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Anamosa
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Queer
Ines Liotard, Philippe Liotard
- Éditions Anamosa
- Le Mot Est Faible
- 11 Septembre 2025
- 9782381911328
Queer. Le terme paraît condenser tout ce que le nouveau président américain aimerait effacer de son monde. Car la posture queer est faite d'opposition, de questionnement et de transgression des normes dominantes de genre. Une subversion qui fait peur. Partout dans le monde, elle fédère les extrêmes droites. Queer est le mot pour dire ce qui ne va pas et ouvrir des possibles.
Queer.
Le terme est aussi coloré qu'incompris, aussi percutant que flou. Il caractérise des artistes. Il qualifie des postures militantes. Il dénomme des minorités sexuelles et de genre. Il rassemble des travaux universitaires. Il désigne des événements. Il conceptualise des esthétiques. Il désigne des apparences non convenues. Il affirme des identités. Il formalise des combats.
Pour le grand public, il questionne.
Sa définition demeure un enjeu de luttes. Ses origines militantes et académiques ne sont jamais très loin. Et si 1990 peut se comprendre aussi bien comme l'année de la naissance académique de la théorie queer que comme celle de son affirmation militante, le terme était présent bien avant. Queer est un bel exemple de retournement du stigmate, tant il humiliait les personnes homosexuelles ou transgenres, qu'une société hétérosexiste tolérait tant que ces dernières restaient au placard. En revendiquant leur genre, leur orientation sexuelle ou leur sexualité, elles se sont approprié le terme - qui résiste à la traduction - pour se désigner et se rassembler malgré leurs différences.
Queer est ainsi ce terme rassembleur qui désigne un projet plutôt qu'une identité : celui de devenir soi, en s'appuyant sur la force d'un collectif par lequel il est possible de résister aux normes écrasantes comme aux jugements dépréciateurs, et de s'affirmer, voire d'être fier et fière de ce que l'on fait, de ce que l'on est.
Écrit à quatre mains et croisant les générations, ce livre inscrit également le mot dans son histoire transatlantique. Il en clarifie les usages et montre en quoi il est un terme de résistance à ce que Monique Wittig avait appelé la pensée straight. -
Seins ; en quête d'une libération
Camille Froidevaux-Metterie
- Éditions Anamosa
- 5 Mars 2020
- 9791095772873
Les seins des femmes sont-ils le siège visible, désigné, ressenti du féminin ? Ils sont en tous cas au coeur de tensions à la fois intimes et sociales, voire politiques, enjeu de l'assignation des femmes à des normes immémoriales et lieu d'une émancipation revendiquée. Cet essai en dévoile les mille et un signaux à travers une enquête où les femmes livrent leur expérience vécue.
Ronds, fermes et hauts, ni trop petits ni trop gros, à la fois sexy et nourriciers, les seins des femmes sont l'objet d'assignations, d'injonctions et de fantasmes innombrables. Or l'expérience de chacune et de chacun est bien loin de se conformer à ces idéaux. Ces standards sont donc fréquemment vécus comme un poison et les seins réels invisibilisé.
Camille Froidevaux-Metterie a mené une enquête auprès de femmes de tous âges, qui déroulent le fil de leur existence au prisme de leurs seins : de leur apparition au port du soutien-gorge, de la séduction au plaisir sexuel, du poids des normes esthétiques à la transformation volontaire ou contrainte par la chirurgie, de l'allaitement à la maladie... Grands oubliés des luttes féministes, appartenant à la fois à la sphère intime et à la sphère sociale, les seins condensent le tout de l'expérience vécue du féminin contemporain, soit ce mixte paradoxal d'aliénation et de libération. Ce constat s'inscrit dans une dynamique puissante que l'autrice appelle « tournant génital du féminisme », mouvement de réappropriation du corps des femmes dans ses dimensions les plus intimes : mieux connaître les organes génitaux et leur fonctionnement, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, revendiquer l'accès à une sexualité libre et égalitaire placée sous le signe du consentement. Dans la pluralité de leurs formes et la liberté de leur condition, les seins participent de ce mouvement.
Au cours de son enquête, l'autrice a réalisé des portraits des seins des femmes qui évoquent avec force en regard des verbatims et de l'analyse de cette « expérience vécue des seins ». -
Non le concept d'intersectionnalité ne représente pas un danger pour la société ou l'université, ni ne fait disparaître la classe au profit de la race ou du genre. Bien au contraire, cet outil d'analyse est porteur d'une exigence, tant conceptuelle que politique. Une synthèse nécessaire, riche et argumentée, pour comprendre de quoi on parle Les attaques contre les sciences sociales se font de plus en plus nombreuses. À travers elles, ce sont certains travaux critiques qui sont particulièrement visés, notamment ceux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l'intersectionnalité.
