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« Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste. »
Berliner Zeitung
M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher.
Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ?
L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture.
Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard -
Et je chantais à mi-voix un été ancien : Poèmes, lettres et photographies d'Antonia Pozzi sélectionnés et racontés par Paolo Cognetti
Antonia Pozzi, Paolo Cognetti
- Stock
- La Cosmopolite
- 8 Octobre 2025
- 9782234093881
C'est l'histoire d'une jeune fille « aux yeux clairs et aux poumons solides » que Paolo Cognetti raconte dans ce livre. Une jeune fille qui, comme lui, aimait Milan, la montagne et l'écriture. Antonia Pozzi explora le monde avec un désir ardent et se réalisa à travers la photographie et la poésie. Elle aima avec excès, vécut passions et dépressions, et les sommets restèrent son refuge. Elle se suicida en 1938, à l'âge de 26 ans.
Grâce à Paolo Cognetti, la voici qui revient à la vie à travers ses photos, ses journaux, ses lettres et ses poèmes, fragments d'une existence qui palpite encore. En entremêlant ses mots aux siens, il rend hommage à une poétesse majeure, qui, sans le savoir, a écrit un chapitre de l'histoire du siècle dernier.
Traduit de l'italien par Anita Rochedy et Thierry Gillyboeuf pour les poèmes d'Antonia Pozzi -
Une mémoire de l'anéantissement : Les Gazaoui.e.s racontent
Samar Yazbek
- Stock
- La Cosmopolite
- 8 Octobre 2025
- 9782234099920
« Devant celles et ceux qui ont survécu au génocide, je veux essayer de comprendre cette douleur, depuis ce que je suis, une écrivaine pour qui les mots et la narration sont une manière d'exprimer de la compassion, une tentative d'apporter du changement, qui essaie de comprendre ce monde terrible qui nous entoure et de réfléchir à un avenir meilleur pour l'humanité. »
Tout au long de l'année 2024, Samar Yazbek s'est entretenue avec des centaines de survivants gazaouis évacués au Qatar pour des raisons médicales. À chacun, elle a posé cette question : Que faisiez-vous le 7 octobre 2023 ?
En donnant ainsi la parole à celles et ceux que le monde n'entend pas, l'écrivaine a retenu 26 témoignages rédigés à la première personne, 26 récits de ce que l'histoire retiendra peut-être comme l'une des guerres d'extermination les plus sauvages de notre époque, afin que leurs voix résonnent et que le monde les écoute.
Traduit de l'arabe (Syrie) par Sarah Rolfo -
« Élégie + comédie, dit-elle, c'est la seule manière de décrire ce que nous vivons en ce moment. Et ce n'est pas parce qu'une chose n'est pas drôle dans la vraie vie qu'on ne peut pas l'écrire comme si elle l'était. »
En pleine pandémie mondiale, une écrivaine s'installe dans un appartement au coeur de Manhattan pour s'occuper du perroquet d'une amie. Au contact d'Eurêka, un ara plein d'entrain, elle s'offre une échappée loin du marasme extérieur. Jusqu'au jour où le précédent gardien du volatile réapparaît, s'immisçant ainsi dans son intimité. Il est jeune, séduisant, instable, et Eurêka semble le préférer à elle.
Les Vulnérables est un texte tendre et profond qui explore l'altérité, notre besoin d'empathie et la nécessité de l'écriture.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathilde Bach -
Sadie Smith, ex-agente du FBI, est envoyée par ses mystérieux employeurs pour infiltrer une communauté d'éco-activistes radicaux dans un village français entouré de grottes millénaires. Sa mission : inciter les militants du Moulin à franchir la ligne rouge et permettre ainsi une riposte judiciaire de l'État. Rien d'insurmontable pour Sadie qui en a vu d'autres. Mais c'est sans compter les exigences sans limites de ses commanditaires...
Rattrapée par son passé, envoûtée par les écrits de Bruno Lacombe, mentor charismatique de la communauté qui a rejeté le monde moderne, Sadie risque de voir son pouvoir de séduction se retourner contre elle.
« Rachel Kushner est l'écrivain le plus passionnant de sa génération. »
Bret Easton Ellis, auteur d'American Psycho
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson -
« Daisy Johnson est un nouveau monstre sacré de la fiction. »
Lauren Groff, autrice des Furies
Lieu de mythes et de secrets, l'hôtel se dresse au-dessus des marais sombres, dans sa splendeur surannée. Bâti sur une terre maudite, ses fondations portent en elles le souvenir d'une mort violente. Pourtant, il est impossible de résister à son pouvoir d'attraction.
En pénétrant dans l'hôtel, chacun réagit à sa façon. Pour certains, c'est un lieu qui respire la familiarité, pour d'autres, l'étrangeté. Les visiteuses qui ont osé s'aventurer dans la chambre 63 - la plupart des victimes sont des femmes - en sont ressorties changées à jamais.
