Musique

  • L'année du singe se présente à la fois comme un récit de voyage à travers la Californie, l'Arizona, le Portugal et le Kentucky, un fantastique carnet de rêves et de conversations imaginaires, et une méditation lucide sur le passage du temps, le deuil et la compassion. Au fil de ses déambulations solitaires, Patti Smith déroule l'année 2016, l'année charnière de ses soixante-dix ans. Le souvenir des lieux se mêle au paysage intérieur de l'artiste, et tout ce qu'elle a vu, rêvé ou lu, coexiste dans ce pays des merveilles tout personnel. Elle croise ainsi un cortège de fantômes aimés et admirés, parmi lesquels Roberto bolaño, Jerry Garcia, mais aussi, et surtout, deux amis chers au crépuscule de leur vie : le dramaturge Sam Shepard et le producteur de musique Sandy Pearlman.
    Patti Smith tisse avec pudeur et mélancolie la toile de cette année singulière marquée par des bouleversements intimes et politiques, sans jamais s'abandonner à l'apitoiement ni au désespoir. Elle célèbre au contraire l'art et les pouvoirs de l'imagination, offre sa sagesse optimiste et sa finesse d'esprit, rappelant, s'il en était besoin, qu'elle est l'une des créatrices les plus talentueuses de notre temps.

  • Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon, Brigitte Fontaine, Charlotte Gainsbourg, Françoise Hardy, Imany, Camélia Jordana, Elli Medeiros, Vanessa Paradis.

  • Brigitte Fontaine

    Benoît Mouchart

    Brigitte Fontaine est sans doute l'une des plus grandes e´nigmes de l'histoire de la chanson franc¸aise. Ceux qui croient la connai^tre pour avoir aperc¸u le reflet de´formant de son image la prennent sans doute pour une extraterrestre. Que cache donc le personnage me´diatique, derrie`re le paravent de ses apparences fantasques ?

    Une oeuvre unique, toujours vivante dans le mouvement perpe´tuel de la musique, de spectacles et de livres. Un parcours singulier, en dehors des sentiers battus des biense´ances, du commerce et de la mode. Une vie d'artiste re´volte´e contre l'alie´nation et toutes les formes de mort.

    Cette monographie explore les multiples facettes de cette come´dienne, chanteuse, dramaturge, poe´tesse et romancie`re paradoxalement me´connue bien que ce´le`bre...

  • A la veille de la Première Guerre mondiale, le milieu musical français semble entrouvrir sa porte aux compositrices interdites jusqu'alors que ce soit dans les représentations ou les concours. Si cette parenthèse enchantée paraît se refermer avec les premiers coups de canon, la période aura néanmoins permis de faire émerger des figures de créatrices telles que Mélanie Domange, née Bonis (1858-1937). Pianiste autodidacte issue de la classe moyenne parisienne, cette femme a néanmoins fréquenté, au cours des années 1880, les classes d'écriture du Conservatoire. Elle y a notamment suivi l'enseignement de César Franck. Le diminutif de son prénom et son nom de jeune fille deviennent dès cette période la signature de ses partitions éditées, laissant ainsi planer un doute durant de nombreuses années sur le genre de leur auteur. Ce livre collectif aborde Mel Bonis selon des approches et des angles très différents. Il s'agit à la fois de présenter de nouvelles sources permettant de mieux cerner son parcours, d'analyser les documents qui ont jusqu'alors servi à écrire sa biographie et de proposer un panorama très large de sa production (analysée par genres musicaux).

