, Samuel Beckett, Yves Bonnefoy, Jorge Luis Borges, André du Bouchet, André Frénaud et Pierre Lecuire. Avec chacun, loin du fracas et de l'agitation, elle a bâti un autre monde.

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