Les voilà désormais prisonnières de l'hôtel et de sa malédiction.
Petit chef-d'oeuvre de littérature gothique, ce livre vous hantera longtemps après l'avoir refermé.
Traduit de l'anglais par Laetitia Devaux. -
À 39 ans, Frances Jellico s'apprête à vivre son premier été de liberté. Enfin délivrée de son tyran de mère, Frances a été missionnée pour faire l'état des lieux du domaine de Lyntons. Jadis somptueuse propriété au coeur de la campagne anglaise, Lyntons est désormais un manoir délabré qui peine à se relever des années de guerre.
Dès son arrivée, Frances réalise qu'elle n'est pas la seule occupante des lieux : Peter et Cara, un couple aussi séduisant que mystérieux, sont déjà installés. Lorsqu'elle découvre un judas dans le plancher de sa chambre - qui lui offre une vue plongeante sur leur salle de bains - sa fascination pour eux ne connaît plus de limites.
Ses voisins se montrent très amicaux, et plus les jours passent, plus Frances se rapproche d'eux. À mesure que l'été se consume, que les bouteilles de vin se vident et que les cendres de cigarettes se répandent sur le vieux mobilier, Frances commence à entrevoir le passé tourmenté de Cara et Peter. La vérité laisse place au mensonge, les langues se délient, les souvenirs ressurgissent, au risque de faire basculer cet été 1969.
« Un page-turner à l'atmosphère déroutante, sombre et épineuse. » Gabriel Tallent, (My Absolute Darling) -
L'enlèvement de Perséphon ; et autres mythes où les déesses règnent sur l'Olympe
Karrie Fransman, Jonathan Plackett
- Stock
- La Cosmopolite
- 2 Novembre 2022
- 9782234094062
Qui n'a pas entendu parler d'Ulysse et de ses sirènes ? De l'amour fou d'Orphée pour Eurydice ? Ou de la mystérieuse boîte de Pandore ?
Depuis des milliers d'années nous lisons avec délice les aventures des dieux et déesses de la mythologie grecque. Dans ces récits, la force et le courage sont l'apanage des hommes tandis que les femmes sont trop souvent cantonnées aux rôles de jeunes filles sans défense ou d'épouses jalouses éconduites. Ces mythes continuent pourtant de forger notre représentation du monde.
Inspirés par l'incroyable succès du Bel au Bois dormant, Karrie Fransman et Jonathan Plackett ont donc décidé de ressortir leur baguette magique et de dépoussiérer tout cela en intervertissant - à l'aide de leur malicieux algorithme - le genre des personnages, sans rien modifier d'autre.
Ainsi, le pauvre Perséphon se fait enlever par la puissante Hadéesse, Théséa triomphe de la terrifiante Minogénisse tandis que Circé le magicien transforme allègrement les compagnes d'Ulyssa en truies...
Subliment illustré par Karrie, L'Enlèvement de Perséphon deviendra à coup sûr le nouveau livre de chevet de toute la famille. Un roman d'une impressionnante puissance littéraire et une révélation de cette rentrée. -
La publication en un seul volume de cette somme foisonnante et captivante a pour but de lui restituer enfin sa cohérence et sa place au sein de l'oeuvre woolfienne, au même titre que la fiction, les essais, les biographies ou les nouvelles.
Virginia Woolf avait quinze ans lorsqu'elle a tracé les premières lignes de ce qui sera son Journal d'adolescence. Après de nombreuses interruptions, elle en reprend l'écriture en 1915, et le tiendra jusqu'à son suicide en 1941. C'est dire combien le Journal a évolué. Durant plusieurs décennies, elle y note avec finesse et humour ses sentiments, ses illuminations, les portraits de ses contemporains, les évolutions sociales et les errements de son époque. Évoquant son enfance tout comme elle commente la situation politique internationale (les deux guerres mondiales, la guerre d'Espagne).