  • « Je m'appelle Marie-Paule Belle. Je suis chanteuse. L'un de mes plus grands succès a été « La Parisienne ». Une chanson écrite par Michel Grisolia et Françoise Mallet-Joris.
    Françoise Mallet-Joris, poète, penseuse, philosophe, romancière était un formidable écrivain. Elle était aussi - et elle était surtout - mon amie.
    Dans les années 70, nous formions un couple de femmes, sans souci, sans honte, sans pudeur.
    Nous étions ensemble naturellement, sans rechercher le scandale que nous créions pourtant dans une société figée qui ne reconnaissait pas que deux femmes puissent s'aimer ouvertement et sans réserve. Nous nous sommes tant aimées d'ailleurs.
    C'est après la disparition de Françoise, en 2016, que je me suis aperçue de la grandeur et de la profondeur de son amour.
    Elle m'avait écrit des lettres. En les lisant une première fois, je n'avais reconnu que la manifestation de cet amour. En les relisant, longtemps après son décès, j'y ai vu l'amour absolu que Françoise me portait, s'oubliant pour me sublimer, me propulser vers des niveaux qu'elle seule jugeait acceptables pour moi.
    « On n'a rien donné, tant qu'on n'a pas tout donné » - écrit quelque part Sainte Thérèse De Lisieux. Françoise Mallet-Joris m'a tout donné avec une générosité sans mesure. Et je ne me suis aperçue de rien, prenant pour gentillesse et dévouement ce qui n'était qu'oubli de soi et pur amour.
    Aujourd'hui qu'elle n'est plus, j'ai un peu honte d'un tel aveuglement.
    C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité écrire ce livre. Pour rendre à Françoise Mallet-Joris un peu de ce qu'elle m'avait donné, pour dire publiquement combien son intelligence irradiante, sa personnalité modeste et attachante, avaient contribué à établir, enfin, ce que je suis devenue. »

  • Pendant les Années Folles, Suzy Solidor osait chanter haut et fort "Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir, dans les chauds trésors de ton ventre, j'inonderai sans me tarir l'abîme où j'entre." Belle audace. Selon les époques, l'homosexualité féminine fut frappée d'opprobre, niée, invisibilisée. Mais clandestine ou pas, à mots couverts ou crus, cette réalité vécue a trouvé pour se dire la voie de la chanson.

    Rendant à Sappho ce qui est à Sappho, cet ouvrage illustré de dessins de Julie Feydel retrace l'histoire de 50 chansons lesbiennes - de la complicité de leurs paroliers et parolières et de leurs interprètes, aux cabarets et aux clips, de la réception par la critique à l'accueil du public... qui ne sait pas toujours ce qu'il fredonne.

  • En mars 2015, Françoise Hardy est hospitalisée à la suite d'une longue maladie. Prise dans une spirale infernale, elle se croit définitivement condamnée, mais un miracle se produit grâce à une thérapie de la dernière chance. Une renaissance. Avec subtilité et humour, Françoise Hardy retrace ce voyage au bout de la nuit et au bout de la vie, entre cauchemars et réalité. Elle exprime son admiration pour le personnel soignant et son attachement à des valeurs à ses yeux essentielles comme la discrétion, la modestie et le pragmatisme.
    L'écriture est déliée et élégante, les masques tombent.

  • Girls rock

    Sophie Rosemont

    • Nil
    • 14 Mars 2019

    PJ Harvey, Tina Turner, Kim Gordon, Nico, St. Vincent, Anna Calvi, Nina Hagen, Corine Mariennau, Beth Ditto, Patti Smith... Ce livre raconte les destins croisés de plus de 140 chanteuses et musiciennes de rock, la plupart devenues des figures mythiques.

    On le considère depuis toujours comme un domaine farouchement masculin. Le mot même de rock'n'roll appelle habituellement des noms comme Elvis Presley, les Rolling Stones ou Nirvana. Et pourtant...
    Finissons-en avec l'image de muse ou de groupie qui colle aux femmes artistes et qui a initié tant de rumeurs fausses - Yoko n'était rien sans John, Cobain fut le compositeur fantôme du plus célèbre album de Hole, etc. Non seulement le rock'n'roll est accessible aux femmes, mais elles y sont indispensables ! D'ailleurs, qu'est-ce que le rock ? Au-delà de la guitare, il y a l'attitude : le style, l'aura, la démarche, la performance scénique, les engagements politiques, les amitiés et les amours passionnées...
    Sur un ton personnel et vivant, Sophie Rosemont revient sur les parcours de ces combattantes prêtes à tout pour leur art.