À partir d'un article de 2019, devenu référence et paru dans la revue Mouvements, entièrement revu et actualisé, voici, pour toutes et tous, une synthèse salutaire et nécessaire sur ce qu'est réellement la notion d'intersectionnalité. Les autrices, sociologues, s'attachent d'abord à rappeler l'histoire du concept élaboré il y a plus de trente ans par des théoriciennes féministes de couleur pour désigner et appréhender les processus d'imbrication et de co-construction de différents rapports de pouvoir - en particulier la classe, la race et le genre. Il s'agit ensuite de s'interroger sur les résistances, les " peurs ", les discours déformants et autres instrumentalisations politiques que l'intersectionnalité suscite particulièrement en France. Mais justement, défendre les approches intersectionnelles, n'est-ce pas prendre en compte, de manière plus juste, les expériences sociales multiples et complexes vécues par les individu·es, et donc se donner les moyens de penser une véritable transformation sociale ?
Pour l'intersectionnalité : " Qui nos institutions académiques accueillent-elles et quels savoirs valorisent-elles et font-elles éclore sont donc deux questions indissociables. Et ce n'est qu'en tentant d'y répondre et en donnant toute sa place à des travaux potentiellement porteurs de transformation sociale pour les groupes marginalisés que l'enseignement supérieur et la recherche pourront continuer de jouer un rôle politique et social en France, car elles produiront une recherche scientifique qui renouvelle notre compréhension du monde social et le donne à voir dans sa complexité. " Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz. -
La cause des enfants : Humanitaire et politique pendant la guerre d'Espagne
Célia Keren
- Éditions Anamosa
- 4 Septembre 2025
- 9782381911342
Durant la guerre civile espagnole, près de 15 000 enfants sont évacués de la zone républicaine en France. C'est à ce phénomène méconnu que s'intéresse cet ouvrage, étudiant l'évacuation de ces enfants comme le résultat d'une mobilisation et en la resituant dans l'histoire des engagements face à la guerre d'Espagne, comme celle des mouvements sociaux.
Durant la guerre civile espagnole, près de 15 000 enfants originaires de la zone républicaine sont envoyés en France. Filles et garçons de 5 à 15 ans environ, ils sont généralement inscrits par leurs parents pour être placés dans des familles d'accueil françaises ou dans des maisons d'enfants créées pour eux. Loin d'être centralisée, cette opération humanitaire engage une constellation d'acteurs très divers, et souvent rivaux.
Tout l'enjeu du livre est de comprendre l'engouement autour de cette cause, de la gauche de Front populaire aux intellectuels catholiques, du Vatican à des militantes féministes. L'aide à l'enfance offre en effet une voie pour agir, tout en esquivant les dilemmes posés par cette guerre, la non-intervention et la politique européenne de l'époque : pacifisme ou antifascisme ? sécurité ou solidarité ? liberté ou soumission au pape ? Face à ces questions souvent posées en termes dichotomiques, des groupes prennent la tangente : l'aide à l'enfance les autorise à jouer sur les ambivalences d'une " cause refuge ", pas vraiment politique, sans être tout à fait neutre - car seuls les enfants de l'Espagne républicaine seront accueillis en France...
Suivant pas à pas ces acteurs dans leur diversité et resituant cette mobilisation dans un contexte transnational et dans l'histoire des mouvements sociaux des années 1930, Célia Keren lève ici le voile sur un phénomène peu connu de la guerre d'Espagne. -
Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" Tome 25 : Professionnelles de l'enfance : portraits croisés
Collectif
- Éditions Anamosa
- Revue D'histoire De L'enfance "irreguliere"
- 24 Août 2023
- 9782381910727
L'histoire de l' enfance irrégulière est massivement habitée de femmes, très souvent anonymes. Huit contributions inédites, toutes signées d'historiennes, entendent restituer leur rôle, promouvoir leur visibilité et questionner l'histoire genrée du travail, de l'éducation et du care.
Éducatrices, travailleuses sociales, juges des mineur·es, militantes antialcooliques, directrices de foyers ou d'institutions pénitentiaires, psychanalystes, pédagogues ou nourrices. Voici plusieurs métiers de l'enfance , massivement et traditionnellement investis par des femmes souvent anonymes et dont l'histoire n'a retenu que de rares grandes figures.
Huit contributions inédites, toutes signées d'historiennes, restituent le portrait incarné de professionnelles de l'enfance, entre la deuxième moitié du xixe siècle et le xxe siècle, en Pologne, en Suisse, en Égypte ou en France. Qu'elles soient mères de famille, mariées, veuves ou célibataires, de condition modeste, ayant ou non reçu une formation, elles ont fait métier d'instruire, d'éduquer, de juger, de soigner, d'observer et de comprendre. Leurs parcours pionniers, qui ont souvent été aussi émancipateurs, ont laissé peu de traces et d'archives.
Écrire cette histoire des femmes ne consiste pas seulement à édifier un panthéon de grandes figures féminines. Il s'agit aussi de questionner les moyens dont on dispose pour reconstituer leurs trajectoires et le paradoxe de leur invisibilité au prisme du genre.