On ressent à la lecture une liberté de l'écriture au jour le jour. Ses cahiers la suivent dans tous ses déplacements et, quand en voyage elle les oublie, elle y colle à son retour les pages volantes qu'elle a noircies. Dès lors le Journal sert-il à consigner des indications purement matérielles, depuis les problèmes de fuites d'eau jusqu'aux détails des repas ; mais aussi à griffonner des notes de travail, sorte d'aide-mémoire à l'élaboration de théories de lecture ou au travail d'écriture. En effet, Virginia Woolf utilise ce support comme un livre de bord d'écrivain, y inscrivant projets littéraires, doutes, réflexions sur son travail d'écriture, critiques des journaux, commentaires de ses amis sur son oeuvre. Accueillant encore la voix de Leonard qui, par endroits, annote les cahiers. Surtout, certaines idées, certains projets sont évoqués, semblant même naître de l'écriture même du Journal, comme sous les yeux du lecteur. De longs passages sont notamment consacrés à la rédaction de La promenade au phare ou des Vagues, éclairant leur genèse et leur sens intrinsèque avec une justesse incomparable. -
En 1891, parut pour les fêtes de Noël, à Stockholm, La légende de Gosta Berling, le roman d'une inconnue de trente-trois ans, qui deviendra quelques années plus tard la première femme à recevoir le prix Nobel de littérature.Selma Lagerlof nous y raconte la vie étrange, brutale et quelque peu fantastique d'une petite commune du Vermland, province natale de l'autrice, dans la première moitié du XIXe siècle. Ses héros sont des paysans, des officiers retraités, des bohèmes, des maîtres forgerons et surtout Gosta Berling, le pasteur défroqué, buveur, joueur, débauché, qui répand autour de lui la joie et la folie de vivre.À la manière d'un conte de Noël, le roman de Selma Lagerlof ressemble à une longue veillée où des personnages bourrus, impulsifs, fantasques, viennent chacun raconter leur histoire. Certaines sont hautes en couleur, d'autres plus poétiques et plus douces.Entre le roman et le recueil de contes, entre réalité et merveilleux, La légende de Gosta Berling deviendra instantanément un classique de la littérature suédoise, une de ces oeuvres si rares où tout un peuple se sent vivre. Traduit du suédois par André Bellesort
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Quatre pays. Quatre époques. Quatre femmes.
Héloïse, splendide courtisane, voit son existence bouleversée par sa participation à la Commune de Paris en 1871 ; Sofia, elle, rêve de devenir actrice mais ses aspirations sont brisées par la révolution d'Octobre ; Elda, ouvrière frioulane, est entraînée dans la résistance italienne au coeur de l'hiver impitoyable 1944-1945, et Sheila découvre la liberté et ses pièges dans le Swinging London des années 1960. Chacune de ces femmes incarne à sa façon un pan de l'Histoire trop longtemps resté hors-champ.
En écho à ces destins éminemment romanesques, Cristina Comencini se livre sur son propre parcours en tant que fille, soeur, femme et mère, brouillant la frontière entre fiction et réalité, et signe son roman le plus intime mais aussi le plus universel.
Traduit de l'italien par Béatrice Robert-Boissier -
Rima aime les livres, surtout Le Petit Prince et Alice au pays des merveilles, le dessin et... marcher. La jeune fille, qui ne parle pas, souffre d'une étrange maladie : ses jambes fonctionnent indépendamment de sa volonté, dès qu'elle se met à marcher elle ne peut plus s'arrêter.
Un jour d'août 2013, alors qu'elle traverse Damas en bus, un soldat ouvre le feu à un check-point. Sa mère succombe sous les balles et Rima, blessée, est emmenée dans un hôpital pénitencier avant que son frère ne la conduise dans la zone assiégée de la Ghouta. Et c'est là, dans cet enfer sur terre, que Rima écrit son histoire.
À travers la déambulation vive et poétique de cette adolescente singulière dans l'horreur de la guerre, Samar Yazbek continue son combat pour exposer aux yeux du monde la souffrance du peuple syrien.
Traduit de l'arabe (Syrie) par Khaled Osman
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Depuis son exil, Samar Yazbek est retournée clandestinement trois fois en Syrie en s'infiltrant par une brèche à la frontière turque. Au-delà du besoin de retrouver son peuple et son pays, Samar Yazbek ressent l'urgence de témoigner. Elle est le seul auteur syrien à se rendre dans la région d'Idib (au nord-ouest du pays) où elle est accueillie par une famille dont on suit le destin.
À chacune de ses visites, elle vit de l'intérieur l'horreur de la révolution, la montée du jihadisme, puis l'afflux croissant des jihadistes étrangers qui viennent littéralement voler aux Syriens leur révolution. Au mépris du danger, elle multiplie les rencontres : femmes, enfants, rebelles, civils en armes mais aussi jihadistes. Chacun a une histoire unique à raconter, leurs destins croisés forment peu à peu la toile de fond de ce récit.
Au coeur de cette folie, Samar Yazbek découvre aussi la réalité profonde de l'exil : ce n'est pas simplement être « dehors », c'est être nulle part. Et, chaque fois que vient l'heure du départ, Samar sent monter l'angoisse d'abandonner ses amis derrière elle. Ils l'encouragent pourtant à partir. « Ne meurs pas ici », lui dit une femme, « pars tant que tu le peux et demeure ce fil qui nous relie au monde ».