  • - Au milieu des concerts et des apparitions médiatiques, l'auteur-compositeur Philippe Katerine a acheté un cahier vierge. Il l'a rempli de dessins, de collages et de textes, mêlant journal intime, souvenirs, rêves et hallucinations. Cet ouvrage unique, digne des meilleurs carnets d'artistes, explore par illuminations narcissiques et fulgurances potaches l'imagination d'un artiste hors-normes.

    - Philippe Katerine est né en Vendée en 1968. Il se tourne rapidement vers la musique et s'essaie à des musiques lentes, proches de la chanson française décalée. Aujourd'hui compositeur, interprète, réalisateur et acteur, il renouvelle une ambition de dandy moderne : faire de sa vie une oeuvre d'art.

  • Où sont les femmes ? Toujours pas là ! » affirme régulièrement la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (sacd). Cette inégalité entre les hommes et les femmes dans le spectacle vivant est aujourd'hui injustifiable. À la Renaissance, on pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de compositrices. Aujourd'hui, certes, elles sont plus nombreuses, mais elles restent encore très minoritaires ; ainsi en France, elles ne représentent que 10 % des compositeurs de musique.
    Après la publication en 2017 de La mémoire en acte. Quarante ans de création musicale, les Éditions MF et le Centre de documentation de la musique contemporaine ont décidé d'un deuxième ouvrage autour de la situation des compositrices en activité en France. Ce livre rassemble 53 portraits de compositrices accompagnés des points de vue de la philosophe Geneviève Fraisse et des musicologues Jacques Amblard, David Christoffel, Florence Launay... Plus d'une soixantaine de contributions inédites sont ici réunies.
    Le livre sera présenté sur les chaînes de Radio France (France Culture, France Musique, France Bleu), il fera l'objet de nombreuses rencontres dans les festivals de musiques contemporaines (Présences Radio France, Musica de Strasbourg...).

  • Belle et rebelle : les vies cachées d'une grande actrice "Elle avait des bagues à chaque doigt..." Mais elle a aussi joué dans plus de cent films et vingt pièces. Et puis elle chantait avec une voix qui enjôla son public, ses hommes, ses amantes... et fit d'elle une icône du cinéma français : Jeanne Moreau.
    "Un seul regret, je n'ai pas connu l'amour absolu", déclarait l'éternelle séductrice, qui ajoutait : "Mais il me reste à monter la dernière marche de la vie !" Avant de s'éteindre à Paris à l'âge de 89 ans, le 31 juillet 2017.
    Talentueuse, autoritaire, rebelle, souveraine, éprise de liberté, Jeanne a toujours abrité deux êtres en elle : l'artiste populaire, rigoureuse, revendiquant l'indépendance ; et la femme aux multiples identités, faites d'amours secrètes. Si le cinéma et sa vie privée se sont souvent mêlées, elle n'en révèla pourtant rien au public.
    Que sait-on des hommes de sa vie ? Certes, elle a séduit des acteurs, a été l'égérie de Pierre Cardin, mais à quel point ces relations ont-elles compté ? Et qu'en est-il des femmes de sa vie, un pan sur lequel elle est toujours restée secrète ? De sa vie de famille, de mère ?
    Jeanne Moreau a toujours refusé que l'amour interfère dans sa carrière. Quels obstacles, quelles souffrances a-t-elle dû surmonter pour accomplir sa destinée ? S'agit-il de ce "sentiment d'abandon" dont parlait son ami Jean-Pierre Mocky ?
    Pétrie de désirs, de contradictions et de talents, Jeanne a toujours tout assumé. Ses films et ses chansons ont semé des indices pour retrouver, au-delà de la légende, sa vérité. Jocelyne Sauvard orchestre le tourbillon de sa vie à l'aide de nombreux témoignages inédits.

  • « La musique a-t-elle un genre? »: la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes.

    Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l'oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

    Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

    Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.

  • Depuis plusieurs années, je ressens cette impression étrange et impérieuse qu'il me faut donner vie à ce nouveau livre sur mon père, qui m'occupe de manière souterraine depuis si longtemps. Je ne suis pas musicienne, musicologue ou mathématicienne, d'autres le sont et parlent très bien de son travail sous ces angles-là.
    J'aimerais, maintenant que je suis mère, tenter de comprendre comment ce petit garçon, puis ce jeune homme s'est construit avec les traumatismes successifs vécus tout au long des premières années de sa vie et qui demeurent omniprésents dans sa musique. J'aimerais partager ce voyage extraordinaire que j'ai pu vivre, à la fois dans le temps et dans sa pensée, grâce à la lecture de ses manuscrits qui dévoilent comment, en quelques années, il a réussi à contrôler le chaos de ses émotions grâce à l'élaboration d'une musique et d'une architecture nouvelles. J'aimerais enfin apporter ce témoignage personnel, pour que Iannis Xenakis, au-delà de l'homme préoccupé essentiellement par des mathématiques inaccessibles, apparaisse comme l'homme bouleversant que j'ai connu.
    Ce livre est sans aucun doute l'écho de celui que j'ai fait avec Louise Bourgeois sur son oeuvre, Louise Bourgeois, l'aveugle guidant l'aveugle, en 1998. Autre figure tutélaire de ma vie, grâce à son amitié et à sa confiance, elle m'a permis d'entrer véritablement dans mon propre univers artistique. À travers mon père, c'est aussi mon propre univers que je questionne aujourd'hui.

  • Elle était la muse ultime de la scène rock de New York à la fin des années 70, l'égérie parfaite du mouvement new wave. De Patti Smith à Richard Hell, en passant par Lydia Lunch, ils étaient tous fous de sa musique. Pourtant, la chanteuse française Lizzy Mercier Descloux est morte seule à 47 ans, dans le plus grand dénuement, sans laisser la trace qu'elle aurait dû dans l'histoire de la musique. Comment une figure aussi culte a-t-elle pu tomber dans l'oubli ? C'est la question à laquelle Lizzy Mercier Descloux, une éclipse cherche à répondre en revenant sur l'histoire tragique de la chanteuse à l'aide des témoignages de ceux qui l'ont connue.
    Marchant dans ses pas, la suivant dans ses voyages incessant en Afrique du Sud, aux Bahamas ou encore au Brésil, le livre explore comment l'auteure de « Mais où sont passées les gazelles ? » a été précurseure du courant qu'on appelle aujourd'hui la world music. Il permet de découvrir une personnalité complexe dont la carrière a été semée d'embuches, la faute à des choix artistiques avant-gardistes au sein d'une industrie musicale empreinte de sexisme.

  • Ouverture féministe est un livre manifeste qui propose une méthode et un cadre de pensée pour aborder la question du genre et de la sexualité en musique. En croisant les esthétiques et les époques, de Monteverdi à Madonna, en passant par Beethoven, Tchaïkovski ou Laurie Anderson, Susan McClary nous montre comment la musique peut servir l'ordre du genre, c'est-à-dire la division du monde en masculin et féminin, ainsi que la hiérarchisation entre les deux termes - une réalité qui affecte la vie quotidienne des hommes et des femmes, qui façonne leur corps comme leur identité.

  • "De Caron, dont nous restent si peu de disques, de Bréval, dont il n'en reste aucun, regardez les yeux qui flamboient et vous saisirez sinon la voix même, du moins son feu. Apprendre à compléter l'oreille par l'oeil, pour imaginativement plus à plein réincarner la tragédienne qui ne viendra plus. Le bel exercice ! Puisse, par contagion, nous en venir un peu de ce feu sacré dont l'histoire ne nous donne plus d'exemples. Voyez les visages, voyez les regards, complétez par les voix, si trace en reste ; ou des regards induisez le timbre et la vibration, et figurez-vous l'ensemble, le rapport magique. Et voici : les Tragédiennes sont revenues... " André Tuboeuf, extrait de la préface.