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« Elle payait le taxi, cherchait des sièges libres, veillait sur le bien-être de sa compagne. Dans les bars homos, on coupait la file d´attente et elle me présentait à tout le monde. Dans les soirées nanas, on dansait des slows et elle respirait encore sur ma nuque. C´était la perfection. » Qu´est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d´Helsinki, qui vit désormais recluse dans son appartement ? Submergée par de terribles crises d´angoisse, elle ne parvient plus à faire face au quotidien. Faire des courses ? Impensable. Boire un verre dans un bar ? Impossible. Sans compter sur les problèmes financiers. Comment gagner sa vie lorsqu´on refuse d´interagir avec le monde ? La narratrice, son grand amour, tente de l´aider comme elle peut. Ensemble, elles vont monter une entreprise d´un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes. Au mépris d´elle-même, elle va essayer de la sauver. Mais à quel prix ?Hommage à Qu´est-il arrivé à Baby Jane de Robert Aldrich, le second roman de Sofi Oksanen explore la question de la féminité et de l´homosexualité sous un angle contemporain.Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli
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La ballade du café triste et autres nouvelles
Carson Mccullers
- Stock
- La Cosmopolite
- 17 Mai 2017
- 9782234083493
Grande, efflanquée mais redoutablement musclée, Miss Amelia Evans inspire le respect de ses concitoyens : on apprécie autant l'alcool qu'elle distille clandestinement que ses talents de guérisseuse. Mais elle est aussi bien mystérieuse...
Pourquoi a-t-elle chassé de chez elle l'homme qu'elle avait épousé seulement quinze jours plus tôt ? Et quel rôle tient auprès d'elle ce cousin bossu venu de nulle part ?
Dans ce recueil de nouvelles que Tennessee Williams qualifia de « chef-d'oeuvre », Carson McCullers montre toute l'étendue de son incroyable talent.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Tournier préface d'Eva Ionesco.
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Dix-neuf femmes, les Syriennes racontent
Samar Yazbek
- Stock
- La Cosmopolite
- 11 Septembre 2019
- 9782234086043
« 19 femmes est le fruit d'une série d'entretiens que j'ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d'asile, ainsi qu'à l'intérieur du territoire syrien. À chacune j'ai demandé de me raconter "leur" révolution et "leur" guerre. Toutes m'ont décrit le terrible calvaire qu'elles ont vécu.
Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s'emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s'appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. » SAMAR YAZBEK.
Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l'espoir.
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Du début de la pandémie de coronavirus qui bouleverse nos vies, nous ne savons rien. Fang Fang, écrivaine reconnue et habitante de Wuhan, écrit son journal sur les réseaux sociaux chinois.
Pendant plus de 60 jours de strict confinement, ses écrits sont devenus indispensables à des dizaines de millions de lecteurs. Car l'écrivaine parle avec une irrésistible sincérité. Elle raconte la peur, l'espoir et le chagrin dans une ville de 9 millions de personnes. Elle raconte la mort et le traumatisme, la solidarité des habitants, le chaos du début, le courage des lanceurs d'alerte, la débrouille pour acheter à manger, les plaisanteries et la colère qui circulent, le printemps qui vient dans une ville qu'elle aime et la maladie qui n'en part pas.
Fang Fang refuse le simplisme de la glorification ou du blâme. Témoin et écrivain, elle pleure les morts, salue le courage des humbles, et cherche des responsables à la catastrophe. Pourquoi avoir maintenu le silence sur les dates de début de l'épidémie ? pourquoi avoir assuré pendant vingt jours - dramatiquement précieux - que la maladie ne se transmettait pas d'homme à homme ? Qu'est-ce qui empêche la voix des lanceurs d'alerte d'être entendue ? Ces questions nous concernent, nous qui sommes touchés par cette même catastrophe.
Dans une époque aveuglée par la peur, entre la censure régulière de son journal et les attaques des ultranationalistes, la voix de Fang Fang résonne. Elle nous rappelle, avec chaleur et honnêteté, à nos premiers devoirs face à la catastrophe et au silence politique : l'indépendance d'esprit et l'humanité.
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«Son visage en couverture d'un de ces magazines, et la photo barrée d'un titre en lettres blanches : j'ai torturé. » Le 27 août 1984, Andrés Antonio Valenzuela Morales, agent du renseignement des Forces Armées Chiliennes livre à une journaliste des aveux glaçants sur l'enlèvement, la torture et l'assassinat de milliers de personnes disparues. Son témoignage marque profondément Nona Fernández, alors âgée de treize ans. Des années plus tard, au moment où le Chili prône la réconciliation nationale et le droit à l'oubli, elle décide d'écrire son histoire.
La Quatrième Dimension est une oeuvre littéraire puissante, construite comme une enquête haletante. Une oeuvre nécessaire qui résonne très loin, dépassant largement les frontières chiliennes.
Traduit de l'espagnol (Chili) par Anne Plantagenet.