  • Salut à vous, aspirants virtuoses, autodidactes du clavier, infirmes du trois-pour-deux, handicapés de la gamme en tierces, mes semblables, soeurs et frères, rivales et rivaux, compagnons d'extase ou de trac.
    Ils sont vivants, nos rêves d'enfants ! Une même nostalgie nous hante, un même désir nous obsède, il est urgent d'y céder ! Urgent de répondre à l'appel du clavier, de refaire les gestes familiers, urgent d'extraire la musique de la grande carcasse comme Aladin fait surgir de sa lampe le Génie qui exauce tous les voeux. C. D.

  • Les femmes sont majoritaires à apprendre la musique dans les écoles et les conservatoires, nombreuses parmi les musiciens amateurs et les enseignants. En revanche, les métiers de l'interprétation sont parmi les moins féminisés.
    Comment et depuis quand les femmes ont-elles conquis les métiers de la musique ? Et au prix de quelles difficultés ? Quelle place se font-elles aujourd'hui dans cet art du spectacle et des univers de scène pour certains très « masculins » ?
    Sociologue et musicienne, Hyacinthe Ravet souligne combien la définition de ce qui est « masculin » et « féminin » contribue à la construction des trajectoires en musique, à une répartition des rôles entre hommes et femmes mouvante mais où demeurent de forts enjeux symboliques et de pouvoir. Les femmes peuvent-elles être reconnues comme créatrices au même titre que les hommes ? En un récit d'enquête à la fois sérieux et haletant, mêlant investigations historiques, état des lieux chiffré et entretiens approfondis, l'auteur montre que la musique - omniprésente dans notre société - nous dit beaucoup de nos espoirs et de nos résistances à l'égard d'une « parité » en tout domaine et à tous les niveaux.

  • Au cours des dix dernières années, Marianne Faithfull a, selon ses propres mots, " fait quelques disques, enchaîné pas mal de tournées, tâché de retrouver le droit chemin, et... le reste est le sujet de ce livre ". Observatrice ironique et distanciée de son époque, elle revient sur les années marquantes de sa vie, rappelant avec une certaine nostalgie l'ère bohème de ses débuts, sans occulter les moments de doutes ni le nouvel essor pris par sa carrière musicale et cinématographique depuis les années 1990. Chemin faisant, l'on croise ses amis de la Beat Generation, les Rolling Stones et les Beatles, ou encore son père, fondateur de la Braziers Park School of Integrative Social Research, et l'ombre de son grand-père, le baron Sacher-Masoch. Cette galerie de portraits unique constitue autant un hommage à ceux qui ont compté pour elle qu'une autobiographie en creux. " J'ai toujours été attirée par les personnages brillants et excentriques, dit-elle, et, pour une raison obscure, il semble que j'ai toujours agi comme un aimant auprès de ce genre de personnes. "

  • Guilhermine Suggia (1885-1950) est entrée dans l'histoire à un double titre. Compagne de Pablo Casals dont elle partagera la vie pendant sept ans, de leur rencontre à Paris en 1906 à leur séparation en 1913. Pionnière du violoncelle féminin car elle imposa sur scène cet instrument que seuls les hommes pratiquaient avant elle.
    Son existence est épique. Sur scène à 5 ans, violoncelle solo de l'Orpheon Portuense à 15 ans, soliste au Gewandhaus de Leipzig à 18 ans, elle partage de 21 à 28 ans la vie mouvementée de Pablo Casals. Ils tournent ensemble en Europe et en Russie, créent le double concerto de leur ami Emanuel Moor, se produisent sous les baguettes et avec les orchestres les plus prestigieux de leur temps.
    À leur rupture en 1913, Suggia triomphe en Angleterre avec l'appui de personnalités dont elle gagne l'aection et parfois un peu plus : le magnat de la presse Edward Hudson, l'écrivain Lytton Strachey, la compositrice Ethel Smyth, le chef et compositeur Donald Tovey, le pianiste Gerald Moore, le peintre des stars Augustus John.
    Sa vie illustre le combat des femmes pour l'égalité sur le front romanesque de la musique.
    Elle ore un l conducteur idéal pour suivre les révolutions de la pratique musicale (de la lutherie, de l'enregistrement, de l'enseignement, des concours, du répertoire.) au cours du siècle qui nous sépare de ses premiers succès. Elle permet de revenir sur la vie intime de Casals, esquissée dans la biographie que lui a consacrée l'auteur en 2013.

  • Alors qu'elle n'avait que quatre ans et ne savait pas lire la musique, Idil BIRET jouait au piano Mozart ou les préludes et fugues du Clavecin bien tempéré de Bach à partir de ce qu'elle entendait à la radio. Le sept juillet 1948, le Parlement turc votait la « loi Idil » : après avoir écouté l'enfant prodige jouer, le président de la République, Ismet Inonü, décidait que désormais, les enfants turcs particulièrement doués avaient le droit d'aller étudier à l'étranger. Idil avait sept ans. Wilhelm Kempff, Cortot et Nadia Boulanger seraient ses futurs maîtres. Etrange destin que celui de cette femme enviée, admirée mais aussi parfois violemment critiquée et pourtant si peu connue. Aujourd'hui, quelque deux millions de disques - plus que Glenn Gould - ont été diffusés dans le monde entier. Une culture et une curiosité sans limites, une mémoire inimaginable et sans faille, des concerts qui laissent des traces inoubliables. Chez Idil BIRET, chamanisme, christianisme, islamisme et soufisme coexistent dans son métissage culturel. Littérature et art occidental nourrissent en permanence sa pensée et son jeu. BIRET joue tout, absolument tout. Sa mémoire est un vaste grenier où se sont accumulés au fil des ans non seulement les compositeurs mais le jeu de leurs différents interprètes. À onze ans, à Paris au Théâtre des Champs-Élysées, elle jouait avec Wilhelm Kempff devant deux mille quatre cents personnes le Concerto pour deux piano de Mozart. Entre 1960 et 1980 se succèdent des centaines de concerts aux USA, en Australie, en Russie, en Europe, en Turquie. Son répertoire, qu'elle connaît par coeur, inclut bien sûr la musique contemporaine, plus de cent concertos, les transcriptions de Franz Liszt et des neuf symphonies de Beethoven mais aussi l'intégrale des oeuvres pour piano de Chopin, de Brahms et de Rachmaninov. À New York,elle enregistre une série d'oeuvre de compositeurs du vingtième siècle : Berg, Bartok, Boulez, Prokofiev, Stravinsky et Webern. Elle termine aussi un coffret rassemblant les 32 sonates et les 5 concertos de Beethoven ainsi que les transcriptions des 9 symphonies. D'autre part, Idil BIRET a joué sous la direction des chefs les plus prestigieux du vingtième siècle, notamment Pierre Monteux, Hermann Scherschen, Wiilhelm Furtwängler, Hans Knappertsbuch. La rédaction du présent ouvrage commença en automne 2002. Hormis les différents témoignages qu'il comporte, l'auteur, Dominique Xardel, posait des questions auxquelles Idil BIRET répondait spontanément. Rien n'est plus contraire à son tempérament que les hésitations, les ambiguïtés ou les malentendus. Aussi le lecteur est-il sans cesse tenu en haleine par la précision et la richesse des réponses. La musique sous toutes ses formes reste la respiration permanente d'Idil BIRET, sa nourriture principale. Persuadée de l'inutilité de tout effort autre que le dépassement de soi, elle poursuit et poursuivra encore longtemps, en véritable aventurière de la musique, sa propre quête.

  • Faire une carrière de mezzo-soprano qui vous porte à la présidence du jury de présélection de l'eurovision, voilà qui n'est déjà pas à la portée de tout le monde. mais connaître un tel succès quand on est né dans un bidonville à nanterre, voilà qui est proprement stupéfiant, tant on imagine nombreux et dissuasifs les obstacles à surmonter.
    C'est peu dire, en effet, que rien ne prédestinait malika bellaribi à suivre ce parcours exceptionnel. née dans ce « quart-monde » à la périphérie de paris dénoncé par l'abbé pierre, grandie tant bien que mal dans une famille nombreuse aux parents indifférents, malika est victime d'un très grave accident qui la force à passer des années à l'hôpital et en rééducation dès sa plus tendre enfance.
    Mais à quelque chose ce malheur est bon. loin de son univers familial, soignée par des religieuses bienveillantes, malika se trouve, et découvre la musique : celle des chants religieux qui emplissent, chaque dimanche, la chapelle de l'hôpital. la musique : c'est, la petite fille le sent, la voie du salut et du bonheur.
    Il lui faudra endurer encore bien des humiliations et des vicissitudes, y compris une tentative de mariage forcé en algérie, avant d'oser défier les règles de sa communauté. elle décidera de choisir librement sa vie, son amour, et sa religion.
    Mais la réussite de malika ne se borne pas à cette prouesse déjà exemplaire. à peine son nom commence-t-il à être connu qu'elle songe à faire profiter les autres de ce qu'elle a appris et à partager la joie que lui procure le chant lyrique. elle crée en banlieue des ateliers de chant qui s'appuient sur une pédagogie utilisant la mémoire corporelle, les cinq sens, la créativité des jeunes, les relations affectives, les règles de groupe, les tabous... malika n'a pas oublié d'où elle venait !

  • À l'occasion de la commémoration des 50 ans de la mort d'Édith Piaf, le 10 octobre 2013, ce coffret cadeau original et complet rend hommage à cette immense artiste et s'adresse à ses admirateurs et à tous ceux qui veulent mieux la connaître !

    Un livre qui présente une biographie de l'artiste et des reproductions de sa correspondance avec Marcel Cerdan.
    Un CD enregistré en public de 23 chansons connues ou moins connues qui restitue toute l'émotion et la ferveur de ses concerts.
    Le DVD du film « La Môme », dans lequel Édith Piaf est interprétée avec justesse par l'admirable Marion Cotillard, qui a d'ailleurs remporté le César de la meilleure actrice pour ce rôle. Ce film à grand succès (+ de 5 millions d'entrées) de 2007 retrace l'exceptionnel parcours d'Édith Piaf, de son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York.

  • De la chanteuse militante à la diva capricieuse, de l'actrice gouailleuse à la vedette traquée par la presse people, Aretha Franklin a débarqué dans notre quotidien, au coeur d'un été 1967 empreint de violence dans les ghettos de l'Amérique noire, en exigeant le R-E-S-P-E-C-T avec une force de conviction hors du commun.
    Devenue rapidement la souveraine incontestée d'un genre enplein essor, la Queen of Soul accumula un palmarès inégalé depuis Elvis Presley. Près de quatre décennies plus tard, elle reste la figure de référence de la musique noire et plus généralement de la chanson au féminin, qu'elle chante Puccini avec Luciano Pavarotti ou se produise à la Maison-Blanche pour le gotha de la politique. Derrière ce parcours largement médiatisé, Aretha Louise Franklin dissimule pourtant une histoire méconnue, marquée par la figure hégémonique de son père, le révérend C.L.
    Franklin, star du circuit gospel et compagnon de route de Martin Luther King. Façonnée par cet homme d'église, homme d'affaires et homme à femmes, qui lui inculqua un sens rétrograde de la hiérarchie entre les sexes tout en prêchant la tolérance raciale, Lady Soul a passé une bonne partie de sa vie à subir le machisme du ghetto. Jetée dans l'arène du spectacle à quatorze ans alors qu'elle devenait mère de famille, propulsée tout en haut de l'affiche à vingt-cinq, puis réduite au rôle de has been à trente-cinq, celle qui, dès l'arrivée de la gloire en 1967 reçut le surnom de natural woman, sut remonter la pente pour accéder au statut de mythe à la seule force de sa créativité.

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